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 En quête d'absolution [PV Vega Aldebaràn]


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Gne

chouchou de Sub' et grand découvreur du secret
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MessageSujet: En quête d'absolution [PV Vega Aldebaràn]   Dim 9 Avr - 14:49

La pluie battait fortement sur les carreaux de l’ermitage. Dans la bibliothèque enténébrée, les ombres déchiquetées des rangées d’étagères se découpaient dans la pâleur blanchâtre des éclairs qui parfois lézardaient le ciel à l’extérieur, et l’on sentait alors quelle fragile épaisseur de verre coloré séparait le monde calme et froid du savoir et de la civilisation du vacarme et du chaos de la tempête qui laissait éclater toute sa fureur naturelle au dehors.

En cette nuit sombre, déchaînée et tardive, il est inutile de préciser qu’à part quelques lueurs çà et là dans l’enceinte de l’ermitage, de muettes témoins des veillées spirituelles de certains supérieurs et des tournées des copistes chargés de la corvée de veilleurs de nuit, ce lieu de savoir isolé était entièrement plongé dans l’obscurité et silencieux. Tout juste était-il parfois brièvement et soudainement sous le feu blafard du tonnerre avant de replonger dans le noir, alors que de très rares lueurs le long de la route en aplomb témoignaient de la présence de quelques messagers grassement payés ou surpris par la nuit ou la tempête.

Alors que la pluie battait furieusement le plafond au-dessus de lui, que le sol humide au dehors se faisait de plus en plus boueux et détrempé et que le vent furieux faisait vibrer les vitraux contre leurs tenants en plomb et en fonte, Gne essaya de se rappeler pourquoi il en était venu à se perdre dans ce coin perdu. Ou plutôt, parce qu’il ne s’en souvenait que trop bien, chercha à se convaincre qu’il avait pris une décision intelligente. Après environ deux minutes, il renonça et tenta tant bien que mal de réajuster sa capuche déjà trempé afin, sinon de s’épargner la sensation de froid et d’eau qui lui gouttait de la nuque aux doigts de pieds, du moins de mieux répartir les perles d’eau encore nichées dans son habit sur l’ensemble de sa personne, pendant qu’il cherchait patiemment des yeux le rayonnage qui l’intéressait, tout perché qu’il était dans les chambranles du toit.

Il fallait reconnaître à Tobhen une chose : c’est que cette bourgade s’y connaissait niveau boue. Le patois local devait probablement comprendre au moins douze mots différents pour définir la pluie et le sol humide, qu’ils auraient pu exporter par charrettes pleines en continue si la boue détrempée avait eu une quelconque valeur. Les maisons en étaient recouvertes, les rues n’étaient rien d’autre qu’un bourbier vaguement dessiné en ligne droite, et même la nourriture avait le goût de terre humide. A Thoben la vie ne payait pas de mine, mais on pouvait littéralement vivre de boue.

Le village vivait continuellement dans un crachin ou un brouillard permanent, à quelques jour de cheval de la côte Nord et quelques jours à pied de la crevasse. Adossé à un relief à pic et situé dans la plaine en contrebas près d’un large ruisseau de la plaine Oleup, entre Gemms et Lecran, ce regroupement de maison devait être le fruit de la décision d’un ancien leader probablement charismatique et bienveillant, que devait malheureusement accompagner une méconnaissance totale des phénomènes climatiques. Les nuages s’amoncelaient autour du pic puis éclataient et déversaient leurs flots sur la ville au moins 5 jours par semaine, et le vent de mer quant à lui apportait un crachin permanent, que ne venait remplacer que la brume humide, froide et pénétrante dans les quelques temps d’accalmie, quand le sol détrempé de la plaine laissait enfin exhaler son trop plein d’eau.

Mais on y trouvait une mine de sulfates et quelques veines de charbon. Parce que visiblement des forces supérieures aiment bien rigoler de temps en temps, ils avaient décidé de donner juste assez de combustible au gens présents pour mieux souligner dans quel clapier boueux ils se trouvaient, juste afin qu’ils puissent faire des blagues en se rendant à leur travail, du genre : « ici, on souffre, mais on aime ça. ». Putain d’irresponsables. A se demander pourquoi les gens restaient. Personne en tout cas, ne se serait emmerdé à venir dans le coin en dehors de ces sages copistes visiblement masochistes, ou bien déterminés à cacher le fruit de leurs travaux au reste du monde, bien que lesdits travaux concernaient plus souvent les histoires des grandes familles que le secret caché et terrible de la fabrication du vin sans alcool [1]. Les seuls personnes qui passaient dans le coin étaient ceux qui empruntaient parfois la route de la pierre ou voulaient joindre Lecran et qui profitaient d’une des seules étapes possibles sur la route, à savoir la compagnie des sages pour une nuit ou deux, parce que même les aubergistes ne sont pas assez cons pour vivre sur un chemin aussi peu intéressant. A l'heure actuelle, l'écurie à l'entrée de l'ermitage devait regorger de chevaux et de cavaliers surpris par la tempête, et de carrioles qui pueront demain tellement le bois pourri que leurs propriétaires reprendront la route avec un pince-nez. Les jeunes novices en charge de l'accueil des gens allaient avoir une soirée chargée et n'auront pas le temps de venir flâner ici pour compléter leurs études, se dit Gne, avec un sourire satisfait.

Il calma sa respiration. Il semblait avoir enfin déniché ce qu’il cherchait. Une étagère entièrement ornée de dessins tarabiscotés qui luisaient d’une pâle lueur bleuâtre dans l’obscurité, au rythme de palpitations irrégulières ; autrement dit des runes, et son instinct lui soufflait que lorsqu’on s’embêtait à charmer tout le bois d’un rayonnage ce n’était pas pour y garder la recette du soufflé au prune[2]. Normalement, un livre était déjà une denrée rare et chère, et les parchemins valaient aussi un bon prix quand on arrivait à les filer à un mage pas trop regardant sur les provenances. Mais ce qu’il venait chercher par ici valait à ses yeux tous les trésors du monde. Lentement, tout doucement, il entreprit de se déplacer prudemment pas après pas en direction du mur le plus proche, et de le descendre au moyen des vieilles aspérités que des décennies sans entretien sérieux savent laisser à un mur de grosses pierres…

Et alors qu’on aurait dit que les gouttelettes entreprenaient de se rassembler, afin de pleuvoir par seau entier au dehors, Gne se mit à réfléchir à comment reconnaître l’objet de ses désirs. Il aurait bien foncé au hasard, mais « le désir s’accroît quand l’effet se recule », et une mauvaise lecture lui vaudrait peut-être de passer un mauvais moment, voire d’être retrouvé sous la forme d’un petit amas de tâches violacées le long des rayonnages.


1: une atrocité sans nom probablement inventée par un démon malfaisant et bourré à mort.
2: Les historiens s’accordent à dire qu’il s’agirait d’une des explications du célèbre dicton : « les runes comptent pas pour des prunes. »


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Vega Aldebarán

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MessageSujet: Re: En quête d'absolution [PV Vega Aldebaràn]   Mar 11 Avr - 21:48

Arrivée le jour précédent, les intentions de Dame Aldebaran, semblaient proche de l’étrange pantomime présent au plafond. Tout deux venaient se servir dans les réserves de l’Ermitage. Inutile de vous redire à quel point ce lieu est boueux et pluvieux ! Vous avez certainement déjà lu des pamphlets mieux écrits, relatant de la saleté du lieu accompagné de la folie boueuse des habitants de Tobhen. La différence, entre nos deux compères présent,  se situait probablement dans le degré de négociations. Vega n’en offrait pas une seule alors qu’elle parlait beaucoup plus.

Elle rejeta la grosse fourrure incroyablement duveteuse, les poils si longs, si propre qu’on aurait aimé se rouler dans ce manteau chaud toute une nuit. Vega avait une démarche assurée et décidait de se rendre par un hasard… ou plutôt une destinée, dans la grande bibliothèque. L’immensité de la salle était imposante et , luttant contre sa taille caverneuse, les rangées de livres et les boiseries sculptées empêchaient les échos de sauter dans des oreilles tendues.

- Moscius, vous permettez que je vous appelle par votre prénom ? Entamait-elle après avoir quitté un repas frugal. L’importance des érudits dans notre monde est indispensable et je ne comprends pas que vous me refusiez ce service.
- Je pense, Madam…

Elle leva son index d’un air sévère et terriblement contrit, comme une maîtresse d’école corrigerait son élève. Pourtant, c’était lui le grand érudit en ces lieux, Maître Brek.

- Moscius, inutile de me couper. Vous savez comment cela finira. Soit vous le prenez, soit je me verrais obligée de déplacer tout cet institut dans mon domaine. Je saurais vous y contraindre par la force.

Et pour ajouter à cela, elle s’approchait de lui avec une fièvre contagieuse, sa peau chaude et son parfum de fleures mielleuses enjôlaient le maître avec une efficacité effroyable. Mais imaginez-vous ! Pensez vivre entouré d’apprentis maladroits, d’érudits obnubilé par la science et de mages immatures, vous aussi aurez du mal à résister à la Dame. Elle portait sur son front dégagé des signes d’intelligence, sa voix conjurait mille sorts et son corps était charnel. Lutter était se planté des épingles dans les yeux, le coeur et se délivrer aux sophismes.

- Non. Je ne peux vous accorder une faveur personnelle. Le Roi, long soit son règne - le Roi fut exécuté quelques jours suivant ces paroles -, est notre unique mécène. L’apprentissage de la magie est un art dangereux. Comme il serait dangereux de vous délivrer des puissances supplémentaires. De plus , pour la magie, des lieux sont bien plus recommandés. Partez vers Lécran, vous y trouverez une meilleure académie et vous ne perdrez plus votre temps. Ici nous cherchons l'érudition. Ces derniers mots mourraient dans sa gorge, il sentait qu’une bêtise était sortit de ses lèvres.
- Et moi je m'indigne que vous ne compreniez pas mon choix.  N'êtes vous pas flatté ?

Maitre Brek était intimidé. Bon nombre d’étudiant se serait mis à prier, vouer des cultes et dresser des autels pour voir la Dame si imposante face à une montagne de savoir. En vérité dans la tête de Vega, il n’y avait que peu de gloire. Elle se demandait à quel point la frustration de l’érudit pourrait en faire un bon amant ? Et aucun des deux ne se souciaient pas du brigand. Il aurait pu filer, seul dans la nuit sous la pluie battante. Mais la pluie qui cachait le voleur fut son salut Une large flaque devant la bibliothèque la plus imposante, ornée de runes cireuses, rappela au maître qu’il n’était pas seul en ses lieux. Le sang se remit à brûler ses veines et il retrouva ses esprits, abandonnant les rêves de la Dame. Une voix caverneuse venue d’un autre monde convoqua la lumière à travers toute la pièce, provoquant des ombres chimériques qui se croisaient sur les murs lézardés.

- Satanés apprentis ! Maugréa-t-il avant de lancer, retrouvant l’antique puissance de sa voix :  Vous n’avez pas mieux à faire ? Des personnes attendent sûrement à la porte !

Vega soupira. Elle était interrompue et ses yeux glissaient sur les livres, seuls objets présents. “vin sans alcool” la jeune dame renâcla, laissant all er sa grâce devant cette abomination. Alors que le Maître s’éloignait vers la seule ombre humanoïde, elle saisit le volume et en arracha trois pages au hasard. Elle eut l’idée de les jeter dans la flaque d’eau.

-  AAaaah, s’exclama Brek en s'effondrant sur le sol.

Le vieil érudit avait dû glisser dans une flaque d’eau, Vega ne souhaitait pas négocier avec un maître plus jeune, ils étaient souvent arrogant et leurs esprits n’étant jamais sorti de leur chambre confortable, ils ne connaissaient pas la valeur de la vie, la chaleur d’une bonne soupe et les bras réconfortant d’une femme. Aussi, devant l’impasse de faire ployer un autre esprit, Vega rappliqua au côté du vieil homme, avec tout de même un amusement certain.



[HRP : Il est tard !!! Je suis morte ! Je ferais la mise en page plus tard ! J'ai envie de rp mais je suis usée jusqu’à la corde donc je ne garantit pas la grande qualité ! Cependant j'adore tes jeux de mots  :3 donc je veux en lire plein !! Alors je te redonne la main aussi sec ;) ]


Dernière édition par Vega Aldebarán le Mer 26 Avr - 10:54, édité 1 fois
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Gne

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MessageSujet: Re: En quête d'absolution [PV Vega Aldebaràn]   Mar 11 Avr - 23:06

La bibliothèque était théoriquement ouverte à toute heure, parce qu’il n’y a pas d’heure pour recopier une encyclique traitant de la vie des pangolins du Sud d’Espalion ou du chat-moureux campagnard[1]. Pour l’heure, elle était donc sous la surveillance attentive et complètement inefficace d’un copiste dont la tâche principale consistait à écrire les mémoires de tout un tas de gens importants. Il écrivait des mémoires depuis plus longtemps qu’on n’aurait su se souvenir. De fait, il représentait une véritable mémoire vive dans le vaste système infomatique[2] de l’ermitage. On aurait donc de la peine à écrire  In Memoriam… sur son épitaphe, même si paradoxalement il ne présentera jamais qu’un astérisque dans la mémoire de l’histoire, se dit Gne en rengainant très silencieusement son arme, sans même un chuintement. Si seulement cette andouille avait tenu son bureau, il aurait vu le jour se lever demain.

Il se demanda si sa victime avait un nom. Il en avait probablement un, parce que même les érudits aiment se sentir supérieurs à leurs congénères et celui-ci avait visiblement gagné l'indicible honneur de garder tout seul une pièce froide et obscure chaque nuit de sa vie d'ennui profo... d'étude attentive. Mais peu lui importait, tandis qu'il s'empressait de glisser le corps derrière le rayonnage suivant en faisant des bruits de marmonnements comme une conversation lointaine. C'était malheureusement une très mauvaise cachette, mais les individus l'avait pris au dépourvu en entrant dans la salle au mauvais moment, alors qu'il n'attendait personne. Visiblement il devait y avoir une commande spéciale ou un type avait dû serrer les bonnes mains et trancher les bonnes gorges, parce que de ce qu'en avait vu Gne lors de ses deux jours de repérage, seul les copistes pouvaient entrer la nuit dans la salle (mais il n'était pas très sûr de ce point)².

Visiblement la jeune dame l'avait vu tantôt, du moins il devait partir de ce postulat. Il avait probablement encore le temps de s'enfuir, le cloître ne manquait pas de cachettes pour un homme doté de ses habilités. Mais cela reviendrait à faire une croix sur l'objet de ses désirs et de cela il n'était pas question. Son problème se faisait de plus en plus urgent chaque jour et il lui fallait absolument trouver une solution rapide, faute de quoi, on allait bientôt retrouver des incidents fâcheux un peu partout autour de lui.
Il entreprit donc de faire silencieusement le tour du rayonnage et observa la dame une fraction de seconde pendant qu'elle ne le regardait pas. Elle semblait visiblement à la recherche d'un ouvrage particulier, ce qui leur faisait un point commun. Elle avait pourtant un certain goût, puisqu'elle venait de déchirer promptement un ouvrage dédié au vin sans alcool et de l'amputer d'une partie de ses secrets.

Il s’agissait visiblement d’une dame, comme l’évoquaient certains détails ici et -.  Il se demanda ce qu’elle pouvait faire en ce coin reculé, car "lorsqu'on recule on finit par se péter les rotules" lui avait un jour dit son père (une citation qu'il avait toujours du mal à assimiler mais elle expliquait peut-être pourquoi maman lui avait dit que papa était parti les pieds devants). Elle portait une tenue qui ne la classifiait pas dans une des deux catégories habituelles[3] de visiteuses féminines de l’ermitage, du moins le semblait-il. Elle devait donc être une cliente quelconque, mais au vu de ses habits et de la conversation qu'il avait surpris, devait disposer d'un certain capital, ce que par ailleurs on semblait déceler dans son port altier. Elle avait l’air de celle qui venait de longues lignées d’hommes qui avaient mené des hommes à la bataille. Quand elle poussait un cri de ralliement, des dizaines d’épées levées vers le ciel devaient sûrement lui répondre[4].

