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 La Quête du Temple Perdu (Tullia - Siriel)


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Tullia Estrama Von Raijer

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MessageSujet: La Quête du Temple Perdu (Tullia - Siriel)   Sam 10 Jan - 20:34

Message de Tullia Estrama Von Raijer, fée.

Après un petit détour par la capitale de la forêt blanche, me voilà de nouveau sur les chemins, avec Karleï. Le fauve ne demandait que ça, partir loin de la ville. Comme moi, il n’était pas très à l’aise, même si pour moi les raisons étaient différentes. La situation de la nouvelle reine, ma chère cousine, n’était pas au mieux, surtout avec le déclin économique de notre nation. Je n’avais croisé mes parents qu’un bref instant, pour un diner avec la reine, mais j’avais pu sentir le fardeau que cela était pour eux. J’avais essayé d’égayer la soirée par le récit de mes quelques aventures, mais seule ma cousine semblait avoir pris du plaisir à ceux-ci. Mes parents, eux, n’avaient cessés de critiquer mes actes inconsidérés pour une femme de mon rang, et m’ont clairement fait comprendre qu’ils me voulaient voir quitter la fonction de ranger pour revenir sur la capitale. Ca, jamais de la vie. D’ailleurs, je leur avais fait comprendre à mon tour en disparaissant tôt le lendemain matin pour les contrées lointaines. Mais j’avais à présent un mauvais pressentiment. Quelque chose me disait que cela risquait d’être ma dernière échappée facile de la capitale. Je plaignais mes parents, et comprenais leur chagrin. Mais je ne souhaitais pas sacrifier ma liberté et mon indépendance heureuse pour leur faire plaisir.

Chevauchant Karleï, nous avions pris la direction des montagnes des dragons. C’était à la frontière du royaume des elfes, mais j’avais avec moi une carte qui allait m’aider à trouver ma fameuse destination. Cette carte, c’était celle que le magicien Dédaléos m’avait cédé, après avoir parcouru les nouvelles prairies sous les montagnes volantes pour le rejoindre. C’était une vieille carte, indiquant l’emplacement d’un ancien temple perdu. Le magicien y était allé et n’avait rien trouvé d’intéressant, mais j’étais curieuse car cet endroit sur la carte me disait quelque chose.

J’avais suivis les indications, nous arrêtant parfois pour regarder de plus près la carte, ou bien pour monter en haut d’un arbre afin de vérifier que nous prenions bien la bonne direction. Nous allions vite au début, pour être certain que personne à la capitale ne puisse nous suivre. Cela faisait presque une semaine à présent, et nous étions las. La montagne n’était plus très loin, mais il faudra encore du chemin dans les vallées pour trouver ce temple. Allongée sur le dos de Karleï, qui marchait tranquillement entre les arbres, je regardais la carte, pour la centième fois. Je soupirais, repliant la carte pour la ranger, pour la centième fois. Je regardais les feuillages au-dessus de moi, qui masquaient la lumière orangée de cette fin d’après-midi. Le fauve se mit à gémir et à grogner, montrant son impatience et sa fatigue. Je répondis sur un ton fatigué et aussi exaspéré.


" Je sais Karleï, je sais… Mais on ne devrait plus être très loin. Enfin, je crois. "

Le lynx cornu renâcla, feulant face à cette réponse qui ne le satisfaisait guère. Je souriais, me redressant sur la selle pour m’affaler sur son cou. Je lui gratouillais le poitrail, lui parlant d’une voix amusée et taquine.

" Rhooo, boude pas ! Ca nous fait une belle balade, non ? "

Pour toute réponse il se mit à feuler et à donner un coup d’arrière train, qui me fit me redresser. Je manquais de tomber, mais me rattrapais in extremis, riant alors que Karleï s’était remis à trottiner. Oui, je pouvais comprendre qu’il en avait marre. Mais bientôt nous pourrons nous reposer, une fois dans les montagnes. Les gardes elfes vont rarement dans les montagnes des dragons, et à moins qu’ils n’en viennent aux Rangers pour me sommer de revenir, personne ne viendra. De toute manière, je n’avais enfreins aucune règle et commis aucun crime pour pouvoir ordonner les Rangers de me poursuivre. De plus, mon identité était toujours secrète. Même si certains avaient quelques doutes sur mon origine royale, personne n’était allé jusqu’à poser des questions. Mon travail était bien fait, et je me comportais comme n’importe quelle personne du peuple commun. Je tenais à cette vie simple (si on peut dire ça comme ça), qui me rendait heureuse et qui faisait que chaque jour était intéressant.

Alors que j’étais dans mes pensées, me demandant ce que j’allais bien pouvoir chasser en début de nuit, Karleï s’arrêta soudainement. Les oreilles dressées, son regard perçant fixé sur un ensemble d’arbustes en contrebas, je réagissais aussitôt en me saisissant de mon arc et en bandant une flèche, prête à tirer. Le fauve se mit à gronder, plaquant ses oreilles en arrières et se campant en position d’attaque. Il y avait quelqu’un, c’était certain. Ou du moins quelque chose. J’utilisais mon pouvoir de détection pour confirmer, et Karleï avait raison. Deux êtres vivants, surement un cavalier et sa monture. Je les hélais, d’une voix forte et autoritaire.


" Qui est là ? Montrez vous ! "

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Siril Mor' Shelwe

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MessageSujet: Re: La Quête du Temple Perdu (Tullia - Siriel)   Dim 11 Jan - 16:28

Message de Siril Mor' Shelwe, elfe.

Siril, ancien prince de la dernière maison simple avant la Lisière Ouest, s'était rendu coupable du double meurtre de son père, le roi Senda et de son oncle, le seigneur Alahosta. Voilà l'histoire sordide que l'on pouvait entendre à travers la Forêt Blanche. Celle du fils d'un vassal de la Reine fée, frappé de folie, qui avait commis d'atroces forfaits et que l'on affublait désormais du sobriquet de « parricide ». Comme la cité de Silme avait envoyé des messages à toutes les villes elfes et comme Siril avait totalement disparu depuis ce terrible soir d'août, sa culpabilité ne faisait aucun doute pour le commun des habitants de la Forêt. Son anonymat, cela dit, avait toujours sauvé le jeune prince déchu. Durant tout un automne, il avait errai de ville en ville et de bourgs en village, tel un vagabond, ne s'arrêtant que rarement et ne baissant jamais la capuche qui dissimulait son visage. Il était devenu une ombre. Une histoire que l'on raconte aux jeunes enfants pour les effrayer. Il avait certes connu quelques aventures au cours des derniers mois et il y avait fait quelques rencontres. Mais il n'avait encore jamais trahi sa véritable identité car il se doutait qu'Annael, son ancien compagnon et le nouveau roi de Silme, n'avait pas manquait de rapporter ses infâmes agissement à la Reine Blanche et celle-ci avait sans doute ordonné que l'on le prît, où qu'il se trouvât et que l'on le livrât léans à ceux qui réclamaient sa mort. Là n'était peut être pas la vérité mais il s'agissait du plus probable des scénarios que Siril avait échafaudé dans son esprit.
Quand l'hiver arriva, le froid, la faim et l'amenuisement plus que considérable de sa bourse le poussèrent à migrer en direction de la capitale de la Forêt Blanche. Il était désormais urgent qu'il quitte les bois et cela, il ne pouvait le faire sans, auparavant, accomplir la mission qu'il s'était fixé. Cette mission devait indéniablement le conduire à la Cour. Mais par une voie détournée.  

