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 "Le chasseur solitaire est le seul à connaître le prix que lui a coûté son gibier." (Zürn - Tristan Sagremor - Shrikan)


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Tristan Sagremor

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MessageSujet: "Le chasseur solitaire est le seul à connaître le prix que lui a coûté son gibier." (Zürn - Tristan Sagremor - Shrikan)   Mar 19 Aoû - 12:36

Message de Tristan Sagremor, humain.

Il régnait à la capitale une puanteur épouvantable, les rues empestaient le fumier, l’eau croupie et les excréments de rats, les arrière-cours puaient l’urine, les cheminées crachaient une atroce odeur de soufre, tandis que les abattoirs avaient la puanteur du sang caillé et les tanneries celle de leurs bains corrosifs. Plus on approchait du centre de l’agglomération plus l’odeur devenait insoutenable, pourtant les citadins ne semblaient nullement gêné par cette abjecte senteur, sans nul doute qu’à force de vivre dedans ils s’en étaient imprégnés et avaient fini  par ne plus la sentir. Pour Tristan cette odeur nauséabonde, bien que difficile à supporter, lui rappelait sa prime enfance et annonçait surtout la venue d’une rentrée d’argent prochaine.  La capitale était le lieu de prédilection du chasseur quand il s’agissait de vendre ses peaux, en effet, c’était ici qu’elles partaient au meilleur prix.

Parmi ce flot de senteurs et de gens, Tristan se dirigeait vers la tannerie la plus proche, il n’avait même plus le besoin de regarder où il allait pour se diriger, ses pieds connaissaient très bien le chemin emprunté plusieurs centaines de fois au court de sa vie, comme toujours il irait de tannerie en tannerie pour vendre ses peaux, passerait chez un boucher pour se débarrasser, contre espèces sonnantes  et trébuchantes, de l’excédent de sa dernière chasse et finirait sûrement sa journée dans une taverne avec une bière à la main et pourquoi pas une gueuse sur les genoux.

Telles étaient les journées qu’il passait dans les villes ou les villages quand il devait vendre les fruits de son labeur. Pour lui ces jours-là étaient les plus ennuyeux car il était rare qu’il lui arrive de croiser en ces lieux une personne ayant un réel intérêt ou encore que survienne un événement un tant soit peu excitant. Les citadins et les villageois, pour la plupart, étaient trop occupés à suivre leur bonhomme de chemin et à subir leur monotone train-train que pour laisser place à la surprise et l’aventure dont Tristan était si friand. Pourtant, nul ne sait de quoi demain sera fait, qui sait, peut-être qu’un jour, dans les méandres de ces rues odorantes, débutera une expédition, une quête ou toute autre aventure…

Tristan ne mit pas beaucoup de temps à arriver à la première tannerie, lorsqu’il s’engouffra à l’intérieur de celle-ci il bouscula, maladroitement, un homme qui en sortait. Il leva la main en signe d’excuse, l’homme ne dit rien et se contenta de poursuivre sa route après avoir lâché un lourd grognement. Le chasseur ne se laissa nullement atteindre par cela et continua sa route. Lorsqu’il ferma la porte derrière lui et fit descendre de son épaule son ballot fait de fourrures et de peaux , il leva les yeux et vit une file de monde qui le séparait du comptoir. Surpris par cet attroupement anodin il jeta des regards dans tous les recoins de la pièce afin de trouver une explication à cette agitation peu commune.


-« Damned, mais que se passe-t-il donc ici ? »

Question purement rhétorique qui lui échappa mais qui nécessitait, néanmoins, une réponse…
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Zürn

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MessageSujet: Re: "Le chasseur solitaire est le seul à connaître le prix que lui a coûté son gibier." (Zürn - Tristan Sagremor - Shrikan)   Mer 20 Aoû - 8:53

Message de Zürn, elfe-dragon.


