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 Rencontre nocturne...


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A'talia Nossön

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MessageSujet: Rencontre nocturne...    Lun 21 Juil - 14:45


Ses pas résonnaient dans la ruelle salle et malodorante. Lorsqu’elle bifurqua dans une autre rue, qui menait vers la grande place, un rayon de lune éclaira son chemin. Cependant, elle ne pouvait pas la voir. Non. Cela lui était impossible, de voir l’astre luisant au-dessus de sa tête.

La silhouette se déplaçait en silence dans l’ombre, bien que cela était inutile – il n’y avait tout simplement pas âme qui vive dans les environs.  Cape noire rabattue sur ses épaules, il était impossible de deviner qui se tenait sous le lourd tissus noir. Seule sa haute silhouette excluait les races de petites tailles.
À chaque pas, un tintement se faisait entendre. Ce tintement… rappelait… de l’argent s’entrechoquant. Et, sur le visage caché par le capuchon, un sourire se dessinait. Oui, le vol s’était déroulé parfaitement. La famille absente, avec juste quelques verrous qui se dressaient entre elle et le butin. Oui, vraiment, si cela se passait comme ça chaque nuit, elle serait milliardaire… enfin, l’aurait été, si elle savait garder son argent.

Elle continua de traverser le village silencieux. Au fur et à mesure qu’elle sortait du centre, au plus les maisons se détérioraient, malgré le fait que cela soit imperceptible pour un œil non-avertit. Elle jubilait encore, et c’était cela qui la perdit, en quelque sorte. Elle n’avait pas remarqué qu’elle n’était pas seule à sortir dans la rue, ce soir-là…
Enfin, elle arriva à la bordure du village. Elle retrouva la petite clairière dans laquelle elle avait déjà été, avant de s’aventurer dans le village.
Elle se débarrassa de sa cape, sûre d’être seule – après tout, pourquoi ne le serait-elle pas ? Si quelqu’un la suivait, il l’aurait attaquée bien avant…
En enlevant le long tissu, une fée apparut en dessous. Long pantalon de cuir… avec une bourse bien remplie à la ceinture. Bottes aux bouts ferrés… avec deux dagues enfoncées à l’intérieur, invisibles. Corset… eh bien, non, il n’y a rien derrière les guillemets, cette-fois-ci.
Elle prit entre ses bras le manteau, et déploya ses ailes, prête à s’envoler, rejoindre son abris. Mais au moment où elle allait décoller, elle se rendit compte d’une chose, que son don lui hurlait pourtant silencieusement depuis le moment où elle était sortie de la maison. Elle n’était pas seule.

Elle se retourna vers l’endroit où elle supposait que l’intrus était caché – où tout simplement planté là depuis des heures, elle ne savait pas…

« Qui êtes-vous ? »


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A'talia Nossön

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Gne

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MessageSujet: Re: Rencontre nocturne...    Mar 22 Juil - 10:27

Gne n’en croyait pas ses yeux. Cette énergumène le mettait déjà dans la panade, mais en plus elle semblait finalement douée.

Ça faisait des jours qu’il était là. Il était arrivé pour son nouveau grand projet. Il essayait de ne pas se faire remarquer, vendant sa camelote sur le seul marché de ce petit village, point de passage obligé de l’homme qu’il attendait. Et puis quatre jours avant le passage prévu, il avait payé sa note comme un honnête citoyen avec de l’argent qu’il avait trouvé par hasard (le fait qu’il l’ait trouvé dans un coffret, dans une table de chevet, dans une chambre et chez quelqu’un n’en faisait pas moins un hasard, puisqu’il ne s’attendait pas à le trouver là pas vrai ?) et était parti pour ne revenir qu’à la nuit tombée s’installer en haut du clocher, le point le plus haut de ce village de fermiers qui recevrait bientôt sans le savoir une visite prestigieuse.

Gne avait parcouru les étals pour s’approvisionner en nourriture et en matériel avec le fruit de ses ventes. Il avait gagné une somme modeste au jeu du pois chiche auprès d’un escroc du coin qui pensait sûrement rouler un simple marchand et qui s’était retrouvé face à un homme qui lui avait retiré jusqu’à son anneau d’oreille. Il était ensuite passé tour à tour chez un fournisseur d’engrais, un minéralier, le droguiste du coin et avait parcouru l’étal d’un  chimiste itinérant, chaque fois dans des quartiers différents afin que nul ne fasse de lien entre tous ces fournisseurs d'ingrédients parfaitement inoffensifs lorsqu'ils étaient séparés mais qui, une fois mis ensemble, pouvait être source de tout un tas d'explosifs et de fumigènes en tout genres. Il avait tourné en rond deux jours avant de voir arriver un cirier qui vendait la cire en plaque pour faire ses propres bougies. Gne avait acheté les mèches pourtant inutiles, afin de ne pas éveiller l’attention, ainsi qu’une petite bouteille d’huile à lampe. Il était même passé chez un fripier et un marchand de couleur pour acheter quatre petites boîtes de la taille d’une demi-paume, contenant des cirages et des colorants sous forme de poudre et de crèmes, dans les teintes grises et vertes, soi-disant pour refaire sa paire de bottes et son manteau.

Il avait passé une nuit entière à cartographier les rues et le bourg, installé sur son perchoir, notant silencieusement dans sa tête les emplacements des rares grandes maisons, des bâtiments publics, des places et des petites rues. Il avait acheté un grappin une petite fortune à un arçonneur comme lui. Il n’avait presque plus un rond. Il avait besoin d’argent, mais il ne pouvait passer à l’action, de peur d’être découvert.

Et puis ce soir alors qu’il essayait de retenir dans sa mémoire les allées et venues habituelles des trois petites patrouilles du village, le visage complètement grimé, il avait vu juste en contrebas une silhouette se glisser lestement hors de la bâtisse de l’actuel bourgmestre, un marchand plutôt prospère qui faisait dans les épices et le vin, qu’il envoyait jusqu’à la capitale. Il faisait assez clair et Gne était descendu en espérant que personne ne le verrait malgré la lune presque pleine. Aucun cri n’avait retenti et Gne avait poursuivi le malandrin sur les toits jusqu’à la frontière de la ville ; il avait alors compris où irait son partenaire de jeu du soir et avait filé en avant, pour se cacher le long du haut muret qui bordait le relais équestre, dans une petite clairière à quelque encablures de la cité endormie. Il avait alors réprimé une exclamation quand il avait découvert que le voleur était une voleuse et qu’elle était plutôt de belle silhouette, et qui plus est qu’il s’agissait d’une fée, un de ses êtres magiques qui le mettaient toujours mal à l’aise. Il avait surtout vu la bourse bien remplie dont il avait entendu les tintements tout au long de sa filature.  Il avait attendu que la silhouette lui tourne le dos et avait avancé le bras, sans bruit, quand l’inconnue s’était retournée d’un coup, comme averti de sa présence : « Qui êtes-vous ? », avait-elle demandé.

