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 Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)


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Adrammalech

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MessageSujet: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Dim 5 Oct - 16:36

Anger Shall Burn

Quelque part, dans le Royaume humain, un village, perdu dans la campagne...

Les cris des villageois apeurés retentissaient haut et fort, s'élevant au-dessus du crépitement des flammes et du hurlement tonitruant de la Bête. Un hameau en proie au feu destructeur d'une bête ailée, des ruines qui seront bientôt calcinées et vestiges d'un sombre massacre. Tout y passait, les maisons, les greniers, les rares échoppes sur le chemin, les cabanes... Mais plus encore que les bâtiments, c'étaient les torches humaines gesticulant en tous sens qui perturbait le plus l'observateur d'un tel acte haineux; ils étaient hommes, elles étaient femmes, ils étaient enfants... Le grand dragon ne faisait aucune différence. Car pour lui, ils étaient tous des humains, ces bêtes répugnantes et sournoises.

Se posant finalement sur les ruines toujours en feu de la plus grande maison du village, Adrammalech contempla son oeuvre destructrice. Les derniers rescapés tentaient de fuir ce qu'il restait de leur ancien foyer, n'emportant rien. Avec une colère redoublée par le fait de voir des survivants, l'immense créature ailée redéploya ses ailes et, s'élevant dans les airs, hurla de façon terrifiante. Mentalement, alors, une phrase fut transmise dans les cerveaux apeurés de ces paysans:

"Aucun de vous, misérables créatures, n'échappera aux Flammes de ma Haine! Soyez tous maudits! Brûlez!"

La haine consumant le cœur d'Adrammalech se changea alors en un puissant torrent de flammes oranges et bleues, se déversant tel un raz-de-marée sur les plaines vertes abritant la fuite des villageois rescapés. Ceux-ci, s'ils ne rôtirent sur place, se transformèrent en véritable brasiers ambulants, s'écrasant à terre et cherchant à rouler sur eux-mêmes pour étouffer le feu. Lorsque le dragon regarda par-dessus son épaule ce qu'il restait des villageois, il ne vit alors que deux hommes se faire la malle, se cachant dans une forêt. Plus que déterminé à ne laisser aucun survivant, le dragon borgne reprit une nouvelle fois le chemin des cieux, prenant de l'altitude. Puis, arrivé à une hauteur vertigineuse, il piqua vers le sol, la gorge prête à relâcher le feu brûlant dans ses entrailles. Il déversa alors sa haine sous la forme d'un immense brasier, provoquant la combustion spontanée des arbres. Il venait de créer un incendie irréparable... Une véritable fournaise. Un nouveau cri déchira alors les environs, avant que la gigantesque bête destructrice ne s'établisse dans les ruines toujours brûlantes de l'ancien hameau au destin funeste.

Mais fort heureusement, Adrammalech était borgne. Et dans son angle mort, il n'avait pu admirer la fuite d'une femme et d'un homme, sprintant à travers les champs dans la tentative presque désespérée de s'enfuir. Mais malgré que cette fuite semblait perdue d'avance, la chance leur sourit. Et ils purent ainsi quitter le cauchemar infernal de leur foyer broyé par les flammes, consumé par la colère et la soif de vengeance...

Paisiblement, le dragon s'endormit sur les cendres des bâtiments, sa rage momentanément calmée... Les rêves pouvaient affluer dans son sommeil, des rêves de destruction, mais aussi de retrouvailles... Les retrouvailles tant souhaitées avec sa race, et plus particulièrement sa soeur, seul être dont il se souvienne clairement.


Dernière édition par Adrammalech le Dim 5 Oct - 20:48, édité 2 fois
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Gheata

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Dim 5 Oct - 20:15

Voici déjà plusieurs heures qu’une fine et agile créateur écailleuse c’était aventurée sur les terres des hommes. Pas que la vie de bipède aux modes de vie étrange la préoccupait particulièrement, non, sa présence en ce lieu n’était motivé uniquement par un de ses passe temps favoris, et à la fois, ô combien nécessaire, la chasse. Et cette fois-ci, Gheata était tombée sur une proie de choix, un cerf bien dodu qui menait sa vie paisiblement sans avoir remarqué le prédateur tapi dans l’ombre. Ayant traquée le cervidé jusqu’au plus profond d’une épaisse forêt, la dragonne s’approcha, se léchant les babines à l’idée de savourer son prochain repas.
Mais comme souvent, une inconnue se présente pour ajouter son grain de sel. Sauf que celui-ci était de taille. Bien qu’encore lointain, l’odeur de bois brûler porté par la brise était parvenu jusqu’aux naseaux de la dragonne, mais également du cerf, qui alerté du danger s’enfuit à toute vitesse. La dragonne fulmina silencieusement contre sa malchance, et s’envola, un cerf bien dodu, ça sera pour une autre fois.

Mais elle se dirigea en direction du brasier, rapidement alerté par les cris terrifié de deux hommes qui semblait fuir les flammes, mais pas seulement. Prit au piège, les deux êtres n’avaient pas l’ombre d’une chance de survivre et sentant la mort courir après eux, ils suppliaient qu’on leurs porte assistance.  Gheata ne pouvait rester sans rien faire, bien que l’incendie soit trop vaste pour que la dragonne n’y mette un terme, elle usa de son souffle de glace pour éteindre la portion de flamme qui menaçait tout juste de carboniser les deux êtres humains, et ralentir la progression du feu.
Il s’en fallait de peu probablement, les deux créatures n’auraient pas tenu quelques minutes de plus ici. Ceux-ci semblait la regarder, incrédule, avant de prendre leurs jambes à leurs cou vers la sortie qu’elle venait de leurs offrir.
Mais plus elle avançait, plus la dragonne se doutait que ce désastre n’avait rien de naturelle ou d’un accident, cette désolation était parfaitement voulut. Ce qui la révolta davantage, comment quelqu’un pouvait vouloir dévaster à ce point la nature. Mais il ne fallut que peu de temps à Gheata pour en découvrir l’origine. Tranquillement assoupit au cœur d’un modeste village en ruine et rongé par le feu, trônait un imposant dragon.

La dragonne en fut dégoûtée, que ça soit un membre de son peuple. Et après, comment se défaire d’une réputation de monstre destructeur quand certain dragons s’obstinaient à vouloir entretenir un tel mythe.
Elle se posa rapidement, mais avec souplesse, et replia soigneusement ses ailes. S’approchant à pas lent de son congénère, le regard mauvais. Elle ne dit rien, ne fit rien, attendant juste que le dragon se rend compte de sa présence, bien que l’envie d’interrompre brutalement ses songes d’une réplique acerbe la démangeait. Mais en bon dragon qu’il devait être, il avait du déjà se rendre compte de sa présence.

[ HRP : j'ai demandé à Adrammalech pour m'inviter dans la partie =p ]
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Arcantya Elendil

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Lun 6 Oct - 8:50

Message d'Arcantya Elendil, dragonne.

Une fois de plus, il s’agissait d’un échec. Les rumeurs, bien que fondées, ne parlaient pas de sa moitié disparue. C’était un dragon, bien trop jeune et craintif, qu’Arcantya avait rencontré ce jour-là. Un être qui n’avait aucun lien avec son frère de sang. Quand donc le destin se montrerait-il favorable à cette entreprise ? Quand enfin pourrait-elle retrouver celui qui lui permettrait d’être complète ? Cette tâche paraissait parfois insensée et sans but. Plus de trois cent quatre-vingt ans s’étaient écoulés et rares étaient les indices. Quiconque aurait abandonné depuis longtemps déjà, mais pas Arcantya. Cette quête de vie était la seule chose qui la rattachait à ce monde. Le peuple Dragon n’était guère plus qu’un souvenir, quitté depuis fort longtemps. Et que dire de ces bipèdes si plein de haine et d’orgueil ? Ce n’était rien de moins qu’une race qui causerait sa propre extinction. Ne restait que Lui…

Animée par une volonté sans faille, Arcantya poursuivait donc sa route. Vêtue de rouge et d’or, humaine de traits et dragonne d’esprit, elle marchait sur une ancienne route pavée aujourd’hui peu empruntée. Rares furent les humains que croisa la dragonne et elle ne s’en plaignit pas. Bien qu’aveugle, elle pouvait sentir les sentiments animant ces pantins de chair et ceux-ci n’étaient pas pour lui plaire. Plus d’une fois elle faillit céder à ses pulsions et anéantir ces créatures mais elle parvint à se maitriser et continua de marcher. Quelque chose lui soufflait qu’aujourd’hui il ne fallait pas perdre de temps, seulement avancer.

Et le temps finit par lui donner raison lorsqu’une odeur âcre vint effleurer ses narines. Les odeurs étaient couleurs pour Arcantya, aussi faciles à déchiffrer qu’une image pour une personne capable de voir. Et cette odeur vivait de colère, de bois et de corps calcinés. Ce mélange si subtil n’avait rien de naturel, jamais un feu involontaire n’aurait pu être porteur d’un tel message. C’était ici un tel déchainement de violence et de puissance que seul un Dragon pouvait être responsable de cet acte. Un Dragon…

Rien à cet instant n’indiquait que ce Dragon pouvait être celui tant recherché, mais une légère étincelle d’espoir s’accrocha au cœur d’Arcantya. Quelque chose en elle lui soufflait que sa quête se terminerait sous peu. L’espérance était une chose parfois amère, ce fut pourquoi la Dragonne n’y cru qu’avec modération, n’accélérant nullement ses pas. Elle n’utilisa pas d’avantage sa forme de naissance qui lui aurait pourtant permis d’atteindre le cœur de l’incendie en quelques battements qu’ailes.

Il lui fallut donc près d’une demi-heure pour rejoindre ce lieu de chaos. Un être humain aurait certainement perdu la tête devant ce spectacle. Des corps jonchaient le sol, recroquevillés par la douleur dans la vie comme dans la mort. Mais rares étaient ses restes tant le feu d’un Dragon pouvait être destructeur. Il y avait bien quelques os éparpillés, craquant sous les pieds nus d’Arcantya, un tibia, un fémur, même un crâne d’enfant, mais aucun bruit ne venait troubler ce lieu de mort. Il n’y avait plus âme qui vive, ou bien les quelques survivants avaient pu fuir loin de ces lieux.

Cependant non… il y avait bien quelque chose… Cette respiration, ce souffle… Arcantya s’approcha doucement de l’endroit d’où provenait ce bruit. Mais au fur et à mesure qu’elle avançait, un second son, plus intense vint couvrir le premier. Un battement de cœur, sourd et féroce. Un battement si… familier. La dragonne s’arrêta net bien qu'encore à plusieurs dizaines de mètres de l’être à l’origine de son trouble. Car oui, elle était troublée, touchée jusqu’au plus profond de son âme. Ce battement de cœur était le seul souvenir de cette nuit d’angoisse qui avait détruit sa vie. Ce doux tambour qui était tout contre son oreille alors que les limbes du sommeil l’appelaient.

Arcantya aurait pu demeurer ainsi, sans bouger pendant des heures si à cet instant un autre Dragon n’était arrivé. Celui-ci l’extirpa de ses souvenirs et la ramena à la réalité. Pourquoi fallait-il que cet instant fut interrompu ? Et qu’attendait cet intrus ? Sondant son âme grâce à son don, Arcantya put voir que ses intentions étaient généralement tournées vers le bien. Cependant, quelque chose planait sur cet être. Et la dragonne n’eut pas besoin de voir son regard pour comprendre que c’était ce carnage qui dégoutait le nouveau venu. Il semblait ne pas accepter qu’un de ses frères puisse commettre un tel acte.