Réfléchissant très vite, il entreprit de s'assurer que ses armes étaient bien dissimulées mais disponibles. Il avait toujours eu un très fort penchant pour les jeunes et jolies dames, mais il avait le pressentiment que celle-ci était probablement un peu plus dangereuse qu'elle ne le laissait paraître. Rajustant son capuchon, il sortit de l'ombre au moment ou la jeune dame rappliquait visiblement pour retrouver son guide de la soirée et s'adressa à elle d'un air assuré, afin de jusitifier de la disparition du père supérieur:
" Bonsoir Madame « Je suis frère Palabre de l’ermitage de Bourg des Causses, d’où ma tenue de voyage quelque peu… humide et différente, caqueta-t-il d'une voix docte. Je viens chercher un ouvrage particulier pour le ramener et le copier en nos murs. Mais peut-être que je peux vous aider avant ça. Maî... le révérend supérieur qui vous assistait est malheureusement parti urgemment car il a vu quelque chose qui lui à déplu à travers les carreaux. Vous le connaissez il est aussi impulsif qu'un scarabée bousier dans une écurie par temps chaud. Il m'a glissé d'accéder à vos requêtes.. » [5]
Après tout plus vite elle s'en irait satisfaite et plus vite il pourrait reprendre sa recherche.



[1] le chat-moureux campagnard est une espèce étonnante. Contrairement à la plupart de ses cousins de la même branche animale, il voue l’entièreté de sa vie sexuelle à un seul autre individu, avec qui il reste en couple exclusif toute sa vie. Rien ne sert de les séparer, ils se retrouveront toujours par un phénomène inexpliqué. On dit que les chat-moureux sont félins pour l’autre.**
**ce qui en fait l'outil ultime pour retrouver son chez soi en fin de soirée, pensent visiblement ceux qui les portent en porte-clés et en laisse un accroché à la maison.

[2] l’infomatique  (de informer et rustique) est un système de classement rustique qui repose sur un transfert de mémoire et remonte à très loin mais a su garder son fonctionnement primaire. Seuls les outils ont changé.  Anciennement les vieux scribes inscrivaient des malédictions biscornues et les louanges de leurs seigneurs sur des fresques et d’énormes disques en pierre avec des burins ornés de symboles et des tampons en acier chauffés au rouge. Aujourd’hui des vénérables en robe de coton malpropres inscrivaient des mémoires sur des livres en papier. On avait néanmoins gardé le vieux nom, parce que les vieux sont généralement des conservateurs, du bon temps où les étés étaient chauds, les jeunes respectaient les aînés et où on pouvait tranquillement savourer son thé vert dans le crâne de ses ennemis. On dit donc toujours que « la mémoire vive inscrit la mémoire tampon sur le disque dur ». Ce qui n’empêche pas un bon virus (généralement celui de la chaude-pisse) de mettre la pagaille de temps en temps, parce que les scribes ont toujours eu une santé fragile basée sur de longues heures sans soleil.

[3]il y a deux types de femmes qui côtoient régulièrement des compagnies d’hommes seuls et érudits : les femmes de bonnes vertus et les autres. Les secondes sont souvent des nonnes** ou ce qu’on appelle des vide-bourses, à savoir qu’elles pratiquent une activité lucrative qui leur permet de rendre plus légère les bourses de leur client en un tournemain, pour peu qu’elles sachent par où empoigner le problème.
    ** car même les sages eos qui dormierunt per scripturam (textuellement, ceux qui couchent par écrit) ont parfois besoin de coucher tout court.***
                 *** Ne croyez pas ceux qui vous disent qu’ils sont de sages vénérables. La plupart du temps ils ne le sont tout simplement pas, ni vénérien du tout, encore que. Même si leur connaissance est souvent plus théorique : ils en connaissent métaphoriquement un rayon (souvent celui de biologie illustrée, dont certaines pages sont encore collées), sont les premiers à reconnaître les vertus du sexe oral (qui consiste surtout pour eux à en parler) et portent inlassablement ce qu'ils pensent être une tenue unisexe (parce qu’ils font généralement ça tout seul).

[4] Souvent, le cri importe peu. Il semble que l’intonation l’emporte sur le message et que la moëlle épinière y répond sans demander son avis au cervelet. On retiendra par exemple la fameuse « belle journée pour mourir les gars ! » mais aussi : « nos casques ne sont peut-être pas solides, mais votre courage est éclatant ! » de feu capitaine Lionel dit Malchanceux, ou bien « je crois que mon cheval vient de perdre un fer ! » de l’amiral Bourdin Mouillé*
        * le seul amiral anciennement capitaine de cavalerie par la suite muté à la garde côtière. Avait la lubie de charger sur un éléphant de mer dressé enchanté par un homme quelconque. Il a pu se distinguer par quelques brefs moments de surprise éclatante dans ses combats, malheureusement suivi d’une très longue période de mort digéré par des oursins. Ces derniers mots furent, alors qu'il trempait son pantalon: "Je suis Jauni, aqueux, coucou."

[5] Rétrospectivement, Gne reconnut plus tard que sa tactique était à peine moins bonne que celle qui consiste, dans d’autres univers, à se couvrir la tête d’un chapeau à tête de canard et de se coucher dans la vase pour attirer le gibier à la chasse au crocodile. Une technique innovante qu’utilisaient d’anciens chasseurs certes, mais à laquelle l’histoire laissait peu de place dans sa narration, car le grand esprit de la sélection naturelle à tendance à se lever légèrement plus tôt que l’historien moyen.




²HRP: pour rappel , l'habilité particulière de Gne se trouve ici, et lui permet d'effectuer des repérages longs et sans risques. http://hypolais.jeunforum.com/t2324-gne-le-guetteur-de-rapines-repenti#

Je ferai la mise ne page plus tard, il est tard et je crois que je me suis même un peu trop laissé aller, j'espère ne pas t'avoir perdu avec mes astérisques, elles sont là pour donner du relief à l'univers!


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Vega Aldebarán

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MessageSujet: Re: En quête d'absolution [PV Vega Aldebaràn]   Mer 26 Avr - 10:50

Vega sursauta - et nous aussi, lecteurs surpris du choix du vagabond - de voir un autre homme se présenter devant elle. Beaucoup moins vieux, plus sale et bien plus mystérieux. Question mystère c’était pourtant pas gagné… allez trouver un vieil homme qui choisit de prendre la tête d’une flopée d’érudit condescendant dans un trou paumés et envasé ! La Dame se sentit malaisée lorsque l’érudit prit la parole, ce n’était qu’une contrefaçon blafarde du maître, coulant sur les lattes du plancher comme une invocation liquéfiée. Le pire était probablement l’odeur humide et agressive du voyageur. La Duchesse pesta en apprenant le départ de Moscius. “Le lâche !” lança-t-elle dans un grondement à peine audible. Vega lui adressa un sourire convenu.
- Merci … frère… Pelade. Cependant, votre très fraîche arrivée ne m’aidera pas. Je ne traite qu’avec Maître Brek. Elle lui intima : il me doit une faveur.

Elle s’écarta de jeune érudit - si un érudit n’a pas cinquante années d’érudition, alors il est jeune - pour partir sur les traces de l’ancien. En lançant un regard à l'extérieur elle ne découvrit rien du tout. Mais, elle réalisa que Brek était aussi impulsif qu’un elfe serait chevaleresque. Dans cette pensée la Duchesse ne prêta pas attention à la nouvelle petite mare sur le sol et elle s'affaissa sur son séant. Décidément entre les flaques d’eau, l’érudit rincée et cette trainée de sang… c’était une canardière, pas une bibliothèque ! Avec une lassitude presque dépourvue de surprise, Vega s’apprêtait à crier devant le choc de voir le cadavre de Moscius à quelques pas. la Dame se ravisa bien vite, aucun sons ne franchit ses lèvres. Peut-être des ultrasons ce qui expliqua que les chiens se mirent à japper au loin dans le village, plusieurs chats adoptèrent un comportement agressif et une jument à plusieurs kilomètres mit bas avec l’aide de René, fils de fermier, fermier à son tour et père d’un futur fermier. Mais revenons à nos moutons.

Lourdement, avec le poids de la nuit, la Dame fit volte-face*, se relevant, pour surveiller le dangereux érudit à qui elle tournait le dos. Elle avait entendu des palabres concernant les rancœurs entre érudits mais, Vega s’imaginait qu’ils réglaient leurs comptes par pamphlets interposés et non avec un poignard bien placé. Elle n’avait pas crié, ne courait pas dans tous les sens et se mouvait lentement et consciencieusement. Aussi Vega espérait que l’étranger prendrait soin de garder tout objet pointu sous cape et surtout qu’il ne chercherait pas à les glisser à travers sa personne. Il y a des jours où on a l’impression d’être protégé par un filet divin qui empêche les autres de vous enlever la vie, mais là le filet semblait très mince. Elle se racla la gorge, chancelante,
- Je peux vous proposer une boisson chaude?  
Et un marché ? Un assassin c’était pas trop mal. Vega connaissait tout un tas d’assassins ! C’est le métier qui court le plus les rues à la capitale, ça et meurtrier. Au moins elle pourrait négocier avec le nouvel arrivant, ce n’était pas un de ces types étranges qui sentait la camomille, jurant fidélité à leurs spiritualité et fermés à toute gratification sous prétexte que “han, le matérialisme des nobles gâchait leurs spiritualité et leur flot lyrique.” le tout dit avec une voix à peine pubère et une mèche dite “à la sa souquée” qui avait pour but de bloquer la vision jugé trop terre à terre.


*j’ai hésité à mettre “tête-à-queue” mais vu qu’elle était au sol ça aurait pu être trop sujet à interprétation
HRP en relisant j’ai réalisé que je ne fait pas avancer le schmilblick… mais je m’en fiche j’ai réussit à caser sasuke dans le rp
(c'est quand même un peu court non?)
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Gne

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MessageSujet: Re: En quête d'absolution [PV Vega Aldebaràn]   Lun 1 Mai - 17:51

Ainsi la dame ne parlait qu'avec le vieil homme? Et bien malheureusement parfois les calsses aisées se voyaient privées de leurs privilège. Dans le cas de l'érudit notamment, le privilège de respirer faisait maintenant partie du passé, mais il importait à Gne de ne pas transformer toute la bibliothèque en charnier, car il abhorrait la violence* presque autant que la torture**. Avec un hochement de tête qu'il espéra cérémonieux et sans faire grand cas du fait que la dame avait mal prononcé son faux-nom de couverture***, il se détourna d'elle et entreprit de feuilleter les rayonnages d'un air affairé, essayant de se montrer comme dans son élément alors que, disons-le, il était aussi à l'aise dans une bibliothèque qu'un poisson, mettons, dans une crêperie naine. Située en haute-montagne. Et par temps sec.

Alors voyons voir... les ouvrages s'entassaient les uns à côté des autres, soigneusement rangés par auteur, sauf ceux qui traitaient de potions et autres pâtisseries magiques, qui eux se retrouvaient rangés par ordre croissant****. Autant dire que Gne avait du pain sur la planche, et que s'il n'était pas rapide comme un éclair dans ces vastes ouvrages de mille feuilles et quelques, les religieuses et religieux plus loin allaient le foutre dans un sacré pudding. Du genre de ceux où on préfère ne pas savoir de quoi sont faits les morceaux qui blolotent au fond. Non pas que trois types en robe qui s'approcheraient de lui lui fassent généralement peur (sauf dans certains secteurs très précis des bordels), mais Gne préférait ne pas se demander si l'un des érudits aurait l'ingénieuse idée d'utiliser les nombreux parchemins qui devaient parsemer l'ermitage contre sa personne.

Aussi et sans attendre entreprit-il de feuilleter divers ouvrages vieillis par les ans, rougis par ce qu'on espérait être une encre rouge de mauvaise qualité, collés par l'humidité voire à moitié roussi par les conséquences d'une utilisation un peu irresponsable d'un ouvrage qui traite de choses aussi bénine que l'invocation des démons de feu de quatrième catégorie. Il manquait la moitié des pages et l'ouvagre était péniblement retenu par des chaînes aux rayonnages. Gne le reposa aussi doucement qu'il pût quand son regard se tourna vers un ouvrage à la couverture d'un blanc pastel un peu défraîchi et qu'ornait sur la tranche une imitation de branche de Gui en feuille d'or.

L'ouvrage s'intitulait "Purges, absolution, guérisons et crémations" et un sous-titre: inclus: annexe IV: la chaude-pisse, les bubons testiculaires et comment les éviter ornait le bas de la page. L'ouvrage avait l'air très utiliser, surtout sur les dernières pages que de nombreuses pages écornées et visiblement tournées de la part de mains pressées et occupées par autre chose que la bonne santé de l'ouvrage.

Un instant l'ouïe perçante de Gne crut entendre un sifflement, très aigu. Mais il ne s'agissait probablement que du vent qui soufflait au dehors, la bibliothèque demeurait, elle, silencieuse. Sans y faire plus attention, il entreprit de se caler le livre sous le bras gauche d'un air docte, et continua de farfouiller  cette fois-ci du côté des parchemins: si jmais il trouvait un élément intéressant et capable de se revendre facilement, pourquoi se priver après tout? Quand on est dans la mouise jusqu'aux genoux, le mieux reste de prendre une grande goulée d'air et d'aller voir s'il n'y a pas un rusquin***** au fond. Mais la plupart des papelards avaient le défaut d'être uniquement couverts de runes et de ne pas s'accompagner d'une traduction efficace. Ramassant simplement une minuscule pierre runique dans un des paniers qui parsemaient les étagères******, il entreprit donc de se tourner vers sa dernière interlocutrice, pour prendre congé juste au moment où cette dernière lui proposait une boisson, dieu sait pourquoi.

Et elle avait du sang sur sa tenue.  Du sang frais.

Dépliant immédiatement son arbalète d'assassin de sa main libre, il entreprit de viser d'un air méchant entre les deux yeux de la dame. Le résultat devait sans doute davantage rappeler un canard ivre mort qu'un habitué de petits meurtres entre amis mais il réussit à garder une voix à la fois mielleuse et menaçante:
"je crois que vous et moi on a, comme qui dirait, un problème. Maintenant je ne sais pas qui est le plus gêné dans cette histoire mais si j'étais une jeune dame férue de littérature qui vient dans une bibliothèque la nuit et se retrouve dans une telle situation je me demanderai si je tiens vraiment à vérifier si la plume est plus forte que l'épée?"*******

Et tout aurait pu s'arrêter là. Gne aurait pu tirer son coup (d'arbalète) et se tirer avant d'aller tirer sur son poireau. Ou bien reculer, s'enfuir, et rentrer les poches vides mais les c... euh la mission remplie directement chez lui, si tant est qu'un grenier abandonné soit un chez soi.
Le problème, c'est souvent quand on veut trop en faire...
"vous... vous avez de l'argent sur vous?"

La meilleure phrase de coupe-jarret crédible depuis : "vous n'auriez pas perdu votre protefeuille?". Et merde.



* cette dernière ayant la fâcheuse tendance d'être dirigée contre lui.
** on vous a déjà dit que celui qui tient le bistouri est rarement un jeune voleur pauvre? Non? C'est parce que c'est plus souvent un vieux médecin dément et riche. Et comme il n'y a généralement que deux personnes dans la pièce, on vous laisse deviner où se trouverait votre place.
*** Il faut reconnaître que Gne s'y connaissait mal en couverture. Le fait qu'il dorme rarement dans un lit y était peut-être vaguement pour quelque chose, mais sa fâcheuse tendance à perdre ses moyens devant une paire de boobies proablement davantage.
**** d'où l'expression: s'y retrouver dans une suite croissante, c'est pas de la tarte.
***** là y a pas d'anecdote mais je suis content de réussir à placer ce mot. bisou
****** la pierre runique est en fait un simple caillou, mais fait toujours un peu dark, un peu rebelle et aventurier. C'est peut-être la lumière, voire la musique qu'elle peut laisser entendre quand on y colle l'oreille. c'est un roc qui attire l'oeil, et les étudiants et érudits adorent en mettre de partout pour croire qu'ils sont des hommes durs alors qu'ils dorment souvent avec un ourson en peluche. on dit d'ailleurs que la musique de roc est né dans la rune. [ouais, celle-là est directement inspirée de Terry Pratchett, RIP IN PEACE EN PAIX DE LA PACE mon maître].
****** en réalité, seulement si l'épée est très petite, et la plume très très pointue. Et si le bretteur est aveugle, ça aide.

