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 Gëñesïs (Ushiran)


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Ushiran

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MessageSujet: Gëñesïs (Ushiran)   Jeu 3 Déc - 1:13

Message d'Ushiran, dragon.

Cela faisait un moment que j'avais quitté Shrikan sur le pic de Malbourne, et j'avais depuis un peu disparu au regard de mes semblables et des autres. Pourtant je n'avais pas rien fait, bien qu'allourdi par ces nouvelles responsabilités, je m'étais mis au travail, avec la même détermination que l'alpiniste qui part du fond de la vallée et qui lève les yeux pour voir loin, très loin au-dessus de lui sa destination, semblant inaccessible et pourtant ne l'étant pas. Bref, y'avait du boulot. Il faudrait que je trouve un moyen de tricher pour atteindre mon but, un peu comme je le ferais en étendant mes ailes pour atteindre le sommet à la place de l'alpiniste... En attendant j'avais pris la mesure de la tâche.

Depuis tout ce temps où je semblais ne rien faire, et où Shrikan si elle était toujours sur ce monde devait craindre d'avoir encore déniché un incompétent parmi tant d'autres, j'observais. Certes on manquait de temps, mais la précipitation était la pire des mesures que je pouvais prendre. Je voulais agir en connaissance de cause et non en touriste. Les informations étaient la base de toute guerre. Connaître l'état des troupes adverses (qui se trouvaient en l'occurrence sur un territoire que je pensais être le nôtre), mais aussi et surtout pouvoir jurer du moindre détail de ses troupes. Combien de chefs de guerre avaient perdu une batailles parce qu'ils avaient mal jugé la valeur d'un de leurs bataillons ? Depuis un temps que je n'avais pas compté : semaines ? mois ? j'étudiais donc ce monde, je lisais, communiquais en esprit avec mes congénères, sondant leurs motivations et leurs intérêts, mais aussi tentais d'évaluer leurs capacités psychiques et physiques. Certains me repoussaient poliment, d'autres se fermaient complètement, et d'autres encore n'avaient absolument aucune résistance et je lisais en eux mieux que dans un livre... Pas très engageant tout ça, aucune combativité chez eux... J'imaginais ma réaction si on avait tenté de percer mon esprit, le plus sûr et le plus secret de mes refuges...

Quelques uns réagissaient avec cette combativité, et se déversait en moi un flot de colère et d'envie d'en découdre, étant donné que c'était une sorte de règle tacite de ne regarder que ce que l'autre nous laissait voir. En réponse à ceux là, j'ouvrais mon esprit, je leur expliquais mon but et ma situation, et leur demandais humblement leur aide dans les batailles à venir. Généralement ils comprenaient et se joignaient à moi, mais  déjà que les dragons étaient particulièrement rares, ceux faisant partie de cette catégorie était une rareté parmi la rareté, et ceux que j'avais trouvé se comptaient avec un seul chiffre humain... Au moins ce serait des alliés sûrs, et une fois qu'ils me permettaient de voir plus profondément en eux, je leurs confiais des tâches en fonction de la confiance que j'éprouvais en eux. Parmi eux, deux me parurent particulièrement purs, et je m'entendais particulièrement bien avec eux. Je confiais à l'un, Azunaï, la tâche d'entraîner les dragons que je lui enverrais, physiquement, mais surtout psychiquement, tandis que l'autre, Shil'Kan, me remplacerait dans les tâches d'observations, étant donné qu'il était maintenant temps pour moi d'agir.