N’attendant pas d’avantage de connaitre quel serait le geste du Dragon face à l’auteur de cette dévastation, Arcantya avança et se montra aux yeux de tous. Nimbée de quelques rayons d’or traversant l’épaisse fumée noire, elle se plaça entre les deux Dragons. Minuscule humaine entre ces deux créatures, elle aurait été ridicule s’il n’y avait eu une telle détermination dans ses yeux. Bien que laiteux, ces derniers semblaient animés par une flamme que rien n’aurait pu éteindre. Car oui, en ce jour, elle l’avait enfin retrouvé. Et jamais elle ne laisserait quiconque les séparer à nouveau.
Arcantya ne recula pas, pas plus qu’elle ne dégaina les lames courtes présentes dans son dos. A quoi bon ces jouets face à un Dragon ? Elle prit seulement le temps d’ôter les quelques mèches indisciplinées balayant son visage et plongea son regard aveugle dans celui de l’intrus avant de prendre la parole.


« Quitte ses lieux frère Dragon car il est des retrouvailles qu’il ne faut pas interrompre. »

Par ces quelques mots, elle exprimait son souhait de demeurer seule avec celui qui ferait d’elle un tout, une seule entité. Que ce Dragon s’en aille sur le champ et vienne chercher querelles un autre jour. Cet instant était le leur, à eux uniquement et à personne d’autre.



Spoiler:
 
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Adrammalech

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Lun 6 Oct - 20:01

Il courait dans une étendue verte, une plaine printanière à l'herbe douce et aux lointains horizons. Tout était baigné de soleil, et il se surprenait à parcourir de long en large ces mers de verdure, tantôt en courant, tantôt en volant de ses ailes. Puis, une ombre se matérialisa devant lui. Un dragon... Non, c'était plus que cela. Il ne pouvait la reconnaître, car elle était dissimulée par une ombre étrange, mais cette créature, il la connaissait. C'était...

Sa soeur!

Le baume au coeur, il hurla son plaisir de revoir cette silhouette qu'il n'aurait jamais dû quitter, se dirigeant vers elle pour l'enlacer et ainsi rattraper un temps perdu long de presque quatre siècles. Mais lorsqu'il arriva face à l'étrange silhouette, courant à toutes pattes, il passa à travers elle, comme au travers d'une brume opaque, mais immatérielle. L'essence noire de l'ombre s'envola, et il se retrouva prostré, à terre, se demandant ce qu'il venait de se passer. Puis, il comprit. Tout cela n'était bien sûr qu'un rêve...


Des bruits réveillèrent Adrammalech, alerté par ses sens à présent en éveil. Il y avait deux entités proches de lui. Lorsqu'il ouvrit son oeil valide, il discerna clairement la forme d'un dragon, ce qui le mit aussitôt en confiance. Se relevant de toute sa hauteur, il regarda cet étrange confrère... Il n'était pas semblable à tous ceux qu'il avait rencontré dans l'arène. Il était... différent. Aussi, il communiqua avec lui par la pensée:

"Qui es-tu? Tu ne ressembles à aucun autre dragon que j'aie pu rencontrer jusqu'alors... Tu es plus petit, et tu as une autre odeur. Une odeur plus sucrée... D'où viens-tu donc?"

Mais alors qu'il regardait plus attentivement la créature ailée devant lui, il entendit une voix déchirer le semi-silence du village réduit en cendres. Intrigué, il posa son regard en direction de ce bruit plutôt inattendu. Et son regard cerna alors la forme bien connue d'une créature humaine. Une humaine. Ici. Encore. La colère commençait à irriguer de nouveaux ses veines, montant doucement mais sûrement en son organisme. Contrarié, il déploya ses ailes et, de sa voix intérieure, résonna dans le crâne de l'être qu'il pensait être un homme:

"Que fais-tu ici, créature sournoise? Détruire un village entier n'a pas suffi? Tu souhaites peut être voir le Feu Tout-Puissant te ravager toi, et toi seulement? Quel égoïsme... Puisse-t-il être récompensé par ta douleur, être maudit!"

Le grand dragon se préparait alors à laisser libre cours à sa rage vengeresse, le feu brûlant en son sein, prêt à être relâché... L'étrange petit dragon qu'il avait rencontré il y a quelques instant ne comptait plus à présent; tout ce qu'il voyait, c'était le rouge de sa haine et sa prochaine cible...
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Gheata

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Lun 6 Oct - 21:39

Gheata fut quelque peu déconcertée par l’approche du dragon qui lui faisait face. Les propos de celui-ci n’étaient bien loin de ceux attendu. Et pour cause, son interlocuteur accorder de l’importance à des détails si anodins, tel que sa taille ou son odeur,  et pire encore, il ne semblait même pas tenir compte de la colère dont brillait son regard face à ses actes.
Sa surprise était telle, que la dragonne n’aborda même pas le sujet de sa présence, alors qu’il  y a encore quelque instant, remettre les pendules à l’heure dans l’esprit de son congénère lui démangeait au point que même ses écailles étaient dressées. Et pourtant, elle essayait de comprendre, elle battit des paupières, une fois, deux fois, analysant les mots qui avaient résonné dans son esprit, arrivant à un début de réponse.

- Et pourtant,  je suis bel et bien un dragon comme les autres, venu des montagnes sur les terres de notre peuple. C’est amusant, c’est à croire que tu n’as jamais rencontré de drag…

Qu’il n’avait jamais rencontré de dragonne, c’est ce qu’elle aurait demandé, sauf que Gheata fut interrompu bien rapidement par la venu d’un être humain. Du moins en apparence, car il était évident pour Gheata de deviner la véritable nature de cette créature, une dragonne tout comme elle. Et celle-ci était bien loin d’être accueillante, lui faisant même bien comprendre qu’il serait préférable qu’elle quitte les lieux au plus vite. Le genre d’approche qui donne bien envie de s’y opposer, d’autant qu’elle n’avait pas fait ce pourquoi elle était venu.

Mais l’autre dragon lui n’en vit rien, car il dirigea toute sa rage contre la nouvelle venu et il était bien décidé à mettre fin à ses jours immédiatement. Et ce fut donc à Gheata de s’interposer entre les deux désormais, sa colère venant d’être ravivée face à la rage destructrice de son frère d’écailles. Elle ouvrit son aile gauche, masquant la présence de l’humaine à la vue de son potentiel bourreaux, et ceux malgré la maigre protection qu’elle pouvait offrir face au flot destructeur des flammes d’un dragon. Gheata  s’adressa sèchement à la dragonne qu’elle se retrouvait à devoir venir en aide, commençant par une correction qui lui tenait à cœur.

- Sœur dragonne je te prie. Ainsi es-tu vraiment si pressée de me voir décamper ? Ton ami semble bien incapable de te dissocier des primates et l’envie de te rôtir ne lui manque pas.

Même si elle n’était guère la bienvenue, elle estimait que son aide ne serait pas de trop. Mais elle devait se préparer au pire et l’éventualité d’un combat n’était pas exclure. Elle redressa la tête, faisant face au dragon, ses crocs dévoilés.

- Et toi, pour qui te prends-tu pour semer la mort ainsi ? N’a tu donc aucun respect pour la vie ? Tu ne me feras en aucun crois que tout ses êtres méritaient la mort, que tous étaient une menace. Crois-tu que ton pouvoir, aussi grand soit-il, te donne tout les droits ? Tu es a ce point aveuglé par ta haine que tu n’as même pas remarqué que cette humaine est une des nôtres. Et que se soit une humaine ou une dragonne, je ne te laisserais pas lui ôter la vie.
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Arcantya Elendil

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Mar 7 Oct - 8:36

Message d'Arcantya Elendil, dragonne.

Etait-ce une terrible méprise ? Ce Dragon n’était-il finalement pas son frère ? Oh non, Arcantya était sûre d’elle, il s’agissait bien de lui. Mais aveuglé par sa colère et sa haine du genre humain, il avait été incapable de voir qui elle était réellement.

Il aurait donc suffit qu’elle s’abandonne à sa forme d’origine, libère l’animal en elle et lui montre qu’ils étaient les mêmes. Cependant Arcantya décida qu’il devrait voir, comprendre et ceci sans aucune aide. Ainsi elle saurait véritablement si le lien auquel elle croyait existait encore. Et puis, n’avait-elle un bouclier mobile à disposition ? Car oui, elle avait senti le déplacement d’air tout proche de son visage, une aile destinée à la protéger de son frère. Ce geste la fit sourire, ce maigre rempart ne tiendrait pas plus de quelques secondes face au feu destructeur du Dragon.
Mais en cette heure se cacher n’était certainement pas une solution. Arcantya posa donc une main contre la membrane de la Dragonne et mentalement lui envoya ces quelques mots, ne souhaitant pas la voir interrompre le geste à venir.


*N’aie pas peur pour moi… sœur, je ne risque rien.*

Tout en communiquant, la jeune femme glissa le long de son bouclier pour finalement se retrouver en face de son frère. Si ce dernier déployait le feu de son peuple sur elle, il lui suffirait d’à peine un instant pour retrouver une forme draconique qui la protègerait sans mal. Elle n’avait donc aucune crainte et ce n’était certainement pas la peur qui guidait ses pas. Ses pas qui irrémédiablement la poussaient à approcher davantage du Dragon, la tête baissée. La tempête de fureur n’allait pas tarder à s’abattre sur elle, mais avant que celle-ci n’arrive, elle déchaina sa voix dans l’esprit de son frère. Les mots se firent incisifs, aussi durs que l’acier et acérés qu’une lame. Leur intensité était telle qu’elle aurait pu hurler ces paroles bien que sa voix demeura finalement d’un calme absolu. Un calme aussi froid que la glace.

*Es-tu donc aveugle à ce point ? Serais-tu prêt à sacrifier quiconque se présentant à toi sous forme humaine ? Et bien vas-y, je t’attends. Déploie donc sur moi le feu qui t’anime, n’hésite pas, je ne suis qu’une proie facile après tout.*

Relevant enfin son visage vers son frère, ses yeux draconiques le fixant avec défi, Arcantya attendait son verdict. Qui serait le plus aveugle des deux à cet instant ? Ecartant les bras en signe d’entière acceptation, elle incitait le Dragon à agir sans plus attendre. Après toutes ces années n’était-il devenu qu’une bête assoiffée de sang ? Mais la véritable question n’était pas là, que lui avaient-ils fait ? Comment avait-on pu corrompre ainsi son essence et en faire cette impitoyable machine de guerre ? Lorsqu’ Arcantya découvrirait l’identité de ceux responsables de ce carnage, elle deviendrait pour eux l’incarnation réelle de leurs plus beaux cauchemars. Pas un n’échapperait à sa vengeance, tous paieraient pour ce geste…

Mais pour l’heure, la jeune femme attendait. Ou plutôt guettait ce geste qui montrerait que tout n’était pas perdu. Ce simple geste prouvant qu’il ne l’avait pas oubliée après tous ces siècles malgré la distance et les épreuves les séparant. Son frère serait-il enfin capable de lire sa véritable âme au-delà de son apparence ?
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Adrammalech

Smaug de service
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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Mar 7 Oct - 17:44

Un bref instant, Adrammalech eut la vision de sa proie bouchée par une aile; celle du plus petit dragon. Avec un mélange de surprise et d'irritation, il entendit alors les paroles moralisatrices de la créature aux écailles bleues. Qu'étaient donc toutes ces phrases sur la prétendue illégitimité de son comportement? Les humains méritaient de mourir, au moins pour toutes les atrocités qu'ils avaient commises. Si ce dragon avait vu lui aussi les exactions dont s'étaient rendu coupables ces singes imberbes, alors peut être lui tiendrait-il un tout autre type de discours. Il avait vécu la mort de trop de ses frères pour que ces crimes restent impunis. Ils n'étaient bon qu'à cela, Adrammalech en était persuadé. Il ne fit d'ailleurs que peu attention à la fin du monologue, trop occupé à méditer sur le sens erroné des précédentes paroles de l'être ailé. Enfin, il renâcla et prévint tout de même le dragon lui barrant la route:

"Cette affaire ne te concerne en rien, frère dragon. Les humains sont des criminels, qui ont fait couler le sang de bien des nôtres. J'ai vu leurs méfaits. Alors maintenant, écarte-toi, je ne souhaite pas te blesser."