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Vega Aldebarán

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MessageSujet: Re: En quête d'absolution [PV Vega Aldebaràn]   Lun 1 Mai - 21:54

Lorsque Vega signala sa présence, le vagabond ne put se retenir de sortir son arsenal de sous sa houppelande. Vega soupira lourdement les dents serrés de désillusion. Ce n’était même pas un érudit !

- Je crois que vous et moi on a, comme qui dirait, un problème. Maintenant je ne sais pas qui est le plus gêné dans cette histoire mais si j'étais une jeune dame férue de littérature qui vient dans une bibliothèque la nuit et se retrouve dans une telle situation je me demanderai si je tiens vraiment à vérifier si la plume est plus forte que l'épée?

Il faisait tout son possible pour garder de la contenance, mais tout le trahissait et Vega mettrait du siens pour le lui faire remarquer. Le couronnement de l’absolu invraisemblance fut quand Vega lut les petites lettres “ les bubons testiculaires et comment les éviter” en bas du livre que l’aigrefin tenait contre lui et qu’il eut la prétention d’ajouter :
- vous... vous avez de l'argent sur vous?
S’il avait ajouté “actuellement sans emploi, je m’excuse de venir vous importuner entre deux changements de rayons pour vous demander la charité” Vega l’aurait prit plus au sérieux. Mais là elle ne put s’empêcher de sourire devant la carrure de son opposant.
- J’ai l’air de me promener avec des bourses sur moi? Demanda-t-elle cyniquement. Un peu bouche bée d’admettre que Moscius avait été tué par lui.
Vous avez chargé votre arbalète ?

Elle dégrafa son manteau dont le bas -taché de sang, lui tirait sur les épaules-, avec une infinie sensualité, profitant de ce geste pour s’approcher de l’homme. Le col en épaisse fourrure rousse duveteuse glissa le long de son corselet, laissant découvrir une seconde peau de velours doré qui habillait la Dame. Parce que, en toute circonstance, même au fin fond du royaume de la bouse, Vega était sublime. Infiniment sublime ! Elle ne faisait rien à moitié. Du moins c’est l’image qu’elle renvoyait, la Duchesse transpirait sous la chaleur de son manteau et devant l’audace de s’être montrée. Elle n’était pas plus à l’aise que l’escroc, mais elle avait des années d'entraînement pour faire bonne figure.
Peut-être ne verrait-il pas ses joues légèrement rosées car son décolleté capterait trop l’attention.
Vega flanqua un coup de poing pour devier la petite arbalète qui éructa son carreau dans la bibliothèque derrière. Puis elle souffla l'air de ses poumons qu'elle avait retenu tout du long, découvrant qu’elle était encore debout.  
- Beaucoup d’autre on essayer vous savez. En plus vous ne tenez pas une épée. La Dame gardait en vue l’aigrefin. Il avait des grands pieds, elle aurait pu y planter ses talonnettes pour l'empêcher de courir. Un adage lui revint en mémoire concernant les grands pieds sans qu’elle ne mette la main dessus.

Non mais regardez-vous sérieusement ! Ne vous étonnez-pas que j’ai préféré croire que vous étiez un érudit. Vous êtes le plus mauvais assassin du monde et le temps que vous rechargiez, je me serais enfuie. Et je ne parle même pas en tant que voleur !Elle leva les yeux aux ciel. Vous êtes tellement minable que vous avez trouvé le moyen de tuer un vieillard au lieu de le distancer. Maintenant quoi !? Vous voulez me faucher alors que je ne me met même pas en travers de votre chemin !?

Elle commençait à s’emporter sous l’effet de son sermon. La Dame avait le même ton que lorsqu’elle grondait un enfant à l’orphelinat.
Bon rassurez-moi, vous n’avez pas tuer ce vieux bougre pour soigner vos furoncles? Elle désigna le livre à la couverture jaunâtre. Vous êtes venu “emprunter un livre”, c’est lequel et qui vous le demande?
Elle espérait au moins pouvoir tirer quelques informations, peut-être était il mandaté par une guilde ou un commerçant, même mieux : un noble

- Ne pointez plus rien vers moi ou je hurle. Et une flopée de types - en robes, mais des hommes quand même - arriveront. Vous aurez tuer un sage et une Duchesse.

Elle glissa sa main dans sa chevelure épaisse, elle sentait toujours le cédrat et les agrumes sucrés des jardins de sa villa. Son parfum arrivait à prendre l'ascendant sur la pluie et la boue comme un charme ensorcelant l'atmosphère. La Duchesse si délicate, se découpait du décor, le velours d'or captivant les moindres lueurs des bougies qui essoufflaient. Elle était lassé de ce lieux plus que de raison, pourquoi n'avait-il pas simplement accepter de une boisson. Un bon vin entêtant ferait l'affaire. En plus il fallait trinquer pour Moscius, il était toujours la face contre le plancher, sans gratification, jusqu’à ce que les jeunes apprentis découvrent leur maitre, ayant trahi l'impatience de revoir la Dame ou de lire les livres contenant les secrets et techniques pour agrandir de dix centimètres votre ...
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Gne

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MessageSujet: Re: En quête d'absolution [PV Vega Aldebaràn]   Mar 2 Mai - 9:14

Et bien on peut dire que la garce ne s’en laissait pas compter. Certes Gne n’était pas ce qu’on pouvait à proprement parler un assassin parce qu’il avait plutôt tendance à préférer le vol et le sabotage à la violence. Mais le prendre pour un bandit de pacotille… C’était probablement commettre une erreur. Mais cela arrangeait bien notre infortuné voleur ; celui vous sous-estime à tendance à ne se rendre compte qu’au dernier moment que vous tenez une corde de piano autour de son cou.
Elle réussit néanmoins à le distraire très temporairement au moyen de ses atouts visiblement amplement féminins, de façon à désarmer son arbalète. Avec un cri aigu et un bond en arrière, Gne recula vivement et saisit sa dague, l’air soudain beaucoup plus félin et beaucoup moins amical. Il était toujours prêt à discuter en présence d’une dame bien apprêtée, mais l’instinct a ce défaut majeur de vouloir vous éviter de finir sous la forme d’un petit corps désarticulé et envoie parfois des ordres à la moelle épinière et aux muscles avant que vous ne le découvriez vous-même.

« Je ne veux pas vous tuer. Pas plus que je ne tenais à mettre un terme à la longue vie d’étude et de paluchage de l’homme qui est couché un peu plus loin. Ne me forcez pas la main c’est tout. S’il était resté à son bureau cette nuit, il serait toujours là et il se serait réveillé tranquillement ce matin, la bouche peut-être un peu pâteuse d’une longue nuit de sommeil et de méditation à son office. Techniquement, c’est un peu vous qui l’avez condamné. Quant à mon niveau de roublardise… et bien je ne m’avancerai pas trop. Mais ça fait plus de deux jours complets que j’attends là-haut, dit Gne en pointant les poutres au plafond, même en plein soleil lorsque ce dernier est au zénith et pour l’instant, personne n’a sonné l’alarme. Nous allons donc considérer que personne ne va encore le faire ce soir, et ma dague pourra retourner dans son fourreau. Oui ? »

La respiration rauque de Gne était probablement dûe à une once de stress et à ses muscles bandés soudain comme ceux d’un chat, mais aussi à la vue qui s’étalait sous ses yeux. Il fallait reconnaître que la dame était réellement magnifique et que Gne lui aurait bien proposé d’aller voir les étoiles sur le toit de la tour de cloche, histoire de lui montrer comment il savait se servir de son passe-partout. Mais l’énervement de cette jolie créature féminine n’inspirait pas la confiance ni la gentillesse.
"Bon rassurez-moi, vous n’avez pas tuer ce vieux bougre pour soigner vos furoncles? Elle désigna le livre à la couverture jaunâtre. Vous êtes venu “emprunter un livre”, c’est lequel et qui vous le demande?"

Mais quoi, elle voulait pas son adresse et son groupe sanguin aussi ? De toute façon, Gne travaillait pour lui-même cette fois-ci. Il cherchait simplement un remède pour calmer ses crises nocturnes de folie de plus en plus prégnantes. Mais la dame n’avait pas à savoir ça.

"- Ne pointez plus rien vers moi ou je hurle. Et une flopée de types - en robes, mais des hommes quand même - arriveront. Vous aurez tuer un sage et une Duchesse."
A ces mots, Gne esquissa un sourire. Les menaces il connaissait. Il savait y faire avec les menaces. On l’avait menacé souvent. Mais d’habitude il était enchaîné, coincé, ou au moins la personne qu’il était en face tenait un bâton avec un clou au bout alors que lui ne portait plus qu’un slip en laine. Se faire menacer par une jeune dame dans un lieu désert alors qu’il avait sa dague à la main c’était nouveau. Un peu comme si les volailles décidaient subitement de s’attaquer aux terriers de renard parce que les vers de terre les chassaient du poulailler.

Rengainant sa dague d’un air théâtral, il salua d’un air emprunté ouvertement ironique :
« Je vous prie de me pardonnez chère médèèèème. Je ne savais pas que j’avais affaire à une duchesse. L’aurais-je su, jamais je n’aurais osé vous menacer d’une quelconque façon. Vous êtes visiblement bien au-dessus de tout ça. Puis-je néanmoins me permettre de donner l’humble avis d’un homme du peuple quant à vos dernières… remarques ? Vous êtes plutôt sanguine, je suis plutôt sans gain, si je puis dire, ahah. Toujours est-il que le sang des rois et des reines coule dans vos veines. Très bien. Je suis sûr qu’il vous serait profitable… qu’il y reste. Ne faites pas de bêtises.» termina-t-il en secouant sa masse de cheveux châtains encore quelque peu humide et en se caressant la barbe d’un air désinvolte.
« Je suis désolé, ma déontologie m’empêche de délivrer le nom de mon employeur. Ce serait malvenu si on ne pouvait plus croire en l’honnêteté des gens malhonnêtes. Visiblement vous cherchez quelque chose aussi. Ou bien un soutien, ou bien un document, une signature, un sceau, que sais-je. Je suis persuadé que si vos…moyens, quel qu’ils soient, ne peuvent aboutir, vous pourriez avoir besoin d’un aide un peu moins conventionnel. Si vous me dites ce qu’il vous faut, je peux peut-être vous fournir mon concours. Vous avez un problème ? J’ai un tarif. Et si vous n'êtes pas satisfaites de cet endroit, je peux aussi... rendre votre aventure plus explosive dirons-nous. ce sera plus cher évidemment, il pleut beaucoup ici. »

Et Gne de virevolter soudain de rayonnages en rayonnages, soudain l’air beaucoup plus détendu, laissant la dame réfléchir à son offre pendant qu’il s’affairait à trouver toute sorte de breloques de quelque valeur, récupérant sans faire de chichis les anneaux de l’infortuné Moscius, ainsi que son sceau. Ce dernier était fait d’argent pur. Même fondu, il vaudrait au poids toute une semaine de mauvaise auberge. Imité, il lui ouvrirait les portes de tout un tas de lieux où il n’aurait jamais pu mettre les pieds autrement que furtivement la nuit venue. L’homme avait aussi une sorte de stylet ouvragé très beau. Invendable au marché noir, car trop facilement reconnaissable. Il arborait les armoiries de l’ermitage.
« Vous le voulez ? En souvenir ? Je suis vraiment désolé pour votre ami. Je ne pouvais pas prendre de risque. J’ai des… problèmes particuliers qui demandent un traitement rapide et n’avait pas les moyens de prendre le risque d’un échec. Vous devriez vous couvrir au fait. La vue m’enchante plus que de raison, mais vous allez prendre froid. » Lâcha Gne d’un air compassé, puis guilleret et mutin. Il espéra qu’en jouant sur les sentiments de la Dame, il lui ferait faire l’erreur d’accepter, et la rendrait de facto sa complice devant un tribunal. Elle serait alors obligée de l’aider, de gré ou de force, dans l’adversité.


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Vega Aldebarán

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MessageSujet: Re: En quête d'absolution [PV Vega Aldebaràn]   Sam 6 Mai - 21:25


Malgré ses “explications”, Vega n’en démordait pas, attendre prouvait de lui qu’il était un lâche plus que quelqu’un d’adroit. De toute manière, des rats vivaient dans la cuisines depuis des années sans qu’on les voient ! Et un érudit ne saurait même pas trouver ses pieds, même indiqués sur une carte ! Il ne savaient que lire, copier et éprouver leur solitude.

Mais la Duchesse du admettre deux choses : la première, elle avait un problème concernant les relation tumultueuses et les confrontations. D’ailleurs, elle excellait aux joutes verbales, mais pour les luttes physiques elle était plus à l’aise dans un lit -façon de parler, elle était aussi à l’aise sur des fauteuils, des tapis ou des lattes de plancher!
La seconde chose que Vega dû admettre c’est que si elle cherchait à ce point à se convaincre de l’aspect quelconque de son opposant, c’était qu’elle ne trouvait pas de vrai prétexte pour le dénigrer. Il n’était pas parfait, peut-être benêt même ? Mais il avait une grâce bestiale, se mouvant comme un fauve. L’odeur en addenda.
Le problème le plus épineux fut sans doute qu’il arrivât à la vexer, et semblait aussi transcendé par la grâce de Vega qu’une mouche voyant un savon.
Elle fronça le nez devant sa désinvolture, lorsqu’il agita ses cheveux telle une noble Aquerrienne - trop pauvre pour Espalion, trop pédante pour se cacher. Aussi elle essuya gracieusement sa joue qui venait de recevoir l’affront des dernières gouttes prisonnières des cheveux de l’aigrefin.
Vega ne se sentait pas insultée par son ton sardonique, ni ses réflexions stupides, mais par son manque d'intérêt seulement. Il n’existait qu’un remède : le détester.
Lorsqu’il lui proposa son aide, la noble tressaillit d’animosité. En si peu de temps elle avait déjà eu envie de le tuer par trois fois.
Elle se demandait comment le piéger? Peut-être en lui proposant de la suivre et faire venir ses gardes pour s’occuper de lui, mais elle aurait aimé trouver plus "noble". Et éviter d’apprendre à l’enfant qui l’accompagnait comment tuer un pauvre gredin sans cervelle qui se moquait d’elle. Quoique, les enfants de Vega se vouaient à la défendre et la servir, un assassin aussi jeune et dévoué serait une bonne affaire !

- Lorsque vous dites plus explosive, qu’entendez-vous? Lui demanda-t-elle, la voix adoucie par une haine froide.
[HRP : insérer une réponse ici xD ]
Dans une pirouette presque mimée, il se retourna pour laisser la noble à ses pensées, feignant le grand lecteur et chapardant à chaque gondoles les petits trésors qui traînaient.
Vega faisait la moue, jouant avec ses cheveux et hésitant à s’associer à ce type étrange, sans garantie de succès. De toute manière il avait tué son principal recours. Elle ne voulait juste pas être lié à des affaires de meurtres supplémentaires. La pluie se remit à frapper le carreau encore plus fort, un éclair scinda le ciel, illuminant les rayons ornés de livres aux tranches brunes et rouges. Puis vint le tremblement féroce.

Vega leva son visage vers celui de l’artificier-escroc qui tenait un surin à la main.
-  Vous le voulez ? En souvenir ? Je suis vraiment désolé pour votre ami. Je ne pouvais pas prendre de risque. J’ai des… problèmes particuliers qui demandent un traitement rapide et n’avait pas les moyens de prendre le risque d’un échec. Vous devriez vous couvrir au fait. La vue m’enchante plus que de raison, mais vous allez prendre froid. Lui annonça-t-il d’une voix sincère.
- Je serais trop triste de vous ôter le privilège de la vue, alors je préfère le froid. Pour accentuer ce sentiment, sa peau frissonnât. En plus je ne suis pas très exaltée par le parfum du sang, ça l’alourdi et rends le tissus désagréable.
Elle lui assena un sourire très bref.
Elle dédaigna le coutelas que lui offrait l’artificier-escroc, Vega décidait de l’appeler ainsi, sans connaître son nom, car avant tout on vous juge sur votre fonction. On appelle bien le gardien Gardien, les assassins Assassin et que crie-t-on en croisant un voleur ?
Elle glissa ses doigts pour refermer la main de l’artificier-escroc.
- Je vous laisse le plaisir de dépouiller les morts, j’ai déjà mes propres affaires.