La capitale royale était une citadelle sans pareille en ce monde. Partout où l’œil pouvait voir, la ville était composée de jardins et de parcs au gré desquels naissaient de gigantesques piliers de bois qui soutenaient, tels des troncs, d'imposantes arches ouvragées au dessus desquelles se profilait une myriade de belles et larges terrasses au sol grillagé, qui laissait passer le soleil. Au milieu des passerelles et des ponts qui reliaient les terrasses entre elles, on avait bâti, à même les arbres, de grandes et fières demeures, pareilles à des ruches scintillantes. Plus elles étaient grandes et hautes et plus les familles qui y vivaient était honorables. Car bon nombre de nobles demeuraient ici, tout près de leur protectrice, la Reine des reines, l'immuable Iselia Aël'tim.  L'hiver tintait la métropole d'un doux aura gris. L'air de la Forêt y était plus frais et vivifiant. Les journées y étaient plus courtes et les nuits plus longues et scintillantes. Au sommet du plus grand et du plus vieil arbre de la ville, se dressait avec orgueil le palais aux mille feux. La Cour des Miracles ou L'étoile du Soleil Blanc, comme on l'appelait en Silme ; un formidable château de bois sculpté, couvert de gemmes et au sein duquel, dans la grande salle ronde, s'élevait le trône des bois.
Siril se garda bien de s'y aventurer. Il redoubla même de prudence dès lors qu'il pénétra dans la capitale. L'exaltation qu'avaient semblé susciter les récits de ses crimes auprès des dames et des seigneurs des divers villes elfes -et dont il avait pu faire l'expérience au cours de son exil- semblait être quelque peu retombée. En outre, les grandes villes étaient des endroits propices pour se fondre dans la masse et disparaître de tous. Pour autant, l'elfe savait que la moindre erreur de sa part pouvait lui coûter la vie.
Il passa plusieurs jours en ville, ne sortant qu'à la tombée de la nuit et posant une foule de questions indiscrètes à de petites gens et à de sombres figures. Quand il estima qu'il avait mené à bien son enquête, il troqua le peu d'or qui lui restait contre un cheval de bonne facture, quelques vivres, de nouveaux vêtements et une dernière nuit à l'auberge. Le lendemain, peu après l'aube, un lynx cornu quitta la capitale avec une jeune fée sur son dos. Siril observa sa fuite avec des yeux de fauve. Quelques heures plus tard, il se mettait en route.

Les chemins qui menaient à la frontière nord des bois étaient rapides et nombreux. La traversée de la Forêt, comparée aux traques auxquelles Siril avait du échappées, ressemblait presque à une promenade de santé. D'autant que, pour la première fois depuis des mois, il n'était plus le gibier, mais le chasseur. De jour, il dormait, afin de ne pas éveiller les soupçons. De nuit, il repérait les traces du lynx sur la piste duquel il était et galopait, sans relâche, jusqu'à ce que le soleil ne se lève à nouveau. Après une étape à Fer'alum, une autre à Sep'Otom et une ultime à Garde Ciel, Siril se retrouva enfin à la lisière de la forêt. Là, il marqua une pause. La nuit était fraîche. Son cœur battait à toute allure. Il se trouvait à l'endroit le plus éloigné de chez lui auquel il n'était jamais allé. La lisière de la forêt marquait aussi la lisière de sa propre connaissance. Dans ce fond de toile noir emprunt d'étoiles scintillantes, il se tenait à l'extrême limite de son monde. Les arbres étaient derrière lui et, devant, s'étendaient de longues vallées qui dormaient, imperturbables, sous la surveillance d'une mystérieuse et froide lune. Dans le silence nocturne, il pouvait entrevoir, au loin, s'élever des rochers qui flottaient dans le vide du ciel, défiant les lois les plus élémentaires de la logique et de la raison.
-Les îlots volants de Dédaléos.
Murmura-t-il pour lui-même. Il avait toujours rêvé de voir la terre des dragons et ce rêve se réalisait aujourd'hui sans même qu'il ne l'eut recherché. Il reprit son voyage, l'âme émerveillée et avec un pas bien plus solennel.

A partir de ce moment, la traque se compliqua énormément. Siril se trouvait en un pays qu'il ne connaissait pas et, hors de la Forêt et de la fine couche de boue et de feuilles mortes que l'hiver y avait déposé, les traces du lynx sur lequel était montée la jeune fée, se faisaient bien plus difficiles à repérer et à interpréter. Après quelques jours, il dut se résoudre à changer de tactique et à chevaucher de jour pour dormir de nuit. Cette nouvelle méthode était bien moins discrète et nul doute qu'elle le conduirait très bientôt à se faire repérer. Pour autant, là était son objectif.
Le soir même, un soleil orange déchirait le bas du ciel qui se diluait en une mer de nuages roses. Siril collait désormais le train de la fée et de son lynx. Lorsqu'il sentit que la paire de miles qui les séparait se transformait en un mile puis en un sîlon et enfin en une chaîne (*), il mit pied à terre et fit son pas le plus léger possible. Il ne tenait pas à effrayer la fée lorsqu'il la croiserait enfin. Tandis qu'il était tout près d'elle, dissimulé derrière quelques arbustes, il entendit les grognements du lynx cornu. Ce fut lui qui l'avait repéré en premier.
-Qui est là ? Montrez vous !
Dit une voix. Avec grand calme, Siril finit d'attacher son cheval à un arbuste qu'il jugeait suffisamment solide pour le retenir et, tout en jetant un coup d’œil à travers les feuillages qui l’abritaient, il lança d'une voix convaincue :
-Vous tenez votre coude trop bas. Ne le prenez pas mal surtout, mais, sauf votre respect, il s'agit du genre de désagrément auquel on expose lorsque l'on s’entraîne pareillement à manier des armes d'attaque à distance et des armes de poing.
Il fit alors quelques pas en avant, révélant sa présence. Il n'avait dégainé aucune arme et il avait les mains levées en signe de non-agression. La capuche de son manteau était baissée afin que l'on puisse voir son visage. Même s'il on avait donné l'ordre de le rechercher, peu nombreux étaient ceux qui savaient à quoi Siril Mor'Shelwe ressemblait et ce pour la simple et bonne raison que lui et son père avaient obtenu de la Dame Blanche la faveur de ne jamais avoir à paraître à la Cour. Il était peu probable que la fée qui se trouvait en face de lui sache qui il était.
-Pardon Ranger. Déclara Siril. Mon souhait n'était pas de vous effrayer. Si vous me permettez, ce ne sont que les conseils d'un jeune maraudeur mais qui s'y connaît plutôt bien en arcs et en arbalètes. Si vous levez d'avantage votre coude, vous ne forcerez plus sur votre biceps mais sur votre épaule. Vous gagnerez en amplitude et en vitesse de tir.
Le lynx grogna avec verve, toutes dents dehors, lorsque Siril fit mine d'esquisser à nouveau un pas en direction de sa maîtresse. L'elfe lui adressa un sourire.
-Quesse...
Murmura-t-il. Il s'agissait du mot qui voulait dire « calme » en ancien elfique et il avait utilisé l'ancien elfique car il savait que certaines bêtes y étaient sensibles et pouvaient presque le comprendre. Le lynx cela dit, ne sembla pas se radoucir.
-Voilà un compagnon plus que féroce, constata Siril, et d'une grande fidélité. Prêt à sauter, sans ménagement, au cou du moindre étranger. Réparons cette erreur et permettez-moi de me présenter.
Siril dégaina sa dague et posa le plat de celle-ci sur son poignet. Se faisant, il s'inclina en avant.
-Erestor Finor'Galadon, de la tour de Garde Ciel, pour vous servir.
Garde Ciel était le dernier village le plus au Nord de la Forêt Blanche et Siril avait imité le salut des gens du nord qui était bien différend de celui de Silme, dans l'ouest, qui était son véritable village.
Il rangea sa dague et adressa un nouveau sourire, à la fée, cette fois-ci.
-Si vous voulez bien Madame, dit-il en tendant le bras vers elle, ranger votre arc. J'ai peur que votre bras ne fatigue et que votre flèche ne parte sans même que vous ne le désiriez.  