Mais aussitôt avait-il dit cette phrase mentalement que sa proie vint lui faire face, devançant l'aile protectrice. A sa vue, le feu d'Adrammalech recommença à croître en lui, prêt à se déchaîner sur le frêle corps de l'être humain. C'est alors qu'une voix tonna à l'intérieur de son crâne, porteuse de mots étranges... Cette voix... Elle résonnait étrangement à l'intérieur de son crâne, porteuse d'un sentiment de doute. Etait-ce un dragon qui venait de lui parler?
Puis il se rappela alors les paroles du petit dragon bleu. "Cette humaine est l'une des nôtres"... Le feu se cala dans la gorge du borgne, qui commençait à présent sérieusement à douter du bien-fondé de cette purge incendiaire qu'il se préparait à commettre.

Mais pourquoi une créature aussi noble qu'un dragon se déguiserait-elle en un répugnant être humain? Un moins que rien voleur et assassin? Puis ses doutes furent d'un seul coup balayés lorsque le regard de la proie le dévisagea durement.

Des yeux draconiques.

Tout feu mourut dans la gorge d'Adrammalech. Les trombes de flammes accumulées s'estompèrent, s'écroulèrent à l'intérieur de lui. Médusé, il regarda alors dans les yeux familiers qui le dépeignaient. Familiers? Familiers? Oui, il avait déjà vu ces yeux auparavant. Il y a fort longtemps... Alors qu'il n'était encore qu'un nourrisson. Quel était donc ce soudain maléfice s'emparant de lui? Un autre de ces rêves hypocrites qui s'estomperait comme les précédents? Ou bien...

Complètement fasciné, en proie au doute, ne sachant s'il avait tort ou raison, il ne put se résoudre qu'à poser la question qui lui vrillait la tête.

"Soeur?"
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Gheata

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Mer 8 Oct - 18:36

Ce dragon pouvait bien dire ce qu’il voulait, qu’il estimait son carnage juste, trouver bien des excuses pour se justifier, accuser le genre humain d’être à l’origine de tout les maux de ce monde, jamais il ne parviendrait à la convaincre. Bien entendu, il ne faisait nul doute qu’il était tombé sur les pires représentant de cette espèce bipède, Gheata ignorait certes tout de son passé, mais sa colère et sa haine témoignait d’eux même des atrocités qu’il avait pu endurer.
Quand bien même il avait subit les crimes des plus abjectes êtres humains que ce monde pouvait porter, cela ne pouvait en aucun cas justifier le meurtre gratuit des plus jeunes humains qui avaient résidé dans ce village. La vu des restes des corps, surtout ceux des enfants, rongés par les flammes l’écœurait. Gheata en était persuadé, ce n’était pas ces humains là qui était à l’origine des souffrances du dragon, et leurs faire payer le crime d’un autre était étranger avec sa conception de la justice.

Tu juges les humains, se disait-elle pour elle-même, mais que connait tu finalement des dragons ? Toi qui est incapable pourquoi je suis différente des autres, juste parce que je suis d’un sexe opposé au tiens. Les humains sont à l’origine de ton malheur, si seulement tu savais que ton propre peuple ne vaut pas mieux.
Car oui, pour elle, c’était un dragon qui avait ruiné son existence, bannit de son clan, condamnée à ne jamais pouvoir foulé à nouveau les terres qui l’avait vu naitre, ses hautes cimes enneigés, sans que ceux qu’elle avait aimée et protégée n’essayer de lui ôter la vie. Elle était retournée de nombreuses fois sur les terres de son peuple, mais il y avait une frontière qu’elle n’osait jamais franchir, celle des limites du territoire de son ancien clan.
Elle dardait son regard vert sur le dragon, aussi froid que la glace. Elle ne pouvait comprendre son point de vu, un individu ne peut être jugé pour l’intégralité de sa race et que le dragon se limite à un raisonnement aussi simpliste et qu’il se lance dans une guerre ouverte la choquait. Si elle devait juger les dragons sur celui-ci, elle arriverait à une bien triste conclusion. Et Gheata elle n’essayait pas de tuer tous ceux de sa race dans sa quête de réponse.

Elle resta longuement dans ses songes, ne lâchant pas du regard son opposant, se préparant à invoquer son pouvoir face à une potentielle attaque même si celui-ci disait ne pas vouloir lui causer de mal. Et finalement, se fut la créature qu’elle essayer de protéger de sa colère qui vient la sortir de ses réflexions.
Elle voulait faire face au dragon, très bien, elle ne lui opposa aucune résistance. Sa détermination était telle que Gheata comprit qu’elle ne la ferait pas changer d’avis et que si elle tentait de l’arrêter, et finirait bien par trouver autre façon d’arriver à ses fins. Elle lui adressa calmement.

- Soit, si t’elle est ton choix. Mais je reste tout près, si jamais il te faut un peu de soutien.

Quand la dragonne déguisée sous les traits d’humaine s’adressa à son congénère, elle entendit ses propos. Guère rassurée, pensant que cette provocation ne ferait qu’attiser la rage du dragon, Gheata se préparait à bondir pour l’arrêter. Mais elle comprit bien vite à la réaction inattendue de celui-ci qu’elle n’aurait pas à intervenir.

Alors il était frère et sœur, sa explique l’assurance de la dragonne. Gheata fit quelque pas en arrière, estimant que le duo avait besoin d’un peu d’intimité. Mais elle restait tout près tout de même, elle avait encore bien des choses à dire à ce dragon.
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Arcantya Elendil

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Ven 10 Oct - 17:23

Message d'Arcantya Elendil, dragonne.

Le monde s’était arrêté, le temps avait suspendu sa course. Plus un son, plus un être si ce n’était celui devant ses yeux. Celui qui enfin avait compris sa nature, leur nature. Ce simple mot, si fragile, empli de doutes et d’espoir avait enfin été prononcé. Oui, elle était sœur, elle est moitié et pour la première fois depuis de nombreux siècles, ils étaient tout.

Arcantya ne pleura pas d’émotion, pas plus que son cœur n’accéléra. Seuls ses yeux parlèrent, brillants d’un éclat nouveau. L’univers avait accepté de donner un sens à sa vie et elle accueillit ce don de toute son âme. Abandonnant alors ce combat qui n’en était pas un, la jeune femme laissa ses bras retomber le long de son corps et franchit les quelques pas qui la séparaient encore de son frère. Lorsqu’enfin elle ne fut qu’à quelques centimètres de lui, elle leva sa main et d’un geste sûr la posa sur le manteau écailleux du Dragon. Mais ce n’était pas une main humaine qui à présent gouttait à ce doux contact oublié, il s’agissait d’une patte de Dragon. Arcantya renaissait, elle abandonnait ce corps inutile pour appeler l’être qu’elle avait toujours été. Mais la transformation qui aurait pu être aussi rapide qu’un souffle était maitrisée, à l’image des sentiments de la jeune femme. Elle savourait cet instant mille fois attendu. Des émotions qu’elle croyait oubliées à jamais envahissaient chaque parcelle de son corps, lui offrant ainsi un bonheur inégalable.

Doucement, comme pour ne pas briser ce songe, la jeune femme défit l’attache qui retenait ses cheveux. Ceux-ci semblèrent alors céder à un élan de vie et se mirent à voleter au-dessus de ses épaules. La transformation poursuivait son cycle, apprenant à ces fils mauves et sang qu’il était tant de redevenir ailes. Mais la métamorphose ne put se poursuivre car Arcantya se retrouva projetée contre son frère.

Perdue, désorientée, elle ne comprenait pas quelle force soudaine avait pu la propulser ainsi vers le Dragon. La réponse à cette question ne se fit néanmoins pas attendre lorsqu’elle sentit un liquide chaud envahir la chair mordue de son ventre, une chair déchirée par un carreau d’arbalète. La douleur se fit alors ardente, aussi vive qu’une lame et pourtant la Dragonne ne dit mot. Elle se redressa et chercha à comprendre la situation en libérant ses sens. Son oreille lui apporta l’éclat d’une conversation ainsi que le bruit d’une arme qu’on rechargeait. Si elle n’avait pu ressentir la présence de ses hommes jusqu’à maintenant, c’était qu’un mage était avec eux. Il les masquait tout en permettant à leurs projectiles d’être bien plus puissants.

Et d’après les propos qu’elle venait d’entendre, il s’agissait de la milice d’un village proche. Quelques survivants avaient gagné les lieux et s’étaient empressés d’alerter les autorités présentes. Et c’étaient-elles qui à présent tentaient de les chasser au plus vite. Bien évidement ils avaient vu qu’Arcantya était une Dragonne lors de sa transformation et ils étaient intervenus face à cette cible facile. N’étant pas encore animale, sa peau demeurait aussi fragile que celle d’un humain, une peau qui laisserait facilement entrer un projectile… ensorcelé.

La jeune femme fit cette constatation en sentant que sa nature profonde lui échappait. Elle ne parvenait pas à appeler l’être de puissance qu’elle avait toujours été et sentait qu’inévitablement ses forces s’amenuisaient. Mais loin de calmer la colère qui pointait en elle, ceci l’anima bien plus encore. D’une main, elle saisit la tête du carreau qui pointait de son ventre et força sa respiration à s’apaiser. Alors, sans plus réfléchir, elle tira avec force le projectile vers l’avant de son corps et parvint à l’arracher. La douleur devint insupportable, à un point tel qu’Arcantya se mordit les lèvres jusqu’au sang pour ne pas hurler. Mais refusant de céder à cette vague de douleur, elle libéra les lames jumelles accrochées à sa hanche et se mit à courir vers l’endroit que son instinct lui hurlait d’éviter.