Les mains de l’homme étaient aisément plus froide que celles de Vega aussi se permit-elle de reprendre un air suffisant ; déjà parce qu’il l’avait flattée en reconnaissant qu’elle était enchanteresse et puis parce qu’elle se souvenait que, quoiqu’il dise, elle dormait dans un lit et lui dehors.

- Vous avez raison, il fait froid. Viens, il y a un feu et des chaises près du bureau. Elle le voutoyais d’un air autoritaire. Se dirigeant vers le bureau, où elle prévoyait de lui demander quels genre d’artifices il pourrait créer en peu de temps ? La nuit était longue et les érudits et les voyageurs étaient sûrement en train de regagner leurs lits. Si l’un d’entre eux cherchait une lecture nocturne, le feux était juste à l’entrée de la bibliothèque et Vega pourrait renvoyer tout intrus. Innocemment, l’intrus était déjà là.

Il avait déjà sauté de son lit, glissé dans un petit entrebâillement de porte, chipant ses bottes au passage. Rune savait très bien échapper aux hommes de Dame Vega. L’idée de la décevoir lui brisait le cœur, mais à cet âge, il était persuadé de ne jamais se faire attraper par des adultes si lents !  Et l’appel de la boue fraîche était irrésistible. Il adorait l’éclat de ses runes devant les éclairs, sont corps semblait absorber l’électricité et la renvoyait en illuminant les tatouages tracés dans sa peau.
Rune était un sculpteur, il avait découvert cela depuis peu et il savait qu’il partirait de l’orphelinat à cause de la foutue magie!
Forcément au début il avait refuser partir avec la Dame. Mais la Duchesse était si gentille et belle qu’il se disait profiter d’être seul dans ce voyage avec elle. En arrivant : des kilomètres de boues ! Alors il avait sculpté dans ce matériaux malléable et il avait adoré ça ! En plus les gens ici étaient tous bizarres. Oh évidemment bizarre amusant ! Ils lisaient, écrivaient et certains connaissaient de la magie. Ceux là avaient été fasciné par Rune. Mais son préféré c’était Nyseld ! Vega et lui était comme un chien et une chatte, mais Nyseld était trop drôle ! Il disait les choses de façon terriblement logiques et froides, il avait même été méchant avec la Duchesse comme personne avant ! En le voyant, Rune avait compris l’audace et l’impertinence, et il avait aimé cette désinvolture gratuite.

Pour l’heure il allait attaquer quelque chose d’autre. Au début il voulait sculpter la boue avec ses runes brillantes, mais l’escalier et les éclairs lui donnèrent envie de hauteur. Il grimpa sur le toit pendant le dîner. Les gardes n’avaient pas osé annoncer à la Dame qu’il s’était encore enfui lorsqu'elle s’était retirée avec Moscius dans la bibliothèque. Moscius était vieux, mais gentil, il avait ébouriffé les cheveux de Rune. Sur le coups il s’était senti remis à sa place d’enfant, mais le vieux avait eu un sourire de vieux et Rune était content d’être un enfant.
Il voulait découvrir ce dont la Duchesse et l'érudit parlaient. La simple curiosité mêlé au goût du risque ! Alors il entreprit de descendre du toit, sculptant un escalier de boue qui ressemblait plus à une avalanche qui s‘était affalée sur deux mètre de la façade de façon mystérieuse. Il se glissa entre les jambes d’un adulte qui lisait. Dans son village de naissance, seul le doyen lisait, il connaissait pas toutes les lettres en plus !
Intelligent mais pas vigilant ici, dans un endroit aussi grand c’était du gâchis !
La porte de la bibliothèque ne grinçait heureusement pas. Elle faisait même un bruit feutré de bois rassurant. Il entendait Vega, mais pas la voix du vieux. C’était quelqu’un d’autre.
Oh non ! Il allait lui faire du mal ?! Rune grimpa sur une bibliothèque pour mieux voir. Et il vit.
Le vieux Moscius était mort. Vega était toujours aussi brillante et vivante. Découvrant le cadavre du vieux, il se pétrifia, paralysé par la peur. Le méchant revint fouiller le corps allongé. Vega semblait très gentille. Parfois, elle était très douce avec des raclures pour qui les enfants de l’orphelinat crachait dans le dos une fois qu’ils étaient passés. Aran et Angus disaient toujours qu’ils défendrait Vega même s’il fallait en venir au poings. Les jumeaux démoniaques ! Ah, ils ne seraient sûrement pas paralysés par la peur eux !
Le couple étrange s’installa devant le feu, le garçon semblait mouillé. Rune s’imaginait le pousser dans le feu pour sauver la Dame de ses griffes. Le méchant avait jeté une épée – le petit coutelas aux armoiries de l’ermitage semblait être une épée de chevalier pour l’enfant. Il descendit aussi doucement que possible le long de les livres, jurant d’être sorti sur le toit, parce qu’il avait de la boue sous les chaussures maintenant. Il saisit la rapière et courut vers l’entrée.

- Éloignes-toi de Dame Vega espèce de fils de pu… !!

Vega le saisit en pleine course. Son cœur battait dans sa poitrine comme s’il voulait sortir. Elle avait sursauté en le voyant sortir. Ses yeux s’arrondir de colères. La Duchesse fixait le garçon avec un regard emprunt de panique et du fureur.

Rune lâcha le couteau, Vega lui faisait mal en serrant son bras trop fort. En plus elle n’avait pas l’air contente de le voir… pas du tout… en plus il avait dit un gros mot.
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Gne

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MessageSujet: Re: En quête d'absolution [PV Vega Aldebaràn]   Lun 8 Mai - 21:57

Lorsque vous dites plus explosive, qu’entendez-vous?

Ah. On allait toucher ici au petit cœur de métier de Gne, et l’idée qu’il pouvait d’une part vanter ses talents devant une demoiselle sauvage et aventurière, couplée à une potentielle possibilité d’emploi, lui donna soudain des ailes. Alors qu’il chapardait les rayonnages comme décrit plus tôt, et alors qu’il passait d’une bibliothèque à une autre directement aux moyens de petits bonds et de soleils, l’air guilleret et affairé, il reprit :
« Et bien, … j’ai un savoir particulier. Voyez-vous j’ai expérimenté toute sortes de petits travaux au cours de ma vie. Je vous ferai bien le paragraphe de la pauvre petite victime de la société, avec des larmes de crocodile, mais quelque chose me dit que votre regard affûté dans lequel brûle la flamme de toute une flotte de navires en feu ne serait pas très dupe. Alors disons simplement qu’entre faux-monnayeur et serrurier, entre scribe itinérant et chapardeur à horaires fixes, j’ai pu côtoyer toute une confrérie d’alchimistes. Des gens charmants, et curieux de tout. Surtout de ce qui pouvait, par exemple, traverser un mur de plâtre de 30cm. Allez savoir pourquoi, les hommes ont parfois besoin de montrer que 30cm ce n'est pas si important dans une vie. L’espérance de vie d’un alchimiste est généralement très courte, même s’il use de mèches longues comme on dit. Toujours est-il que j’ai développé une passion pour les explosifs et fumigènes de toutes sortes. »

Mettant la main sur un parchemin aux enluminures dorées et aux lettres si bien décorées qu’on les aurait crues peintes avec du feu, Gne se dit que le risque valait la chandelle quand on avait du mal à joindre la chandelle par les deux bouts et que de toute façons d’ici quelque jours il n’aurait plus la lumière dans toute les pièces. Sans un mot, il le roula et se le fourra sous sa cape avant de reprendre ses pérégrinations. Il entreprit ensuite de récupérer des pierres runiques et de dépouiller le mort, mais la dame refusa sans le savoir de se montrer complice, sans doute vexée de ses propos mutins. Toujours est-il qu’elle l’invita à s’asseoir et qu’il reprit alors la conversation.

« Malheureusement je suis dépourvu de presque tout ici. J’ai seulement du souffre que j’ai récupéré des entrepôts de la mine et de la poudre de charbon, parce que je ne rechigne pas à un peu de matière première gratuite. Mais en réalité, il n’y pas là de quoi faire grand-chose. Je peux seulement m’en servir pour m’échapper, parce que je connais trop peu de gens assez chers payés pour sauter par-dessus un sol en feu, même très brièvement. Sauf que le plâtre d’ici est renforcé en salpêtre et qu’on est dans une bibliothèque bien sûr ; si je lâchais ça ici, les murs prendraient feu rapidement sous l’effet des livres qui brûlent. Je craindrais les décharges de magie résiduelles néanmoins. Mais si vous avez des projets qui impliquent un artificier il me suffit d’aller cambrioler n’importe quel patron de mine du village et de revenir le lendemain. La poudre de charbon est à la base de ce qu’on nomme communément le grisou. C’est une des premières causes des accidents de mine : si une poche de grisou explose elle peut souffler tout un tunnel instantanément. Vous n’avez côtoyé de nains qui vous en aient parlé médèèème la Ducheeeesse ? »
Et tout en parlant, Gne, désormais trop confiant, entreprit de sauter dans le seul fauteuil de la salle, adossé près du feu. Une écritoire était posée près de l’un des accoudoirs, ce dernier étant entachés de nombreuses tâches d’encre. Visiblement, quelqu’un aimait à travailler tard ici certains soirs, et il devait contempler les flammes d’un air goguenard en écrivant la prochaine grande pensée du siècle en ce qui concernait l’élevage des bulots abscons, le secret de la vie de l’univers et du reste, ou 42 merveilles pour un somnambule exhibitionniste. Retournant le fauteuil pour faire face à la bibliothèque et à son interlocutrice d’un coup de pied, notre voleur s’y tassa avec délice. Les coussins bien que passés et cabossés restaient confortables. S’y prélassant avec plaisir, Gne tendit soudain l’oreille, la porte ayant rendu le bruit typique de qui cherche à la passer avec un maximum de discrétion. Il faut dire que dans sa branche, la capacité à discerner le souffle du vent à celui d’un individu permet souvent de faire la différence entre un bon voleur, et un morceau de tête qui roule dans un caniveau*.
Se redressant à demi, restant aussi calme qu’un chat, Gne écouta l’absence** de bruit qu’il suivit des oreilles à travers la salle tout en tentant de rester cohérent dans sa discussion avec la Dame.
« Et vous alors ? Finalement, qu’est-ce que vous faites ici ? Je peux savoir qui vous êtes ? Non pas que ça m’intéresse, mais ça permettra peut-être de ne pas écorcher votre avis de recherche quand on vous aura trouvé avec moi. »
- Éloignes-toi de Dame Vega espèce de fils de pu… !!

Wow. Pour une fois depuis le début de cette… entrevue malvenue, Gne dut se reconnaître sincèrement surpris. Un enfant, que dire, un gosse d’une dizaine d’années, peut-être un peu plus ou moins, avait surgi de derrière la bibliothèque la plus proche pour lui foncer dessus en beuglant. La Dame l’avait arrêté avec une agilité déconcertante, alors que le bras du voleur était déjà à mi-course, une dague de lancer au bout des doigts. Arrêtant son geste, Gne étrécit les yeux d’un air courroucé, avant de se radoucir, d’un air amusé.
« Et bien madame, voilà un courageux protecteur pas de doute. Mon garçon, tu as de la chance de disposer encore de tes deux yeux, mais je dois te reconnaître une forme de courage tout à fait attachante. »
Le jeune enfant avait l’air paniqué devant le regard que lui lançait la dame, que Gne ne pouvait voir car son visage était tourné vers le garçon. En même temps, ce dernier jetait parfois à Gne des regards de haine pure, que soulignaient les étranges cicatrices qu’on aurait dite… emplies de poussière d’étoiles et de cristaux runiques ? qui scintillaient au gré de la respiration affolée du garnement et se reflétait dans la lumière du feu.
« Mais c’est quoi ça ? Vous lui avez greffé toutes ses pierres où il s’est fait ça tout seul, madame la duchesse de la cruauté infantile de mes deux? C’est une sorte d’armure magique*** ? Mon garçon, si tu t’endormais dans une mine de nain, tu te réveillerais avec une pioche dans l’oreille avant d’avoir fermé les yeux. Pas d’offense ça ne doit pas être facile à porter, et tu dois sûrement ivre avec les quolibets…. De grès ou de force j’imagine. Hum. »
Il y eut comme un grand bruit de steak humide qu’on claquerait sur une planche de bois. Puis le garçon se massa sa joue nouvellement endolorie d’un air penaud mais toujours colérique. Sous ses doigts, la peau virait au cuivré autant qu’au cramoisi et les runes qui lui striaient la joue semblaient palpiter d’une flamme propre. C’était fascinant. Gne avait visiblement devant lui l’homme qui valait trois mille liards. Ça finissait par faire une jolie somme. Malheureusement trop faible pour vivre avec un tel fardeau, se dit-il en prenant en pitié le pauvre jeunot.

Mais trêve de réflexions. Se levant de son fauteuil, Gne entreprit de se diriger vers la porte et de passer sa tête par l’entrebâillement. Personne. Peut-être avaient-ils eu la chance de ne pas avoir rameuté tout le patelin avec les cris du gamin ; adressant aux autres, il leur lâcha :
« Je suis sûr que médème serait très heureuse que je l’attachasse à cette chaise pour la faire passer pour une victime, mais ce qu’il risquerait d’arriver ensuite n’est pas un spectacle pour les enfants. Alors disons que je vais plutôt… aller par-là, trouver un coin tranquille et disparaître. Vous êtes libres de ne pas me suivre bien entendu. »
Et Gne s’enfuit dans la nuit, avec pour seule compagne les étoiles et une lune gibbeuse à moitié dissimulée par les nuages encore menaçants de l’orage qui touchait à sa fin.

Il s’en alla.


Environ une minute.

Quelle ne dût pas être la surprise du gamin et de sa maîtresse quand ils le virent rappliquer ventre à terre, fermer la porte d’un coup de pied et sauter derrière un rayonnage alors qu’une exclamation et des bruits de bottes tournant au bout du couloir se faisaient entendre.
Mais bon dieu, il y a de tout sauf des moines dans cette saloperie de coin d’ermitage ? Qu’est-ce qu’un putain d’homme d’arme en cotte de mailles fait dans un château à trois heures du matin ? Et est-ce que ce connard va venir me chercher noise céans ?
* On parle alors dans le jargon de « se faire souffler une idée ». Les idées ont tendance à faire perdre la tête.
** Il y a peu de choses qui font autant de non-bruit qu’une personne qui essaie d’être discrète. Des feuilles qui ne bruissent pas, des lattes qui ne couinent plus. L’expression silence assourdissant n’est pas qu’une expression pour quelqu’un qui dort souvent d’un œil, dans le grenier froid d’un marchand à la réputation douteuse après un larcin.
*** Gne n’avait jamais cru aux armures magiques. Souvent elles coûtaient chers et se trouvaient donc transmises de générations en générations, parfois dans un moment de douleur assez bref. Et puis un jour la magie trop vieille abandonnait l’objet et on se retrouvait avec un gant de cuir souple aussi utile qu’un gilet de sauvetage en fonte. On retrouvait les derniers mots de plusieurs nobliaux sur leur pierre tombale qui disaient finalement assez souvent : « vous ne pouvez rien me faire mortecouille j’ai mon armure magaaaaaargh. ».

[HRP]: j'avais pas trop d'idées je suis désolé :/

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Vega Aldebarán

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MessageSujet: Re: En quête d'absolution [PV Vega Aldebaràn]   Mar 9 Mai - 22:43

Audacieusement, l'aigrefin prit l’initiative de s’asseoir, bousculant le siège ouvragé d’un coup de pied. Il s'ensuivit un long monologue concernant ses méthodes de travail. Évidemment cela intéressait Vega, mais dans un autre registre. Elle croisait les bras, tandis que l'artificier exposait son manque de matériaux et la précarité des lieux. Vega le regardait s’enfoncer dans les coussins, profitant du moindre confort à disposition.
- Je ne me promène pas avec des bourses d’or, mais je ne me soucis plus des moyens dont je dispose depuis longtemps. Si tu accepte, je suis sûre qu’on pourra trouver un terrain parfait… ça risque d’être amusant.
Elle restait affable, sans pouvoir identifier si l'aigrefin l’écoutait réellement ou s’il s’était redressé piqué par une aiguille dans le coussin.
-  Et vous alors ? Finalement, qu’est-ce que vous faites ici ? Je peux savoir qui vous êtes ? Non pas que ça m’intéresse, mais ça permettra peut-être de ne pas écorcher votre avis de recherche quand on vous aura trouvé avec moi.
- Éloignes-toi de Dame Vega espèce de fils de pu… !!