Je devais maintenant trouver un moyen d'unir mon peuple en entier, et c'était là que se dressait la falaise à franchir. Les faire bouger, réagir, les motiver, raviver en eux la flamme qui animait pour moi tout dragon, la nourrir et la faire grandir, les rendre dignes du nom de la race qu'ils représentaient. Parallèlement, je devais trouver un moyen de retourner sur mon monde natal, autre épreuve délicate à traverser... Vaste tâche ô combien motivante pour moi même. J'éprouvais la même excitation qu'avant un combat, la même envie d'en découdre, de relever un défi qui plus il était grand, plus il devenait passionnant...
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MessageSujet: Re: Gëñesïs (Ushiran)   Lun 18 Jan - 22:57

Deux mois. Cela faisait deux mois que j'essayais de réveiller ces gros pachydermes endormis qu'étaient mes congénères. Par la persuasion, par le dialogue, j'avais réussi à en rallier à ma cause. Notre cause pour ceux qui l'avaient compris. Les autres, une grande part, restaient désespérément aveugles et bornés, sûrs de leurs puissance et de leur supériorité que personne ne pouvait remettre en question. Je commençais presque à perdre espoir en ma race, ils allaient finir par devenir aussi obtus et indifférents que les humains, sauf que ces derniers avaient l'avantage du nombre pour survivre, pas nous.

D'autant plus qu'étrangement nous semblions attirer l'agressivité de toutes les puissances nous entourant, bien que je n'en comprenne pas la cause. Ce n'était sûrement pas les velléités impérialistes des dragons, leur activité se résumant - bien tristement - au calme plat depuis de nombreuses décennies. Au point même qu'ils acceptaient sans rechigner de se faire piquer leurs terres par le premier dictateur venu. Je n'étais pas originaire d'ici, et pourtant mon sang bouillait dans mes veines quand le leur restait désespérément froid dans leur apathie...

J'avais tenté jusqu'au bout la méthode douce pour leur ouvrir les yeux, mais ils ne voulaient pas, ils les gardaient résolument fermés pour leur confort personnel. Il était temps de leur ouvrir de force. J'avais tenter jusqu'au bout de les convaincre, maintenant il était temps de réveiller ces gros balourds qu'étaient mes frères.

Je volais au-dessus de territoire d'Erenis, un dragon de 800 ans que j'avais tenté de convaincre quelques semaines auparavant. J'y étais depuis un bon quart d'heure et je n'avais toujours pas décelé d'activité. Je le sentais mentalement dans une grotte à environ un kilomètre de moi, d'où il ne bougeait pas. Enfin au bout d'une dizaine de minutes supplémentaires, je le sentis bouger et il vint à ma rencontre. C'était un dragon assez grand, mais on voyait bien qu'il n'avait combattu vraiment depuis bien trop longtemps. Un peu plus grand que lui, je le dépassais par contre largement en stature. Il me demanda :


" Qu'est ce que tu fais ici ? Tu sais très bien que ce sont mes terres, non ?
- Te voilà enfin ? J'aurais eu le temps de piller une bonne partie de ton territoire depuis longtemps... "


Je le sondais mentalement, et comme souvent malheureusement, il n'y eut aucune réaction. Il était simplement curieux, et je sentais au fond de lui, très profondément, une tout petite flammèche de colère. Voilà quelque chose que j'allais tenter d'attiser. Il répondit à ma provocation :


" Pourquoi tu ferais ça ?
- Pourquoi pas ?
- Nous sommes de la même race, de base nous avons toujours été alliés.
- Alliés ? Alors que tu ne veux pas te joindre au combat pour protéger cette race que tu dis partager ?
- C'est inutile. Nous sommes nettement supérieurs. Qui oserait nous défier ?
- Supérieur... Tu te considères comme supérieur toi ? Sais tu que Yalbi et Sekunaï sont morts ? Leur territoire a été pris par les sauvages. Quand je vois un adversaire faible dont je peux profiter des ressources, si je ne suis pas lié à lui, j'en profite. C'est le cas ici. Pour répondre à ta question, je pourrais attaquer car si je ne le fais pas tes terres reviendront un beau jour aux sauvages, ou à quelqu'un d'autre. Je ne te considère pas en possibilité de le défendre suffisamment. "


Je sentis l'étincelle de colère se propager pour devenir un petit feu.