Encore une chaude journée bien entamée. Le soleil pesait sur les habitants d’Espalion comme un lourd manteau brûlant. Malgré cela, l’air était emplit de l’odeur âcre du bois brûlé. Les ménagères entretenaient leur feu de cheminé afin de préparer un repas chaud à leur mari rentrant pour le repas du midi. Il régnait dans la capitale humaine une ambiance affreusement oppressante. A cela ajouté les dizaines de badauds se pressants les uns contre les autres à la recherche de la perle rare sur tel ou tel étal de marchand, les gardes ne cessant de patrouiller en écartant vivement les gens sur leur chemin, les cris, les bruits des travailleurs,… Cette cacophonie écœurait Zürn. Quelle idée avait-il eu de se faire enlever par des esclavagistes ! S’il ne s’était pas endormit au pied d’un arbre trop proche d’habitations humaines, jamais il n’aurait dû affronter un tel chaos. Heureusement pour eux, ses trois ravisseurs l’avaient prestement ligoté et drogué pour mieux le transporter. Mais quand la substance ingérée ne se fut plus ressentir, l’Elfe eut tôt fait de manipuler le bois de la charrette dans laquelle il était couché. Trop tard cependant. Il était déjà en plein cœur d’Espalion quand les trois bandits tombèrent raides morts. Il eut tout de même de la chance dans son malheur : les trois hommes avaient pris soin de conserver son armement pour mieux le revendre. L’Elfe avait donc eu simplement à se baisser pour se rééquiper.

Voulant profiter de sa présence en territoire Humain pour mieux comprendre ces êtres qu’il abhorrait, il s’éloignât rapidement du lieu de son crime pour se fondre dans la masse. Sa journée se passa mieux qu’il ne l’espérait : personne ne faisait attention à lui, et pour cause, de nombreuses autres races étaient représentées dans la ville. Un Elfe seul n’attirait même pas un regard. Il chercha à manger sur les étals, ne trouvant pratiquement que des produits à base de viande. Désespéré, il repéra néanmoins une pancarte au loin : Aubergarienne. À aucun moment il ne se dit que c’était le repaire d’un quelconque parti Nazi, mais seulement un restaurant Végétarien. Pour un Elfe, ça sonnait plus comme Aubergine qu’Auberge Arienne, surtout quand c’était un Elfe affamé. Toujours est-il qu’il s’y engouffra, le ventre grondant son impatiente.

Le bruit y était encore plus agressif qu’à l’extérieur. Il tenta bien de s’approcher du comptoir, mais fut bousculé de part et d’autre, pour se retrouver acculé dans un coin. Le tohu-bohu était insupportable. Agaçant. Fatiguant. Enfin, Zürn se demanda pourquoi autant d’humains étaient regroupés dans un espace qui n’avait clairement pas l’habitude d’une telle multitude de gens. Il repéra un petit homme au centre de la pièce, monté sur une table. Même ainsi il parvenait difficilement à dépasser les autres humains. Il tenait un rouleau de parchemin et tentait de se faire entendre par-dessus le vacarme, en récitant l’écrit :


    « …qu’elle sera officiellement donnée en récompense au premier Champion qui osera conquérir l’affaire. Soyez braves et courageux, car des informations indiqueraient que des Elfes seraient en cause. Retrouvez-les, et toute la Nation vous acclamera. Une prime supplémentaire sera accordée si les enfants sont encore en vie. Père de tout un Peuple, Le Roi. – »


C'était donc ça. Les Humains tentaient de se frayer un chemin jusqu’au héraut pour mieux entendre et glaner quelques informations supplémentaires. La récompense promise devait vraiment être fabuleuse pour qu’un tel attroupement ait lieu. Alors même que certains restaient près de l’homme au parchemin, d’autres s’en furent rapidement par la porte de la taverne. Zürn restait, interloqué. Quelle était cette affaire qui impliquait des Elfes, et des enfants probablement morts ? Si son peuple était concerné par une affaire aussi étrange, il se devait au moins d’y jeter un coup d’œil.