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Dernière édition par Siril Mor' Shelwe le Lun 12 Jan - 2:44, édité 2 fois
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Tullia Estrama Von Raijer

Invité



MessageSujet: Re: La Quête du Temple Perdu (Tullia - Siriel)   Dim 11 Jan - 20:48

Message de Tullia Estrama Von Raijer, fée.

Karleï avait vu juste. Quelqu’un sorti des fourrés. Un jeune elfe, blond aux yeux clairs, habillé pour un voyage. Je ne l’avais jamais vu, et ne me souvenais jamais d’avoir croisé une telle personne. Chose dont je me serais rappelé, car je retiendrais facilement le visage des beaux hommes. Saël, cet elfe qui fuyait plus vite que son ombre, je me souvenais bien de son visage malgré le fait que nous ne nous soyons pas côtoyé longtemps. Les paroles étonnantes que cet elfe osait m’adresser remettaient en question ma tenue de l’arc. Peut-être avait-il raison, mais je ne bougeais du moindre centimètre ma posture, le visant toujours de ma flèche. Mes yeux perçant étaient toujours posés sur lui, méfiants et aussi acérés qu’une lame. Ce jeune homme parlait d’une belle manière, bien que ses propos étaient de nature à vexer. Rien qui ne put me mettre en de bonne disposition. Etait-il à mes trousses, sous l’ordre de mes parents ? Sûrement pas, il n’avait pas l’air d’être un ranger, ni un garde de la capitale. De plus, il était seul.

Je me posais de multiples questions, sur le qui-vive et attendant le moindre mouvement suspect de sa part pour tirer. Je ne connaissais pas son niveau de combat, mais c’était un elfe. Et tous les elfes savent un minimum se battre. Et bien que prudent, il n’hésitait pas à avancer vers moi, malgré la présence de mon fauve. Il n’avait pas froid aux yeux celui-là. Karleï n’avait pas hésité, montrant les crocs et grognant de plus belle. A son habitude, il n’aimait pas les étrangers. L’elfe se mit à parler en elfique, pour calmer mon lynx. Mais c’était peine perdue. Croyait-il vraiment qu’il pouvait ordonner aussi facilement la monture d’un Ranger Frontalier ? Nos montures étaient tous pour nous, et un lien très fort nous unissait, que ce soit un cheval ou bien un fauve. Il n’obéissait qu’à son cavalier, langue elfique ou non. D’ailleurs, le fait d’avoir parlé à Karleï pour lui demander de se calmer n’avait fait qu’attiser sa colère. Je le sentais vibrant, impatient de bondir sur cet impudent. Mais je restais prudente et sceptique. Cet elfe ne m’inspirait pas confiance. Même si Karleï savait se défendre contre un homme armé, un elfe armé était autre chose. Je ne pouvais être inconsciente et le lancer vers sa mort en lui demandant d’attaquer l’elfe.

J’étais toujours silencieuse, restant dans la même position défensive. L’elfe complimenta ma monture, mais je restais insensible à cette flatterie. Au contraire, son attitude était plus que douteuse, et commençait à m’énerver comme Karleï. Mon fauve s’était mis à se déplacer légèrement sur le coté, comme un prédateur marchant autour de sa proie. Mais d’une pression du mollet je lui intimais de rester tranquille, et de ne pas bouger. Ce qu’il fit à contre cœur, feulant un peu plus et plantant ses griffes dans le sol. L’elfe se mit à dégainer son dague, ce qui semblait être la goutte d’eau qui faisait déborder le vase pour ma monture. Karleï allait bondir, mais mentalement je lui criais presque de ne pas le faire. Et pour cause, le jeune homme gardait la lame contre son poignet, signe qu’il n’était pas ici en ennemi. Une façon de saluer aussi, pour certaines tribus du nord. L’effet fut fort étrange, car l’ordre intimé eu pour résultat une sorte de bond avorté, couplé avec un fauve qui se plaque presque au sol, toujours feulant. Ce n’était pas évident avec tout ce mouvement, mais j’avais l’habitude et avais toujours en ligne de mire l’elfe. Je ne souriais pas, mais l’écoutais tout de même. Garde Ciel n’était pas si éloigné que cela, mais cette zone était très peu visitée par les non rangers. Je restais méfiante, ne comprenant pas pourquoi il s’était découvert et s’adressait à moi ainsi. Il était plein de prévenance et de politesse, mais ses gestes me semblaient trop calculés et prudents. Bien que ses mots soient de nature rassurante, je ne lui faisais en aucun cas confiance. Et pour toute preuve, quand il eut finis de se présenter et s’avança pour me demander de baisser mon arme, je tirais ma flèche. Non pas vers lui, mais vers l’arbre qui tenait sa monture. La flèche s’empêna juste à côté de la tête de l’animal, sur le tronc. On entendit un hennissement de surprise, mais le cheval était sain et sauf. Une simple mise en garde. Je parlais enfin, d’une voix posée, mais froide et légèrement autoritaire.


" Pensez vous vraiment que vos paroles mielleuses sont en votre faveur, Erestor Finor'Galadon … ? Et ne vous en faites pas, mes flèches savent très bien où aller. J’hésite d’ailleurs à tuer votre monture pour vous laisser comme proie aux prédateurs de la forêt. Ce serait fort divertissant, et on verra combien de temps vos flèches vous protègerons…. "

J’étais très sérieuse, et tentée par cette manœuvre. Sans sa monture, il pourra plus difficilement me pister et sera beaucoup moins rapide. Mais j’avais pitié du pauvre cheval, pour ce n’était pas sa faute d’avoir un tel cavalier. Cet Erestor voulait faire le malin, mais il devra rapidement apprendre qu’on ne fanfaronne pas ainsi devant les Rangers. En général, nous n’étions pas d’une grande patience, même envers les gens de notre peuple. D’habitude je suis tolérante mais la situation étant, je n’étais pas disposée à être dans un état de pleine sérénité. J’avais encoché rapidement une seconde flèche, remettant en joue l’elfe.  Je continuais, parlant toujours aussi froidement et ne lui faisant pas l’honneur de lui retourner une présentation de mon identité.

" Vous vous êtes bien éloigné de votre Tour, jeune maraudeur. Les frontières du Nord ne sont pas sûres en ce moment. Et vous êtes bien loin des chemins conventionnels. Cette zone est le domaine des Rangers Frontaliers, vous n’êtes pas à votre place ici."

Voir un maraudeur ici aurait pu être possible, mais cette zone approchant la région des dragons n’était pas sans danger, surtout qu’elle n’était pas balisée ni protégée contre les bandits ou les bêtes sauvages. Une personne saine d’esprit ne viendrait pas de son plein gré ici, à moins d’une bonne raison où d’être à la hauteur de l’environnement. Erestor m’intriguait par son poste de garde et sa présence en ces lieux. Mon instinct me titillait, m’intimant que c’était plus que louche. Je le toisais toujours, réfléchissant rapidement. Je ne connaissais pas son potentiel de combat, et engager ici les hostilités n’étaient pas forcément pour mon avantage. Je l’avais mis en garde, ce qui devrait être suffisant. Restait à savoir la raison pour laquelle il m’a suivi et interpellé. Voulant relâcher quelque peu la tension, pour lui prouver que je n’étais pas sans raison non plus, je baissais légèrement ma flèche, pour ne plus l’avoir dans le collimateur. Mais je le questionnais directement, n’ayant toujours pas retourné de salut de politesse, preuve que je n’avais aucunement confiance.