Vega sursauta au moment où la voix de Rune éclairait les lieux. Elle l'attrapa au passage se retournant d’un air furibond. Elle avait coincé son petit poignet dans ses grands doigts. Ses yeux lançaient des éclairs de colère et de peur. Vega était terrorisée à l’idée qu’il soit blessé. Malgré tout ce qu’elle laissait paraître, les enfants qu’elle recueillait avaient tous leur place à ses côtés. La Duchesse reporta toute son attention et son affection sur le petit, ignorant les remarques de l’alchimiste. Avant qu’il ait fini ses piques, les mains délicates de la noble cinglaient la joue du garçon. Ses yeux s’embuaient aussi vite que sa joue rougissait. L’aigrefin aguichait la violence panique de la Dame.
- Mais c’est quoi ça ? Vous lui avez greffé toutes ses pierres où il s’est fait ça tout seul, madame la duchesse de la cruauté infantile de mes deux? C’est une sorte d’armure magique ? Mon garçon, si tu t’endormais dans une mine de nain, tu te réveillerais avec une pioche dans l’oreille avant d’avoir fermé les yeux. Pas d’offense ça ne doit pas être facile à porter, et tu dois sûrement ivre avec les quolibets…. De grès ou de force j’imagine. Hum.

Elle se forçait à l’ignorer, se baissant pour examiner le gamin sale. Vega essuya ses mains pleines de boue et le sang séché sur ses genoux. On aurait imaginé bien des scènes, les plus nobles et raffinées pour cette silhouette élancée, des scénario de désir ou bien des manque d’affection, mais jamais personne n’aurait pu penser à cela. La grande noble entreprenant d'essuyer la crasse d’un enfant sauvage.
-  Je suis sûr que médème serait très heureuse que je l’attachasse à cette chaise pour la faire passer pour une victime, mais ce qu’il risquerait d’arriver ensuite n’est pas un spectacle pour les enfants. Alors disons que je vais plutôt… aller par-là, trouver un coin tranquille et disparaître. Vous êtes libres de ne pas me suivre bien entendu.

Elle accorda un dernier regard dédaigneux pour l’homme avant de plonger une main dans les cheveux de Rune

- Vega…
- Madame. Le corrigea-t elle. Devant les gens c’est Madame.
La porte se ferma dans un bruit feutré. Vega empoigna l’enfant par les épaules.
- Ne prends plus jamais un tel risque. Ne fais plus rien. Il aurait pu te tuer. Ordonna la Duchesse.
Rune prit l’air le plus choqué qu’il pouvait. Il avait déjà été victime d’atteinte à sa vie. Il se sentait incroyablement concerné par le poids de son fardeau. Ses marques brûlèrent comme des braises bleutées, triste et indécise.
La porte s’ouvrit pour laisser apparaître l’aigrefin-voleur-assassin-artificier-pleutre. Il se glissait dans la pièce la queue entre les pattes, talonné par trois bottes en armure qui marchaient au pas.
- Ne dis rien. Rien du tout. Commanda Vega doucement, caressant la joue rebondie et ornée de runes de Rune.

Les gardes osèrent finalement passer la porte. Vega se redressa pour leur faire face. On aurait dit des déserteurs qui s’étaient perdu pour finalement se retrouver sur le front de la bataille. Vega les payait suffisamment cher pour qu’ils soient des poivrots - la base chez un homme d’arme- digne de confiance.

- Madame, je vous présente toutes mes excuses…
- Je ne sais pas si cela sera suffisant. trancha la Dame. Il y a eu un meurtre. Les gardes écarquillent leurs petits yeux. La seule action du séjour et ils l’avaient manqué !
- Le tueur s’est enfui, il a été surpris pas le petit.
- Ah bin on peut dire que c’est une bonne chose qu’il ai… entonna celui du fond avant de reconnaître son énorme erreur. Vega marcha droit sur lui pour lui asséner un coup bien plus puissant que celui qu’elle avait donné à Rune.
Le premier reprit :
- On va vous accompagner dans vos appartement, madame. Et on va faire une ronde pour la nuit.
- Ce n’est pas nécessaire puisqu’il s’est enfui. La ronde je suis d’accord. Se retournant vers les deux moins aguerri, Raccompagnez Rune dans sa chambre. J’ai besoin d’un peu de temps seule…. pour accepter le départ de Moscius…
- Mes condoléances.
Le premier avait un long crâne nu, accentuant son front basané, cela faisait de lui le plus intelligent. Pourtant c’était une véritable porte, dans le prolongement de sa masse, sa cape venait fermer ce bloc rectangulaire. Les deux autres étaient moins massif, le dernier était même plutôt svelte. Lui il était taillé pour doubler tout le monde à la course… et au saut de haies !
- Attendez dehors.
- Vous-êtes certaine que le lieu n’est plus dangereux ? S’enquit le capitaine du petit groupe.
- Parfaitement. Assura la noble. N’oubliez pas que je suis avant tout fille de Général, Nadir. Pour appuyer ses mots elle saisit la garde de l’épée du troisième. A contrecœur il la détacha de sa ceinture, la laissant à la Dame.
- Je suis devant. Si jamais il se passe… vous pouvez crier.
- Je n’y manquerait pas Nadir.

Ses lourds pas de fer firent demi-tour avec peine. Les autres s'apprêtaient déjà à grimper les escaliers.

Vega marcha en direction du corps inanimé. Elle adressa un regard pour le vieil érudit. Il serait probablement mort l’hiver suivant en allant pisser dans la nuit… mais c’est toujours douloureux de voir un cadavre. Elle le poussa du bout du pied, d’un air mauvais. Vega avait toujours gardé du ressentiment envers lui. Parce qu’elle lui avait demandé de l’aide après son mariage et il avait dit de prendre des profondes inspirations.

Elle rebroussa chemin vers le fond de la bibliothèque appelant doucement dans le vide des arches qui soutiennent le toit.
- La porte est gardée. J’ai toujours un travail pour toi.
Elle attendait qu’il se pointe. Et lorsqu’elle le vit, elle s’approcha à distance d’un murmure la main sur la garde de son arme.
- Je serais très intéressée de voir deux, trois truc sauter dans le coin. Je peux probablement te faire des propositions si outrageuses que tu ne pourras pas les refuser.
Vega avait toujours un air dur, il l’avait sans aucuns doutes mise dans une position difficile et elle hésitait encore : le découper en morceau ou le considérer parfaitement digne de confiance en tant que tueur-voleur-alchimiste pratiquant des méfaits archaïques avec les moyens moderne.
- Je serais très amusée de voir comment tu t’y prendrais pour m’attacher à une chaise. Si tu en veux plus j’ai un très grand lit dans la chambre du maître, alors je t’invite à te munir de toute ton audace de petit prétentieux à deux ronds pour venir me voir. Son ton ressemblait plus à une menace qu’une invitation. Si tu tues encore qui que ce soit, tu seras tellement recherché dans tout Espalion… ce sera un exil volontaire. à ces mots Vega dessina un sourire sur son visage, étirant ses lèvres jouisseuses.
Elle fit une révérence des plus insincères, la noble était sublimée par l’hypocrisie.
- Vous êtes libres de ne pas me suivre bien entendu. Reprit-elle dans sa vague d’ironie avant de tourner les talons.


La nuit était déjà avancée. Comme promit le lit était grand… et pas seulement ! Les odeurs cire fondue donnait un parfum onctueux à la scène, le feu apportait le musc et rodant sauvagement, un garde tenait son tiers de nuit, comme promit. Vega dormait étrangement paisible pour quelqu’un attendant la visite d’un meurtrier. Mais s’il voulait la tuer il l’aurait déjà fait. S’il était un sociopathe il jouerait avec elle, la provoquant sans la tuer et s’il était intéressé… la tuer serait la réaction la plus débile. Son sommeil s’agita. Elle n'était pas à l’abri de la connerie. Mais un con aurait du être un sacré Berserk pour passer le garde ! Non cette nuit pas de sueur froide.
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Gne

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MessageSujet: Re: En quête d'absolution [PV Vega Aldebaràn]   Jeu 11 Mai - 15:48

Le soleil allait se lever dans une heure...

Gne mâchonnait tranquillement un morceau de pomme. Parce qu'il avait du temps, il se complaint à se rappeler comment il avait fait pour devenir ce qu'il était. De toute façon, il ne pouvait pas faire de bruit alors autant rester tranquille et éviter de faire grincer ne serait-ce qu'une lame de parquet.
On pouvait dire pas mal de chose sur Gne, mais pas qu'il avait eu une enfance difficile. Il venait après tout d'une famille plutôt aimante, et si ce n'est la mort de son cher papa, fière de ses racines (surtout plantaires) et de son héritage (surtout pas financier). Il avait développé très tôt une curiosité maladive pour pas mal de choses et on l'avait encouragé dans cette voie, parce que tout artisan qui se respecte(même modeste et qui cumule les boulots)  aime à voir son fils se passioner pour les métiers manuels, et encore plus apprendre la cornemuse par goût et ainsi s'attirer un peu de prestige dans le clan (parce que même les plus assidus aux coutumes locales n'aiment pas travailler sur un instrument qui met deux ans avant de sortir ne serait-ce qu'une note qui ne vous donne pas immédiatement envie de devenir sourd en vous arrachant les oreilles à mains nues). Si ce n'était sa paresse, le jeune voleur d'aujourd'hui aurait déjà sûrement une modeste échoppe au village. Mais voilà: aussi vite qu'il aimait à apprendre, il aimait à rêvasser, et même les tentatives d'en faire un professeur n'avaient rien donné. Alors, de fil en aiguille, après être passé par la guilde des couturiers, on en venait à la rapine, voire à l'assassinat, même si Gne se gardait bien d'entrer dans cette dernière catégorie.

Le soleil allait se lever dans une heure...

Il devait leur concéder une chose: les assassins sont des artisans de grand savoir-faire.
On imagine souvent lorsqu'on est enfant qu'un assassin porte uniquement des tenues noires, qu'ils s'habillent de nuit. C'est faux. Les voleurs ont tendance à porter d'amples tenues sombres, parce que ce qu'ils font ne demande que de ne pas se faire remarquer, ou identifié. Il leur suffit qu'on ne les reconnaisse pas de loin, qu'on ne puisse les apercevoir à travers une fenêtre, parce ue le plus souvent ils s'arrangent pour piller des pièces voire des demeures cossues, mais vides de leurs occupants. S'ils sont repérés, ils ont juste besoin qu'on ne puisse pas les identifier lorsqu'ils s'enfuient. Ils pratiquent peu le combat rapprochés, préférant une retraite stratégique.
Les assassins eux, ne donnent pas dans le noir. Ils doivent refléter leur statut et s'adapter en toute circonstance à leur environnement. C'est pourquoi ils peuvent se glisser dans une foule de badauds, se fendre de courbettes dans un bal masqué, ou se tenir dans un arbre au-dessus du ranger qu'ils doivent faire passer de vie à trépas. Leur garde-robe est aussi fournie qu'elle est variée. Parce que ce n'est pas une pièce vide qu'on leur demande de fouiller. C'est généralement toute une maison, avec des gens endormis ou non, et généralement plutôt attachés à leur vie. On doit pouvoir laisser son regard se poser sur soi et passer comme si on ne nous avait pas vu pour être un assassin qui réussit. Du moins, qui réussit longtemps.
Un voleur essaie d'être invisible dans une encoignure de porte. Il est une ombre noire dans une ombre noire. Mais quand on sait où chercher, quand on est de la partie, on peut voir que l'ombre que l'on regarde est un peu trop sombre en son centre...


Le soleil allait se lever dans une heure...

Gne lui, avait donc reconnu aux assassins leur talent. Et il l'avait développé à ses frais, c'est à dire avec pas grand-chose. Et là où l'assassin adapte sa tenue, lui avait découvert qu'on pouvait faire aussi bien avec rien, pour peu qu'on ait pas à côtoyer des gens, ce qui était le plus souvent le cas dans la rapine. Et il avait compris une chose que même les assassins, du moins ceux qui ne sont pas les plus excellents, comprennent: pour ne pas se faire voir, il faut être invisible comme le nez au milieu de la figure.
On dit souvent que quelque chose se voit comme le nez au milieu de la figure. C'est vrai. Et c'est parce qu'on le voit qu'il est paradoxalment invisible. On s'attend tellement à y trouver un nez, que finalement c'est l'absence de nez qui choquerait. Ici, on voit un pif, et on passe à un autre détail. Gne appliquait la même philosophie au camouflage. On devait s'attendre à voir ce qu'on avait à voir. Une moulure. Une gargouille. Un noeud un brin étrange dans les branches d'un arbre. Et quand on se disait que la gargouille en haut du toit était la seule sur laquelle les oiseaux n'avaient pas encore fait leur nid* et qu'on se demandait si elle était là deux jours avant, elle avait disparu. Parce qu'on ne se le dit jamais que le soir venu en allant se coucher. Et peu à peu, même son organisme avait acquis des réflexes dans la façon d'orienter ses bras, de contracter et décontratcer les muscles, voire de ralentir l'afflux sanguin pour jouer sur la pigmentation, à la façon qu'on ses petites bestioles que montrent parfois les amuseurs de foire, et qui changent de couleur quand on les met sur une branche ou une autre. On adoptait un camaïeu de gris et de vert sombre et on devenait... un élément qui avait toujours été là.

Le soleil allait se lever dans une heure...

Bon dieu que c'était long parfois la nuit. Mais ça lui laissait le temps de se reposer, à rester là, sans bouger, à contempler la forme menue mais vindicative et horriblement attirante qui respirait doucement dans le grand lit à baldaquin. La pièce était fort grande, ce qui expliquait la tranquilité d'esprit de Gne. Le garde à l'extérieur eût-il osé entré qu'il ne l'aurait pas vu à moins de s'approcher à moins de quelques mètres de lui. Et il n'y avait pas de chiens. Le cmaouflage ne marchait pas sur les chiens. Ces derniers se servaient plus de leur odorat et malgré l'appétence de Gne pour l'hygiène corporelle, sa capacité à prendre des bains était malheureusement celle de tout un chacun qui dort plus souvent sur la poutre d'une mansarde que dans un grand lit bien chaud.
Ce qui est gênant avec les hommes d'armes, c'est que généralement leur muscles est inversement proportionnel à leur cervelet. Enfin, pour les gardes de base. Bien sûr les gardes du corps d'élite ont l'habitude de ce genre d'affaire et fouillent souvent tous les recoins, font des rondes aléatoires, et mettent parfois du verre pilé sur le rebord des fenêtres.  Mais les autres partent du principe que s'ils ne peuvent pas entrer quelque part sans être vu, alors personne ne le peut... sans penser que, peut-être, même en fermant les volets et en bloquant les panneaux, la lucarne tout en haut de la pièce qu sert à rafraîchir madame et dans laquelle un homme en cotte de maille ne saurait passer est assez large pour un homme un peu souple et vraiment pas gros, pour peu que ce dernier sache descendre depuis l'étage supérieur où pas un garde n'a eu l'idée de faire sa ronde.
Un étage fort intéressant d'ailleurs. L'infirmerie de jour. Gne avait eu la bonne idée d'y chaparder deux trois objets et de les ranger dans sa besace qu'il avait récupéré après avoir filé de la bibliothèque ou la dame l'avait tiré d'un mauvais pas (ce  en quoi il lui était somme toute reconnaissant); il s'était attaché dégarnir l'officine de santé plus que de besoin, parce qu'il n'était pas foncièrement méchant. Mais il avait maintenant toute une grande bouteille d'alcool médical qui saurait faire un combustible intéressant, une petite boule de pavot dont on se sert pour endormir les douleurs des souffreteux, et même une toute petite dose de mort aux rats qu'on avait laissé à côté des médicaments probablement contre les assauts desdits rongeurs. Autrement dit, le premier connard qui viendrait l'embêter allait se taper de belles crises d'estomac après le prochain souper.

Le soleil allait bientôt se lever...