Il défit sa queue de cheval pour que ses cheveux cachent ses oreilles pointues, et s’approcha du héraut qui descendait de table. Même si l’auberge se vidait peu à peu, il ne put éviter la collision avec un homme qui parlait tout seul. Il lui mit un coup d’épaule dans le dos alors qu’il essayait d’éviter un autre gaillard, manquant de trébucher par la suite. Pour une approche discrète, il en restait là. Tandis que le jeune homme aux cheveux noirs se retournait, Zürn détourna légèrement la tête pour mieux cacher ses oreilles. Il s’attendit à une inévitable bagarre.



Dernière édition par Zürn le Ven 5 Sep - 7:33, édité 2 fois
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Shrikan Tatsu

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MessageSujet: Re: "Le chasseur solitaire est le seul à connaître le prix que lui a coûté son gibier." (Zürn - Tristan Sagremor - Shrikan)   Mar 26 Aoû - 17:46

Trainant avec nous notre charrette, nous arrivions enfin aux abords de la capitale. Installée sur l’arrière de la voiture en compagnie de la petite humaine Mado, j’observais le paysage devenir plus urbain. Que de trajet depuis ces deux mois. Suite à mon arrivée dans ce monde, j’avais été sauvée par Lilith. Mais ne pouvant rester dans les parages après les dégâts que j’avais causés, j’avais décidé de m’éloigner de la côte. Et ce fut une chance extraordinaire qui mit sur ma route une troupe de saltimbanques. Ceux-ci étaient composé d’un régisseur, Dareth, de deux acrobates et jongleur du nom de Jinmu et Kagold, d’une chanteuse et musicienne nommée Freya, d’un gros bras qui fait plus peur que de mal (Banyu) et d’une petite drôlesse qui fait des farces s’appelant Mado. C’était parfait pour moi. Il me fallait un travail pour survivre en ce monde, et je ne souhaitais pas gagner ma vie en combattant. J’en avais bien assez eu de cette vie là par le passé. Je leur proposais mes services, en tant que musicienne et danseuse. En effet, je jouais plutôt bien du luth et grâce à d’anciennes connaissances succubes je maitrisais l’art de la dance et de la séduction. Les danses que j’ai apprises ne venant pas d’ici, et mon physique étant à la fois beau et exotique, il n’y avait pas de doutes que j’aurais un minimum de succès.

Ils acceptèrent, et je me joignis à leur troupe. Ils ne me posèrent pas de question sur mon passé, ni même trop sur ma manière étrange de danser. Les garçons de la troupe tentèrent un peu de me prendre sous leurs ailes, mais mon attitude légèrement distante et franche leur fit comprendre que je n’étais pas vraiment le genre à demander protection. D’ailleurs, je ne pus m’empêcher de remarquer que mon attitude leur faisait parfois un peu peur. Sûrement mon aura de guerrière et de dragon qui me trahit légèrement. Mais je faisais mon possible pour paraitre douce et inoffensive. La petite Mado m’aimait bien, et je m’entendais avec la plupart des gens de la troupe. Seule Freya restait distante, me trouvant bizarre et me jetant des regards peu cordiaux. La jalousie ? Peut être… en tout cas, maintenant ce n’était plus le moment de se laisser aller à ses sentiments. La capitale était prometteuse, surtout que la période allait être aux festivités automnales des vendanges. Mais cette ville ne nous permettait pas de nous placer n’importe où. Il fallait avant tout trouver un endroit où dormir, et ensuite une personne ou une compagnie souhaitant bien nous engager. Nous comptions sortir du lot, notamment en effectuant des prestations pour des bourgeois ou bien des nobles. A ce niveau là je pouvais les aider, car l’élégance et la subtilité n’étaient pas leur fort. Mais moi, j’avais eu le privilège par le passé d’être entrainée par une succube impériale. Ces succube sont certes des succubes, séductrices et mangeuses d’hommes, mais savent allier l’élégance et le raffinement qui sied à la haute société. De vraies courtisanes que bien des Cours rêveraient d’avoir. Pour ma part, cela fait longtemps, mais j’avais assez de reste pour faire succomber quelques petits nobles humains. Il faudrait juste que je m’entraine un peu plus…