Gne n’en croyait pas ses yeux. Cette énergumène le mettait déjà dans la panade, mais en plus elle était douée.

Gne était décontenancé. Il était persuadé que la voleuse ne pouvait l’avoir vu, et pourtant elle le fixait désormais avec des yeux si blancs, comme deux perles qui aspiraient son regard… Il était incapable de réfléchir. Il émit un gargouillement, lui qui normalement aurait immédiatement trouvé une fausse identité et un prétexte le plus naturellement du monde. : « Gouargllh » tenta-t-il de corriger, sans succès. Il se retrouva soudain avec le piquant d’une dague qui lui chatouillait l’œil.
« Votre nom est Gouargllh, eh ? Bon on va faire plus simple, vous voyez cette dague ? Si le prochain mot qui sort de votre bouche n’est pas clairement compréhensible, je vous fais sauter un œil.
Gne réfléchit à toute vitesse et se reprit lorsque la dague appuya doucement sur sa cornée :
- Gou… je veux dire, je m’appelle Gne. Et ça se prononce Gné, pas niais, pas guenêt, Gné, ajouta-t-il d’un air de défi. Je fais vraisemblablement le même "métier" que vous, et j’apprécierais que nous continuions notre discussion ailleurs qu’en pleine lumière.
- Et qui me dit que vous n’allez pas me fausser compagnie.
- Déjà, le fait que vous avez un arc et que vous voliez. Mais surtout, rien du tout, si ce n’est que vous tenez absolument à entendre ce que je vais vous dire et que moi j’ai éventuellement besoin d’un coup de main maintenant que vous avez fait ce que vous avez fait, un coup de main qui serait très utile dans,… mettons deux jours, peut-être trois avec la pluie qui est tombée ici en fin de semaine dernière.»
Sentant avoir piqué la curiosité de l’inconnue, il écarta très doucement la lame avec sa main et entreprit de grimper sur le toit du relais, puis enjamba les rebords les uns après les autres, se retenant de courir trop vite afin de signifier qu’il ne s’enfuyait pas. Les hululements des hiboux et des chouettes les accompagnait; au loin un chien aboya un seul coup. Seule une douce bise caressait le visage de Gne, lui offrant une douce et fraîche caresse alors qu'il sentait le regard de l'inconnue fixer sa nuque. Il vit alors qu'il sautait d'une boulangerie à une habitation un renard détaler en contrebas, tenant en sa gueule ce qui ressemblait à un reste de fromage, un beau coulant baraqué qui lui rappela que son dernier repas remontait au matin. Il se jura de déguster un peu de jambon et une miche de pain dès lors qu'il rejoindrait sa planque. S'il réussissait à la rejoindre...

Enfin il atterrit dans une arrière-cour d’un bâtiment délabré et probablement abandonné et attendit que la fée le suive. Et, il ne sait pourquoi il lui raconta tout. Peut-être était-ce parce qu’il s’agissait d’un être elfique et qu’il connaissait leurs aversion supposée pour les démons ; peut-être était-ce son besoin d’un complice maintenant que cette étrangère menue mais mignonne avait révélé la présence d’individus plus doués que les voleurs de rue du coin ; peut-être enfin le fait que tant qu’il parlait Gne pouvait à loisir apprécier les deux "gamelles rondes" de l’aveugle qui lui tenait lieu d’interlocutrice et ce sans vergogne jouait-il un rôle. Enfin bref, il raconta tout, ou presque tout. Que le roi s’entourait de mages peu recommandables qui le conseillaient et le suivait maintenant même en représentation officielle, comme chacun savait. Qu’il avait dérobé une missive à un coursier royal en s’enfuyant avec son cheval pour le vendre plus loin, missive qui signifiait lorsqu’on la recoupait avec les bruits de tavernes et l’arrivée massive d’artisanat et d’armes démoniques sur le territoire ces derniers temps que lesdits mages avaient susurré au roi de normaliser ses relations avec les démons, paroles auxquelles la fée frissonna. En gros, résuma-t-il, la missive demandait au bourgmestre de faire bon accueil à son petit neveu, le cinquième sur la liste des successeurs aux trônes, et à son escorte, et d’assurer la sécurité d’un « cadeau diplomatique de grande valeur » destiné à un peuple non mentionné mais qui ne faisait guère de doutes. Il sentit la convoitise briller dans les yeux de son interlocutrice.

Il reprit calmement :
« Si le roi cherche à ce que ce genre de « visites » ne se sache pas, il y aura sûrement une escorte réduite mais tout de même formée d’hommes d’élites, probablement la garde rapprochée du prince. Concernant le cadeau, il sera sûrement sous bonne garde et s’il s’agit d’un tribut, il sera sûrement dans un coffre à serrures multiples. J’ai le matériel en termes de crochets et de rossignols dans le pire des cas,  mais il me faudra du temps si je ne parviens pas à reproduire les clés sur mes boîtes à Pandore et que je dois travailler à la main ; si vous ne savez pas ce qu’est une boîte à Pandore, je vous incite à ne pas le demander à un serrurier honnête, vous attireriez l’attention sur vous et les gardes vous attendraient sûrement à la sortie de votre auberge.  J’aurais sûrement  besoin d’une diversion. Je sais faire de la chimie, mais toute détonation entraînera immédiatement une alerte générale et j’ai pas envie de me retrouver avec 30 soldats aux fesses, alors j’aimerais éviter de m’en servir. J’ai été honnête, de voleur à voleur. C’est à vous maintenant. Seuls,  aucun de nous n’a de grandes chances de réussir à compromettre ces manigances. Le roi envoie des félicitations à votre reine et fait messe basse avec vos pires ennemis. Si vous êtes fidèles à votre peuple, vous m’aiderez ; et puis, c’est un cadeau diplomatique. On pourrait se faire un max d’oseille, belle dame.
-Vous savez que je vois quand vous regardez ma gorge et ma poitrine hein.
- Oh.
- Je vous conseille d’arrêter.
- Bien sûr, bien sûr.
- Tout de suite.
- Hum, oui, évidemment.  Comme je le disais, sois nous devenons des adversaires, sois nous devenons partenaires. Et comme votre ignorance vous a conduite a cambriolé le personnage le plus influent de cette bourgade sans réfléchir, ce qui fait que la ville va être en alerte tous les prochains jours, que tous les étrangers vont probablement faire l’attention d’un suivi très particulier et que le ciel s’éclaircit avec l’aurore qui vient, je vous invite à vous décider assez vite. Et vous ne m'avez toujours pas dit votre nom, je me permets de vous le rappeler.»