La Dame avait quelque chose de fascinant. Ce n'était pas physique, encore qu'elle avait de beaux atours. Non, c'était son tempérament, sa poigne. On sentait qu'elle savait se faire obéir et qu'elle savait ce qu'elle voulait. Fille de générale hein? Je suis sûre que je connais beaucoup d'hommes, ma demoiselle, qui ont trois fois moins de couilles que toi, et pourtant ils sont écumés les lupanars de la moitié d'Espalion.
Et elle lui proposait du travail. Or un revenu ainsi que la protection d'une personne un tant soit peu haute placée pour en profiter faisait cruellement défaut à Gne. Pour une fois il aurait bien voulu dormir dans un vrai lit, remplir son rituel tranquillement, prendre un bain et savourer un vrai repas avec de beaux morceaux de viande sans se demander comment il allait payer la note ou si le voisin de chambre allait tenter de le tuer ou de dénoncer pour récupérer ses affaires. Si la dame avait de quoi payer assez, ou si elle lui donnait l'asile et quelque pécule intéressant, il pourrait enfin faire une pause méritée. Peut-être même travail... non faut pas déconner non plus, se morigéna-t-il avec un sourire.

La forme dans le lit bougeau mollement. Visiblement, à en juger par la respiration régulière de la silhouette qui lui faisait face, la Dame dormait d'un sommeil calme et réparateur. Elle n'avait pas l'air d'avoir une quelconque peur ou un sentiment d'inquiétude ou d'anxiété. Elle était très sûre d'elle. Quand enfin elle ouvrit les yeux, Gne ne bougea pas d'un cil, condition sine qua non pour que son talent naturel ne se brise pas. Le cerveau ignore que les yeux vous signalent que la table en acajou à l'air plus épaisse que d'habitude, ou que l'angle du mur est un poil irrégulier, mais pas que le mur se mette soudainement à bouger et à danser la chenille dans toute la maison.

Elle était vraiment belle. Pas jolie ou mignonne. C'était une femme et à ce titre, elle était belle, dans sa chemise de nuit. Gne attendit que la Dame fasse ses affaires en évitant pudiquement de la dévisager. Quand il devina qu'elle allait se changer, il baîlla ostensiblement pour éviter tout moment inconvenant par la suite.

"Ben quoi, chuchota-t-il d'un air espiègle afin d'éviter d'attirer l'attention d'un garde pervers qui écouterait aux portes, vous avez l'air surprise? Ou courroucé, je ne sais pas trop, pour être honnête. Je ne peux pas vous en vouloir remarquez, mais j'attire votre attention sur le fait que je me suis fait remarquer avant que vous ne soyez dans ce que d'aucun reconnaissent comme étant le costume national des hommes, quelque soit leur pays."

Avant que la situation ne puisse s'envenimer, Gne enchâina rapidement, en faisant tourner le trognon de pomme qu'il vaait volé dans la corbeille à fruit de la dame dans sa main:
" Je me suis dit que ça vous prouverait mes talents et comme vous m'avez parlé de propositions outrageuses, je voulais vous montrer que je sais être très outrageant. Un outrage à hauteur de deux fois ce que vous versez au type qui se tient devant votre porte en ce moment, ce serait génial. Par exemple, ça vous éviterait que des gens un peu plus futés que lui viennent vous souhaiter de beaux rêves alors que vous dormez déjà. Et en plus je suis disponible de suite, j'ai déjà déjeuné." termina-t-il en posant le trognon sur un napperon après avoir utilisé ce dernier pour s'essuyer ostensiblement les lèvres.

OK, se dit-il. Maintenant c'est quitte ou double. Ou bien elle appelle son garde et je suis comme qui dirait un brin destiné à plonger par la fenêtre, m'écraser comme une merde et boitiller jusqu'à ce qu'on me rattrape et qu'on me mette au trou, ou bien je viens de saisir une opportunité comme j'en ai rarement vu passer depuis plus d'un an. Dans un ultime effort pour tenter de conclure un marché il terina:
"Et j'aurais une dernière question: j'aime bien savoir pour qui je travaille, mais je comprends que ça puisse en gêner certains, dans ma branche. Mais je dois vous appeler comment, à tout le moins? ça m'évitera de vous manquer de respect à l'avenir; en effet, je respecte beaucoup ceux qui me paient, surtout quand ils paient une demi-semaine d'avance..."

Il était peut-être allé un peu trop loin dans l'effronterie. On allait bien voir.


* même si quelques pigeons parmi les plus ahuris avaient déjà eu la désagréable surprise de voir l'endroit sur lequel ils se soulageaient avec constance brusquement leur attraper les ailes et les plumer pour le dîner.

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Vega Aldebarán

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MessageSujet: Re: En quête d'absolution [PV Vega Aldebaràn]   Mar 23 Mai - 23:19

Elle regardait ses mains blanches aux ongles parfaitement taillés en diamant. Sa robe légère flottait dans le vent d’une brise de printemps. Elle porta sa main à son visage pour se protéger des rayons du soleil qui baignaient les champs de blés. Le soleil vient de se lever et c’est une magnifique journée… un air lui trottait dans la tête, agaçant et joyeux. Une table se dressait sans qu’aucuns serviteurs ne s’y affaire et Vega était écoeuré par la joie étrange et irréelle d’une scène familiale. Les individus était tous blonds, et étrangement vêtus. Vega s’installa près de la femme qui entamait
Le soleil vient de se lever et c’est une belle journée, grâce à l’ami rico…
Le monde trembla par trois fois dans une voix métallique * , brisant cet univers dégoulinant de fausse bienveillance. Vega se sentait tomber dans les profondeurs du temps. Dans un haut-de-coeur elle rejoignait son corps.

Retrouvant la lassitude et la banalité de ses draps rouges, elle glissa ses mains le long de ses hanches pour s’assurer qu’elle portait bien sa robe de nuit, blanche... un peu plus jaune-bouilli-de-coton. Par habitude, elle se dirigea vers la fenêtre, progressant en petit rebonds sur le lit un peu trop moelleux pour s’en extraire du premier coup. Les pointes de ses cheveux chatouillaient sa chute de reins.Dehors, la vue était… aussi fade que tout le reste. Elle ne voulait pas rester ici, elle ne voulait pas avoir à faire avec un village de boue et elle pensait sérieusement à prendre Rune à même ses nobles bras et retourner chez elle pour admirer l’orangerie, les saules, les cerisiers et la serre avec ses arbres exotiques des terres démoniaques.

Elle aimait celui qui avait un tronc violine et un feuillage irisé bleu; il suintait par des pores une substance incroyablement inflammables lorsqu’on la mettait en contact avec de l’eau. A ne pas laisser sous la pluie près d’une torche!
D’un geste sec elle versa une carafe dans une vasque en pierre taillée. Aucun miroir chez ces érudits ! Elle trempa une serviette pour s’essuyer le visage avant de faire glisser sa robe à ses chevilles; un geste quotidien , matinal. Mais cette fois elle fut interrompue par un râle de mufle.
Vega tressaillit, les muscles de son corps se contractaient. Elle se retourna lentement, son expression la plus colérique ornait son visage. Un coin de la pièce bougeait.

- Ben quoi, coupa-t-il court pour ne pas risquer un traversin en paille dans la figure. Vous avez l'air surprise? Ou courroucé, je ne sais pas trop, pour être honnête. Je ne peux pas vous en vouloir remarquez, mais j'attire votre attention sur le fait que je me suis fait remarquer avant que vous ne soyez dans ce que d'aucun reconnaissent comme étant le costume national des hommes, quelque soit leur pays."
- Oh c’est trop aimable. Répondit-elle d’un ton sardonique
- Je me suis dit que ça vous prouverait mes talents et comme vous m'avez parlé de propositions outrageuses, je voulais vous montrer que je sais être très outrageant. Un outrage à hauteur de deux fois ce que vous versez au type qui se tient devant votre porte en ce moment, ce serait génial. Par exemple, ça vous éviterait que des gens un peu plus futés que lui viennent vous souhaiter de beaux rêves alors que vous dormez déjà. Et en plus je suis disponible de suite, j'ai déjà déjeuné.

Vega se demandait s’il n’allait pas se moucher dans le napperon, après s’être essuyé les lèvres. Il posa un trognon de pomme, elle ne le reconnaissait pas, pourtant Vega avait sérieusement hésiter à croquer dans cette même pomme la veille. Maintenant elle ne pouvait plus hésiter.
Elle détendit ses épaules raides. Il s’était assis, dans la même position confortable et insolente que la veille. Vega esquissa un sourire. Il voulait être payé au même titre que son vassal. S’il l’avait su, il aurait tourné autrement sa requête, l’aigrefin savait marchander, mais ne connaissait pas les méandres des titres et des valeurs qu’on donnait aux humains chez les nobles ces derniers temps.

Vega releva son menton, signe de fierté et de défi.
- Tu voudrais être propriétaire terrien l’aigrefin? Elle alla s’asseoir en face de lui.
- Et j'aurais une dernière question: j'aime bien savoir pour qui je travaille, mais je comprends que ça puisse en gêner certains, dans ma branche. Mais je dois vous appeler comment, à tout le moins? ça m'évitera de vous manquer de respect à l'avenir; en effet, je respecte beaucoup ceux qui me paient, surtout quand ils paient une demi-semaine d'avance…
Vega lui adressa seulement un sourire en guise de réponse.
- le mystère n’est pas plus excitant ?
Elle se leva pour défaire une toile d’un paravent en coton. Là , sa silhouette découpée à contre-jour elle défit sa robe de nuit.

- Je suis la Duchesse Vega Aldebaran, fille du général Antares. Mon époux avait une bardée de titres pompeux et inutile donc je vais couper court là dessus. Accompagnant ses mots, elle se recouvrait avec une facilité quotidienne d’une stola, rehaussée d’une palla en laine merinos. La mode féminine était si simple et pourtant armée de mots barbares.
- Certains de mes amants m’appellent différemment, souvent c’est ceux que je ne revois pas.

Vega était l’une des rares nobles à savoir enfiler ses robes seules. Elle était aussi l’une des rares à s’habiller à la mode des pays du sud, des tissus flottant. Allant et venant au grés du vent découvrant parfois une épaule ou un charmant bout de décolleté. Les caresses des tissus était d’une efficacité déconcertante, bien plus saisissante qu’un décolleté guindé ou des jupes fendues pour mieux voir les sous-jupes - qui avouons-le n’étaient que d’autres jupes.

- Je ne pense pas que tu sois intéressé par le prix du charmant homme qui garde ma porte. Il s’agit de mon vassal. C’est un seigneur. Un propriétaire terrien il dirige un fief.
Soupirant et regardant le vide elle entonna un serment que ses oreilles avait rodé.
- “Tout le monde sait que je n'ai rien pour me nourrir et me vêtir… C'est pour cela, mon seigneur, que j'ai sollicité votre miséricorde blabla… bla et le fais à condition que vous me donniez de quoi vivre, en échange de mes services... Tant que je vivrai, et bien que demeurant libre, je vous servirai avec fidélité. Mais en échange, je resterai toute ma vie sous votre pouvoir et votre protection…"

Elle défia l’aigrefin, plongeant ses yeux aigue-marine dans les deux petites noisettes qui lui servaient d’iris. Plaquant sa main ornée d’une chevalière sur la poitrine de l’aigrefin elle reprit:
- Honnêtement je ne sais pas si tu mérite une avance, j’aurais préféré régler cela pendant la nuit et nous sommes déjà le matin. D’ailleurs je ne connais pas non plus ton nom, alors à moins que je doive en inventer un, j’aimerais l’entendre?
Elle fut probablement déçu. Et ne lui laissa pas le loisir de s’épancher longuement sur le sujet.
- Concernant l’entreprise …

Deux grandes taloches claquèrent sur la porte. Vega parcouru l’espace qui la séparait du garde et dégagea la porte.
- J’ai entendu du bruit du coup, j’ai pensé que tu ne dormais plus…
Runes est déjà au réfectoire.
Il se tenait assez proche de Vega qui lui bouchait ostensiblement tout coup d’oeil à l'intérieur. Et  l’aigrefin avait bondit sur le côté pour en pour quitter le mince espace qu’il balaya du regard. Il reporta son attention sur Vega.
- Nyseld veut te voir. Ce fils de chienne ! Parfois j’aimerais lui mettre ma main dans sa petite tronche de puceau. Il gloussa, tirant un sourire à Vega.
- Nadir, j’aimerais mieux que tu ne te montre pas trop proche lorsque je suis en déplacement. Elle posa sur lui un regard compatissant. Vega avait l’air naturelle dans ce regard léger avec la rondeur de son visage. Cet après-midi j’irais avec Endal au marché.
- Ouais…
Elle le regarda avec une certaine lassitude bienveillante. Il se reprit et se redressa, s’écartant d’un pas.
- Mieux, commenta-t-elle avant de fermer la porte.

Elle souriait encore, Nadir était ingénu et touchant. Vega avait l'impression qu'il faisait pleinement parti de son univers. Comme un ami bourru et maladroit, mais certains nobles le dédaignait comme un prétendant. Vega aimait son côté brut, obéissant de militaire.

Elle croisa l’aigrefin. Secouant la tête pour nier son sourire elle reprit, sérieuse.
- Je vous proposerait bien plusieurs missions, mais je n’ai aucunes preuves de votre valeur. Alors déjà je vous payerait suffisamment pour dormir et payer ce dont vous aurez besoin. Elle le détailla de haut en bas, un très mince instant elle se demanda s’il y avait des bordel pas loin de l’Ermitage. Ses joues s'empourpraient. J’irais au marché cet après-midi, vous pourrez m’y retrouver pour ces commodités.

Vega glissa sa main sur le portant derrière la porte où pendait une cape de voyage,  et des ceintures. Elle décrocha une bourse pour en sortir des pièces en argent. Pas en or, ça aurait été trop voyant et compliqué pour lui. La Dame semblait plus nostalgique et sérieuse, elle avait perdu l’amusement du mystère et de la manigance, elle glissa les pièces dans la mains de l’aigrefin.
Faussement enjouée elle reprit.
- Je te l’ai dit, tu tues encore une seule personne et tout Espalion chérira ta mort. Ce qui n’est pas évident, parce que j’aimerais que tu fasse péter un coin de ce trou de mou du gland. Tout ne dois pas brûler, certains ouvrages sont trop précieux! Mais les chambres, par exemple, seraient un bon dégât financier ! Un joli trou dans la façade qui coûtera cher à reconstruire. Elle appuya ses paroles par des gestes. L’heure du repas serait le moment idéal pour ça non? Tu as jusqu'à trois jours… elle s’approcha de lui pour passer ses mains sur sa houppelande, n'hésite pas à revenir me voir, j’ai la meilleur chambre ! Et si tu fais bien ton travail, elle devrait disparaître bientôt !
Cet après-midi je te paye le matériel, ou je te le rembourse après… comme tu veux. Quand tu aurais fait cela je t’attendrais sur le sentier qui va vers la source à l’ouest pour te donner le reste.
Elle s'éloigna vers la porte pour honorer la demande du nouveau maître des lieux. Elle se retourna pour ajouter.
- Si jamais nous sommes séparés, trouve un moyen de venir à l’orphelinat Aldebaran, au Sud de Docade, demande Nessaï.

* On aurait presque comprit “Ce rêve vous est sponsorisé par l’ami Ricoré” mais Vega ne savait pas ce qu’était un sponsor et encore moins le ricoré.


HRP : FLEMME ULTIME DE METTRE LES COULEURS !!
J'ai écrit un texte à trou xD mais bon n’hésite pas à insérer des actions dans l'édifice prévu à cet effet :p
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Gne

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MessageSujet: Re: En quête d'absolution [PV Vega Aldebaràn]   Jeu 3 Aoû - 9:29

Visiblement, la dame avait l’air un peu courroucée. Elle prenait un malin plaisir à s’emmailloter dans tout un ensemble très léger de tissus aux couleurs variées, comme, le supposait, faisait tous les nobles pour signifier ô combien ils étaient différents des autres parce qu’il connaissait les mots pour désigner leurs étoffes et leurs pièces. A croire qu’il existait une teinte pour chaque humeur et un habit pour chaque partie du corps. Chez les plus pompeux et les plus coquets, on en venait à se demander s’ils ne se vêtiraient pas d’un élément d’entrejambe en peau d’ours doré, ou des chausses juste là pour signifier tout le mépris et la suffisance dont ils faisaient preuve. De vraies cache-couilles en somme. Mais il fallait reconnaître à la dame qu’en ce domaine, elle était plutôt simple et franche dans sa tenue.