Qu’importait le nombre, qu’importait sa vie qui se répandait à une vitesse folle, ces choses paieraient. Elles paieraient pour cet instant mais aussi pour ceux déjà ensevelis qui avaient fait de son frère cet être de pure violence. Oui, ces hommes-là n’étaient pas les véritables responsables mais qu’importait. A cet instant, Arcantya appelait le sang pour le sang et ce fut avec la souplesse et la vitesse d’une Arachnigyni qu’elle atteignit un premier groupe d’homme. Sa réaction les avait visiblement surpris et leurs gestes furent dans un premier temps désordonnés. Ceci permis à la Dragonne de faire parler ses armes, aussi vive et mortelle qui si elle avait été capable de voir. Mais l’effet de surprise estompé et sa blessure emportant ses forces vives, Arcantya finit par se retrouver en fâcheuse posture. Certes elle maintenait ses adversaires à distance mais un cercle se refermait sur elle, alimenté d’épées et de colère. Puisant dans ses dernières ressources, elle combattait, ou plutôt châtiait ces êtres infâmes. Elle ignorait à cet instant ce que faisaient les deux Dragons et bien peu lui importait de le savoir. Elle ne résistait que pour verser davantage de sang avant de sombrer dans le chaos de l’inconscience. Ce qui ne tarderait point car, à bout de force, elle tomba à genoux au milieu des hommes encore debout malgré ses assauts. Des hommes qui allaient lui faire payer son geste.
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Adrammalech

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Sam 11 Oct - 11:20

Lorsque le doute s'estompa et laissa place à la confiance, la surprise devint joie; après quatre siècles de recherche mutuelle, après des années d’errance, ils se retrouvaient enfin l’un en face de l’autre ; ils étaient enfin réunis. Elle s’approcha d’Adrammalech, doucement, la main tendue. Cette main se transformait peu à peu en ce que le dragon voulait absolument retrouver ; une main draconique. Son unique œil se ferma alors, au contact oublié de cette sœur qu’il avait tant désiré retrouver. La patte se posa sur son museau, et il fut parcouru de nombreux sentiments, puissants et forts. Il y avait de la joie, il avait envie de bondir, de s’envoler dans les airs dans une farandole absurde de pirouettes, de lui raconter mille et une choses. Il avait besoin de rattraper le temps perdu. Son passé venait de ressurgir devant lui, avec des reflets dorés, éclipsant en un court laps de temps cette vie terne et brutale qu’il avait mené jusqu’alors. Tant d’émotions firent en sorte qu’il coula sa première larme, une larme chaude et mince, qui quitta sa paupière close pour dégouliner sur sa joue écailleuse.

Il sentit alors le corps de sa sœur se presser contre son museau. C’était ce qu’Adrammalech attendait depuis si longtemps, frottant son museau contre la frêle silhouette humaine de sa moitié. Puis il se rendit compte d’une chose étrange ; sa main. Elle n’était plus draconique. Il sentait le dérangeant contact d’une main d’hominidé. Des souvenirs déplaisants. Et il s’autorisa donc à ouvrir son œil, scrutant le corps de sa sœur. Et ce qu’il vit lui fit un tel choc qu’il faillit lui repousser un autre œil !

Un carreau d’arbalète. Fiché dans la poitrine de sa moitié. L’absurdité de la situation le fit cligner de l’œil. Mais qu’était-ce donc que cela ? Une arme humaine ? Qui aurait tiré cette chose mortelle en direction de sa bien-aimée sœur ? Le regard implorant, il dirigea celui-ci en direction du dragon bleu qui s’était reculé, cherchant une réponse. Il commença alors à tourner sa tête dans tous les sens, cherchant la cause de ce malheur. Cela faisait quatre siècles qu’ils ne s’étaient pas vus ! Quel genre de créature était assez sournois pour commettre un acte aussi vil et aux conséquences si cruelles ? La seule explication qui vint à l’esprit d’Adrammalech provoqua en lui une ire immense ; des Hommes.

La rage commença alors à bouiller au fond des tripes du puissant dragon. Une rage d’un genre nouveau. Ce n’était plus une affaire strictement personnelle, où c’était sa vengeance individuelle qui dictait le tout. Non, cette fois, ces bâtards puants avaient touché à sa sœur, le seul membre de sa famille qu’il connaissait vraiment. Et juste au moment de leurs retrouvailles, qui plus est. Sa vision devint alors de plus en plus rouge, se concentrant sur un point précis ; les silhouettes brillantes des hommes rechargeant leurs arbalètes. Plus rien d’autre ne comptait à présent ; c’était sa haine qui le guidait, prenant le contrôle de son esprit. Un déchaînement de passions extrêmement dangereux. Il ne vit donc pas sa moitié se diriger vers ses assaillants, attaquant à retours de bras les maigres forces de cette milice paysanne. Et lorsqu’il vit que c’était le cas, lorsque son regard se posa sur cette escarmouche, Adrammalech fut pris d’une pulsion meurtrière.

Hurlant sa colère à pleins poumons, il chargea ces piètres combattants bipèdes, toutes griffes dehors et gueule ouverte. Lorsqu’il arriva au contact, il se laissa aveugler par sa haine et découpa en rondelles chaque être humain autour de la silhouette de sa sœur, qu’il reconnaissait par une aura encore plus incandescente dans son regard de colère. Elle était la raison de tout ce carnage, et ne devait être blessée sous aucun prétexte. Alors ce furent ces pauvres hères qui furent démembrés, balayés comme la poussière par le vent à l’aide de l’immense queue-massue du dragon fou.

Les hommes furent vite sur le chemin de la retraite, conscients qu’ils s’étaient peut être attaqué à quelque chose qu’il ne fallait pas. Seuls quelques-uns avaient survécu à la terrible vengeance. Des monceaux de cadavres jonchaient la plaine, entourant l’épicentre du carnage ; la sœur d’Adrammalech, à présent sur le bord de l’inconscience. Le dragon bleu nuit n’était plus en colère à présent ; il souffrait. Voir le dernier membre de sa famille dans un tel état le poussait aux remords et au désespoir. Qu’allait-il faire, à présent ? Il n’osait rien faire, figé dans le temps comme dans de la glace…

Puis il se retourna finalement vers le dragon bleu, et son unique œil rempli de nouvelles larmes, de désespoir cette fois, il le supplia mentalement :

"Je t’en supplie… Aide-moi… Je ne sais quoi faire…"

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Gheata

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Dim 12 Oct - 20:32

Gheata s’écarta davantage de frère et de la sœur qui venaient de se retrouver. Elle jeta un rapide coup d’œil sur le duo, remarquant qu’ils c’étaient rapproché et que l’humaine entamait lentement sa métamorphose pour reprendre sa forme naturelle. Elle détourna le regard, ne souhaitant pas particulièrement épier leurs retrouvaille et la dragonne s’aventura des les ruines calcinées du modeste hameau.
Les flammes ronflantes rongeaient encore les restes des bâtisses en bois, mais le plus insoutenable était les corps sans vie. Ne pouvant supporter davantage la vie de ce sinistre spectacle, Gheata s’éloigna à pas lent, s’approchant de l’orée des bois. Gheata se sentit un peu mieux, le cœur moins bouleversé face à autant de tristesse, d’autant que l’air était ici moins chargé de l’odeur des corps carbonisé.

Mais un détail dans ce cortège de senteur lui semblait étrange, comme anormale, mais elle ne parvient pas à en discerner la cause, comme si son esprit était embrumé. Car il n’y avait rien d’anormal à sentir des hommes, sauf que la ce n’était pas l’odeur des cadavres qui parvenait à ses naseaux, mais ceux d’humain bien vivant et puis celle du sang frais qui coule.
Le temps qu’elle se rapproche des deux dragons et qu’elle réalise ce qu’il venait d’arriver, elle vit au loin le dragon bleu et sa sœur sous forme humaine gisant au milieu des corps sans vie d’une troupe de garde venu défendre leurs terres. Gheata se rapprocha doucement, méfiante et remarqua que sa sœur d’écaille avait été gravement touché par un tir d’arbalète. Il n’en fallait pas plus pour comprendre la suite des événements, les humains avaient attaqué le duo, voulant se défendre de l’attaque initiale. Et en retour les deux dragons leurs avaient ôté la vie pour protéger la leurs.
La dragonne commençait déjà à accourir quand son congénère s’adressa à elle, suppliant de lui venir en aide. Elle arrêta net sa course, toute proche des deux dragons, analysant rapidement ses blessures, et comprenant bien vite qu’elle serait incapable de la soigner. Elle ne pouvait reprocher aux deux dragons de s’être défendu, mais elle ne pouvait également s’empêcher de penser que cette tragédie avait eu lieu uniquement à cause de la haine destructrice de son frère d’écaille, les humains ne cherchant qu’à se protéger. Elle essaya de rester calme quant elle s’adressa au dragon, il n’était guère le moment venu de lui faire un brin de moral alors que la peur le tenaillait, mais son devoir l’obligeait à venir en aide à ceux de son peuple dans la détresse.

- Quelle tristesse… Mais je suis hélas incapable de la soigner. Ce que je vais te demander sera d’autant plus pénible. Je pense pouvoir trouver quelqu’un qui peut la sauver, mais nous sommes sur la terre des hommes, ici, je ne trouverais aucun dragon. Je te demande de me faire confiance et surtout, de faire confiance à l’humain qui devra la soigner.

Gheata ne savait guère s’y prendre en matière de soin avec les humains, ou du moins, avec des dragons sous forme humanoïde. Mais une chose était sur, c’est qu’il fallait éviter qu’elle se vide de son sang. Elle entreprit maladroitement de récupérer des morceaux de tissus, déchirant les tuniques des hommes morts avec ses griffes. Elle déposa doucement les morceaux les plus propre sur la blessure, tentant de les maintenir en place. Elle usa de sa magie pour les geler un peu, histoire d’apaiser la douleur et que le sang en surface se solidifie et ne cesse de s’écouler.
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Adrammalech

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Dim 12 Oct - 21:40

Lorsque le dragon bleu eut énoncé qu'il fallait trouver de l'aide parmi les humains, Adrammalech n'en crut pas ses oreilles. Qu'est-ce qu'il venait de lui proposer? Laisser aux soins de ces créatures abominables le corps meurtri de sa bien-aimée sœur, qu'il venait à peine de retrouver? Le grand dragon bleu nuit renâcla, puis parla distinctement, et avec une véhémence contrôlée, de cette proposition.

"Il faudrait être fou pour laisser de telles créatures s'occuper d'elle. Les humains sont maléfiques, et ils ne savent que détruire et réduire les autres bêtes en esclavage! Ils traitent les autres formes de vie sans respect et volent ce qui ne leur appartient aucunement de droit! J'ai vu leurs méfaits, j'ai vu leurs sournoiseries! Pour en avoir été la victime, et au nom de tout ce qui m'est cher, je n'accepterai jamais de laisser un des leurs s'approcher et toucher à ma sœur. Jamais."

Une fois son ire retombée, il regarda vers sa pauvre moitié, se pinçant les babines. Elle avait perdu du sang, et semblait plus faible encore qu'un nourrisson. Les maigres soins apportés par le dragon bleu eurent pour effet de réchauffer le cœur en peine d'Adrammalech. Un "merci" mental fut envoyé au bienfaiteur, malgré les paroles qui avaient déferlé de son esprit il y avait de cela quelques secondes. Il était important qu'il sache que ce n'était pas à propos de lui que sa colère était ressortie, mais à cause des hommes. Ces êtres sans scrupules qui lui avaient, en quelque sorte, volé tout. Sa vie, sa famille, et même jusqu'à sa race. Car oui, que savait-il des dragons? Des bribes, des menus détails... Rien qui ne faisait de lui un digne représentant de son peuple.

Mais au fur et à mesure qu'il réfléchissait, il commençait à calculer les différentes options dans sa tête. Traverser le territoire humain jusqu'aux terres draconiques était trop long, et elle serait sûrement décédée avant d'avoir pu faire quoi que ce soit. Les soins apportés par le dragon bleu ne suffiraient pas, à eux seuls, à maintenir la pauvre dragonne en vie. Elle gisait, là, sur le sol, ayant impérativement besoin d'aide, mais Adrammalech ne voulait pas entendre parler de la dernière option possible. Cela ne pouvait pas se jouer ainsi. Et si l'humain, fourbe, tuait sa sœur plutôt que de la sauver? Mais s'il ne faisait rien, qu'adviendrait-il d'elle?