Gne se tut, dans un silence calculé. Il recula nonchalamment de deux pas pour se mettre hors de portée, posa une première main sur une prise du mur comme s'il s'apprêtait à reprendre sa grimpette nocturne et regarda intensément son interlocutrice qui réfléchissait.
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A'talia Nossön

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MessageSujet: Re: Rencontre nocturne...    Jeu 24 Juil - 15:37


A’talia scrutait de son pouvoir l’être qu’elle avait interpelé. C’était un homme – normal, dans un village rempli d’humains – qui, curieusement, semblait avoir une moue stupéfaite.
Il tenta de parler, mais un son guttural sortit de sa bouche. A’talia ricana en son fort intérieur, et s’approcha du jeune homme.

« Votre nom est… Gouargllh ? C’est bien pathétique. »


Puis, d’un geste vif, elle prit sa dague et la pointa nonchalamment sur l’œil de l’individu.

« Bon, on va faire plus simple. Vous voyez cette dague ? »


La jeune Fée le vit loucher sur la pointe, et un sourire aussi acéré que la lame se peignit sur son visage.

« Eh bien, si le prochain mot qui sort de votre bouche n’est pas clairement compréhensible, je vous fais sauter un œil. Et l’autre. Puis, lorsque vous agoniserez, je me délecterai de votre souffrance. Ce n’est pas parce que mon peuple vit dans des arbres que je suis une petite fille inoffensive. »


Et toc !  Elle resta immobile pendant qu’il semblait réfléchir. La Fée avança d’un demi-millimètre, ce qui eut l’avantage de faire parler l’humain.

« Gou… »


Avancement de la dague d’un tout petit millimètre…

« Je veux dire, je m’appelle Gne. Et ça se prononce Gné, pas niais, pas genêt, Gné. »


Évidemment, qu’elle savait comment cela se prononçait, puisque la première fois, il l’avait dit correctement. Elle se contenta de hausser les sourcils et de, finalement, abaisser son arme. Qui était toujours prête à servir, cependant.

« Je fais vraisemblablement le même métier que vous, et j’apprécierais que nous continuions notre discussion ailleurs qu’en pleine lumière. »


Le même métier qu’elle ? Comment le savait-il ? Elle haussa les épaules, avant de se souvenir du tintement de la bourse du maire de la ville. Mais, soit, peu importait. Elle avait plus urgent à faire. Elle se rapprocha encore un peu, et lui demanda :

« Et qui me dit que vous n’allez pas me fausser compagnie, Gne ? »


Se faisant la réflexion que ce nom était complètement débile, elle attendit la réponse en commençant à taper du pied.

« Déjà, le fait que vous ayez un arc et que vous voliez. Mais surtout, rien du tout, si ce n’est que vous tenez absolument à entendre ce que je vais vous dire et que moi j’ai éventuellement besoin d’un coup de main maintenant que vous avez fait ce que vous avez fait, un coup de main qui serait très utile dans,… mettons deux jours, peut-être trois avec la pluie qui est tombée ici en fin de semaine dernière. »


Au bout de la tirade, l’humain grimpa sur un toit à quelques centimètres d’eux et partit. Il ne suffit qu’une seconde à A’talia pour se décider. Soit, partir en abandonnant l’inconnu, soit, marcher avec lui, et récolter beaucoup plus qu’une bourse bien garnie. Même s’il bluffait, elle pariait qu’il ne serait pas à la hauteur de l’empêcher de fuir. Et puis, elle sentait l’adrénaline couler dans ses veines, la poussant à courir devant le danger, le défi.
Elle sauta d’un bond en même temps que ses ailes se déployaient. Elle vit Gne, à quelques mètres d’elle, qui semblait vouloir lui faire comprendre qu’il ne la fuyait pas.
N’empêche, cela m’aurait bien déçue, s’il le faisait. Être voleur, et ne pas avoir les couilles d’en affronter un autre… ce serait pathétique

Elle atterrit dans le dos de l’homme, et, après une courte réflexion, rangea sa dague. Malgré le fait qu’ils soient dans un village humain, la nature était bien présente. Bon nombre de touffes d’herbes folles encombraient la route en contrebas, et animaux en tous genres faisaient sentir leur présence, par des cris, des bruits feutrés de course, pour fuir un quelconque danger.
A’talia vit Gne sauter au bord du toit, et se réceptionner. Ses ailes collées à son dos, la jeune fée fit de même. Ils se trouvaient dans une arrière cours désaffectée, oubliée. La puanteur de l’endroit était telle qu’A’talia avait tressauté de dégoût – la faute à un cadavre inerte de chien, dans un coin – mais s’était reprise, ne voulant pas avouer sa faiblesse devant d’autres.
Puis, le drôle d’humain commença à lui raconter une histoire de mages, de roi, de cadeaux diplomatiques, d’héritiers, et, bien sûr, de vol. Il lui demanda – plus ou moins – de l’aider dans cette affaire.
L’humain suggéra à la fée de se présenter, après que celle-ci lui ait fait une remarque sur sa vue mal placée. Pour lui.
Pendant que Gne s’approchait du mur, A’talia réfléchissait. Cela lui semblait totalement fou, bien que cet homme devait s’en tirer à bon compte, jusqu’à maintenant. D’un côté, si elle venait, qui lui disait qu’elle pouvait lui faire confiance ?
Au bout de quelques minutes, elle secoua la tête. Elle avait décidé de marcher, mais devait tester cet humain. C’était obligatoire, ne fût-ce que pour la survie de ses affaires.