Quand elle lui évoqua les conditions dans lesquelles travaillaient ses hommes de main, qui devaient donc plutôt être des hommes liges, Gne n’en crut pas ses oreilles. Il existait des voleurs, bien sûr, que les grands de ce monde embauchaient dans l’illégalité. Mais ceux-ci restaient cantonnés au rang de salarié, de domestique, voire parfois dans les cas les plus extrêmes et après un certain temps passé à faire oublier les méfaits du drôle, de conseiller. Mais jamais* on n’aurait eu l’idée de leur donner des terres, encore moins un titre. Les hommes de l’ombre restaient dans l’ombre et c’était bien comme ça. Ou alors, on arrête son métier et on devient… et bien un petit homme qui vit dans le confort et l’ombre d’un plus grand. Finalement, la différence est parfois mince.

- Honnêtement je ne sais pas si tu mérite une avance, j’aurais préféré régler cela pendant la nuit et nous sommes déjà le matin. D’ailleurs je ne connais pas non plus ton nom, alors à moins que je doive en inventer un, j’aimerais l’entendre?
S’installant confortablement, mais piqué au vif, Gne entreprit de n’en laisser rien paraître. Selon son point de vue la préparation et la mise en scène étaient les clés pour frapper l’esprit de la jeune dame, et c’était ben pour cela qu’il ne l’avait point réveillé. Aussi, prenant ostensiblement une nouvelle poire, et sortant sa dague pour entreprendre de la découper en beaux quartiers juteux, il répondit tout en les disposant avec des gestes sûrs et assurés dans une coupelle et en tendant celle-ci à Dame Vega :
« Le nom que m’ont donné mes parents n’a que peu d’importance. Si vous deviez m’appeler, ou si vous voulez me trouver dans le futur, ou me faire trouver il y a deux types de personnes vers qui vous pouvez vous tourner : la maréchaussée et les gens d’armes, en leur signalant que vous avez croisé la route de l’endormi aux engrenages. C’est un très vieux surnom un peu tape-à-l’œil qui vient de ma vie d’avant. Mais ça ne vous aidera pas beaucoup. Sinon vous pouvez envoyer un homme faire le tour des tavernes, et demander à rencontrer Gne. C’est le nom qu’on me donne dans la rue. »

La dame le regardait d’un air suspicieux, mais elle n’eut d’autre choix que de croire ce qu’il lui disait, qui était du reste la pure vérité. Alors qu’elle évoquait enfin ce pourquoi elle était prête à l’embaucher, on frappa à la porte. Gne n’avait plus envie de rigoler du tout. La coupelle de fruit avait silencieusement et prestement regagné la table, comme si elle n’avait jamais franchi l’espace intermédiaire. A sa place, la dague se dressait, prête au lancer, entre le pouce et l’index du rôdeur. Mais Dame Vega entreprit de rassurer son interlocuteur et parvint à le congédier.
Elle finit alors enfin par exposer l’objet du contrat. En soit, un objectif plutôt simple, et l’idée d’éviter la violence n’était pas pour déplaire au plus alchimiste des cambrioleurs**. Et puis pour peu qu’on le paye, il était prêt à chérir jusqu’à la vie des papillons dans le chambranle. Son dernier vrai repas remontait à loin, et il s’en était fallu de peu qu’il ne dévore toute la corbeille à fruit, par fierté***, dans la nuit. Acceptant les pièces avec joie, il détailla alors sa réponse, en essayant de ne pas se focaliser sur le corps svelte et plein de vie qu’il avait sous les yeux :

« Eh bien… je vous rejoindrais au marché alors. Je ne suis pas connu en ville après tout, alors j’essayerais de me faire passer pour … (il cracha les mots) un domestique ou que sais-je que vous utilisez dans vos vies de tous les jours. Personne ne regarde jamais ces gens. En revanche (il appuya ces derniers mots), il y aura des éléments que j’acquerrais seul. La pratique des explosifs et de l’alchimie est un élément dangereux qui demande du matériel très spécifique. On sera attentif à un particulier en guenille qui vient acheter de la poudre de charbon, mais tout le monde n’a pas la chance d’avoir du bon charbon chez soi alors on peut s’en servir pour faire démarrer du bois mouillé par exemple, pour peu qu’on soit un psychopathe désespéré par le froid qui n’a pas peur de finir vaporisé contre sa porte de grange. Et tout métayer peut avoir besoin d’acheter un peu de magnésium pour du bétail malade. Mais aucune noble dame n’a grand-chose à faire dans une cokerie ce me semble, parce que les mineurs sont, littéralement, des gens de basse extraction****. Ça attirerait irrémédiablement les soupçons si on vous voyait là-dedans. Mais si ça vous excite de savoir comment je travaille, on pourra aller chez le teinturier ensemble. Pour récupérer les colorants au souffre. Ça coûte assez cher je vous préviens. Il me faudra aussi de l’acide mais on devrait pouvoir en trouver là-bas. Par exemple sous forme d’urine animale. L’alchimie est une science ingrate… Enfin, je vous retrouve là-bas quoi.».

Se levant du fauteuil, Gne entreprit d’essayer d’évaluer la hauteur séparait la chambre de sa nouvelle employeur du sol en contrebas. Un peu trop haut, et il faisait trop clair pour descendre. Une seule tête qui se tourne au mauvais moment et il serait repéré. Il allait passer par le cloître, ce qui risquait de se révéler compliqué. Mas par un habile tour de passe-passe narratif, et parce qu’il n’avait guère envie de donner des détails sur un évènement entièrement personnel, il réussit s’engouffrer d’ans un couloir,, esquiver non sans mal tout un groupe de copistes boutonneux à la soutane défraîchie, et à sortir par l’un des puits d’aération du fumoir, même si cela lui coûta un long bain glacé pour faire partir l’odeur tenace de hareng fumé qui lui collait désormais aux hardes.

Le village de Tobhen était visiblement toujours aussi triste et désolé, et, sensiblement, toujours aussi sec qu’un poisson dans un aquarium grand modèle. Si la pluie avait tapé plus fort, les vieux auraient eu besoin d’un gilet de sauvetage pour sortir dans la rue. Visiblement d’ailleurs la ville avait paré à cette éventualité, car des cordes vaguement attachées à des crochets plantés dans les murs parcouraient çà et là les artères de la bourgade, probablement pour les jours où le brouillard et la pluie n’arrivaient plus à se mette d’accord et décidaient d’occuper l’espace en même temps.
C’était jour de foire. Entendez par là qu’une douzaine de chariots s’étaient perdus en chemin, avait voulu s’abriter et regrettaient déjà leurs choix, ou avaient rencontré la mésaventure de voir leur cheval perdre un fer proximité. Pour l’heure, les marchands tentaient d’ignorer la pluie, ce qui relevait d’une forme de courage remarquable, pour tenter de gagner leurs vies.

On trouvait aussi à Tobhen une seule tour. Pas une tour de garde, parce que même le plus désespéré des brigands ne cherche pas à voler de la bouillasse malodorante, mais un pigeonnier à moitié entretenu, qui servait de relais entre de véritables villes, parce que même les pigeons peuvent se perdre et qu’il leur faut un endroit où reprendre des forces. La bâtisse branlait un peu au niveau du toit, dont la forme évoquait quelque peu le fruit préféré du sanglier, ce qui un jour alimenterait sûrement l’imagination d’un troubadour à l’esprit égrillard qui composerait toute une balade sur la dure tour qui branlait du gland. Toujours était-il qu’en tant qu’alchimiste Gne connaissait les propriétés du guano et qu’il était présentement en train d’en acheter au responsable des messages de la ville, fort heureux de rencontrer un confrère éloigné*****. Après avoir négocié un bon prix pour 6kilos de guano à très bon prix dans un sac très étanche (la terre demandant peu de fertilisation dans le coin, les recettes du pigeonnier se faisaient rares. La terre avait plus besoin de drains, voire directement qu’on essaye d’y foutre le feu à la première accalmie), Gne leva les yeux au ciel alors qu’il s’emparait de son bien, pour une fois honnêtement acquis.
« Euh, c’est qui le mec tout là-haut ? »
Et le pigeonnier de pester : « Oh putain, il a encore grimpé là-haut ce taré. Personne sait qui c’est mais il essaie sans cesse de mettre des robes blanches et de monter sur tout ce qui est un poil haut dans la région pour ensuite de se jeter dans des charettes de foin. Quand il a de la chance il se casse juste un bras. Mais là s’il saute il va mourir ce fils de culpucier ! Bon je vous laisse je dois tenter de sauver ce jeune couillon ! » lâcha-t-il en se précipitant vers l’escalier de la tour.

Abasourdi, mais visiblement laissé là, Gne entreprit donc de retourner sur la place, là où quelques négociants tentaient visiblement de ne pas perdre la main en perdant leurs voix à s’égosiller sur la qualité visiblement surévaluée de leurs marchandises. Comme il disposait maintenant d’argent, notre voleur entreprit de s’enquérir du prix d’une cuisse de lapin fumé, qu’il négocia ensuite pour finalement l’enfourner dans sa bouche sans attendre.
Et c’est ainsi qu’il croisa sa nouvelle commanditaire, un sac de matière fécale dans une main, un os de gibier dans l’autre, des miettes de lapin dans la barbe et assez de produits chimiques cachés dans la besace pour empoisonner tous les puits de la région en une demi-journée.

* En réalité, plutôt presque jamais. Tous les voleurs un peu versés dans leurs domaines et à qui on a déjà fait une ou deux belles propositions aiment à se rappeler la légende du Gentleman cambrioleur. La vraie. Elle est toute autre que celle d’un riche rupin illusionniste et magnétiseur à mi-temps qui charme des jeunes dames pour récupérer leur collier et leur vertu par un tour de passe-passe superflu. En réalité, un voleur fut un jour reconnu comme nobliau et administrateur d’une petite bourgade, réduite mais riche néanmoins. Le problème étant que l’individu refusa tout compromis et entreprit de mêler son métier et son statut. Malheureusement la renommée et les manières fortS peu inadéquates de la bourgeoisie et la noblesse ne siéent que guère à un malandrin. Ses derniers mots furent : « Hola donc cher bourgillon, me voilà doté d’un objet contondant de belle facture et toi point, délivres moi donc moult de tes possessions terrestres et je merde il a un coutelaaaaargh. »
** En son cœur, Gne restait toujours un alchimiste. Les alchimistes en effet, sont guidés par le rêve de la pierre philosophale, capable d’opérer une transmutation des minerais, du plomb vers l’or. Pour Gne, il en était à l’étape intermédiaire : il transformait les minerais explosifs en or lui aussi, souvent en plaçant les premiers près d’un mur contenant le second. C’était une stratégie plus simpliste, mais beaucoup plus immédiate.
*** et aussi car il ne disposait pas de latrines facilement accessibles passé le temps de digestion.
**** c’est peut-être la seule définition sur laquelle à peu près toutes les espèces tombaient d’accord. A ceci près que la signification de basse extraction changeait du tout au tout suivant les races. Les bons minerais se trouvant souvent plus en profondeur par exemple, être qqun de basse extraction signifiait chez les nains qu’on était techniquement, le haut du panier. Enfin le fond du panier. Bref, vous m’avez compris.
***** les pigeonniers et les alchimistes ont le même patron. En effet, ils considèrent que le premier homme à avoir mis en place le système des pigeonniers est aussi le premier alchimiste, puisqu’il est le premier à avoir transmuté une matière en une autre. En l’espèce, il est le premier à avoir transmuté la merde en pièces d’or, une prouesse dont il doit la réussite après avoir démontré l’efficacité du guano de volatile dans la fertilisation des sols, et dans la préparation de bonnes grosses boules de pailles enflammées à lancer sur toute espèce de menace pour en faire une nouvelle espèce de menace décédée


PS: désolé du retard :s j'espère que tu trouveras la motivation de continuer quand même.

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Vega Aldebarán

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MessageSujet: Re: En quête d'absolution [PV Vega Aldebaràn]   Mar 29 Aoû - 11:23

Bon j'ai ecris sur mon téléphone et j'ai écris ça au boulot en rangeant des dossiers donc voilà :
Pas de mise en page, probablement plein de fautes, mais j'ai pas le temps de mieux ^^"


Après une chevauchée eperonnée, la jeune femme découvrit le village le plus humide d'espalion. Mouillé était le mot qui convenait pour le décrire, avec pluvieux ou "blieuck" dans un patois gobelin qu'on peut traduire par : bois-mouillé-qui-n'a-jamais-séché-où-pousse-des-petits-champignons. On dit d'ailleurs blieuck-girolles ou blieck-cèpes pour indiquer quel champignons poussait ici. Mais revenons à nos moutons. Au milieu d'une cacophonie de caravanes interrompues par les courant fluviaux de la météo, Nessaï évoluait comme une anguille sous des couvertures de laine*** et de cuir imperméable. Elle avait reçu un message par un busard qui tronnait sur son épaule avec un air deconfit d'oiseau mouillé. En voyant le pigeonnier elle cru reconnaitre son homme.

- C'est vous le malade mental?
- Pour le credo. Lui répondit avec sobriété l'homme encapuchonné de blanc retenu par un autre couvert de fientes blanchâtre.
- ... convint la jeune femme. Beaucoup trop en duo, beaucoup trop fou et beaucoup trop tape-à l'oeil. Et pour taper dans l'oeil de Vega il fallait être aussi invisible qu'un cracha sous un banc par temps de pluie*. On raconte même que Vega vivait une romance passionnée avec un Assassin capable de changer de visage; entre sa profession et sa capacité c'était l'apogée de la discretion ! Mais c'était surtout une façon comme une autre, pour les domestiques, d'expliquer les nombreux amants de la dame.

Et c'est là que leurs regards se sont croisé. Elle était à présent persuadée que c'était lui. Non pas l'homme de sa vie comme dans une romance bidon ! Mais c'était l'homme qui lui permettrait de prendre du galon auprès de Vega. Avec un empressement de débutant et l'excitation d'avoir trouvé un paradoxe vivant **, elle fondit sur lui.
- Eh! Le mit-elle en garde. C'est toi le taré?  
Devant son air circonspect elle sortit son petit papier. "Le Fou aux Engrenages" suivit de quelques annotations physiques comme "grands pieds" et le qualificatif "maronnasse" récurrent . Nessaï ne savait pas ce qu'etait un en-ger-nage mais en voyant son nouvel ami elle pensa que c'était un sac de merde.
- Je trouvais la description vague mais en fait ça colle parfaitement.
Nessaï detailla un moment Gne en suçotant un sucre d'orge.

Peut être que l'histoire cessera un jour de parler d'heroines aux névroses singulières qui les pousse à couper aux meilleurs moment. Tout ça pour signaler qu'après une chevauchée nocturne relativement épique, Vega rejoignait la ville de Lecran. Elle s'apprêtait à rencontrer son banquier, lire divres livres de comptes et autant de choses épique pour les notaires, banquiers ou comptables.
La dame aurait eu à coeur de revoir l'aigrefin, mais elle s'enorgueillait de ne pas devoir traiter avec des personnes de basses extractions. La dualité de Vega la poussait à se plaire auprès de personne peu recommandable tout en feignant une noblesse de naissance. Car même s'il lui était insupportable d'abandonner ses fréquentations douteuses, il lui serait encore plus insupportable de redevenir une pauvresse inconnue. Elle avait déjà payé cher pour en arriver là.

Sous un soleil qui n'osait pas vraiment réchauffer l'atmosphère, elle gravissait les quelques marches de marbre blanc de la plus belle bâtisse de Lecran.
Mikound, le Gentilhomme, avait refais à neuf les colonnes qui encadrant la porte principale de son établissement.
Mikound était la personne la plus sèche et droite qu'on pouvait trouver à Lecran. Il existait ailleurs probablement d'autres fanatiques de la rigueurs, mais lui était le seul à être banquier. Il était tellement strict que certains avaient peur en travaillant avec lui qu'on découvre des origines frauduleuses à leurs fortune. La confiance de Vega l'avait même poussée à placer son testaments avec les terribles secrets qu'il pouvait receller à cet homme.
Quelques empaffés en robe blanche tentairent d'arrêter la démarche sûre de la dame vers le bureau du gentilhomme.
- Madame, est-ce que nous pouvons vous renseigner?
-Vous... non vous ne pouvez pas aller là madame...
Les appels et les mises en gardes s'interompirent lorsqu'un page ouvrit un battant du bureau du gentilhomme.
- Votre seigneurie, Duchesse Aldebaran, mon maître vous recevra dans son cabinet. Clama-t-il d'un ton trop sérieux pour un enfant de dix ans.
- Merci Maki. Dit-elle en passant une main affectueuse sur les cheveux blonds du garçon.