Torturé par tant de questions, il se mit à tourner en faisant le signe de l'infini, grognant à certains moments. Puis il se posa sur son postérieur et regarda en direction du dragon plus petit que lui, et à la senteur sucrée. Avec un œil interrogateur, il dit alors, plein de solennité:

"Comment peut-on savoir si un humain est fiable ou non?"

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Gheata

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Lun 13 Oct - 18:16

Il était un fait indéniable, c’est que la solution que la dragonne venait de proposer n’allait pas être au goût de son congénère. Elle se doutait que c’était beaucoup que de lui demander de ravaler sa fierté et aller quérir l’aide des hommes. Elle s’attendait à de la colère, à du mépris, mais ses attente était encore resté en dessous de ce que la réalité lui apporta.
Le dragon fulminait à l’encontre des hommes, déversant sa rage dans ses mots et bien qu’il tentait de se contenir, la dragonne fit quelque pas en arrière instinctivement. Mais il pouvait dire et penser ce qu’il voulait, il n’y avait pas d’autre solution pour sauver sa sœur.

- Inutile de tergiverser durant des heures, tu sais aussi bien que moi qu’on n’a pas d’autre choix. Chaque minute perdue à parler la rapproche de la mort. Et ne compte pas sur une chance providentielle pour voir un dragon guérisseur surgir des cieux.

Gheata entendit le merci qu’on lui adressait, même si en l’état, on pouvait guère qualifier son travail de soin, d’autant qu’elle n’était guère familière de la médecine humaine. Elle se rapprocha du dragon, déposa sur lui avec délicatesse son aile, pour le réconforter et le soutenir de sa présence. C’est avec douceur qu’elle tenta de répondra à sa question.

- Je ne vais pas te mentir, c’est difficile de le savoir, mais comprend bien qu’ils ne sont pas tous les même. Sonder leurs cœurs n’est pas chose facile, mais certain pourraient te surprendre si tu leurs en donne la chance.

Elle hésita avant d’ajouter.

- Se sera difficile, mais si l’humain que je trouve se montre coopérative laisse moi faire et évite de te montrer agressif. Dans le cas contraire, promet lui d’épargner sa vie s’il te vient en aide et que s’il refuse… Et bien, je pense que tu sais déjà quoi faire.

Gheata ne laissa pas trop de temps à son interlocuteur de réfléchir, le poussant à l’action. Déjà elle déploya ses ailes, et se rapprocha de la dragonne blessée. Elle la survola doucement, se servant de ses pattes avant pour l’attraper, et la déposer maladroitement sur le dos de son frère, elle se doutait bien qu’il se refuserait à s’en séparer, même durant l’espace d’un vol. Et la tenir entre ses pattes risquait de rendre les atterrissages dangereux.
Elle poussa du bout du museau le dragon, l’invitant à faire de même et à la suivre, même si elle n’était guère convaincue de l’avoir convaincu lui. Le soleil déclinait à l’horizon alors qu’elle prenait son envole, abandonnant les ruines sinistres du village massacré par son frère d’écaille. Elle toucha l’esprit des rares humains qu’elle survolait les informations qu’elle voulait. Elle trouva une piste, et s’aventura plus au centre des terres des hommes.
Son cœur ne fit qu’un bond quand elle vit au loin une myriade de lumière scintillante faiblement dans les ténèbres naissantes. Elle comprit avec une certaine appréhension qu’il s’agissait d’Espalion, la capitale des hommes. Elle jeta un regard noir sur le dragon, lui faisant bien comprendre qu’elle le lui interdisait ou sa sœur en paierait le prix fort. Elle jeta à de multiple reprise des coups d’œil sur le dragon, s’assurant qu’il la suivait toujours.

Et alors qu’elle distinguait dans le noir une petite hutte au milieu des bois éclairé par une seule et unique lampe, pâle halo jaunâtre, elle entama avec douceur sa descente. Son angoisse monta d’un cran quand elle distingua que la jeune femme qu’elle supposait être la guérisseuse n’était pas seule, mais accompagné d’un autre être humain, à peine âge de quelques années. Elle se posa à une bonne dizaine de mètre de l’habitation, essayant de paraitre calme, bien qu’elle se préparait à se battre contre le dragon si celui-ci allait trop loin.

[HRP : Je suis parti du principe que tu m’as suivi pour faire avancer le RP, et qu’Arcantya ne reste pas trop spectatrice.]
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Adrammalech

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Lun 13 Oct - 22:00

Adrammalech écouta les paroles du dragon bleu, qui se voulaient réconfortantes. Il sentit son aile se poser délicatement sur ses écailles. Le contact était plutôt agréable, et sa colère, auparavant contrôlée, commençait à perdre du terrain. Il respirait à présent moins nerveusement, et son feu intérieur décroissait de plus belle. Il regarda l'étrange dragon à l'odeur plus sucrée. Il n'était plus si sûr que ce soit un dragon comme lui. Il trouva cela un peu gênant, sans savoir pourquoi cependant. Il se laissa réconforter, et ses larmes finirent pas cesser de couler, les joues sèches à nouveau. Avec un petit grognement, il se gratta la gorge avec sa puissante patte avant et regarda son frère d'écailles se diriger vers sa sœur. Là, il attrapa délicatement le corps frêle et meurtri de la dragonne sous forme humaine, avant de la déposer délicatement sur le dos d'Adrammalech.

Lorsqu'il vit cela, le borgne fut rassuré. Une réaction s'était produite chez lui, dès qu'il avait vu sa sœur; il avait ressenti ce besoin immédiat de la protéger. Ce sentiment noble de veiller sur sa chair et son sang. Mais il avait failli à sa tâche, et maintenant, sa moitié était sur son dos, oscillant entre la vie et la mort, bataillant peut être au plus profond d'elle-même pour sa survie. La sensation d'une perte de contrôle avait complètement déchiré l'âme du dragon couleur de ciel nocturne. Aussi, sentir qu'il pouvait au moins être proche de sa sœur lui faisait espérer qu'il n'était peut être pas trop tard. Mais il était loin d'être serein.

Poussé par le museau de son compagnon bleu, Adrammalech prit rapidement son envol aux côtés de lui, s'élevant dans les airs à la force de ses immenses et puissantes ailes.
Au loin, Espalion. Voir une telle fourmilière à humains ne fit pas vraiment d'effet au dragon borgne sur le moment même, trop occupé à se morfondre pour la fragile créature sur son dos et son destin incertain. Il jeta un œil, en réalité le seul qui lui restait, sur le bleu, qui le regardait d'un air mauvais. Comprenant tout de suite, il détourna le regard et ne dit mot. De toute façon, aucune pensée négative n'animait l'esprit d'Adrammalech en ce moment, si ce n'était le désespoir quant à sa sœur.

Soudain, une hutte se dessina dans la noirceur nocturne, la lumière de la lune aidant faiblement à percevoir les contours de bois de l'abri. Peu sûr de cette entreprise, le grand dragon atterrit à la suite de son petit confrère, regardant par-dessus son épaule pour voir si sa sœur allait bien. Avec son museau, il toucha la tête de celle-ci, dans l'espoir d'une réaction qui le ragaillardirait. Mais rien ne se produisait. Aucune réponse. Alors il se tourna vers les humains devant lui. Une jeune femelle et sa progéniture. Deux êtres dont la simple présence le rendait malade.

Il n'émit cependant aucun son, aucun grognement. Il ne fit aucun geste non plus. Il restait stoïque, l’œil fixé sur le couple d'hominidés, sa jumelle sur son dos. Aucun mouvement. Toute sa concentration résidait dans sa tentative de rester le plus calme possible, essayant de ne pas se faire emporter par le doute et l'appréhension, qui pourraient l'amener à devenir paranoïaque et à croire que ces humains veulent tuer sa sœur. Cette escalade mortelle vers la déraison et la folie était contrôlée, contenue. Mais il n'était pas facile pour Adrammalech de cacher son malaise croissant.

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Arcantya Elendil

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Mar 14 Oct - 15:10

Message d'Arcantya Elendil, dragonne.

Le monde était froid, le monde était douleur, le monde était vent. Perdue dans les limbes, séparée de tous. Ici la notion de temps n’est plus, tout n’est que flot et murmures. Seules quelques brides de la réalité nous parviennent, mais elles sont si faibles qu’on ne peut que douter de leur existence. Vent… douleur… Les idées se font ruisseaux, partant à la dérive entre chaos et vie.

Quelques minutes, une heure, des années, pourquoi pas des siècles jusqu’à ce qu’enfin… ses yeux s’ouvrent.

Il faisait nuit noir depuis longtemps lorsqu’enfin Arcantya quitta l’inconscience. Seule, perdue en un lieu qu’elle ne reconnaissait pas, elle ne céda cependant pas à la panique. Ses pensées, bien qu’embrumées lui apportèrent la preuve qu’elle ne risquait rien. Pas d’attache, pas de lien, seulement un immense bandage couvrant son ventre et une couverture un peu rêche posée sur sa peau nue. Se lever immédiatement était exclu tant une douleur sourde mordait encore les chairs d’Arcantya. Ne restait plus qu’à prendre son mal en patience. Après tout, sa réaction avait été irréfléchie et elle s’en sortait plutôt bien étant donné qu’elle était encore de ce monde. En d’autres circonstances, elle aurait tout simplement perdu son frère une seconde fois. Et ceci, définitivement.

Les mains le long du corps, la jeune femme décida finalement de fermer les yeux pour s’ouvrir à ses autres sens. D’après le léger courant d’air qui frôlait ses pieds, elle pouvait deviner qu’elle se trouvait en face d’une porte. L’atmosphère quant à elle semblait comme saturée, apportant comme indice un lieu de faible taille et peu aéré. En laissant glisser sa main, elle rencontra sur sa droite une table basse en bois. Bien qu’ancienne au toucher, elle n’en demeurait pas moins entretenue comme le démontrait la fine pellicule de cire présente à sa surface. Pour le reste, elle faudrait attendre qu’elle puisse se lever.

Dans l’attente d’un visiteur, Arcantya se mit finalement à songer à son frère. Leurs retrouvailles avaient été réellement mouvementées. A un point tel qu’ils n’avaient pu se parler, dire enfin tout ce qu’ils avaient sur le cœur depuis toutes ces années. Mais ceci ne saurait tarder car il n’était finalement pas bien loin. Arcantya pouvait deviner la présence de son âme toute proche. Enfin, une seule âme…

La jeune femme s’autorisa un soupir de bien être qui lui arracha une grimace. Sa blessure était encore bien présente, elle ne devait pas l’oublier de ci-tôt. Quant au sort qui bloquait sa transformation, il semblait s’être dissipé. Elle sentait son être draconique lui répondre mais opter pour cette forme en cet instant aurait été folie. Se retrouver coincer entre les quatre murs d’une maison, qui plus est blessée, était beaucoup de choses mais certainement pas une bonne idée.