« Très bien. Si tu es aussi doué en temps que voleur… et chimiste que tu le prétends, eh bien, tu ne devrais pas avoir de mal à me trouver demain à la même heure à l’endroit où le fruit du travail des habitants de cette ville converge… À ce moment-là, tu auras ma confiance… ainsi que toute l’aide de ma part dont tu auras besoin. »


Et, sur ces mots, elle s’envola. Le ciel l’engloutit.


Le lendemain, elle était dans le grenier, dans l’entrepôt où les fermiers rassemblaient le fruit des moissons. L’endroit où le fruit du travail des habitants de cette ville converge. L’endroit le plus sécurisé de la ville, parce que la survie des hommes ici dépend de ce qui est récolté. Même la nuit, deux ou trois gardes étaient postés devant l’entrée, fermée à double tour. Mais la porte principale, celle par laquelle les charrettes remplies de nourriture entraient, n’était pas la seule. Il y avait aussi diverses fenêtres, postées en hauteur.
A’talia n’avait pas eu de mal à entrer, quand bien même la vigilance des hommes restés éveillés lui avait causé quelques soucis (elle les aurait bien assommés, mais la fée tenait à ce que Gne y soit confronté).
Soudain, elle sursauta. Elle était assise dans le plafond, sur une poutre solide. Elle avait sentit – mais surtout entendu, malgré la furtivité des pas – que quelqu’un s’approchait. Gne. S’il était venu, au moins, c’était que ce n’était pas un petit con, dénué de toute intelligence. Et puis, elle voulait voir ses compétences en niveau de discrétion.
Elle bougea un peu, et banda son arc, une flèche encochée. Une flèche… pas n’importe laquelle non plus. Une flèche, trempée dans un liquide létal il y avait de cela quelques minutes (il avait une particularité, qui était que, même si le poison séchait, sa mortalité était toujours présente). Il en fallut à peu près deux pour entendre l’humain arriver par une fenêtre. Aussi tôt, la flèche mortelle était pointée sur lui. Voyant qu’il n’était pas, au premier abord, armé, A’talia se détendit, et rangea son arc. Enfin, après avoir rapidement fait un tour et assommé les deux gardes.
Et puis, une fois que la fée était revenue, elle commença à parler.

« Bon… je m’appelle A’talia. Désolée de ne pas vous avoir fait confiance dès le début, mais c’est pour ma sécurité. Je me suis spécialisée dans le vol, mais j’ai… des compétences question poisons, et aucun scrupule à ôter la vie, ni à combattre. Je travaille pour mon propre compte, mais, de temps en temps, il m’arrive d’avoir quelques contrats. En revanche, j’agis toujours seule. Cependant, ce que vous me conseillez est… fort intéressant. Comme je vous l’ai promis, cela ne me dérange pas – plus – de… devenir votre alliée dans cette affaire. »


Et, si cela fonctionne, peut-être y aura-t-il une suite…
A’talia attendit sa réponse, et alla s’adosser à une poutre. Les effluves de la nourriture flottaient autour d’eux, mais, contrairement à la puanteur de l’autre soir, ce n’était guère dérangeant.
Soudain, alors que la Fée sentait que l’humain était sur le point de répondre, elle se figea. À une dizaine de mètres de là où les deux voleurs se trouvaient, il y avait… du mouvement. Elle fixa soudainement le visage de l’homme, bien qu’elle ne le voie pas. Mais c’était surtout un signe pour lui démontrer que quelque chose n’allait pas. Un doigt sur la bouche, puis un signe de la main, et A’talia s’élançait dans les poutres, y accédant en grimpant contre le bois rugueux du pilier où, avant, elle s’était adossée.
Elle fila à travers le grenier, les bras dépliés à côté d’elle, comme pour se stabiliser (bien que ce ne fut que purement inutile, ayant un équilibre parfait).
Enfin, elle arriva près d’une petite lucarne – celle par laquelle elle s’était faufilée pour venir ici. Elle l’avait pas besoin de le voir, mais Gne, si. Comme elle l’avait senti, à quelques mètres, une poignée d’hommes, une arme et une torche en main. L’un deux pointait l’endroit où les gardes étaient affalés.


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A'talia Nossön

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Gne

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MessageSujet: Re: Rencontre nocturne...    Ven 25 Juil - 16:01

Gne se rappelait encore des paroles de la fée :

« Très bien. Si tu es aussi doué en temps que voleur… et chimiste que tu le prétends, eh bien, tu ne devrais pas avoir de mal à me trouver demain à la même heure à l’endroit où le fruit du travail des habitants de cette ville converge… À ce moment-là, tu auras ma confiance… ainsi que toute l’aide de ma part dont tu auras besoin. »


Il se sentait un peu couillon. Il avait bêtement pensé que la fée faisait référence à la banque du bourg, un tout petit établissement sans envergure accolé au bureau de la poste Royale et du relais des malles-postes et autre chariots. Un établissement très peu protégé mais qui d’un autre côté ne présentait que peu d’intérêt. Il avait alors passé une demi-journée à tenter d’acheter le plus de salpêtre et de phosphore possible, usant jusqu’à son dernier sou et espérant que personne ne le reconnaisse, au cas où une porte ou deux aurait dû être dégagée plus brutalement qu’au crochet. Le bourgmestre venait de passer un arrêté qui restreignait la vente d’armes aux seuls résidents du bourg de bonne réputation, probablement en vue de l’arrivée imminente du prince, et Gne n’avait donc pu se procurer qu’un seul couteau de jet supplémentaire auprès de l’homme du jeu du pois chiche, en échange de son anneau d’oreille. L’homme ne manquerait pas de le signaler si il soupçonnait la moindre activité criminelle et surtout s’il anticipait la moindre récompense ; le voleur se détestait lui-même de n’avoir pas plus anticipé ses achats en matériel, car ses réserves en arsenal étaient maigres pour s’attaquer à une troupe ne serait-ce que de moyenne importance.