Nous arrivions au terme de notre voyage, et nous arrêtions dans une auberge qui avait un drôle de nom. L’Aubergarienne… Quel manque de goût. Enfin… Nous rentrions à l’intérieur, nous les trois filles passant inaperçues avec nos quatre gaillards autour de nous. Freya et moi avions pris soin de cacher nos belles figures. Portant une cape à capuchon ou une écharpe autour de notre tête, nous faisions de notre mieux pour dissimuler notre visage et nos formes avantageuses. Autant éviter les mauvaises rencontres. De mon coté, je m’étais même obligée à mettre du maquillage sur mon visage, pour camoufler les tatouages de mon scellé. J’avais bien caché mes cheveux sous le capuchon de la cape, et portait un bandeau autour de ma tête pour bien les plaquer et cacher mes oreilles légèrement pointues. Beaucoup pensaient avec mon apparence que j’étais une elfe, ou bien en partie. Ils étaient bien loin de la vérité en fait… Mais je m’obstinais à dire que j’étais humaine, car de toute manière c’est ainsi que je désire me voir et être vue. Depuis mon arrivée sur ce monde, je n’avais pas utilisé une seule once de magie. Je sentais que ma magie revenait peu à peu, mais je ne souhaitais en rien être vue comme un être magique. Je me connais, je suis capable de me mettre dans de mauvaises situations sans le vouloir. Quoi qu’il en soit, nous prenions place à une table, les trois filles au fond et les garçons nous encadrant. La petite Mado, une jeune humaine ayant moins de 10 ans, regardait les gens autour d’elle avec admiration et curiosité. Elle ne pouvait cesser de babiller.


« Whaaa ! Y’a plein de monde ! C’est génial ! Eurk… par contre ça pue… »

Je souriais, amusée par sa remarque, et tapotais sa tête amicalement. Elle n’avait pas l’habitude des grandes villes et d’autant de monde après tout.

« C’est normal, c’est une grande ville. Maintenant fait attention et ne t’éloigne pas. Tu risquerais facilement de te perdre dans la foule... »

Il y avait du monde en ville, et aussi dans cette taverne. Mais ce n’était pas ce qui m’inquiétait le plus. Au fur et à mesure de notre voyage vers la capitale, nous avions entendu de nombreuses rumeurs concernant des rapts d’enfants. Des gens disparaissaient dans le royaume humain, et plus particulièrement autour de la capitale. En temps normal, je serais la première à aller fourrer mon nez pour résoudre l’affaire. S’en prendre à des enfants est un acte impardonnable, et un crime punissable d’une mort immédiate. Mais dans ce monde, c’était une histoire différente. Si je veux vivre paisiblement et sans troubles, je devais éviter les ennuis. Même si une partie de moi voudrait se ruer vers ce paquet de problèmes, ma raison et le scellé m’en empêchaient totalement. Car même si j’allais vraiment résoudre cette affaire, et abandonnais ainsi tout espoir de vivre heureuse dans l’anonymat, le scellé m’empêchait d’utiliser mes pouvoirs comme je le souhaite. Pire, ce scellé avec ses effets secondaires pourrait bien me tuer si j’utilise trop de magie. Et je ne connais pas encore les limites à ne pas franchir. Depuis le portail de mon arrivée, par une seule fois j’avais testé le scellé, préférant me reposer et emmagasiner de la magie. C’était un vrai problème.
Mais rien ne m’obligeait à aller porter secours aux enfants. Pour une fois, je pouvais me laisser aller à l’égoïsme et ne penser qu’à ma tranquillité. Avec un peu de chance, je pourrais me faire un nom en tant que danseuse, et vivrais dans le faste et l’amusement des complots des courtisans. Ha, je me demande s’il y a des vampires dans ce monde. Ils sont amusant à tourmenter eux aussi… Je restais ainsi dans mes pensés, mon regard se perdant dans le monde braillard de la taverne. Dareth s’était levé de notre table, et nous regardait tous sérieusement. Ha, il va faire une annonce. Sa voix forte et autoritaire couvrit un peu le brouaha de la salle
.