N’ayant rien de plus à faire, Arcantya patienta et sentit que le sommeil la rattrapait. Ce fut le grincement de la porte qui la tira de sa torpeur. Des pas, aussi légers qu’une plume, se firent entendre et se fut finalement une petite main chaude saisissant la sienne qui la réveilla complètement. Elle aurait pu retirer ses doigts mais n’en eut pas envie. La petite flamme blanche qui se dessinait devant ses yeux était hypnotique. Une âme pure, cela faisait une éternité qu’Arcantya n’avait pu en voir de si belle.


« Madame, tu es réveillée ? Maman voulait savoir si tu allais mieux et si toi avoir faim ! »

La jeune femme sourit en entendant cette voix d’enfant. Bien qu’appartenait à un humain, elle demeurait tolérable pour la Dragonne. Et elle ne l’admettrait certainement jamais mais elle appréciait ces êtres qui lui apportaient un peu de lumière grâce à leurs âmes, une âme qu’elle pouvait deviner grâce à son don.

D’une voix qui lui semblait lointaine, elle répondit au petit être en employant des mots humains. Elle avait appris ce langage impur à force de côtoyer les hommes et n’aimait pas forcément s’en servir. Cependant elle ne voulait pas effrayer ce jeune enfant en lui transmettant ses paroles par la pensée.


« Oui je suis réveillée et je dois t’avouer que je meurs de faim ! »

Il n’en fallut pas plus au petit garçon pour qu’il bondisse et file prévenir sa mère. Arcantya l’entendit s’exprimer avec joie et entrain, des émotions toutes relatives à son jeune âge. Et visiblement il avait tenu à aider à la préparation du repas car un grand fracas de vaisselle brisée se fit entendre. Quelques réprimandes, une poignée de larme et voici que l’enfant revenait, les bras chargés d’un grand plateau qu’il posa sur la petite table de chevet. Sa mère de son côté devait certainement prévenir son frère Dragon qu’elle avait enfin ouvert les yeux. Il lui tardait tant de pouvoir à nouveau le voir, mais pour l’heure son estomac criant famine et le fumet était des plus alléchants. Se redressant avec difficulté, Arcantya parvint finalement à se caler contre le mur avec l’aide de l’enfant qui lui disait qu’avec un coussin, c’était mieux. Après ceci il lui tendit une grappe de raisin, tenant absolument à l’aider, surtout qu’elle ne devait rien y voir avec ses yeux fermés !

Il était vrai qu’Arcantya avait gardé ses yeux clos, mais c’était seulement parce que l’éclat de cette âme était étourdissant. Elle accepta donc bien volontiers les fruits et mordit dans un des grains avec délice. Pendant ce temps, l’enfant, qui ne semblait plus tenir en place, se précipita vers la fenêtre qu’il ouvrit en grand malgré l’air frais de la nuit. Il semblait émerveillé par ce qu’il voyait tant son cœur dans sa poitrine semblait prêt à s’envoler. Il n’en fallut pas davantage à la jeune femme pour comprendre la source de son émoi.


*Et bien mon cher Frère, tu as du succès. Mais n’aies crainte pour eux et approche. Je me doute que ce geste n'a pas dû être facile... Me confier à des humains, confier ma vie à ces êtres. Et pourtant, si tu n'avais fait ce choix je ne serai certainement plus de ce monde. Approche, je sais que tu ne les blesseras pas...*
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Adrammalech

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Mer 15 Oct - 20:36

L'attente était monstrueuse. Jamais durant sa vie, et ce même s'il avait connu nombre de déboires, Adrammalech n'avait été confronté à une telle angoisse, une telle incertitude. La peur et le doute avaient remplacé la colère qui aurait pu gronder en lui, empêchant ses instincts meurtriers de se déchaîner. Il avait dû patienter longtemps ainsi, étranglé par deux mains; celle du remord et celle de la terreur. Non, cela ne pouvait pas se finir ainsi! Ils venaient à peine de se retrouver, et déjà sa vie était en péril. Réfléchissant d'ailleurs à propos de cette mise en danger, le dragon avait plusieurs fois failli transformer cette frustration en une haine renouvelée, surtout lorsque la femelle et son rejeton étaient aux alentours. Ce qui était difficile, car le gamin aimait beaucoup s'approcher de l'imposant drake. Quelle fatalité exaspérante...

Le dragon bleu, quant à lui, avait jonglé entre le consolateur et le réprobateur, se mettant entre Adrammalech et le jeune garçon lorsque ce dernier s'approchait de trop et que le grand dragon entrait dans une colère noire. Sa haine était alors ravalée, calmée par son serment et les mots intelligents du réprobateur; ces humains étaient le seul espoir de guérison de sa sœur. Enfin, réprobateur? Pas vraiment. Adrammalech avait également deviné quelque chose, à propos de son frère d'écailles. Il n'était justement pas mâle, comme tous les autres qu'il avait rencontré, mais femelle, comme l'était sa jumelle. Il avait mis du temps à faire le rapprochement entre leurs deux odeurs, différentes et pourtant similaires. Il avait ainsi appris que depuis le début, ce qu'il avait vu comme un petit dragon étrange, était une dragonne. Son nom était Gheata.

La plupart du temps, le dragon bleu nuit se reposait à côté d'un bosquet de pins, proche de la maisonnette en bois de la guérisseuse. Le garçonnet venait parfois l'observer, croyant ne pas être vu. Mais même borgne, Adrammalech savait sentir sa présence, ce qui l'énervait beaucoup. Malgré son jeune âge et son innocence toute relative, le drake couleur de nuit considérait toujours ce bipède comme un futur être maléfique, bien représentatif de l'image qu'il avait de sa race. Un de ces jours, d'ailleurs, alors qu'il sommeillait à côté des arbres, il sentit se poser sur lui le regard du petit humain. Réprimant un grognement, il releva la tête, et vit que celui-ci était à la fenêtre et le regardait avec ses habituels yeux remplis d'espoir et d'émerveillement. Mais il y avait quelque chose de différent cette fois.

Adrammalech sentit que sa sœur était à présent réveillée. Peut être était-ce le lien fort les unissant, ou bien avait-il eu une simple appréhension, mais à cet instant il sut. Puis, lorsqu'il entendit la voix de sa jumelle bien-aimée résonner dans sa tête, un immense rictus parcourut son visage reptilien. Il tourna sa tête vers Gheata, qui était un peu plus loin, et lui dit mentalement:

"Elle est réveillée! Elle est de nouveau consciente!""

Ne pouvant plus cacher sa joie et son soulagement, il se dirigea rapidement vers la maison, faisant un peu trembler le sol sous ses pas. Et une fois arrivé à la fenêtre, le garçon recula, surpris par la taille du dragon une fois aussi proche, plus proche qu'il ne l'avait jamais été. Près de la fenêtre, Adrammalech attendait que sa sœur vienne le voir, communiquant avec elle par la pensée:

"Te voilà de nouveau éveillée, ma tendre sœur. Tu ne peux imaginer quelle inquiétude a troublé mon sommeil durant tout ce temps. Je n'ai même pas eu le temps de te dire mon nom, ni toi le tien. J'ai pour nom Adrammalech. Comment te portes-tu? Te sens-tu mieux? Cette femelle humaine t'a-t-elle bien traitée?"

Malgré sa joie et son euphorie, le dragon ne put s'empêcher de presque cracher intérieurement sur le mot "humain". Il ne savait pas si cela s'était ressenti dans les pensées qu'il avait envoyé.

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Gheata

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Ven 17 Oct - 19:13

L’angoisse qui animait la dragonne lors de son arrivée fut, à son grand soulagement, bien vite dissipée. Tout d’abord car la guérisseuse accepta de prodiguer ses soins sans me discuter et que le dragon, gardien de sa sœur blessée, ne rechigna pas trop à laisser l’humaine faire. Et c’est sous l’œil attentif de Gheata, que sa sœur d’écaille proche de la mort disparue dans la modeste hutte.

L’attente fut longue, bien que moins pénible pour Gheata. Elle sentait aisément les émotions qui émanait de l’être écailleux, emplit de crainte de voir sa protéger sombrer à jamais dans le néant, ainsi que le dégout que lui inspirait les humains. Plus d’une fois elle du repousser le jeune humain gentiment, dont l’insouciance laissait libre cours à la curiosité dévorante qui l’habitait. Inconscient du danger, Gheata se chargeait de l’éloigner un peu ou de le distraire quand elle sentait l’agacement du dragon croitre. Mais elle ne réprimanda pas trop celui-ci, bien consciente de l’épreuve pénible qu’il traversait.

La nuit était longue, s’étirant sans fin, la dragonne aux écailles bleues admirait les lumières vacillantes de la capitale humaine, c’était la première fois qu’elle s’en était autant rapprochée. Ce fut également l’occasion d’en apprendre plus sur son congénère, alors ainsi il se nommait Adrammalech. Il lui avait révélé également son triste passé, ce qui permit à la dragonne de mieux comprendre cette haine farouche pour les hommes. Quant à elle, elle évoqua succinctement ses mésaventures dans son clan, insistant lourdement qu’elle avait été banni par la faute d’un autre dragon, mais elle n’en révéla pas plus, ne voulant pas se replonger dans ce triste souvenir qui gardait encore un gout amer bien après les décennies.

Et finalement, ce que tout deux attendaient fini par arriver, le réveiller de la sœur Adrammalech. Elle suivit le dragon bleu, bien que vu son imposante taille, il ne lui laissait guère de place pour voir la dragonne sous ses traits humain à travers la fenêtre. Elle adressa mentalement à Adrammalech avec douceur.

- Tu vois, je t’avais dis que tout irait bien pour elle. Tous les hommes ne sont pas comme ceux que tu as connus.
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Arcantya Elendil

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Ven 24 Oct - 12:07

Message d'Arcantya Elendil, dragonne.

"Te voilà de nouveau éveillée, ma tendre sœur. Tu ne peux imaginer quelle inquiétude a troublé mon sommeil durant tout ce temps. Je n'ai même pas eu le temps de te dire mon nom, ni toi le tien. J'ai pour nom Adrammalech. Comment te portes-tu? Te sens-tu mieux? Cette femelle humaine t'a-t-elle bien traitée?"

Adrammalech… La jeune femme approuva ce nom d’un hochement de tête. Ce n’était certes pas celui que leurs parents lui avaient offert à la naissance mais il lui allait avec justesse.

*Arcantya… Tu peux m’appeler ainsi mon Frère. Et en ce qui concerne ma santé, je me sens bien mieux. Cette humaine m’a été d’un grand secours. *

L’envie de bouger se fit plus forte encore dans le cœur de la jeune femme. Bien qu’il lui soit exclu de se transformer en dragonne, elle mourait d’envie d’approcher son frère de plus près. Elle abandonna alors la grappe de raisin qu’elle tenait toujours dans sa main et fit glisser ses pieds vers le bord du lit. Serrant sa couverture contre elle pour cacher sa nudité, elle se leva finalement. Les premiers gestes furent hésitants, comme ceux d’un nouveau-né. Si elle n’avait été aveugle, Arcantya aurait vu les murs autour d’elle bouger le temps que ses sens reviennent à la normale.

Se guidant grâce au courant d’air, elle s’approcha d’un pas fragile du Grand Dragon. Elle se doutait que le contact à suivre serait difficile pour ce dernier mais c’était le seul qu’elle pouvait lui offrir. Changer de forme, quelle que soit celle actuelle, était toujours éprouvant. Et ses forces étaient encore trop faibles pour lui permettre de redevenir dragonne. Seules ses mains acceptèrent la transformation forcée. Arcantya ne voulait pas troubler son frère, aussi laissa-t elle seulement courir ses mains contre la peau écailleuse. Mais sa première envie fut finalement la plus forte et elle se blottit contre l’immense tête du Dragon.