Après avoir patienté deux heures, grimé aux couleurs du bois d'un appenti non loin de la banque sur lequel il s'était hissé, et s’étonnant de ne pas voir arriver celle qui venait de le défier, il avait eu une révélation quand le ciel orangé avait éclairé le grenier municipal. Mais bien sûr ! La richesse de tous ces hommes et ces femmes, c’était les produits de l’agriculture. Gne avait alors dû se dépêcher, parcourant les venelles déjà presque vides, sautant de balcons en faîtage apparent lorsqu’il ne se faufilait pas entre deux maisons, le capuchon rabattu sur le visage. Il se maudissait. Il avait été stupide deux fois aujourd’hui. Cela ne devrait plus se reproduire. Ses plans étaient d’habitudes si millimétrées, et ces changements soudains dus à l’arrivée d’une seconde voleuse dans le secteur l’avaient perturbé. D’un autre côté, cette inconnue le grisait à le défier ainsi.

Comme il devait agir dans la précipitation il n’eut pas la joie de se glisser sans bruit aucun, bien que très discret, dans la bâtisse. Il ne put pas non plus surprendre la jeune fée qui l’attendait de pieds ferme, et qui –nota-t-il- n’avait qu’une confiance limitée en lui puisqu’elle ne se gênait pas pour le mettre en joue. Elle rangea néanmoins son arc, mais entreprit ensuite d’aller assommer les gardes que Gne avait soigneusement évités. Il grimaça. Il était peu probable que ceux-ci puissent entendre une discussion à voix basse à cette distance derrière l’épaisseur de bois, à moins de tendre l’oreille. Certes les deux protagonistes allaient pouvoir discuter plus tranquillement mais la disparition des gardes allaient attirer l’attention. Mais c’était pire que ça. Gne se retint de toute réprobation, mais il ne put intérieurement que voir d’un mauvais œil que la fée n’aient même pas caché convenablement les corps assommés des gardes. Gne n’aimait pas la violence. Il préférait ne pas se faire voir (sauf si cela faisait partie de son plan : il avait quelquefois choisi de se faire voir alors qu’il fuyait, en prenant soin de se maquiller ou de mettre de faux attributs comme un faux nez ou une perruque, et avait ensuite eu le loisir de ne malheureusement pas pouvoir aider les gardes qui cherchaient un individu qui ne lui ressemblait pas et à qui on imputait le vol), et était généralement très loin quand les victimes de ses rapines se rendaient compte de quoi que ce soit. Il appréciait aussi de laisser de faux indices ou de fausses pistes pour berner ses poursuivants. Mais déjà la voleuse revenait :

"Bon… je m’appelle A’talia. Désolée de ne pas vous avoir fait confiance dès le début, mais c’est pour ma sécurité. Je me suis spécialisée dans le vol, mais j’ai… des compétences question poisons, et aucun scrupule à ôter la vie, ni à combattre. Je travaille pour mon propre compte, mais, de temps en temps, il m’arrive d’avoir quelques contrats. En revanche, j’agis toujours seule. Cependant, ce que vous me conseillez est… fort intéressant. Comme je vous l’ai promis, cela ne me dérange pas – plus – de… devenir votre alliée dans cette affaire. "


Une alliée ? La belle affaire ! Ils n’avaient plus le choix puisque le bourgmestre fouillait les environs ! Il y avait des affiches en ville qui proclamait que quiconque fournirait des informations permettant de remonter au rôdeur ou à la rôdeuse de « notre vénéré bourgmestre » recevrait une récompense de six pièces d’argent ! Elle avait dû dérober une sacrée somme… et il pourrait entrer dans les bonnes grâces de l’homme le plus influent du coin…
Gne chassa ces idées d’un geste : il y avait plus à se faire à la clé, et puis cette fée l’intriguait. Il ne les appréciait d’habitude pas plus que cela, mais c’était la première fois qu’il en voyait une aveugle, et une voleuse de surcroît ; de plus elle avait parfois un comportement assez singulier qui l’amusait beaucoup.

Gne se dit de plus qu’une personne versée dans les poisons compléterait ses compétences. En tant que voleur, il savait bien sûr reconnaître les effets des six ou sept poisons et des somnifères les plus connus ou les identifier et les utiliser, mais il ne savait pas les fabriquer, et il était donc toujours dépendant du savoir d’un apothicaire ou d’un commerçant peu scrupuleux qui ne vendaient bien sûr ces produits qu’à un prix prohibitif en échange de leur discrétion. Gne était admiratif. Le seul somnifère qu’il maîtrisait était le plus naturel du monde : il suffisait de mettre une boule de concentré d’o-pioum dans n’importe quel liquide (ou bien dans de la viande si on s’en servait sur des animaux qui ne regardaient pas au détail). Ça ne se sentait presque pas et on faisait un gros dodo, mais ça mettait plus d’une heure à agir le temps que la digestion se fasse. Il avait bien essayé de fabriquer de l’élixir de chancrelune dans un creuset une fois, mais ça n’avait eu comme effet que de lui exploser au visage et de lui faire voir trouble pendant deux jours. Il faudrait qu’il essaie d’apprendre de cette aventurière impertinente, ou au moins de monnayer des échantillons à bas prix. S’ils avaient le temps, un jour.

Gne prit une respiration pour répondre après toutes ces réflexions mais un geste de son interlocutrice l’arrêta. Il tendit alors l’oreille et comprit que quelque chose clochait : la nuit s’était tue, les insectes ne chantaient plus et même les oiseaux nocturnes n’émettaient pas de bruits proches. Il y avait quelqu’un dehors, assurément. La fée se rendit à une lucarne et fit un signe à Gne : un, deux, trois… six individus !
Gne resta de marbre pour ne pas paraître impressionnable mais intérieurement il se retenait de ne pas prendre les jambes à son cou. Il ne pouvait sûrement pas vaincre une telle escouade à lui seul au corps à corps et ne voulait pas utiliser ses armes de jet qu’il devait économiser; de plus il ne connaissait pas les compétences de sa compagne et ne pouvait donc être sûr qu'ils pouvait à deux être sûr de vaincre cette petite troupe. Un ou deux hommes à la fois ça restait du domaine du faisable, voire trois, surtout s’il leur tombait sur le paletot par surprise, mais plus ce serait compliqué. La brigade devait avoir repéré les corps.  Quand celle qui disait s'appeler A'talia revint enfin de son pas léger , Gne dit :
« Bon on vient donc de se faire repérer dans une endroit relativement clos. Les hommes ont vu leurs collègues étendus, donc ils vont nous en vouloir et savent qu’on est dangereux. Ils vont pas être tendres. Alors je ne sais pas vous mais moi je pourrais sûrement me cacher ici. Ou bien les affronter, parce que je suis super fort évidemment » lança Gne d’un air bravache. Comme il n’était pas très convaincant il entreprit de descendre frénétiquement placer une lourde barre en bois sur les emplacements prévus de la porte du grenier. On devait sûrement le barricader et y poster des hommes quand des dangers menaçaient, ce qui expliquait les petites ouvertures par lesquels ils étaient entrés.