Nessaï était le genre de fille maigre, qui reste plate même en avalant la soupe de Vik, cantinier de la capitale réputé pour faire la nourriture la plus grasse d'espalion. Elle se pencha sur son gobelet en fixant Gne.
- Toujours pareil : vous vous attendez toujours à voir débarquer la femme de vos rêves comme si elle n'avait qu'ça a faire. C'est une noble en plus et chez les nobles c'est pas autoriser de sortir de son lit avant midi ! Lui expliqua-t-elle entre deux bruit de sucions sur son gobelet de goui - de nos jours le Goui s'appelle Smecta, on l'utilise en médecine -, la seule boisson sans alcool autorisée dans ce bouge. Elle releva la tête vers son interlocuteur.
- C'est marant ça goût de platre. Ou l'idée que je m'en fait.

Nessaï avait réussi à convaincre le fou de la suivre dans le lieu où on servait des gens en boissons et où on pouvait passer une nuit si le courage nous le dictais mais qu'on ne pouvait se résoudre à appeler "auberge". Elle l'avait peut être eu avec son charme de jeune deliquante ou parce qu'il avait eu un peu pitié d'elle. Mais l'argument choque semblait être "promis je suis pas encombrante ! En plus je peux vous montrer..." suivi d'un clin d'oeil.
Devant le refus du jeune homme Nessaï se vexait.
- De toute manière vous avez pas le choix ! Vega m'a demander de vous surveiller alors je suis là. S'agirait de pas dépenser l'argent de la princesse n'importe comment.
Nessaï se mit a sangloter.Son busard brun assit sur le dossier de chaise lui donna un coup de tête vaguement affectueux. Ou alors il réclamait une souris, difficile à affirmer avec les oiseaux de proie.
- En plus c'est la première mission où je dois pas m'occuper d'un enfant ! Moi j'y tiens : à bien le faire.
Elle resta un moment à broyer du noir avant de confier.
- A la base je suis un cadeau diplomatique, les bâtards comme moi ça dure pas dans ma terre natale. Au début j'ai essayer de m'enfuir du coup la Dame m'a offert ça : elle sortit un petit papier plié en huit et déchiré sur les bords avec une tâche de chocolat sur les mots "offert pour recompenser".

L'entête laissait entendre que Nessaï était née sur les terres démoniaques et qu'elle n'avait pas eu une enfance facile. Les longues mèches bleues glissaient sur ses épaules. Elle semblait être une fleur aux couleurs éclatantes perdue dans une débauche de grisaille.
- Du coup je suis restée et je lui ai promit de la servir.
On devinait une dévotion sentimentale entre Nessaï et la Duchesse.
- Bon du coup je vous montre ce que je sais faire ? Oh j'y pense ! S'interrompit-t-elle pour lui annoncer de but en blanc : Essayer de pas fuir sinon je dois vous tuer.

*métaphore inspirée d'une histoire vrai, car un vieux assis sur un banc s'evertuait au même moment à eructer sa bile sous la pluie qui continuait de tambourinner les capuchons. Étrangement un effet dans notre cerveau devie notre regards comme si on refusais de voir ce genre de détails.
** un type fou qui n'attirerais même l'attention d'une mouche ! Du moins d'ordinaire, parce qu'entre son poulet et sa fiente, il catalysait les insectes volant en tout genre.
*** l'expression "anguille dans un champs de coton" serait de circonstances
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MessageSujet: Re: En quête d'absolution [PV Vega Aldebaràn]   Jeu 7 Sep - 17:29

La bâtisse avait au moins le mérite de retenir la plus grande partie du brouillard qui se levait doucement à l’extérieur, même si une fine humidité s’infiltrait çà et là par les trous laissé aux encoignures des murs et sous la porte. Il y faisait tiède, même si la cheminée entreprenait avec constance de crachoter toute la vapeur qu’elle pouvait en consommant le bois mouillé qu’on y avait déposé avec optimisme. Le résultat restait valable, mais les tables les plus proches de l’âtre restaient invariablement vides, parce que personne n’aurait eu envie de respirer autour une atmosphère si épaisse qu’elle devait rappeler une boule de poil félins* quand elle pénétrait dans votre gorge.

Gne tambourina impatiemment des doigts sur la table en toisant sa nouvelle… acolyte, à défaut d’un autre mot, de haut en bas. Voilà qu’on lui fourguait un gosse dans les bras, alors qu’on lui demandait de faire sauter tout un établissement qui devait probablement se trouver en alerte depuis peu après la découverte de son intrusion et le meurtre d’un pauvre copiste innocent. La belle affaire. Enfin, au moins mangeait-il à sa faim un ragoût roboratif d’une viande qu’il préférait ne pas identifier et qui sentait le chien mouillé, le tout en savourant tout une plâtrée de pommes de terre aqueuses. Plâtrée semblait le bon mot, car elles étaient recouverte d’une sauce à base de Goui, preuve que décidément personne ici ne faisait de différence gustative entre de la langue de bœuf et ce qui se trouvait à l’autre bout dudit animal. Mais ça tenait au bide, et en cet instant, il se dit que finir la journée au chaud, enfin au tiède, le ventre plein, représentait une nette amélioration de ses conditions de vie.

En plus de ça l’aubergiste faisait attention depuis qu’il avait essayé de lui servir une chope dont Gne avait immédiatement commencé à énumérer le contenu d’une voix claire, grâce à son flair expert concernant certaines matières que seuls les faiseurs de décoctions, tanneurs ou alchimistes utilisaient. Après que l’expression « crottes de rat » ait suivi « tête de poissons » et que deux individus aient fini de dégobiller discrètement sous une table, l’aubergiste était allé chercher un nouveau fût d’une bière brune tout à fait passable qu’il avait mis en perce en défiant l’assemblée entière de trouver à redire d’un regard noir plein de dédain. En savourant une gorgée du précieux houblon avec force bruit d’appréciation, Gne se dit qu’il ne s’était probablement pas fait un ami mais qu’il venait probablement d’éviter de mourir de colique sulfureuse à l’arrière du bâtiment. Reposant sa chope à moitié vide, il grogna d’une voix quelque peu bourrue pour se donner un genre :

« Ta patronne m’a confié un travail et elle m’a payé en partie. Tu n’as pas à t’en faire, je ferai ce qui doit être fait, parce qu’elle a été suffisamment intelligente pour ne pas tout me verser tout de suite et parce que la réputation compte malgré tout même auprès des malandrins. Il me reste deux jours à compter de demain pour exécuter mon contrat alors je préfère attendre que le soleil se lève encore une fois et que les copistes se disent que peut-être celui qui a commis le péché tué leur ami a plié les gaules. »
Savourant son jeu de mots passablement mauvais, il reprit après une petite gorgée :
« En revanche j’aimerai bien comprendre parce que ce tu entends par peu encombrante. Ça avait l’air un peu plus mystérieux que ta corpulence de mouette grise dont la tête aurait été fourrée dans un kaléidoscope. ».

Au moins l’ambiance était-elle apaisée : quand on vit dans un territoire aussi inhospitalier qu’humide, on a tendance à éviter de chercher encore plus à se tirer dans les pattes et on apprécie un peu de chaleur humaine. Enfin de chaleur inter-espèce en l’occurrence même si les hommes dominaient largement ce qu’il fallait bien qualifier de clientèle faute d’un meilleur nom, l’expression « placard à serpillières » n’étant tout de même que très courtement distancée. Deux nains qui devaient probablement être des contremaîtres de mine partageaient ce qui ressemblait à des brochettes de rat cuit, un elfe s’échinait à accorder une harpette rapiécée à laquelle il manquait la majorité des cordes et même un troll à la face burinée, probablement là pour les travaux lourds, mangeait un plat probablement principalement composé de graviers et buvait une chope de coke bouillonnante. C’était rare d’en voir ainsi mais cela arrivait. Le plus souvent ils gardaient des ponts, mais parfois on les embauchait pour des boulots pénibles comme la déforestation. Du moins les plus intelligents, ce qui arrivaient à faire la différence entre un en-cas indigeste et un employeur et qui posaient leurs gourdins avant de tendre la main. Les hommes progressent. On ne peut pas les manger. Il vaut mieux s’écarter que leur marcher dessus, sinon ils vous taillent jusqu’à faire de vous une allée de gravillons pour riche. C’était comme ça. Il fallait s’intégrer, sinon ils étaient pointés du doigt, et on les traitait de « sales rocailles ». Malgré tout, Gne se sentait un peu responsable pour ses congénères de la disparition des espaces naturels de ces individus. Ils devaient bien avoir des familles aussi. Mais quand même pas assez pour sourire à l’individu en question. Il avait trop peur que l’autre lui décoche un regard mauvais voire, pourquoi pas, lui décoche directement la tête des épaules à coup de table. Certains préjugés restaient ancrés dans le petit cervelet de tous. Restait qu’il était rare de voir des trolls et des nains cohabiter pacifiquement, à quelques tables de distance. A noter que les nains gardaient bien leurs haches près d’eux mais que l’arbrisseau qui servait de gourdins et les pioche reposaient tous près de la porte. On venait ici en paix. La vie était assez dure comme ça.

Alors que Gne se demandait si la petite harpe de l’elfe (dont ce dernier usait avec autant de constance et de détermination que d’absence de talent) n’aurait pas pu trouver une meilleure utilité, par exemple dans le feu, on cogna soudain à la porte et celle-ci s’ouvrit sans même attendre qu’on lui réponde. Trois hommes, visiblement les quelques gens d’armes du patelin, entrèrent et réussirent l’habile exploit de crotter le sol de l’endroit récemment lavé (ce qui témoignait d’un inexplicable optimisme) comme s’ils avaient été toute une quinzaine. Surprenant le regard du patron, le chef prit un air un poil navré, mais pas beaucoup. Retirant son casque, il marcha directement vers le garçon de salle, un jeune à l’air beaucoup trop pâlot et aux bras comme des coton-tige, si Gne avait eu la moindre idée de ce qu’était un coton-tige (mais, pour être honnête, le simple concept d’hygiène quotidienne devait largement éviter la zone lorsqu’il passait dans le coin, à en croire l’odeur des clients présents). Agrippant l’avant-bras du jeune homme avec un bruit qui évoqua un steak qui s’abat sur une planche de bois, il lui demanda d’une voix emplie d’un peu d’autorité** :

« Je dois vous emprunter Trevor pour quelques vérifications.
- Oh quoi encore, grogna l’aubergiste, on a volé des crapauds et on l’accuse du coup c’est ça ? répondit l'aubergiste
- Tavernier, calmes-toi ou je devrai en référer à qui de droit.
- Ben le droit vous pouvez le fourrer là où le soleil ne brille jamais, et je ne parle pas de notre beau pays ‘videmment. Marre les gars, ça fait trois fois en six semaines que vous me le prenez. C’est pas parce que son père a…
- On a un mort, Barnabé. A l’ermitage. Les moines sont inquiets et ont demandé un coup de main.
- Quoi ? C’est pas lui, bon dieu ! Sait à peine trouver son cul avec ses deux mains ! L’aurait besoin d’un marteau pour briser un verre ! Si je lui tape sur le nez, y a du lait qui coule encore ! Un lait dégueulasse en plus. Probablement plutôt d’la pisse de chèvre sortie du pis. Vous allez pas l’emmener parce que je vais le retenir par le colback…
- On sait Barnabé. Calmes-toi. Personne n’incrimine ton petit-neveu. On veut juste savoir si Trevor peut nous aider… tu sais… à … et bien à faire parler le pauvre type ou n’importe quoi.
- Quoi ?? mais vous êtes pas sérieux ? C’est les glandus en robe qui vous ont dit ça ? Sont pas nets ceux-là. Des gus qui s’habillent en soubrette c’est pas sain je dis toujours… »
Laissant là le patron d’un geste, le capitaine se tourna vers le jeunot apeuré :
« Trevor, j’sais que t’es pas méchant. Ton père c’était ton père, et j’dois bien dire que ce salopard à failli foutre un sacré bordel avec sa magie de merde, surtout quand nos arrière-grand-mères sont venus nous tirer du lit pour nous griffer avec leurs vieux doigts sous prétexte qu’on leur rendait pas assez visite.Mais on n’a rien contre toi. On l’a tué n’importe comment, même si j’imagine que dans sa branche la mort fait plus partie du métier qu’autre chose hein ? Lâcha le capitaine d’un air sardonique devant un Trevor grimaçant. Tu penses que tu peux aider la police. Le paternel t’a bien appris une p’tite ficelle non ?
- Euh… oui sergent. Presque rien hein.
- C’est capitaine mon gars. Parole, j’suis sûr que t’en connais toute une pelote et ça m’fout la chaire d’ampoule mais…
- De poule serg’… capitaine.
- T’es pas obligé Trev’ ! aboya l’aubergiste
- Ta gueule, répondit le gens d’arme du tac au tac***. Maintenant si tu nous aide je glisserai un mot pour toi et le prochain qui te jettera un gadin, ce qui ne manquera pas d’arriver, devra apprendre à vivre avec la justice. Parole tu seras un citoyen comme nous tous. Tu l’es déjà, fieu. Mais disons que tu seras un peu plus égal qu’avant.
- Merci, cap’…
- On vient te chercher demain six heures. Soit là. Sinon quand je t’aurais attrapé j’oublierais d’oublier que tu viens d’avouer devant témoins que tu connais quelques ficelles… de nécromancie. ». Il souffla le mot avec un dédain mêlé de crainte. Comme s’il allait soudain exploser.
Et sans aucune forme de cérémonie les hommes regagnèrent la porte, se retournèrent, saluèrent, et sortirent sans un mot, laissant la porte mal fermée, le tavernier dépité fixant ses chopes sales comme autant de moyen de se raccrocher à la vie et le jeune garçon de salle aussi déboussolé qu’un épagneul myope dans une galerie des glaces.

Ah. Voilà un élément nouveau. La nouveauté dans tout ce qu'elle avait de reluisant, ou plutôt de suintant, de glaçant, voire de directement menaçant et contondant. Qui indiquait au moins précisément une chose. Si la jeune fille envoyée par Vega était hors de cause et ne serait pas inquiété, Gne risquait de passer un mauvais moment. Il sentait confusément que même si les dires d’un mort n’ont sûrement que peu de poids dans un tribunal, ils en ont quand ledit cadavre vient vous désigner directement en titubant et en vous fixant de ses… globes occulaires. Il était dans le caca. Ce serait difficilement pire, à moins que la bruine laisse place à une pluie de trous du cul.

Finissant sa chope comme si de rien n’était sous le regard suspicieux de la jeune fille il lui dit :
« Bon je vais aller payer pour nous deux et prendre deux chambres. Les moins chères, et je les retiendrais sur la note de ta maîtresse parce que je vais essayer de te sauver la peau en même temps que la mienne et pour l’instant je parierais plutôt sur l’idée de finir sur un établi de tanneur. Ensuite tu vas me montrer ce que tu sais faire et puis on va dormir. Tôt. Très tôt. Ostensiblement tôt. Comme ça personne ne saura qu’on est parti au milieu de la nuit, si possible en emportant les bougies. ».
Gne se leva en baillant exagérément, prit un air désolé de circonstance et allongea la monnaie sur le comptoir, plutôt une grosse planche posée sur deux barriques. Sans un mot, il récupéra deux grosses clés rouillées et une chandelle dans un bougeoir pour chacun.

Si j’ai pas le droit de tuer, alors je n’ai que le droit de courir plus vite, songea-t-il.

C’est con, quand on court dans la gadoue, on glisse.



*Plus tard, un jeune entrepreneur ferait fortune en exploitant le concept au moyen d’un bec directeur et de toutes petites cheminées transportables dans lesquelles on ferait brûler du bois parfumé. Par égard pour cette image décidément parlante, il appellerait sa création la boule féline, ou chie-chat.
** mais pas beaucoup car on était dans un lieu où il n’était pas très nécessaire d’être autoritaire, souvent juste de montrer sa pique réglementaire et son glaive pointu au bout. Sur un étalon d’autorité universel on était entre un grand frère un peu malade et madame Christine, votre ancienne professeure de CE2 quand elle vous disait d’aller chercher la boîte à craie.
*** il arrive que le tac au tac tique chez le gens d’arme…


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