« Prenez un verre et de quoi manger, je vais aller faire un tour pour trouver quelques renseignements. Les garçons, surveillez les filles, et ne faites pas de bêtises ! »

Freya se mit à rire, regardant avec amusement le chef de la troupe.

« C’est surtout les garçons qu’il va falloir surveiller. Avec autant de serveuses, ils vont avoir la tête qui tournent les pauvres ~…. »

Je me mis à rire, alors que les garçons détournaient leur regards des dites serveuses pour protester vigoureusement. C’était bien vrai ça, il allait falloir les surveiller. Mais ce n’était pas mon boulot, car j’avais autre chose en tête. Avant qu’il ne parte vers le comptoir, j’interpellais Dareth.

« Par contre je ne vais pas rester longtemps dans la taverne, il faut que je passe à une tannerie pour vendre quelques peaux. »

En plus de mon rôle de danseuse, j’avais échu le rôle de chasseuse de la troupe. J’étais douée, ramenant plus rapidement plus de proies que les garçons. Ils ne savaient pas comment je faisais, car j’allais toujours chasser seule. Peut-être cela avait contribué au fait qu’ils aient un peu peur de moi. Quoi qu’il en soit, depuis mon arrivée ils avaient un léger surplus de peaux de bêtes à vendre. Et je me chargeais de cette affaire avec plaisir, car je pouvais ainsi me balader et continuer à entrainer mon… sens des négociations. Dareth soupira, sachant pertinemment que je faisais cela pour pouvoir me balader seule un peu.

« D’accord, d’accord… au pire on se retrouve ici, je crois qu’on pourra trouver quelques chambres pour la nuit. »

Je souriais en guise de réponse, laissant Dareth s’en aller. Freya me jetait un regard perçant, arborant une moue suspicieuse, mais je l’ignorais royalement. Les garçons se tournèrent vers moi pour me proposer d’être accompagnée, ce qui ne fit pas plaisir à Freya. Mado voulait aussi venir, mais tout aussi autoritairement que Dareth et avec autant d’inflexibilité je refusais, prétextant qu’ils allaient plus me causer des ennuis qu’autre chose. Avec leur tempérament impétueux et quelque peu bagarreur, ils allaient trouver la première occasion pour vouloir se la jouer devant moi. Même s’ils savent que cela ne me fait aucun effet. Ils soupirèrent et changèrent de sujet, commençant à voir qui prendrait quoi. A ce moment là, un messager entra en trombe dans la taverne et fit une annonce. Tout le monde écouta, ainsi que nous même. Cela concernait la fameuse rumeur. Tiens, ils commencent à prendre les choses au sérieux. Mais pourquoi impliquer les elfes ? C’était assez étonnant. Enfin, cela ne me concernait pas. Je soupirais et reportait mon attention vers la porte d’entrée. Que j’avais envie de partir maintenant de cette place remplie de gens mal famés et puants… Tiens, un elfe rentre. Enfin on dirait. Je souris légèrement en voyant qu’il tentait de cacher ses oreilles avec ses cheveux, vu l’annonce du messager. Mais il était tout de même trahi par la facture de ses habits et de ses armes. Quel que soit le monde, ce type d’armes et d’habits raffinés était assez typique des elfes, ou alors des anges. Je me demande bien pourquoi. Je me levais, ne m’occupant plus de cette personne. Je pris le ballot de peaux, que j’avais gardé avec moi, et regardais en souriant mes acolytes.

« Je vais aller directement chez le tanneur. Je reviens dans une petite heure. Essayez de me garder une chope sous le coude ! »

Les garçons sourirent et me souhaitèrent bonne chance, puis ils allèrent vers le comptoir pour commander. Moi, j’étais déjà partie vers la sortie, mais le passage était bloqué par deux individus. Un humain aux cheveux noirs, et l’elfe de plus tôt. Ha…. Vu les regards qu’ils s’échangent, ils vont se battre d’ici peu. Mais il semblait que l’elfe ne désirait pas vraiment se battre. Que dois-je faire ? J’aimerais bien les laisser régler leur compte, mais avec eux sur mon chemin je ne pourrais pas me rapprocher. Je réfléchis rapidement, puis levais les yeux vers le ciel, désespérée par moi-même. On ne se change pas après tout… Je m’avançais vers eux, et faisais exprès de m’interposer. Posant un regard perçant et froid sur l’humain, je les interpellais d’une voix calme mais diablement glaciale.