Il reprit en remontant l’air nonchalant, tentant de cacher son inquiétude: « vous savez si la porte est lourde ? Vous pouvez vous enfuir si vous voulez bien sûr, ils vous suivront sûrement et les deux ou trois gus qui entreront pour fouiller le grenier ne me verront pas je vous le garantis, pourvu qu’ils mettent plus de quelques minutes à ouvrir. Y a donc deux façons de faire ça. La vôtre, où tout le monde crève, ce qui peut réduire la garde de la ville certes, mais peut aussi pousser le prince à ne pas s’attarder en ville ; je ne sais pas. L’autre option n’est pas forcément plus probante mais comme je dis parfois : mieux vaut fuir aujourd’hui pour fuir un autre jour demain. Enfin bref. Si vous préférez vous battre, y a un truc que je peux peut-être faire… vous savez, vous m’avez appelé chimiste, ce qui est exact, mais vu ma spécialité, vous pourriez tout aussi dire « artificier »… vous avez déjà vu des feux d’artifice ? »

La jeune femme paraissait toujours dans l’expectative, dans l’attente. Elle s’adossait nonchalamment au chambranle, les yeux-mi clos, intéressée, mais pas vraiment impressionnée. Impressionnée par quoi d’ailleurs, il fallait bien le dire.
Gne sortit sa dague de son fourreau et cinq petites bourses en toile toute simple, qu’il entreprit de bourrer du salpêtre qu’il avait prévu pour plus tôt. Il rajouta une pincée de phosphore et de magnésium, un peu de terre et de paille de fer… et glissa même des cailloux dans quelques unes d’entre elles. Puis il prit une longue mèche qu’il découpa d’environ la moitié pour la redécouper en plusieurs petites mèches pour les caler dans les bourses, qu’il ferma à l’aide de leurs cordons. Se ravisant, il en rouvrit une, prit un de ses crayons de scribes itinérants, découpa la mine avec sa dague et la broya comme il put avec la garde de son arme ; il récupéra ensuite la poudre dans sa paume gauche, reprit du magnésium dans sa poche droite et entreprit de mélanger les deux avec sa salive avant de remettre la pâte dans la petite bourse qu’il attacha bien séparée des autres à sa ceinture.  Il entreprit enfin d’huiler les mèches. Mentalement, il estima qu’en dehors du phosphore et du magnésium qu’il n’avait presque pas touché, il venait de passer presque la moitié de son matériel. Il lui en restait néanmoins une réserve confortable, mais il ne pourrait pas en passer plus avant l’arrivée du prince, ou bien il lui faudrait en racheter ; mais avec quel argent ? il n’avait pas le temps de penser, il fallait agir.

Il considéra en quel endroit du plafond il pouvait aisément se cacher. Les cachettes n’étaient pas nombreuses, mais elles étaient bien réelles. Pour peu que les hommes n’aient pas de chiens, il serait en paix là-haut dans les poutres. Sinon… et bien ce serait plus compliqué. Gne se souvint simplement qu’il avait encore deux toutes petites fioles d’essence de lavande concentrée. Mais il voulait les garder à moins d’être vraiment contraint de les utiliser. Comme toutes les essences ça dégageait une odeur si forte que tout le monde se mettait à ne plus rien sentir que la lavande, animaux compris. Mais si la lavande se trouvait dans de nombreux commerces pour parfumer l’intérieur ou soigner les bronches, ça valait une petite fortune !

Enfin Gne lança quelques ballots de paille alors qu’on tambourinait déjà à la porte depuis plusieurs minutes et que les gardes invectivaient quiconque se trouvaient dans ces lieux et incitait tout contrevenant à se rendre immédiatement. Il n’avait pas envie de mettre le feu à toutes les récoltes de ces pauvres gens, mais il ne faudrait pas l’y pousser non plus. Laissant sa dague prête et enfoncée dans sa ceinture, se tenant paré à saisir son briquet d’une main et soupesant pensivement une des petites bombes improvisées de l'autre, il s’aperçut que la fée avait entrepris de s’approcher d’une lucarne et d’observer l’extérieur ou de plus en plus de bruit se faisait entendre. Beaucoup plus de bruit.
« Qu’est-ce qu’il se passe ? Vous avez pris une décision ? »

la porte commençaient à craquer sous les assauts de deux haches qui faisait sauter des pans entiers de bois. Elle ne tiendrait pas longtemps.
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A'talia Nossön

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MessageSujet: Re: Rencontre nocturne...    Mer 6 Aoû - 18:41


A ‘talia pestait mentalement. Non mais quelle idiote ! Pourquoi avait-elle décidé d’assommer les gardes ? Certes, c’est ce qu’elle aurait fait en temps normal, mais, là, il ne s’agissait plus de voler le butin convoité et de repartir aussi sec… Et puis, maintenant, l’humain devait sûrement la trouver stupide, incompétente ou quoi que ce soit. Ce n’était pas qu’elle souhaitait compter pour l’humain, mais elle aurait aimé récupérer la récompense promise pour le « petit boulot » que lui offrait Gne.
En parlant de ce dernier, il appela l’elfe, qui revint sur ses pas.

« Bon, commença-t-il, on vient donc de se faire repérer dans une endroit relativement clos. Les hommes ont vu leurs collègues étendus, donc ils vont nous en vouloir et savent qu’on est dangereux. Ils ne vont pas être tendres. Alors je ne sais pas vous mais moi je pourrais sûrement me cacher ici. Ou bien les affronter, parce que je suis super fort évidemment »


A’talia leva un sourcil, ricanant intérieurement, et attendit la suite. La fée était à peu près sûre d’avoir l’avantage sur les paysans (parfois, elle se disait qu’il aurait mieux fallut pour elle de devenir assassin ou mercenaire que voleuse), mais, Gne l’avait dit, il fallait savoir rester discrets. Ce que, lui, savait apparemment faire.
Il descendit tant bien que mal une lourde barre de bois, pour la caler devant la porte, histoire que les humains n’entrent pas si facilement que cela.