" Comment oses tu ? Pour qui te prends tu toi qui viens de débarquer ? Bien sûr que je suis en état de le défendre !
- C'est votre reine qui m'avait donné pour tâche de vous bouger car aucun d'entre vous n'en est capable. La preuve, tu n'as même pas remarqué que depuis tout à l'heure je lis dans ton esprit comme dans un livre, ou alors tu n'as même pas réagi à cette offense étant pourtant l'une des plus grandes possibles... "


Le feu grandissait en son cœur, en même temps qu'une once de doute fissurait sa carapace de certitudes. Je le sentis me chercher dans son esprit, il était temps de lui mettre un coup final. Je lui envoyais mentalement une vague de mépris.

" Tu es pitoyable... "


Et je plongeai sur lui, accentuant l'action de la gravité sur moi pour avoir un impact maximum. Surpris, il ne put m'éviter et se prit deux fois ma masse - qui de base était déjà presque deux fois la sienne suite à son manque d'entraînement notoire - de plein fouet. Il fut sonné une demi-dizaine de secondes, avant de se reprendre pour hurler contre moi :


"Qu'est ce que t..."


Il fut interrompu par ma queue qui zébra l'air pour lui marteler le crâne, sur quoi il s'écrasa lourdement sur le pan rocheux une dizaine de mètres plus bas. Je le survolais, et quand finalement il se releva en boitant, et en me regardant avec enfin ce qui me semblait être une lueur de rage dans les yeux, je plongeai de nouveau sur lui pour ne pas m'arrêter en si bon chemin.

Cette fois-ci il m'attendait, et il se défendit, mais j'avais l'avantage de la stature et de l'expérience, et au bout de deux minutes de combat acharné, je l'écrasai finalement de mon poids en le dominant de toute ma taille. La tête dans la poussière, il me regarda et s'adressa à moi avec haine :


" Et bien vas-y, finis le travail, ordure de fratricide.
- Je ne veux pas te tuer. Ni même te blesser, mais c'était un mal nécessaire.
- Comment ?
- Je n'aime pas faire souffrir mes frères, mais comment expliques tu que je t'ai battu avec une telle facilité alors que tu es de 300 ans mon aîné ?
- Je... Je manque d'expérience, laisse moi du temps que je m'entraîne et je t'écrase !
- Ah ! Tu le reconnais enfin... J'aimerais bien que ce soit le cas. Tu te rends bien compte que si j'avais été un dragon sauvage, ou un autre ennemi quelconque, je n'aurais plus qu'à te trancher la gorge et faire ce qu'il me plaît ici ?
- Soit, je manque d'entraînement, mais ce ne serait pas pareil, j'écrase n'importe lequel de ces sauvages ou de ces démons qui traînent par ici.
- Ne sous estime pas ton adversaire, tu pensais la même chose de moi avant que ta tête ne vienne nettoyer la poussière de la montagne.
- Tu te bats bien, je me suis trompé, mais les autres ce ne serait pas pareil.
- J'ai des aptitudes, c'est pour ça que Shrikan m'a choisi, mais c'est simplement parce que je combats depuis mon plus jeune âge. A mon sens je ne suis pas plus particulier qu'un autre. Je peux vous mener au combat, mais je ne veux pas d'une armée de lavettes. "


Je me poussais de lui et je le regardai se relever en s'ébrouant.

" Je sens le doute en toi. J'ai senti ta combattivité et ta détermination pendant notre combat, comme je sens au fond de toi cette flamme qui représente notre essence, enfouie sous ta carapace de certitudes confortables. Aujourd'hui, je t'ai aidé à fendre cette carapace, c'est maintenant à toi et à toi seul de réussir à t'en débarrasser pour redevenir pur et fidèle à l'image des dragons. Erenis, j'espère te retrouver à mes côtés, fier et libre, quand sera venu pour nous le temps de combattre. Réfléchis, et si tu es convaincu, va voir Azunaï, il t'entraînera. D'ici là, je ne pense pas que tu me reverras. Prends soin de toi. "

Je le laissai là, perdu dans ses pensées, et je m'envolai pour rejoindre le territoire de Akalbis, le suivant sur la liste. La tâche était longue et ça faisait déjà un moment que je m'y attelais, mais ma détermination n'avait pas flanché, et je commençais à en percevoir le bout. La flamme en moi comme j'aimais la décrire, était un véritable brasier ardent.
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