" Que faites-vous ici, et que me voulez-vous ? "

Je doutais qu'il me réponde honnêtement, mais je voulais au moins avoir un mensonge qui puisse m'indiquer un minimum à qui j'avais affaire.
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Siril Mor' Shelwe

Invité



MessageSujet: Re: La Quête du Temple Perdu (Tullia - Siriel)   Lun 12 Jan - 1:49

Message de Siril Mor' Shelwe, elfe.

La flèche partit telle un coup de tonnerre. Elle passa à quelques centimètres de l'oreille de Siril, effleurant presque sa chevelure dorée, pour aller se nicher avec grande précision sur l'arbuste auquel était attaché sa monture. Le cheval gémit et l'ancien prince perçut, du coin de l’œil, le lynx blottir son torse contre le sol. De toute sa vie, il n'avait jamais essuyé pareille insulte. Il serra les dents et retint un soupir. S'il n'avait agit que de lui, il eut déjà dégainé Siffleuse et transpercer son impudente hôtesse en plein cœur. De son point de vue, elle avait mis une éternité à réarmer et il eut largement disposé de tout le temps dont il eut eu besoin pour la tuer. En outre, il avait bien étudié sa posture et sa façon de tirer. Son coude était de nouveau trop bas et elle était décalée d'un centimètre vers la droite. Tout en dégaina son arme, il lui eut suffit de donner une légère impulsion sous la plante de son pied gauche pour se propulser légèrement sur le côté. La flèche de son ennemi serait alors venu se nicher dans son épaule. Elle eut décalé son tir, sans nul doute. Mais il savait très bien comment corriger une telle déviation. Il eut touché sa cible s'il l'avait voulu. Il n'en doutait pas. Il eut alors du composer avec la bête féroce qui se serait jetée sur lui avant qu'il n'eut eu le temps de réarmer son arbalète. Il eut eu bien plus de mal à la terrasser au corps au corps. Pour autant, il eut pu susurrer quelques chants à ses oreilles pour se jouer d'elle et profiter de la confusion pour la transpercer à son tour. S'il s'était écouté, il eut explosé. Pour autant, il reprit son calme et adressa, à la fée, un nouveau sourire plein de gentillesse et de contenance. Il n'était pas là pour en découdre. Bien au contraire. Et cette jeune fée, son honneur lui même, lui eut interdit ne fût-ce que de porter la main sur elle. Son honneur... ou ce qu'il en restait. Il entreprit de dire quelque chose pour calmer les esprits échauffés mais ce fut elle qui prit tout d'abord la parole :
-Pensez vous vraiment que vos paroles mielleuses sont en votre faveur, Erestor Finor'Galadon … ? Commença-t-elle. Et ne vous en faites pas, mes flèches savent très bien où aller. J’hésite d’ailleurs à tuer votre monture pour vous laisser comme proie aux prédateurs de la forêt. Ce serait fort divertissant, et on verra combien de temps vos flèches vous protégeront….  
Siril préféra se taire. Il balada son regard entre la fée et son animal, ne bougeant pas d'un pouce et attendant une suite qui ne tarda pas à venir :
-Vous vous êtes bien éloigné de votre Tour, jeune maraudeur. Les frontières du Nord ne sont pas sûres en ce moment. Et vous êtes bien loin des chemins conventionnels. Cette zone est le domaine des Rangers Frontaliers, vous n’êtes pas à votre place ici. Dites-moi, que faites-vous là, et que me voulez-vous ?
Siril ne put retenir un rire.
-La zone des Rangers Frontaliers, donc ? Et dites-moi, tous les Rangers ont-ils pour habitude de menacer céans ceux de leurs frères et de leur sang qui sont désarmés et qui se présentent à eux seuls et en ami ? Vous manquez à toutes les bonnes manières Madame. Après tout, je vous ai dit mon nom et ma maison tandis que, pour ma part, je demeure dans l'ignorance la plus totale ou alors peut être qu'en plus d'être dépourvus d'honneur, les Rangers n'ont pas non plus de nom ?
Tandis qu'il parlait, Siril restait à l’affût, prêt à bondir en arrière au moindre signe d'agression. En une fraction de seconde, il effaça tout sourire de son visage, qui se transforma en un miroir froid comme la surface d'un lac glacé. Sa voix devint plus autoritaire. Ses mots s'espaçaient de plus en plus. Tandis que le vent du soir commençait à se lever et que les ténèbres s'emparaient peu à peu des plaines, ses deux yeux scintillaient d'une lueur à la fois terrible et envoûtante. Il n'était pas de ceux qui se laissent impressionner.
-De quoi avez-vous peur, Ranger ? Que je vous saute dessus comme un chien ou un bandit de grand chemin dès lors que vous aurez baissé votre arc et rappelé votre bête ? Je vais vous le confirmer une seule fois vu que cela a visiblement besoin de l'être : je ne suis pas votre ennemi et je n'ai nullement l'intention de vous faire le moindre mal, à vous ou à votre ami. Pour autant je refuse de me soumettre à quelque interrogatoire que ce soit tant que cette arme sera braquée sur moi et que je serai traité comme un voleur ou une sale race de démon. Il y a-t-il désormais des lois qui interdisent aux elfes de se promener hors de leurs terres ? Vous avez le choix, vu que je ne suis nullement disposé, ni à vous répondre, ni à vous attaquer. Soit vous retrouvez vos esprits et vous baissez votre arc, soit vous renoncez définitivement à toute forme d'honneur et de politesse et vous me tirez comme un vulgaire lapin sans défense! La vie d'un elfe, toutefois, est une responsabilité autrement plus lourde, vous ne pensez pas?
Il fit de nouveau un pas vers elle, guettant la moindre réaction de la part du lynx car il sentait bien qu'il était à cran et sur le point d'attaquer. Le silence devenait de plus en plus infernal. S'agaçant de la tournure qu'avaient pris les événements, Siril pressa la réponse de sa bien singulière hôtesse :
-Alors, que répondez-vous ?
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Tullia Estrama Von Raijer

Invité



MessageSujet: Re: La Quête du Temple Perdu (Tullia - Siriel)   Lun 12 Jan - 18:48

Message de Tullia Estrama Von Raijer, fée.

Honneur. Il osait parler d’honneur ? Ce fieffé menteur qui m’avait sans doute suivi, il osait parler d’honneur alors que le simple bon sens et la non-confiance m’imposaient mon anonymat ? Je ne répondis pas, constatant simplement un léger changement dans son attitude. Peut-être en voyant que je ne désirais pas coopérer, il était devenu plus glacial dans ses paroles, plus à l’affût. La tension était clairement palpable, mais je ne voulais pas céder. Karleï non plus, et il était très zélé dans sa manière de le montrer. Dardant ses yeux d’ambre sur le principal danger, ses pupilles étaient dilatées, au point que son regard était presque noir comme l’ébène.