«  savez si la porte est lourde ? Vous pouvez vous enfuir si vous voulez bien sûr, ils vous suivront sûrement et les deux ou trois gus qui entreront pour fouiller le grenier ne me verront pas je vous le garantis, pourvu qu’ils mettent plus de quelques minutes à ouvrir. »


La suivre ? Et comment, s’il-vous-plaît, si elle s’envolait ? Si Gne avait la possibilité de se travestir, elle, pouvait déguerpir sans crainte d’être poursuivie.

«  a donc deux façons de faire ça. La vôtre, où tout le monde crève, ce qui peut réduire la garde de la ville certes, mais peut aussi pousser le prince à ne pas s’attarder en ville ; je ne sais pas. »


Quoi, elle voulait que tout le monde crève ? Naaaan. Et puis, elle avait juste assommé les gardes, pas tués.

« L’autre option n’est pas forcément plus probante mais comme je dis parfois : mieux vaut fuir aujourd’hui pour fuir un autre jour demain. Enfin bref. Si vous préférez vous battre, y a un truc que je peux peut-être faire… vous savez, vous m’avez appelé chimiste, ce qui est exact, mais vu ma spécialité, vous pourriez tout aussi dire « artificier »… vous avez déjà vu des feux d’artifice ? »


Oh que oui, elle en avait déjà vu, mais elle était bien loin de savoir en faire. A’talia s’adossa au chambranle, et, se permit un air blasé, alors qu’elle se disait que l’humain ne devait pas être inutile dans ce genre de situation, et qu’il serait peut-être apte à redresser la situation  - que j’ai foutue en l’air, s’avoua-t-elle – et, peut-être, garantir le succès de la mission. Ou pas.
La fée « vit » Gne qui s’attelait à la création d’une de ces choses, tandis qu’elle continuait de réfléchir. Certes, elle préférait utiliser ses armes, le poison et les lames, mais elle reconnaissait qu’ici,  cela ne serait pas d’un grand secours. Et puis, le plan « feu d’artifices » pouvait fonctionner. Si elle pouvait se cacher au plafond, ainsi que Gne, et faire exploser les « choses », ils pourraient sans trop de mal s’enfuir, par une des petites lucarnes, ou quelque chose dans le genre.
La fée entreprit de voler jusqu’à ladite lucarne, par laquelle elle était entrée. Ce n’était pas qu’elle en avait besoin, sa vision traversait les murs, mais, de là où elle était son don n’atteignait pas ce qu’elle souhaitait surveiller.
Oui. C’était bien ce qu’elle pensait. Craignant que le toit voisin serait trop éloigné, la fée s’inquiétait du fait qu’elle ne savait pas si l’homme saurait sauter suffisamment loin, c’était pourquoi elle regardait. Heureusement, la masure à côté n’était qu’à deux mètres. Certes, elle se doutait que Gne ne saurait pas bondir jusque là, mais elle avait apporté par prudence quelques outils de voleur, et une corde. Grande. Solide.
Ou alors, ils pouvaient s’échapper au sol, mais ce serait moins prudent.
À ce moment-là, la voleuse se rendit compte des vociférations du paysan, qui meurtrissait la porte avec ses tambourinements incessants.
Gne s’attelait à renforcer encore leur sécurité temporaire.

« -ce qu’il se passe ? Vous avez pris une décision ? »


À présent, la porte commençait à craquer, car deux solides haches l’entamaient. A’talia ne se faisait pas d’illusion. Il fallait choisir le plan « feux d’artifices ». Et puis, si celui-ci ne fonctionnait pas, il y avait toujours son arc, ses dagues. Et son poison.

La fée hocha la tête.

«  bien. Ça marche. Personnellement, je pensais nous cacher, puis lorsque vous ferez exploser vos, votre feu d’artifices, on s’en ira. J’ai repéré une maison, à deux mètres. J’ai une corde, on pourra s’enfuir par là. J’ai trouvé une cache, il faut qu’on y passe… chercher quelque chose. »


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A'talia Nossön

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Gne

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MessageSujet: Re: Rencontre nocturne...    Mar 12 Aoû - 0:15


«  bien. Ça marche. Personnellement, je pensais nous cacher, puis lorsque vous ferez exploser vos, votre feu d’artifices, on s’en ira. J’ai repéré une maison, à deux mètres. J’ai une corde, on pourra s’enfuir par là. J’ai trouvé une cache, il faut qu’on y passe… chercher quelque chose. »


Gne après avoir hoché la tête, regarda la fée voleter patiemment vers les chambranles. Il entreprit lui-même d'observer la porte en soupesant une de ses bombes artisanales. Il allait y avoir de la fumée, du bruit et une sacrée déflagration. Le phosphore et le magnésium allait aveugler les cibles un bon moment, la paille de fer projetée enflammerait peut-être quelques brins de pailles, et le salpêtre ferait sûrement trembler jusqu'aux murs avec la détonation, au vu de ce qu'il avait bourré. La première bombe devait toujours être très riche en composant, pour impressionner l'adversaire potentiel. Il prit note de n'utiliser les bourses à cailloux et la bombe incendiaire qu'en cas d'ultime besoin. S'il boutait le feu aux récoltes, il n'y aurait probablement plus un seul coin sûr en ville une fois que tous les habitants sauraient qu'un étranger a détruit leur réserve de vivres...

Gne attrapa encore deux ballots de pailles qu'il lança au-dessus des autres. la porte était déjà à moitié foutue et on commençait à apercevoir les poignets des gardes qui envoyaient leurs haches plus avants dans le bois. Alors, il prit une grande inspiration, fit sortir deux étincelles de son briquet, visa rapidement et expédia la bombe sur le premier ballot.
Elle rebondit mollement et sortit par un trou béant de la porte. On entendit une exclamation. Gne se tourna afin de ne pas finir aveuglé. Il cria "ne regardez pas" à la fée qu'il avait oublié de prévenir, espérant qu'elle l'entendrait.
La détonation fit voler en éclat presque tout ce qui restait de la porte. Les quelques accessoires en ferronnerie pendaient mollement, cruellement tordus, sur leurs gonds vacillants. Une épaisse fumée masquait entièrement l'extérieur et une odeur piquante et forte de fer brûlé envahissait la pièce.  Quand ses oreilles cessèrent de siffler, Gne entendit aussi de nombreux râles.Sans attendre que la fumée se dissipe, Gne fit rouler une amphore depuis l'étage sur le sol de l'entrée. elle explosa en libérant une énorme quantité de tomates concassées; Gne lança sa deuxième bombe. Cette fois-ci, des cris d'horreur retentirent, brefs mais intenses: Gne avait retapissé toute la grange et les abords de l'entrée de rouge vif et collant...