« Pardon messieurs, mais vous bloquez le passage... »

J’insistais avec mon regard sur l’humain, pour le persuader de partir. Je glissais une légère aura meurtrière qui fit son effet, l’humain se crispant légèrement et tiquant. Il fronça des sourcils, dardant un regard noir alternativement sur moi et l’elfe. Il finit par partir, mais non sans continuer de fixer l’elfe d’une manière peu cordiale. Je me tournais vers l’elfe, rapprochant mon visage du sien pour lui parler plus secrètement.

« A votre place, je ne resterais pas ici, sinon vous allez avoir des ennuis. Et portez un bandeau, on voit trop vos oreilles, même avec vos cheveux... »

Je me reculais un peu pour lui faire un clin d’œil, retrouvant mon air plus malicieux. Et sans lui demander son avis, je le saisis par le poignet et le trainais en dehors de la taverne avec moi. Une fois dehors, je me sentais mieux, et parlais avec plus d’aisance.

« Vous avez l’air bien perdu, et pas du genre à chercher les ennuis. Vous devriez faire attention pour les temps à venir, surtout avec cette annonce. Les elfes ne risquent pas d’avoir beaucoup de repos ces prochains jours, ha ha ha ! »

Je riais légèrement, continuant de marcher vers le quartier des tanneurs. Ce n’est qu’après quelques dizaines de mètres que je lâchais le poignet de l’elfe pour me tourner vers lui.

« Au fait, je me nomme Shrikan. Je souhaite que vous m’accompagniez pour ma petite course chez les tanneurs, qui ne devrait pas durer longtemps. Prenez ça… Comme une petite compensation pour vous avoir tiré d’affaire. De mon côté, cela me fait une charmante compagnie, fu fu fu ~ ! Et si vous n’êtes toujours pas satisfait, je peux toujours vous proposer d’aller manger ensuite en compagnie de ma troupe. Vous serez plus en sûreté ainsi. »

Oui, faire de telles propositions sur un coup de tête était mon habitude. Mais je faisais ça autant pour aider l’elfe que tromper mon ennui. S’il se joint à notre troupe ne serait-ce que pour le repas, l’autre humain en viendra pas le déranger. Mais bon, après il peut refuser, c’est son choix.

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Zürn

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MessageSujet: Re: "Le chasseur solitaire est le seul à connaître le prix que lui a coûté son gibier." (Zürn - Tristan Sagremor - Shrikan)   Ven 5 Sep - 7:22

Message de Zürn, elfe-dragon.


Une bagarre allait éclater, c'en était certain. Entre un Elfe légèrement distrait, et qui avait prit son interlocuteur pour un autre, et dans un lieu qui lui avait au début paru adapté mais au final s'était révélé faussé, et un Humain tout à fait ordinaire ressemblant à s'y méprendre à un quelconque trappeur. L'homme des bois était abasourdi par la ressemblance frappante entre l'agressé, devenant agresseur, et le vendeur de peaux qu'il croisât plus tôt, sans pour autant y prêter gare. Aussi ne remarqua t'il pas la présence d'un troisième larron dans l'histoire, et surtout ne remarqua pas ses atours, fait étrange pour Zürn, qui avait habituellement l'oeil pour ces choses là.