L’elfe continua de parler, osant une fois de plus remettre en question mon honneur et celui des Rangers. Et me croyait il aussi naïve ? Ce n’est pas parce qu’il était d’apparence louable qu’il avait de bonnes intentions, ni même parce qu’il m’assurait être là sans me vouloir le moindre mal que j’allais le croire. Mon instinct me disait d’être méfiante. Dommage pour lui, car si je n’étais pas si mal lunée, les choses auraient pu être différentes. Je ne répondais toujours pas, le jaugeant du regard. Il avait fait un pas de plus, hérissant les poils de ma monture encore plus. Je répondis, afin qu’il cesse de vouloir pousser les choses. Ma voix n’était pas plus amicale, mais montrait clairement que je perdais patience.


" Un démon serait plus rassurant, et vous devriez savoir que les plus terribles des ennemis prennent souvent l’apparence des meilleurs amis. Frère de sang ou non, vous n’en restez pas moins suspect sous mon regard, et votre perte ne serait pas plus importante que celle d’une proie. "

Suite à ces mots, après de longues secondes, je baissais légèrement mon arc, mais ne le rangeais pas pour autant. Karleï lui avait cessé de gronder, relevant la tête légèrement pour sentir le vent frais qui descendait de la montagne. Je continuais, ne voulant pas lui céder mon nom aussi facilement.

" Il est de ma liberté que de choisir de ne pas me présenter. Je n’ai pas à me justifier, et vous devriez en déduire qu’il ne me plait pas que de faire plus ample connaissance avec votre personne… "

Je me stoppais soudainement, entendant un grondement sourd de ma monture. Il ne regardait plus Erestor, mais derrière lui, au-delà de la forêt. Son corps ne tremblait plus de colère, mais il était tendu comme un arc, en attente. Qu’avait-il sentit ? Mon esprit rencontra le sien, et il m’envoya une image de ce qu’il avait senti. Un loup de montagnes. Ils sont plutôt gros, et descendent rarement jusqu’ici. Un n’était pas un soucis, alors pourquoi Karleï était alerté ? Je lançais mon esprit dans la direction qu’observait mon fauve, utilisant mon second pouvoir pour détecter les êtres vivant dans la zone. Et Karleï avait raison d’être tendu. Plus haut dans la montagne, à un peu plus d’une centaine de mètres, arrivaient une troupe de loups des montagnes. Assez gros, j’en détectais six, et ils étaient en formation de chasse. Nous avaient ils repérés ? Mieux valait ne pas rester ici sur leur terrain de chasse. Je regardais de nouveau l’elfe, hésitant à le prévenir. Il m’énervait, et je ne voulais pas qu’il continue à me suivre. Mais je devais le prévenir tout de même, d’une façon ou d’une autre. L’observation des alentours avait pris quelques longues secondes, pendant lesquelles je n’avais rien dit et j’étais un peu absente. Je rangeais vivement mon arc et faisais reculer Karleï. J’interpellais l’elfe vivement, mais cette fois ci l’urgence de la situation était palpable dans ma voix.

" Mais vous devriez partir, sur le champs ! "

Aussitôt je talonnais mon fauve, qui bondit sur le côté et se mit à courir. Souplement, il bondissait entre les arbres, s’éloignant e l’elfe et remontant la vallée. Il fallait contourner les loups et monter dans la montagne, pour éviter d’être repérés à cause du vent. J’espérais que ce n’étais pas encore le cas, qui sait. Pour Erestor, c’était son problème. L’avantage pour moi était qu’il allait surement perdre du temps, et son cheval était moins adapté au sol pentu et accidenté de la montagne. Cela devrait nous donner plus de répit. Karlëi était à l’aise, et plus nous montions plus les rochers empêchaient un passage aisé. Mais l’agilité d’un fauve n’était pas à sous estimer. Nous allions ainsi pendant un peu moins d’une heure, et nous nous arrêtions une fois que le soleil avait presque touché l’horizon. J’entendis au loin les hurlements des loups, qui étaient plus bas dans la vallée. Parfait.

Karleï était fatigué, et il avait besoin de repos. Tout comme moi. Il s’arrêta près d’un grand pin, et je descendis de son dos. Là, je lui enlevais sa selle, pour qu’il soit libre. Il s’ébroua, s’étira, puis vint frotter sa tête contre moi en ronronnant. Je souriais, lui grattant sous le menton et derrière les cornes de son crâne. Il soupirait d’aise et se détendit automatiquement.


"  C’est l’heure de la chasse mon grand. Tâche de ne pas trop troubler les lieux quand même. "

J’eus droit à un nouveau signe d’affection, et à un grognement sourd, ses oreilles plaquées contre son crâne. Il m’envoya l’image de l’elfe, avec une forte émotion liée à la colère et à l’inquiétude. Je lui répondis de la même manière, par des émotions et des images, lui indiquant de chasser mais de ne pas poursuivre l’elfe. D’ailleurs, il ne devait surtout pas le confronter. Je prenais la grosse tête du fauve entre mes mais, de manière à ce que nos regards soient l’un dans l’autre.

" Ecoute ce que je t’ai dit, d’accord ? Je m’occupe de son cas, à ma façon cette fois ci… Va ! "

Il souffla pour montrer qu’il n’était pas satisfait, mais bondit ensuite sur le côté pour disparaitre entre les arbres. De mon côté, j’enlevais ma cape chaude pour dévoiler mes ailes de fée. Des ailes de libellules, solides et aux reflets vert scarabée. Elles n’étaient pas aussi élégantes et jolies que les ailes de papillon de certaines fées, mais elles étaient endurantes, et jamais une seule fois ne m’avaient trahis. Je pris la selle dans mes bras, et vola vers les branches hautes du pin. Je posais la selle sur l’une des branches épaisses, et l’attachais pour qu’elle ne tombe pas. Avant de descendre, je pris sur la selle une besace ainsi qu’une gourde. Je devais recharger en eau, et si au passage je trouvais de quoi complémenter ma ration de viande séchée et de pain sec, cela serait au mieux. Je retournais vers la terre ferme, et remis ma cape pour cacher mes ailes. Accrochant la besace, je descendis tranquillement la pente. Je cherchais un cours d’eau, que je ne mis pas trop de temps à trouver. L’eau était très fraiche et consommable, et j’eus le plaisir de voir que quelques champignons comestibles poussaient non loin de là. Parfait !

Du temps avait passé, et la nuit était presque totalement tombée. Mais le ciel n’était pas trop couvert, permettant à une lune partielle de laisser ses doux rayons argentés baigner la forêt. C’était suffisant pour voir. Habituée à être en pleine nature sauvage et à vivre la nuit depuis des années, mes yeux étaient plus sensibles à la lumière de la lune et des étoiles. Bien entendu, sous une forêt dense j’aurais plus de mal à voir, mais avec un tel temps c’était comme si ma vision était simplement en noir et argent. Je m’installais contre le tronc d’un arbre, faisant attention à mes ailes, et sortis de ma besace un ocarina. Il était d’apparence très rustique, sans aucune élégance autre que quelques gravures représentant des feuilles de houx. Portant l’instrument à mes lèvres, je fermais les yeux et jouais. Un air doux, clair et cristallin comme de la neige. Une chanson rappelant la beauté de l’hiver, des rayons de la Lune sur les montagnes, et du vent du Nord qui hurlait sa mélancolie. Cette chanson était apaisante, presque engourdissante. Elle avait deux vertus tout à fait remarquables. La première était celle d’apaiser les esprits belliqueux, d’une manière douce et subtile. La seconde était qu’elle me permettait de me concentrer au mieux sur mon pouvoir de détection. A peine avais-je fermé les yeux, que je voyais ce qui m’entourait. Enfin, je ne voyais pas vraiment. C’était plus comme si mon esprit était l’onde qui perturbait la surface calme de l’eau d’un lac, et que chaque être vivant animal était un petit rocher qui bloquait les ondes. Plus le rocher était gros, plus l’animal était gros. Avec l’habitude, j’arrivais à discerner si c’était un animal de la forêt, un humanoïde ou bien une personne sur une monture. Mon esprit pouvait ainsi se répandre jusqu’à une centaine de mètres aux alentours.