Un trait traversa l'entrée et alla se ficher, à l'aveuglette, hors de vue. un autre ne tarda pas à le suivre. Ces imbéciles tiraient à l'aveugle! Fallait-il qu'il soient couards. Bon et bien à la guerre comme à la guerre... il fallait créer une diversion et les concentrer par là le temps que Gne et son acolyte file. Il dit alors:
Si vous me sortez de là je vous suivrais où vous voulez... Parole d'homme sans aucun honneur,  ajouta-t-il dans un sourire.
Puis Gne entreprit de prendre la botte de foin la plus humide qu'il avait à portée de main et d'y foutre le feu, une énorme fumée s'en échapperait bientôt, mais peu de chaleur et de flammes. Il essaya de la lancer en direction des autres ballots , mais manqua son coup, et celle-ci voleta mollement en se dispersant. Soudain, deux hommes plus hardis passèrent l'embrasure, les armes à la main. L'un d'eux tenait un javelot, et visa Gne, tétanisé par ce bout pointu qui semblait lui indiquer un avenir acéré et mordant, quoique très bref; mais alors que Gne voyait en une seconde s'étirer les derniers instants de sa vie, Gne vit l'homme grimacer et lâcher son arme. Plus vite que Gne n'aurait jamais cru le voir, un trait avait littéralement transpercé l'épaule de l'homme. Il s'en remettrait peut-être, mais il aurait du mal à aider aux champs tout le reste de sa vie, pour sûr; et encore, vu l'attrait de son acolyte de circonstances pour les poisons, nul ne saurait dire si l'homme passerait la nuit.... Gne se secoua mentalement l'esprit, arrêtant ses réflexions pour passer en mode "action". Le deuxième homme grimpait déjà quatre à quatre les échelons pour le rejoindre, mais Gne décocha un coup de botte adroit et l'homme retomba simplement lourdement sur le sol. En même temps, quelle erreur grossière...  

Mais déjà d'autres hommes et femmes se portaient au secours de leurs compagnons. Tous n'étaient pas des gardes. Sans prendre le temps de détailler, Gne vit que la majorité d'entre eux devaient être des fermiers ou des bûcherons de la milice, arborant des fourches ou des haches de travail. Se jetant à terre, il vit encore deux hommes s'écrouler. Décidément sa camarade était une sacré archère... Mais il n'était plus question de jouer. Tant pis, plus de choix. Il fit tonner son briquet, attrapa une bombe qu'il avait auparavant garni de cailloux, l'alluma et la jeta à l'aveuglette. "Tout le monde à terre!" hurla-t-il immédiatement mais il enjamba lui-même la lucarne la plus proche, jeta un regard à sa compagne de route improvisée, l'invitant à le rejoindre et sans attendre se projeta de tout son long vers la mansarde dont A'tallia lui avait parlé, non sans avoir projeté son  unique bombe incendiaire à l'extérieur en direction de l'angle de la grange côté entrée pour retarder d'éventuels poursuivants.

Gne essaya de prendre un appui, mais la légère détonation de la bombe à l'intérieur de la grange le poussa dehors trop tôt; et malgré une bonne allonge, il prit le mur d'en face de plein fouet, à quelques centimètres du rebord supérieur. Fort heureusement en retombant ses doigts rencontrèrent une glissière qu'ils serrèrent instinctivement. Il se retrouva alors, pendus par les bras, cherchant maladroitement une prise pour ses pieds, le long de la bâtisse. En contrebas sa bombe explosa et tapissa les murs de liquide et de poudre enflammées qui vinrent éclairer la scène d'une lumière chaude et rousse. Malgré tout, à part noircir les murs et dissuader quiconque de traverser, la bombe ne ferait sûrement que peu de dégâts importants, sauf avec un peu de chance... Une chance dont il avait assez besoin, vu que les bombes avaient sûrement ameuté tout le patelin de ces mange-radis et que la dernière qu'il avait lancé dans la grange en avait probablement laissé un ou deux définitivement sur le carreau. Les copains voudraient se venger. Pour un homme de discrétion, il avait sacrément déconné. Stupide moi-même! se morigéna Gne. La glissière commençait à crier à l'agonie et déjà une vis avait sauté.

En levant les yeux il vit la fée qui le contemplait, calme, l'arc dans une main et l'air songeuse. Dans l'autre main, elle tenait une corde. Cette façon qu'elle avait de le "regarder" était vraiment perturbant, pensa-t-il. Il avait vraiment besoin d'aide. il lui restait une unique bombe, son genou gauche avait pris le mur de plein fouet et il sentait déjà une douleur sourde à son endroit, une douleur qui l'engourdissait. De plus il sentait un liquide chaud et poisseux dont il soupçonnait la teneur le long de son pied gauche, encore lui. Et enfin l'aube se levait et il se demandait si le prince allait arriver et si oui, s'il allait s'arrêter. Gne pourrait difficilement attendre un jour de plus. Tout le monde allait chercher des étrangers et lui et son amie de circonstance serait bientôt épié de près ou arrêtés à titre préventif s'ils avaient le malheur de se balader dans la rue. Et puis cela faisait longtemps qu'il n'avait pas joué de son instrument et il commençait à faire des rêves étranges qu'ils n'aimait pas car il ne les connaissait que trop bien...
Rappelez-vous, parole d'homme sans honneur. Laissez-moi vous prouver que je ne suis pas sans talent, nulle serrure ne me résiste. Bon elle vient cette corde, ou je dois venir la chercher moi-même pour vous raccompagner jusqu'à vos quartier planqués mademoiselle? Méfiez-vous, les rues ne sont pas sûres ce soir, il semblerait qu'il y ait de l'agitation et peut-être même des individus louches qui rôdent. Je devrais vous accompagner. Haha. lâcha Gne sur le ton trop rieur d'une plaisanterie qui ne cachait qu'une inquiétude importante.
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Rencontre nocturne...

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