Ce troisième personnage, donc, eut tôt fait de faire déguerpir l'Humain colérique, et murmura d'une voix suave et emplie de douceur à l'oreille de l'Elfe :


    « A votre place, je ne resterais pas ici, sinon vous allez avoir des ennuis. Et portez un bandeau, on voit trop vos oreilles, même avec vos cheveux... »


Zürn plongea son regard dans les beaux yeux de sa sauveuse, qui lui avait valu d'échapper à un conflit ridicule et pourtant dangereux dans le contexte actuel, et ne put dire un mot, sinon déceler une lueur de malice au fond de ces prunelles bleues. Aussitôt, la femme l'entraîna à sa suite, sortant prestement de la taverne toujours bondée. Et dehors, sans plus de cérémonie, elle déclara :


    « Vous avez l’air bien perdu, et pas du genre à chercher les ennuis. Vous devriez faire attention pour les temps à venir, surtout avec cette annonce. Les elfes ne risquent pas d’avoir beaucoup de repos ces prochains jours, ha ha ha ! »


Elle prenait un air détaché, et ses paroles semblaient moqueuses. Et l'Elfe de répondre :


    « Je vous suis gré de vos conseils, belle dame, et vous remercie de votre soutient, à l'intérieur. »


Et il tenta de se dégager, mais ce n'est qu'après un instant qu'elle consentit à le relâcher, et en se tournant à nouveau vers lui, elle déclama :


    « Au fait, je me nomme Shrikan. Je souhaite que vous m’accompagniez pour ma petite course chez les tanneurs, qui ne devrait pas durer longtemps. Prenez ça… Comme une petite compensation pour vous avoir tiré d’affaire. De mon côté, cela me fait une charmante compagnie, fu fu fu ~ ! Et si vous n’êtes toujours pas satisfait, je peux toujours vous proposer d’aller manger ensuite en compagnie de ma troupe. Vous serez plus en sûreté ainsi. »


    « Si tel est votre désir, pour m'avoir évité les retors de la haine qu'inspire ma race en de telle occasion, et afin de vous en remercier, je veux bien vous servir à mon tour d'escorte jusqu'à votre destination. Quand au repas de ce soir, nous en reparlerons en temps et en heure, car je ne compte pas m'attarder ici. »


Et tandis qu'un sourire flottait sur ses lèvres, Zürn sentit son esprit se déchirer. Et comme à son habitude, Aïedal s'imposa, et murmura en lui même quelques précautions à prendre envers cette inconnue, en laquelle il sentait un étrange pouvoir qui lui était désagréablement familier. Après acquiescement mental de l'Elfe, puis un grognement sourd et profond de l'autre, il accepta de laisser les commandes à Zürn. Et le dragon se retira, laissant l'instant à l'instant, sans heurt et sans bruit.

Alors, l'hybride qu'il était marcha à côté de sa protectrice, jouant ce rôle à son tour, lui donnant le bras et lui faisant faire nombre de détours pour éviter quelques flaques malodorantes, écartant d'un geste les vendeurs présomptueux. Il s'arrêta un court instant en amont de leur marche, afin d'acheter un large ruban de tissu coloré d'ocre et d'or, et en entoura son front et ses oreilles, comme chaudement recommandé précédemment. Plus discret dorénavant, ils purent parcourir la distance qui les séparait de la tannerie qui les intéressait, tout en se présentant l'un à l'autre. Zürn éluda la raison première de sa présence, mais dévoila son nom et sa quête finale, qui était la recherche d'un objet magique disparu, le Sophilianth, demandant à tout hasard quelque information.

Après les réponses de celle qui s'était présentée comme étant Shrikan, il arrivèrent vite à l'intérieur, non pas de la taverne comme précédemment, mais bien cette fois ci de la tannerie. Là, une autre foule les attendait. Une queue longue de dix pieds au moins devant le comptoir, et qui semblait agitée. Et au milieu de celle ci, l'Elfe aperçut le quasi sosie de son premier agresseur. De réflexe, il se tourna à moitié, car il ne reconnut pas en cet homme un réel trappeur. Il n'avait en effet pas vu le ballot de peau à ses pieds, ni le visage différent de l'homme. Ensuite il se rappela que l'autre n'était pas du tout habillé semblablement, et se détendit enfin. Shrikan n'avait clairement pas perdu une miette de son attitude. L'elfe lui envoya un sourire rassurant, lui montrant qu'il ne provoquerait pas ici un quelconque mouvement de foule, et qu'elle n'aurait pas une nouvelle fois à intervenir. Il la laissa prendre place dans la file, et attendit leur tour.