Je me demandais où en était l’elfe. S’était-il fait attaqué par les loups ? J’espère qu’il ne les a pas tués, ce serait un tel gâchis que de s’en prendre à de si magnifiques créatures. Allait-il continuer sa traque et me retrouver ? D’un côté je souhaitais que non, car se faire poursuivre pour sûrement ensuite être trainée vers la capitale ne m’enchantait guère. Mais d’un autre côté… sa présence était amusante et divertissante. Il n’avait pas froid aux yeux, et semblait s’y connaitre en combat et vie à l’extérieure. Si je n’avais été d’humeur aussi méfiante, peut être aurions-nous pus discuter plus tôt cet après-midi. Cependant, ni moi ni Karleï n’avions été d’humeur à ce moment-là. Je continuais de jouer, inlassablement, pendant de longues minutes, et presque une heure. Soudain, je me mis à sourire, et cessais de jouer. Il approchait. Maintenant, j’allais lui laisser le loisir de me trouver tout seul. Il était à une centaine de mètres, et tout en prenant dans ma besace les champignons pour les laver et les manger, mon esprit restait fixer sur lui, pour contrôler son avancée. Il était du genre borné, celui-là. C’est amusant, et plaisant d’une certaine manière.

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Siril Mor' Shelwe

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MessageSujet: Re: La Quête du Temple Perdu (Tullia - Siriel)   Mar 13 Jan - 14:20

Message de Siril Mor' Shelwe, elfe.

Siril regarda la fée ranger son arc, appeler son animal et lui lancer cette ultime recommandation : « vous devriez partir, sur le champs ! ». Il s'élança vers elle en s'écriant : « attendez », mais elle était déjà loin. Il se retourna alors, fixant la mine grise des bois qui s'étendaient un peu plus loin au pied d'une montagne. Quelque chose avait du précipiter la jeune femme dans sa fuite. Quelque chose de suffisamment gros pour l'effrayer. Il balada son regard perçant d'arbre en arbre, attendant le moindre signe qui trahirait la présence d'un ennemi. Mais la lisière de la forêt conserva son visage impassible et silencieux. Un instant, il relâcha presque son attention. Mais alors, il entendit retentir au loin le hurlement d'un loup, puis un autre et un autre... En tout, il en compta six. A moins d'un mile de lui. Son cœur s'affola quelque peu. En une fraction de seconde, il passa en revue toutes les solutions qui s'offraient à lui. Il ne pourrait pas fuir, du moins pas en direction des montagnes. Les chevaux de la Forêt blanche n'étaient pas habitués à de tels terrains. Les loups eurent tôt fait de les rattraper et de se jeter sur eux. C'était bien trop dangereux, non pas pour lui, mais pour sa monture. N'hésitant pas d'avantage, il se précipita vers elle et trancha les liens qui la retenait prisonnière. Le cheval était tendu. Il hennissait tout en se cambrant. Siril attrapa sa bribe et murmura quelques chants à son oreille afin de le tranquilliser. Ses chants avaient ce genre de pouvoirs envoûtants, notamment sur les elfes et sur les bêtes. Lorsqu'il fut parfaitement calme, il lui chuchota, en vieil elfique :
-Fuis, compagnon d'infortune. Galope jusqu'aux écuries de ton maître et ne te retourne à aucun moment.
Il lui murmura de nouveaux chants afin de lui donner du courage et, tout en lui retirant sa scelle, il s'écria :
-Va !
Le cheval s'élança au galop et disparut bientôt, à travers les ténèbres qui le séparaient du sud.
Siril reporta son attention vers les feuillages qui commençaient à s'affoler, tout près.