La jeune femme n’était pas sans ignorer que ce contact troublerait Adrammalech, un mélange très certainement d’horreur et d’affection. Elle espérait simplement qu’il ferait fit de son apparence et qu’il l’accepterait. Elle se sentait minuscule et pourtant si grande, si vivante et si vraie qu’elle ne relâcha pas son étreinte. Après un instant que sembla durer une éternité, elle recula enfin de quelques pas. Elle avait interrompu son geste, plus pâle que d’habitude, car la magie s’estompait. Ses mains avaient repris une apparence humaine et si son frère était capable d’efforts, il n’était cependant pas nécessaire de trop lui en demander pour le moment. Arcantya recula donc et s’assit sur le bord du lit. Ses yeux se posèrent alors sur le Dragon, ce frère qu’elle aurait aimé voir. Son histoire, ce qu’il avait vécu, tout ce qui le composait serait connu un jour. Mais pour l’heure la jeune femme avait une autre demande à l’esprit.


*Pourrais-tu te décrire ? Mes yeux morts ne peuvent que t’imaginer, j’aimerai pouvoir mettre plus de détails et de couleurs sur ces images.*

Consciente que la Dragonne qui avait très certainement convaincu son frère de venir ici était tout proche, Arcantya lui adressa mentalement un franc remerciement tout en l’invitant à approcher. Après tout, c’était bien grâce à elle si elle était encore en vie et malgré sa nature peu encline à se montrer amicale avec des inconnus, Arcantya ne pouvait ignorer ce geste. Elle lui indiqua donc, avec une certaine douceur, que rien ne l’obligeait à rester ici et qu’elle pouvait quitter ses lieux si tel était son désir. Peut-être était-elle attendue quelque part ou bien désirait-elle tout simplement regagner ses contrées natales ?
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Adrammalech

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Dim 26 Oct - 9:38

L'immense drake adressa un demi-sourire à Gheata. Oui, en effet, c'était une de leurs femelles qui avait su guérir sa sœur. Et même si cela l'arrangeait, il aurait souhaité que ce soit plutôt un dragon qui lui sauve la vie. Quelqu'un pour qui il ne ressentait pas autant d'animosité et de haine primale. Une créature saine et crédible.
Enfin, sa jumelle lui donna son nom, qu'elle avait gardé pour elle durant tout ce temps, rendant son frère impatient!

Adrammalech sourit. Arcantya... Ainsi donc se nommait sa tendre sœur. D'un seul coup, une nuée d'émotions commencèrent à s'agiter au sein du dragon de couleur sombre. Il ne pouvait toutes les identifier, mais il en était presque submergé. Tant de temps passé en solitaire, à la recherche de la pièce manquante du puzzle de sa vie. Il avait laissé éclater sa colère et sa haine, pour mieux cacher sa tristesse et son désespoir. Mais c'était sûrement la première fois qu'il pouvait sentir tant d'intensité dans le lien qui les unissait.
Il lâcha un soupir d'aise lorsque les rassurantes pattes écailleuses vinrent se pelotonner à son museau, et il ferma son œil lorsque le frêle corps de sa sœur vint se blottir contre son énorme tête. Le contact de la peau humaine ne lui importait plus vraiment, son esprit concentré sur autre chose de plus primordial; l'amour fraternel qu'il portait à la petite créature en face de lui.

Après un long moment, qui sembla être suspendu dans le temps, Arcantya se recula, tout en restant en face de son frère. Ce dernier rouvrit son œil valide, tout en la regardant avec affection. Lorsque celle-ci fit la demande d'une description, une chose le troubla dans son discours. Ses yeux morts? Elle était donc aveugle? Voilà quel était le fin voile qu'il n'avait pu s'empêcher de remarquer sur les yeux draconiques. Avec un pincement au cœur, il remarqua alors qu'ils avaient tous deux eu des problèmes au niveau de la vision. Si elle était devenue aveugle, lui, en revanche, s'était fait crever un œil, vestige d'un combat acharné contre un gros dragon noir plutôt agressif. Et même s'il savait à peu près à quoi il ressemblait, en réalité, il savait très peu de choses sur son apparence, et ce dû au fait qu'il n'avait jamais pris le temps pour se poser et se regarder à l'ondée d'un lac.

"Hélas, je ne puis me décrire avec une grande justesse, ma sœur. Ma connaissance de mon être m'est presque aussi obscure que celle de mes compatriotes. Mais je vais te dire ce que je sais. Mes écailles sont couleur de ciel nocturne. Celles-ci sont épaisses, et comme l'attestent les cicatrices qui recouvrent mon corps, elles m'ont vaillamment défendues contre mes adversaires. Je sais également que le bout de ma queue se termine par une massue, qui fait des ravages. Je pense aussi être plus grand que la plupart de mes congénères, mais je n'ai encore pu admirer que des dragons à peine entrés de l'âge adulte, pour le moment. Je suis également borgne de mon œil droit, un souvenir douloureux d'un "ami" qui ne voulait pas mourir."

Les souvenirs affluaient dans son esprit. Certains piquaient comme de la chair à vif, et lorsqu'il repensait à la perte de son œil, il avait l'impression d'une démangeaison derrière le bouclier qui lui servait de cache-œil.

Puis, il eut une idée, et tourna sa tête en direction de Gheata, cherchant à la voir pleinement, sans angle mort. Et là, il demanda à la jeune dragonne bleue:

"Si cela ne te dérange pas, Gheata, peut être peux-tu dire à ma sœur à quoi je ressemble? Je n'ai jamais vraiment fait attention à cela..."

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Gheata

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Ven 31 Oct - 9:28

La dragonne aux écailles couleurs bleus ciel ne daigna pas répondre à l’autre dragonne, dont elle avait fini par connaitre le nom, Arcantya. Gheata pesait ses mots et même si Arcantya essayait de se montrer agréable pour la remercier de lui être venu en aide, elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle désirait la voir partir vers d’autres horizons. Mais même si elle n’avait guère d’endroit on retourner, elle-même estimait qu’elle n’avait plus rien à faire ici, Arcantya était hors de danger et elle avait démontré à Adrammalech que tout les hommes n’était pas mauvais.

C’est alors qu’elle s’apprêtait à partir discrètement, laisser frère et sœur se retrouver, qu’Adrammalech vient toucher son esprit, lui posant une question simple mais qui avait une grande importance pour lui. Elle se rapprocha doucement, lui murmurant mentalement avec douceur.

- Pourquoi s’enquiquiner avec un de simple mot pour te décrire ? Nous sommes des dragons, nous pouvons partager plus que des mots mentalement, mais aussi des images, voir des émotions.

Gheata fit quelque pas en reculant, essayant d’avoir une image globale du dragon sous ses yeux, visions qu’elle transmit mentalement aux deux autres dragons. Elle se disait qu’Adrammalech qui n’avait jamais vu son reflet aimerait savoir ce qu’il en était. Cependant l’obscurité de la nuit ne lui offrait qu’une imposante ombre se détachant de la pénombre. Et ce n’était pas la pâle lueur d’une modeste torche dans la bâtisse qui apporta une grande aide. Ses écailles d’un bleu sombre semblaient être couleur ébène dans la nuit, seule quelque lueur bleutée s’offrit à son regard sur son museau.

Gheata estima que c’était loin d’être une image assez riche en détail pour satisfaire la curiosité de ses deux compères. Elle fouilla donc dans ses souvenirs et elle n’en avait pas beaucoup du dragon. Elle opta pour la vision qu’elle avait eu de lui à leurs rencontre passé il y a même pas quelques heures. L’image qu’elle transmit était celle du dragon, imposant, grand et fière, dressé au milieu des ruines enflammé du village. Les flammes autour de lui teintaient de lueur rougeâtre ses écailles d’un bleu sombre, lui donnant un air féroce et menaçant.
Mais elle ne s’attarda guère sur l’ensemble de son corps et elle donna une vision plus détaillé du crâne du dragon, car à cet instant, c’était son regard qu’elle avait soutenu, voulant lui tenir tête malgré la puissance qu’il dégageait. Sa vision détailla l’entremêlement des écailles sur son museau, certaine allant s’aventurer en petite pique épaisse et dur, sur la forme acérées de ses multiples cornes et surtout sur son seul œil valide.

Quand elle eu finit, elle laissa l’image se dissiper, leurs laissant son souvenir. Elle adressa au dragon avec douceur.

- J’espère que ça te convient.
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Adrammalech

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Ven 14 Nov - 20:26

La jeune dragonne commençait alors à transmettre par la voie spirituelle l'image d'Adrammalech. Mais ce dernier fut surpris lorsque lui-même sentit l'esprit de Gheata lui montrer son propre reflet, celui qu'il n'avait jamais pu admirer, même au bord d'un lac ou devant une plaque de glace. La silhouette draconique se fraya lentement un chemin dans la tête du drake sombre, qui put alors enfin voir à quoi il ressemblait réellement. Il y avait une certaine attente de la part du dragon bleu nuit qui, malheureusement, ne fut pas comblée. Et pour cause...

L'image que lui envoyait Gheata était horrible. Ressemblait-il vraiment à cela? Un être, certes énorme, mais parcouru de cicatrices plus nombreuses que les écailles d'un dragon! Sans parler de ses écailles... La plupart étaient abîmées par les violents combats qui avaient secoués les jeunes années de la créature ailée, mais il ne s'était pas attendu à ce que cela soit aussi déplorable. Il devrait être fier de ses cicatrices. Alors pourquoi ne l'était-il pas? De plus, l'image qu'il avait de son œil n'était pas aussi aberrante... Le bouclier qu'il avait mis pour cacher le vide oculaire lui donnait peut être un air féroce, mais souhaitait-il vraiment paraître ainsi pour les autres? Que devait donc penser la petite dragonne bleue? Ou bien sa sœur? De quel sombre monstre avait-il l'apparence? Toutes ces questions faisaient baisser l'estime qu'Adrammalech avait acquis pour lui-même durant toutes ces années. Des épreuves qui l'avaient forgé, tel le métal grossier devenant l'indestructible lame. Tout semblait avoir pris un immense coup de bélier, alors que l'image s'enfonçait dans le crâne du mâle, plus profondément que jamais.

Une profonde mélancolie s'empara alors du drake qui, à mi-chemin entre la honte et la colère, se figea dans un mutisme pessimiste. Ho, il n'en voulait à personne, sauf à ceux qui l'avaient rendu ainsi. Cette vieille haine des humains, qui s'était apaisée durant ce petit laps de temps à attendre la guérison de sa jumelle, venait de se raviver, tel le tison lorsque souffle le vent. La Bête, Cracheur... L'arène, les combats, l'oeil... Sa colère croissait à mesure que son corps lui renvoyait l'idée qu'il avait été utilisé comme un vulgaire gladiateur, contre son gré. Peut être cela ne changera-t-il jamais? Peut être était-il à jamais condamné à vivre dans cette haine dévorante, malgré les moments d'accalmies? Mais un autre sentiment le tiraillait, comme tentant de le tirer de cette frénésie froide pour le ramener vers le chemin de la raison. Sa jumelle, et l'élégante mais énigmatique dragonne bleue. Les deux seules raisons pour lesquelles il était encore stable et n'avait pas réduit Espalion à l'état de désert gris et rouge.