Là, un homme aboyât. Au sens littéral du terme.


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Shrikan Tatsu

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MessageSujet: Re: "Le chasseur solitaire est le seul à connaître le prix que lui a coûté son gibier." (Zürn - Tristan Sagremor - Shrikan)   Dim 14 Sep - 12:21

Cet elfe était très poli, comme la plupart des elfes je dirais. Mais il n'était pas hautin ni imbu de lui même. Car un elfe aurait sûrement préféré ne pas toucher un humain, ni même être en leur compagnie. C'est du moins l'expérience que j'avais de cette race aussi énervante que celle des anges, voir même des haut dragon. Mais ce monde était différent, aussi je devais me montrer autant ouverte d'esprit que possible. Qui sait, peut être qu'en effet les elfes sont très sympathiques ici, et non avec 500 balais dans le derrière.

Je fus agréablement surprise qu'il accepte de m'accompagner, et surtout qu'il joue le jeu. Il m'offrit son bras, se comportant en vrai gentleman. Cela me faisait rire, m'amusant beaucoup de voir un elfe se prendre autant au jeu. Et puis, ce n'était pas désagréable d'être bien traitée ainsi, de temps en temps. Zürn, car c'était son nom, s'était arrêté pour acheter de quoi cacher ses oreilles. Ainsi, le doré était sa couleur... Tout en marchant, nous discutions tranquillement, et la conversation était plutôt agréable. Je lui confiais que j'étais une prestidigitatrice ambulante, dansant et jouant de la musique pour un publique de moyenne à haute gamme. Je présentais rapidement mes compagnons de voyage, lui assurant qu'il ne devrait pas avoir de problèmes avec eux s'il se joint à leur table ce soir. Il raconta à son tour un peu de son histoire, et plus particulièrement sa recherche d'un artefact. Le Sophilianth... Cela ne me disait rien. Je fronçais légèrement des sourcils, essayant de chercher des informations dans ma mémoire.


" Mhh... Malheureusement, cela ne me dit rien. Peut être que mes compagnons en sauront un peu plus à ce sujet. Mais à votre place, je ferais tout de même attention à qui j'en parle. Nous, les humains, sommes souvent quelque peu avare et plein de convoitises..."

Ce que je disais me surprenait moi même. A force de vivre avec des humains, j'avais presque finis par me considérer comme l'un d'eux, de manière à part entière. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas eu cette nostalgie. Je souriais doucement, un peu perdue dans mes pensés alors que nous entrions dans une des tanneries. Il y avait étrangement du monde. Nous attendions, et quelque chose semblait avoir attiré le regard de l'elfe. Je le regardais avec curiosité, et amusement, alors qu'il semblait vouloir éviter le regard de quelqu'un. En observant la foule, je vis qu'il y avait un humain qui ressemblait à celui qui l'avait agressé. Mais il était différent. Zürn me regarda et me sourit légèrement, comme pour vouloir me rassurer. Cela me fit rire. Nous avancions tranquillement dans la file, quand soudain une des personnes attendant se mit à brailler. Enfin, à aboyer. J'écarquillais les yeux, ne comprenant pas. Ha, on dirait que l'un des gars de la file s'en prend à celui que Zürn avait remarqué. Je soupirais, levant les yeux vers le ciel. Ils avaient pas bientôt finit de jouer ces mâles ? C'est que je commence à avoir faim moi, et j'ai un elfe à pas casser dans l'histoire...
[PS: je n'ai pas ajouté grand chose, mais c'est que pour l'ordre de réponse redevienne comme avant. J'attends donc que Tristan rep, vu que c'est lui qui se fait agresser XD]

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MessageSujet: Re: "Le chasseur solitaire est le seul à connaître le prix que lui a coûté son gibier." (Zürn - Tristan Sagremor - Shrikan)   

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