Rar' était une chasseuse. Rar' était une louve. Mais, plus que tout, Rar' était une mère. Elle était la chef d'une meute composée de cinq de ses louveteaux. Ils vivaient une vie dure et froide dans les forêts hostiles du flan de la montagne. Depuis que l'hiver avait commencé, le gibier s'était fait rare. La famine et la mort guettait sa famille. Les jours se faisaient de plus en plus courts, les nuits de plus en plus longues. Dès lors que le soleil était couché, elle et ses enfants s'éveillaient et s'élançaient jusqu'au pied du mont où ils traquaient, sans relâche, le petit gibier qui n'était pas entrée en hibernation. Leur fatigue et leur harassement n'avaient d'égal que leur faim. Une faim terrible qui leur tiraillait le ventre. Ils ne mangeaient plus à leur faim et ce depuis bien des jours. Ils pouvaient peut être survivre une nuit de plus. Mais alors, s'il ne trouvaient pas de quoi manger convenablement, il était certain qu'ils ne verraient pas un nouveau jour se lever. Ils étaient au bout de leurs forces. A la toute fin de leurs vies. Et ils n'avaient plus que pour seuls compagnons la colère et la haine. Il n'y avait qu'elles, avec la hargne, qui les maintenait debout. Ce soir là -son dernier soir- Rar' s'était levée tôt. Le jour peinait à se noyer dans l'est comme s'il avait sentit, lui-même, le tragique destin que la nuit entendait tisser lors de son prochain et funeste règne. Rar' osa un regard hors de sa grotte, rongée par le désespoir. C'est alors qu'elle les vit. Dix grives qui s'élevaient vers le sommet de la montagne. Il y avait de l'agitation, en bas, dans la vallée. C'était leur chance. La seule et l'unique ! Elle réveilla ses louveteaux d'un hurlement gras et, tandis que le soleil achevait sa course, ils s’élancèrent, tous les six. Ils coururent comme des dératés, ne prenant aucune pause ni aucun répit. Ils avaient pour eux leur instinct de survie. Ils ne feraient pas de tactique de chasse ce soir. Ils ne se sépareraient pas. Ils attaqueraient, tous, de front, tel un seul loup. Ils débusqueraient leur gibier quel qu'il soit. Ils lui sauteraient à la gorge et, dès lors qu'il serait mort, ils le dévoreraient avec rage et avidité.  La nuit était complètement tombée. Les étoiles scintillaient dans leur course et l'air froid emplissait leurs poumons qu'il transpercer, pareil à des centaines de poignards. Rar' se souvint. Elle se souvint de la toute première fois où elle avait jeté un regard du haut de la Montagne, en direction de l'horizon. Devant le fief de sa meute s'étendait un océan de nuages qui séparaient les monts scintillants, tout autour. Elle se souvint des parties de chasses et des grands voyages. Elle se souvint des migrations vers le nord, vers l'est et de la naissance de ses enfants. Elle se souvint des hivers, tous plus froids et cruels les uns que les autres. Elle se souvint de la mort de ses compagnons il y avait si peu. Elle se souvint avoir pris la décision de revenir ici avec ses louveteaux. A l'endroit où elle était née et où elle avait grandi. Au sommet de la montagne qui dominait le monde. Ses pattes se contractaient et se décontractaient. Ses griffes s'enfonçaient dans le sol et remuaient la terre. La lune s'était levée derrière le sommet qu'elle irradiait de milles feux scintillants. Elle courait à sa mort. Rar' en avait l'indéfectible pressentiment.
Le pas des loups ralentit lorsqu'ils passèrent les derniers arbres des bois et atteignirent enfin la vallée. Là, ils aperçurent un elfe, assis au pied d'un arbre, appuyé sur ses deux lames et qui marmonnait quelque chose entre ses dents. Il pourrait bien marmonnait une fois qu'il serait mort. Il avait avec lui des lames de fer et il s'agissait des ennemies mortelles des loups. Pour autant, il n'avait pas l'air dangereux. Et il représentait tant de viande. Les fauves grognèrent et se lancèrent à l’assaut de leur proie. Il était trop tard pour qu'elle puisse s'enfuir. Ils l'encerclaient déjà. Et ils étaient bien trop rapide. Elle était faite !
Ils coururent vers lui et s’appétèrent bondir. Mais, au dernier moment, celui-ci releva la tête et fit raisonnaient les échos de la chanson qu'il murmurait depuis tantôt. Une chanson si belle, si mélodieuse et si parfaite qu'elle stoppa immédiatement la course des loup. Une chanson magique, sans nulle doute. Une chanson qui ravit leur cœur et ralentit leur poux. Ils étaient tous à l'article de la mort, à bout de force et plus que jamais sensibles à la magie. Un à un, il sombrèrent dans une béatitude puis un sommeil profond. Tandis qu'il s'enfonçaient dans le noir, seuls demeuraient les échos aux éclats cristallins de la voix de l'elfe. Ils transportèrent Rar' jusqu'aux premiers jours de sa toute petite jeunesse. A l'époque où s'étendait la mer de nuages et où scintillaient les montagnes.
Siril s'assura que tous ses assaillants étaient bien endormis avant d'oser enfin faire silence et de se relever. Il rengaina ses lames qu'il avait tirées afin de se défendre au cas où la magie de ses chants n'avait pas agit sur les bêtes. C'eût été le scénario le plus probable à vrai dire. Toute une bande de loups enragés et en chasse, il n'eut jamais cru aboutir à un tel résultat sur eux. Il fallait qu'ils soient particulièrement faibles. Intrigué, il les examina un à un.
-Six loups squelettiques, Se murmura-t-il à lui même. Tous affamés et à l'article de la mort. Cinq sont jeunes et maigres et une est plus vieille et grasse que les autres...
Il ferma les yeux et soupira longuement. Il les avait endormi pour un certain temps. A leur réveil, ils seraient sûrement trop faibles pour se remettre en chasse. Tout semblait indiquer qu'ils mourraient alors. Siril n'avait pas le choix. Il dégaina son poignard et s'accroupit au dessus de la louve. Elle était la seule a avoir assez de viande pour nourrir tous les autres. Il hésita quelques instants, poussa un nouveau soupir et, agrippant fort la poignée de sa lame, il lui trancha la gorge d'un coup sec. Comme elle fut prise de spasmes, il lui maintint la tête jusqu'à ce qu'elle se calmât. A la toute dernière seconde, elle ouvrit grand les yeux. Son regard semblait plein de regrets, d'amertume et d'un sentiment étrange que Siril ne parvenait pas à interpréter. Un regard vert mélèze, noyé de larmes. Elle referma les paupières, dans son dernier sommeil.
Le jeune elfe reprit difficilement sa respiration. Il se laissa tomber à la renverse et prit une pleine bouffée de l'air frais du soir.
Est-ce un crime que de prendre une vie pour en sauver cinq autres ?
Il s'accorda quelques secondes de répit tandis qu'une voix intérieure lui murmurait le seul et unique mot qui l'avait hanté, nuit et jour et avait alimentait chacun des silences de son esprit, depuis presque la moitié d'une année maintenant. Un mot terrible et qui lui dérobait un peu plus son âme à chaque fois qu'il s'entendait le prononcer en songe. Un mot qui ressemblait à une sentence...
Meurtrier...

Les événements qui suivirent furent très floues dans l'esprit de Siril. Il se souvint de s'être levé et éloigné de la scène. Il avait erré un long moment, sans réel but. Il était comme un spectateur observant ses mouvements à travers des yeux qui n'étaient pas les siens. Il entendit le son d'un ocarina et il se laissa guider vers lui. Il se trouva bientôt à quelques pas de la jeune fée qui l'avait fui plus tôt. Lorsqu'il arriva tout près d'elle, il se laissa tomber sur le sol et demeura assis un long moment. Il savait qu'elle l'avait remarqué, mais il n'avait pas la force de parler. Pas pour l'instant. Son regard était vide et perdu dans le lointain. Sans même s'en rendre compte, il articula quelques mots, comme s'il ne les disait que pour lui-même :
-Quelle belle nuit. C'est étrange cette façon que l'on a de vouloir qu'elle ne s'achève jamais. Qu'est-elle au final sinon une idée si vite passée ; un semblant de vie que l'on croit avoir vécu mais qui s'efface déjà dans le noir vide et froid de nos esprits. Il y avait de belles et longues nuits autrefois dans mon village et j'y ai connu le bonheur. Il est arrogant en vérité, bien que fait de choses simples et ridicules. Et l'on ne se rend pas compte que l'on y a goutté tant que l'on ne l'a pas perdu ou qu'il ne nous a pas été ravi. Qui eut dit que l'on eu pu ravir le bonheur de quelqu'un ? C'est insensé... Parfaitement insensé.
De nouveau, il concentra son regard dans le vide et l'ombre.
-Non. Des nuits comme celles-là ne devraient jamais finir.
Il se passa rapidement la main sur la joue et demeura silencieux encore un moment. Juste un moment.
Soudain, il leva ses yeux bleus rieurs vers la fée et lui adressa un sourire, franc et bon, comme s'il venait tout juste de revenir à la réalité.
-Je suis heureux de voir que vous n'avez rien. Lui dit-il. Votre fuite héroïque fut si précipitée que j’eus presque peur que vous ne tombassiez de votre monture ou ne glissiez dans une crevasse.
Cette fois ci, il n'entendait s'excuser ni pour l'avoir dérangée, ni pour lui avoir fait peur. C'était elle qui avait voulu qu'il la retrouve. Les notes de musique qu'elle avait laissé s'échapper de son ocarina pendant presque une heure n'étaient rien d'autre qu'une invitation en bon et due forme. Il le savait. Et il savait qu'elle savait qu'il le savait. Il hésita un instant, puis, sur le ton de l'humour, il ajouta :
-Vous ne me menacez plus de votre arc ? Vous l'avez perdu ?
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Tullia Estrama Von Raijer

Invité



MessageSujet: Re: La Quête du Temple Perdu (Tullia - Siriel)   Mar 13 Jan - 19:18

Message de Tullia Estrama Von Raijer, fée.

J’entendis enfin les pas léger de l’elfe sur le sol, non loin de moi. Il s’approchait, mais ne faisait aucun effort pour être silencieux et invisible. J’arrêtais donc d’utiliser mon pouvoir, qui était tout de même consommateur d’énergie. J’avais presque finis de manger ma ration de champignons, et levais tranquillement les yeux vers lui. Mais ce que je vis m’arrêta net dans mon repas. Erestor était… étrange. Sa démarche semblai peu sûre, ses yeux quelque peu hagard, comme s’il était ailleurs. Il s’assit contre le tronc, à côté de moi, mais je ne bougeais pas. Il était ailleurs. Définitivement. Il ne me regardait même pas, ses yeux plongés dans l’horizon, à voir on ne sait quel fantôme. Sceptique, je reprenais doucement mon repas, sans rien dire. Lui-même ne disait le moindre mot. Je regardais moi la rivière, dont le chant mélodieux était de nature à apaiser les cœurs. Quelque chose avait dû arriver à l’elfe, mais il ne semblait pas être blessé, ni même s’être battu. Cependant, sa monture n’était pas là, avec lui. Avait-il dû abandonner son cheval aux loups de la montagne ? Peut- être, peut-être pas. La forêt renferme bien des histoires et des mystères, et cela ne me concernait pas. Qu’il ait perdu sa monture était son problème et sa négligence, je n’avais pas besoin de lui rappeler.