Il avait beau être passé d'un état d'esclave à un autre, les clés restaient apparemment non loin de son nez.

Son mutisme cessa cependant avec un immense soupir, alors que sa tête se levait et qu'il regardait de son unique oeil le ciel, une larme perlant sur le coin de celui-ci. Y avait-il un moyen d'éclaircir tout cela, nom d'une griffe ébréchée?!

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Gheata

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Lun 15 Déc - 15:35

A quoi bon rester ici, ainsi était les songes de Gheata. Elle n’était même plus sur des sentiments qui l’animaient vis-à-vis du grand dragon. Sa colère pour le massacre qu’il avait perpétué semblait un peu se dissiper, d’autant qu’elle avait désormais les éléments pour appréhender les raisons qui motivait Adrammalech, bien qu’elle était loin d’approuver ses actions. Sa sœur était hors de danger, même si il lui fallait probablement du temps pour se remettre pleinement de l’attaque qu’elle a subit.
Mais ce qui troublait le plus la dragonne, se fut l’expression de profonde tristesse qui anima Adrammalech. Elle l’avait sermonnée plus d’une fois sur ses agissements, au point d’en devenir agaçante avec ses sous entendus. Mais en montrant mentalement la vision qu’elle avait du dragon, elle pensait bien faire, lui montrer ce qu’il était. Et elle n’aurait jamais osée croire que là l’arme la plus redoutable pour ébranler la confiance du dragon. Elle le savait désormais, cette vision avait causé plus de ravage dans le cœur du dragon que tout les discours altruistes qu’elle avait pu lui servir depuis leur rencontre.
Gheata fut rapidement ébranlée par la culpabilité, blesser l’un des siens n’était guère son objectif. Elle s’approcha timidement, déplia une aile, voulant la déposer sur le dragon en signe de réconfort. Mais elle suspendit son geste, trop anxieuse de la réaction qu’il pouvait avoir. Gênée, elle lacéra machinalement le sol de ses griffes, y creusant de longue trace et arrachant les maigres pouces qui tentaient de s’y cramponner.

Incapable de regarder le dragon de face et d’affronter les souffrances qu’elle avait causées, elle recula, s’enfonçant davantage dans les ténèbres de la nuit. Elle adressa un dernier message à ses deux compagnons.

- C’est ici que nos chemins vont se séparer. Pardonne-moi Adrammalech, je n’ai jamais voulu te causer pareil souffrance. Tu es ainsi, je ne peux mentir sur cela. Je ressens ta colère, ton ressentiment est fort et j’entrevois pourquoi. Mais n’oublie pas ce que je t’ai montré aujourd’hui, ils ne sont pas tous les mêmes. Il est temps pour moi de partir, mais je te fais confiance pour épargner les vies qui ici, on voulut te venir en aide.

Elle s’éloigna encore, chacun de ses muscles étaient tendu. Elle jeta un dernier regard, prête à se hisser dans le firmament en un battement d’aile. Mais elle attendit encore, étrangement, elle se surprit à attendre qu’on la retienne.
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Adrammalech

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Lun 15 Déc - 19:08

Adrammalech, perdu dans ses noires pensées, fut ramené sur terre par la silhouette de Gheata qui se rapprochait de lui. Elle avait l'air aussi triste qu'il ne l'était. Était-ce de la pitié? Le dragon n'en savait rien, mais ce qui était sûr, c'est qu'elle était troublée. Elle souhaita poser son aile sur lui, mais se ravisa au dernier moment, comme si quelque chose la gênait. Sur le coup, l'immense cracheur de feu pensa que c'était à cause de ses cicatrices, ayant toujours l'image de son physique en tête. Puis il la vit reculer de quelques pas. D'instinct, il regarda derrière lui, mais ne vit rien. Perplexe, il se concentra de nouveau sur la dragonne bleue, qui avait encore reculé d'un pas.

Elle lui envoya un message par télépathie qui l'anima d'un sentiment étrange. Elle voulait partir, loin, et faisait ses adieux. Mais Adrammalech ne voulait pas qu'elle parte. Elle était peut être la seule amie qu'il ait jamais eu, du moins la considérait-il comme cela, malgré qu'il ne la connaissait que depuis quelques jours. Lorsqu'elle présenta ses excuses, le dragon ne comprenait pas. Ce n'était pas elle qui l'avait rendu ainsi. Elle n'avait pas à s'excuser. Mais elle reculait encore, prête à prendre son envol! Elle adressa un dernier message dans lequel elle lui demandait de ne pas oublier que tous les humains n'étaient pas tous pareils... M'enfin, les leçons de vie attendraient, elle était sur le point de s'en aller!

Reprenant ses esprits, l'immense drake sombre se rua vers Gheata, prête à s'envoler, et la retint par une patte sur son épaule droite. Il voulut la tourner vers lui, et la regarder dans les yeux. Là, il lui parla alors par voie télépathique:

"Je t'en supplie Gheata, ne pars pas! Il n'y a pas de mal à ce que tu m'aies montré à quoi je ressemblais! Au moins à présent suis-je au courant... Mais que tu ne te sentes pas coupable de quelque chose qui n'est pas ton oeuvre. J'aimerais que tu restes avec moi. Et ma sœur. Nous pourrions voyager ensemble, vers les Terres draconiques? Je ne les ai plus vues depuis longtemps, et toi aussi à ce que j'ai cru comprendre... Nous pourrions même fonder un clan, qu'en penses-tu? Mais je t'en supplie... Reste. Il n'y a pas beaucoup de personnes sur cette satanée terre que je peux considérer comme amicales..."

Il avait toujours été seul. Mais en l'espace de quelques jours, il s'était retrouvé face à deux de ses congénères, dont l'une était sa sœur trop longtemps égarée par-dessus le marché! Il venait de passer les pires jours de sa vie à attendre la guérison de celle-ci, mais en définitive, avec le recul, il avait également passé plus de temps que jamais auparavant à parler à une sœur d'écailles. Et cela lui avait fait du bien. Un repos, une accalmie après ces années de violence continue, ce flot ininterrompu de vengeance et de haine le consumant. Un îlot de paix dans sa dure vie.

Il ne laisserait pas si facilement partir la dragonne bleue. A moins que celle-ci ne le fasse pour des raisons urgentes. Mais si son physique était si abject et monstrueux, il comprendrait que la jeune femelle déguerpirait à toute allure...

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Gheata

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Mar 30 Déc - 20:21

La dragonne inspira profondément une dernière fois, se préparant à s’élancer dans les airs. Se fut au dernier moment qu’elle sentit sur son épaule l’imposante masse de la patte du dragon bleu. Instinctivement elle eu un mouvement d’écart, ne sachant à quoi s’attendre. Elle resta immobile, fixant le regard du dragon qui cherchait ses yeux à elle.

Les paroles d’Adrammalech résonnèrent longuement dans l’esprit de Gheata. Elle s’était attendue à bien des choses de la part de son congénère et surtout à un autre massacre dans un torrent de flamme. Mais en aucun cas à ce qu’on lui demande de rester et même plus, de fonder un nouveau clan de dragon. La proposition du dragon lui fit chaud au cœur, émut et gênée, elle n’osa soutenir le regard d’Adrammalech et elle détourna la tête pensive.

Qu’on l’invite un rejoindre un clan de dragon, elle n’y croyait plus depuis longtemps, elle s’était depuis longtemps résigner à errer seule sur ce monde. Le cœur de Gheata s’enflamma de gratitude et pourtant, un constat sur ce qu’on lui offrait venait ternir le tableau, laissant un certain goût amer à la dragonne. Juste à trois, il était loin de former un véritable clan de dragon, pire encore ils n’avaient aucun territoire. Elle voulait se montrer agréable avec le dragon, mais elle devait bien lui faire comprendre cette terrible réalité.

- Adrammalech, ce que tu me proposes c’est … J’en aurais jamais cru autant, surtout que vu notre rencontre, je n’aurais pensée que nous trouvions un terrain d’entente. Mais comment veux-tu fonder un clan ? Nous ne sommes que trois et sans aucun territoire. Mais j’accepte de parcourir un peu de chemin avec toi, mais tu devras mettre ta rancœur pour les hommes de côté, je ne pourrais supporter de te voir les tuer gratuitement.
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Adrammalech

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MessageSujet: Re: Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)   Mar 30 Déc - 20:57

Adrammalech attendit la réponse de Gheata avec beaucoup d'appréhension. En effet, elle avait détourné le regard et étudié un profond silence, qui avait commencé à crisper le dragon. Après tout, il n'y avait rien qui ne lui disait qu'elle n'avait pas envie de s'en aller à mille lieues de lui et de sa sœur. Un peu dans l'expectative, l'immense drake n'eut cependant pas à attendre trop longtemps avant d'obtenir le sentiment de Gheata sur la question. Et ce fut avec une grande joie qu'il l'entendit dire qu'elle voulait bien voyager avec lui et Arcantya. Il avait été tellement seul durant sa vie, trouver en à peine quelques jours une sœur et une amie lui avait fait chaud au cœur. Ce fut donc avec une immense joie qu'il put répondre à la jeune femelle:

"Je suis heureux que tu acceptes. Et sache que, même si nos points de vue divergeaient, tu restes une sœur d'écailles, et ça, je le respecte beaucoup. Mais, en parlant du clan, figure-toi que j'avais pensé à quelque chose. Une fois arrivé en territoire draconique, peut être pourrions-nous recruter d'autres dragons qui auraient été chassés, ou qui seraient seuls? Qu'en penses-tu? Il doit bien y en avoir non?"

Le seul bémol dans la conversation fut le point sur les humains. Ces êtres vicieux méritaient mille fois la mort du point de vue d'Adrammalech. Mais d'un autre côté, le drake bleu nuit avait pu remarquer que certains n'étaient pas aussi mauvais qu'ils pouvaient le paraître. Notamment cette jeune femme qui était venue en aide à sa jumelle. Après tout, pourquoi pas? Même si durant des siècles ces bêtes l'avaient enchaîné... Rien que d'y penser, la rage continuait de bouillir en son for intérieur. Alors, fermant son oeil, il dit à sa nouvelle compagne de route:

"Si tel est le prix pour que tu restes à nos côtés, alors je m'y plie. De toute façon, là où nous allons, il n'y a sûrement que très peu de ces bestioles sournoises. Sache que ce n'est pas facile pour moi d'oublier, c'est tout ce que je te demande de savoir."

Alors, rouvrant son œil et souriant, il regarda Gheata, avant de poser son regard vers sa sœur.

"Et bien? Qu'attendons-nous dans ce cas pour partir vers les terres de nos ancêtres? Je ne les ai jamais vues, et j'ai hâte d'y être, pas vous?"




Après avoir remercié sommairement la guérisseuse, et laissé son enfant toucher les écailles d'Adrammalech (cette dernière étape ayant été une sorte de calvaire diplomatique pour convaincre le gigantesque cracheur de feu), le groupe de dragons prit son envol dans la nuit. Une femelle à la vue parfaite, un grand mâle borgne et une autre femelle aveugle. Bien que leurs visions du monde soient différentes, et ce dans plusieurs sens, ils avaient chacun une chose en commun; ils étaient seuls et perdus dans l'immensité d'Hypolaïs. Mais plus maintenant. A présent, ils faisaient route ensemble, vers un avenir plus radieux que jamais.

En route pour les Terres des Dragons!

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Quatre siècles... (Adrammalech - Arcantya - Gheata)

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