Après de longues minutes, il se mit enfin à parler. Mais doucement, sans s’adresser particulièrement à moi. C’était comme si ses pensées se manifestaient directement par ses paroles, sans véritable sens si ce n’est pour celui qui les a créés. Ce qu’il disait de sa voix agréable et mélodieuse était entre la poésie et la philosophie, mais en même temps empreint de regret et de tristesse. Je l’écoutais d’une oreille, posant parfois mon regard sur lui, le détaillant maintenant qu’il était juste à côté. Il était plutôt d’une constitution athlétique, bien que son corps masculin reste fin et élégant. Si je devais le comparer à Saël, Erestor était peut-être moins beau et gracile, mais il n’avait pas cette féminité presque délicate qui le ferait penser à une fée. Pauvre Saël… S’il savait que je le comparais, il protesterait sans doute tout en ronchonnant sur la véracité des propos. L’elfe lui était plus masculin, mais la finesse de ses traits trahissait une lignée noble. Ses traits tout comme son langage et ses manières. Si mes parents m’avaient vu en train de lui parler avec si peu de manière et de délicatesse, j’aurais à tous les coups écopés de leçons d’étiquette intensives. Mais qu’importe pour moi, je me suis adaptée pour me cacher, et je suis plus à l’aise ainsi qu’avec le raffinement des nobles.

Quoi qu’il en soit, les paroles d’Erestor faisaient penser à quelqu’un qui venait de quitter sa maison avec regret. Pourtant, c’est un garde, il devrait être habitué à voyager de temps en temps. Avait-il du fuir son domaine ? Ou alors regrettait-il simplement le calme de sa forêt ? Ces mots énigmatiques, je ne les laissais pas me perturber plus longtemps. L’elfe semblait être à bout mentalement, et le physique n’allait sans doute pas tarder à suivre. D’ailleurs, il se tû à nouveau, et replongeait dans ses pensées. J’avais finis mon repas, m’essuyant les mains entre elles pour enlever les quelques miettes et morceaux de terre. Je me demandais si Karleï avait trouvé une proie pour ce soir… Il a intérêt à manger, s’il veut tenir la route pour la suite. Mais avant, je devais m’occuper de ce parasite qu’était Erestor. Si je voulais continuer ma route, il me fallait lui faire comprendre que je n’allais pas retourner à la capitale. Et avant tout, il fallait que je sache la véritable raison qui le poussait à me suivre (selon mes soupçons). Je n’eus pas à attendre longtemps l’occasion, qu’Erestor s’adressa enfin à moi directement. Sa voix semblait plus présente, amusée même. Je tournais la tête vers lui, pour voir qu’il me regardait de ses yeux rieurs et malicieux. Je ne sais pourquoi, si c’est la proximité soudaine, son sourire d’enfant naïf ou son regard (ou tout en même temps en fait), mais je me sentis rougir légèrement. Heureusement qu’il faisait nuit. Cependant, son regard et son sourire enjôleurs n’étaient pas suffisant pour me faire perdre pied. Je souriais moi-même, lui retournant sa petite pique contre lui.


" Il est plus sage d’éviter les combats inutiles et fatiguant, surtout dans un environnement tel que celui-ci.  Ma fuite vous semble peut être amusante, mais il semble qu’elle m’a évité de perdre la tête… "

Je regardais de nouveau la rivière, souriant toujours de malice. La musique de l’ocarina m’avait apaisé, et je me sentais bien plus disposée à lui parler qu’à lui enfoncer une dague dans la gorge. Il me parlait comme si j’étais une chose fragile et maladroite, et je ne comprenais pas qu’il puisse proférer de telles choses alors qu’il s’adressait à un Ranger. Je veux dire, les Rangers ne sont pas considérés comme des empotés, ni des tisseurs de dentelle. Embrassant d’un regard fier et pétillant les montagnes, je lui répondis mon fait, lui remettant les pendules à l’heure.

"  Et je ne suis pas de la dernière pluie. Vous semblez croire que je suis novice en ces lieux, mais ici je suis bien plus à ma place que vous ne pouvez l’être. Ces forêts sauvages, ces montagnes qui cachent la mort…. C’est mon domaine,  ma maison. "

Je souriais toujours, véritablement heureuse d’être en ces contrées hostiles. Je ne me sentais bien que dans ces forêts, où il n’y avait personne à par moi et Karleï. Bien entendu, je retournais fréquemment à des postes de Rangers, mais la plupart du temps j’étais en patrouille, et j’aimais le faire seule. J’étais d’ailleurs rarement assignée à une équipe, et me débrouillais bien mieux en solo. Je faisais bien mon travail, et personne n’avait quoi que ce soit à redire sur ma façon de vivre. Sauf ma famille, bien entendu. Mais c’est un autre sujet. J’étais dans mes songes, quand Erestor me posa une nouvelle question. Ou du moins, voulu me titiller à nouveau. Il ne cherchait pas querelle, vu son ton léger, et je lui répondis avec autant de légèrement, riant légèrement et le regardant avec malice.

" Mon arc ? Vu votre état, ce serait clairement inutile. Je ne sais si vous le remarquez, mais vous êtes fatigué et votre corps, autant que votre esprit, semblent à bout…. "

Surtout vu ce qu’il m’avait servi comme tirade sur la nostalgie du bonheur de son foyer. Et son regard perdu quand il s’est approché… Visiblement, il ne devait pas s’en être rendu compte, et je me demandais comment il avait fait pour ne pas se faire dévorer et arriver en un seul morceau ici. La musique de l’ocarina y était sans aucun doute pour quelque chose. Serait-il encore perdu et en proie à un mort certaine sans cette chanson ? Qui sait, probablement. Pour continuer sur la note de l’humour, je lui rappelais gentiment que je n’étais pas non plus sans bon sens et raison. Je continuais de rire, me rappelant plusieurs épisodes houleux avec d’autres voyageurs lors de mes missions.

" De plus, pour parler il est préférable de rester sans armes. A moins d’être un démon, mais c’est une autre histoire, fu fu fu ~…. "

Oui, les démons sont vraiment particuliers. Mais tellement amusant en même temps. Il y avait par exemple ce Darkame, qui ne cessait de franchir la frontière du Sud pour simplement mettre le bazar dans les villages aux alentours. Et simplement pour s’amuser et se battre ! Quel sale gosse celui-là, et depuis son plus jeune âge en plus. Il avait de la chance que je sois tolérante, car bons nombres d’elfes aimeraient le voir mort que simplement reconduit à la frontière. Mais il n’était pas fondamentalement mauvais. Juste… un esprit farceur réincarné dans le corps le plus énervant qui soit. En revenant à notre elfe espion, je cessais peu à peu de rire, et le regardais plus sérieusement. Il y avait des choses qui devaient être dites. Et maintenant que le premier vrai contact sympathique avait été échangé, il fallait aller droit au but. Posant sur lui un regard moins amusé et plus froid, je lui posais la question tranquillement, de manière posée mais sans bonne humeur dans le ton de la voix.

"  Maintenant, soyons plus sérieux… Que me voulez-vous, et pourquoi me suivre ? "

Allait il me répondre convenablement cette fois ci, vu que je n’avais plus de flèche pointée dans sa direction ?
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