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 Tout mais pas ça ! ~ [PV Delm]


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Archantaël l'Onirique

Archson
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MessageSujet: Tout mais pas ça ! ~ [PV Delm]   Mer 11 Juil - 17:52

Archantaël dut faire un effort surhumain pour exécuter ce simple geste. Elle empoigna le mince morceau de bois et le plia, usant du peu de forces qui lui restait. La flèche s'arqua lentement, déchirant un peu plus sa chair dans la direction de ses côtes. Le rictus de souffrance qui déformait son visage fut accentué par la douleur. Enfin, la tige de bois céda sous la torsion en un "crac" soudain. Le visage du démon se décrispa sensiblement. Elle pressa sa main contre la plaie en prenant garde à ne pas enfoncer la pointe de métal. Ses membres tremblaient.
Avachie dans un coin d'une grotte étroite mais haute de plafond, Archantaël tentait tant bien que mal de panser les blessures encaissées lors d’une embuscade que des elfes lui avaient tendue. Sans doute l'avaient-ils repérée alors qu'elle foulait le sentier qui sillonnait la montagne, complètement à découvert. Elle avait pu compter trois individus qui l'avaient assaillie de leurs flèches et de leurs dards avant de descendre de leurs cimes et de s'attaquer à elle au corps à corps. Hengentön - qui avait pris quelques dizaines de mètres d'avance - survint au bon moment, surprenant les attaquants qui furent mit en déroute par le fauve en furie. L'Onirique s'était alors traînée jusqu'à une petite caverne non loin de là, espérant être suffisamment à l'abri pour que personne ne vienne l'achever. Malheureusement pour elle, son compagnon avait poursuivi sa chasse, traquant les fuyards en s'enfonçant dans un bois. L'animal avait en effet gardé une partie de son instinct animal et la rage qui s'était emparée de lui avait vite fait d'éteindre le feu de la sagesse. Il avait préféré poursuivre les elfes jusqu'à les anéantir, assurant à sa maîtresse le répit le plus certain. Archantaël tenta de l'appeler au secours, sans pour autant savoir ce qu'il pourrait faire pour elle, mais sa voix ne portait pas plus loin qu'à l'entrée de son refuge. Ses cris de détresse se transformaient en soupirs douloureux et en grognements rauques une fois sa gorge passée.
La douleur lui arracha deux larmes qu'elle ne put même pas essuyer. Elles roulèrent le long de ses hautes pommettes puis de ses joues creuses, finissant dans les commissures de ses lèvres pour lui faire goûter leur sel. Il se mêla d'ailleurs bien vite à celui de son sang qui remontait sous sa langue et emplissait sa bouche sèche. Archantaël serra les dents et déglutit difficilement, sentant son hémoglobine descendre dans sa trachée qu'elle aurait bien voulut humecter. Elle décolla un instant sa dextre de la blessure de la flèche, constatant que le sang avait tâché ses gants. Son esprit était troublé, elle ne savait plus ce qu'elle devait faire : retirer la pointe ou bien la laisser, au cas où elle avait transpercé une artère ? Le démon rugit de colère et de douleur.
L'Onirique jeta également un coup d’œil à une seconde blessure, bien plus superficielle. Une autre flèche avait entaillé la chair de son épaule gauche, ouvrant une blessure d'un bon centimètre de profondeur. En soi, l'ampleur de la taillade ne l'inquiétait pas... C'était les picotements infernaux qui s'en dégageaient et se répandaient dans tout son bras qui la préoccupaient. Elle savait pertinemment que, si les elfes savaient faire peu de choses en dehors de se faire des tresses et de brosser leurs poneys, ils excellaient dans l'art de concocter des poisons. Le démon hurla intérieurement, pestant contre ces saletés d'elfes. Elle s'était jurée de mourir au combat, mais bon sang, pas contre des elfes ! Tout mais pas ça...

Au dehors, une fine pluie commençait à s'abattre, humidifiant peu à peu l'humus. De son point de vue, Archantaël ne pouvait pas apercevoir l'état du ciel, mais elle se doutait par la baisse de luminosité que les nuages n'allaient pas tarder à l'assombrir. Son œil se perdit un instant dans le vague. Il fixait le maigre feuillage brun d'un vieil arbre dont elle apercevait une partie. Sans se rendre compte de l'inconscience du geste qu'elle s'apprêtait à faire, l'Onirique se redressa contre la paroi de la pierre. Le supplice qu'elle endurait dans la région de son flanc s'accentua, la faisant grimacer de plus belle. Elle se mordit la lèvre jusqu'au sang, ce qui n'arrangea en rien son état buccal. Ses jambes s'agitèrent dans un spasme frénétique, raclant son armure contre la roche. Sentant l'énervement chasser peu à peu son bon sens, elle fit appel à ce dernier avant qu'il ne disparaisse totalement. Elle approcha sa sénestre de la plaie pour prendre le relais de sa main droite à qui elle assigna la mission d'ôter quelques fragments de son armure. Elle commença par défaire les sangles qui maintenaient les parties métalliques tout autour de la blessure de la flèche. Ses mouvements étaient désordonnés et elle se refusait à interrompre sa pression, c'est pourquoi elle ne pouvait utiliser qu'une main. L'opération lui prit trois fois plus de temps que d'habitude... Lorsqu'elle entreprit d'enlever l'épaulette qui avait failli à sa mission à quelques millimètres près, elle se vit obliger d'échanger encore une fois les rôles. C'est sa main gauche seule qui dut s'occuper de défaire les boucles attachées au niveau de son omoplate opposé. Archantaël put découvrir qu'elle avait peu de chances d'embrasser une carrière de contorsionniste.
Une fois son épaulette détachée, elle l'envoya le plus loin possible, la faisant heurter la pierre dans un bruit métallique à vous faire grincer les dents. Toute sa rage et son désespoir accompagna ce lancer peut-être peu judicieux mais soulageant. Songeant au piège classique que lui avaient tendu ces saletés de haricots verts humanoïdes, elle donna un grand coup de tête dans la paroi derrière elle, faisant même tomber quelques petits cailloux. Le poing qui n'était pas occupé à appuyer sur la mutilation  se serra. Une large tache circulaire pourpre s'étendait peu à peu sur la fine tunique blanche qu'elle portait sous son armure. Le tissu s’humidifiait et collait à sa peau. En temps normal, Archantaël ne prêtait pas attention à ce genre de gène mais maintenant au bord de l'évanouissement, tout ce qu'apportaient ses sens était amplifié jusqu'au désagrément... Elle aurait bien voulu se débarrasser de tous ses atours et se plonger dans le lac à l'eau glaciale qui se trouvait non loin de son antre... Cette idée simple l'apaisa un quart de seconde, mais la réalité revint brutalement et lui rappela immédiatement qu'elle souffrait toujours plus. Son corps se mit à trembler, le sang qui remontait sa gorge la forçait à tousser ses poumons. De nouvelles larmes vinrent couler sur ses joues alors que ses jambes se tortillaient nerveusement dans tous les sens.


« Hen', soupira-t-elle à bouts de forces. Je t'en supplie, reviens. »

Elle ferma les paupières, souhaitant presque mourir. Elle avait soif et mal. Il y avait bel et bien quelque chose qui se répandait dans son bras, dans son buste puis dans le reste de son corps. Un poison, peut-être.
La peur, si elle avait de la chance.

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Dernière édition par Archantaël l'Onirique le Ven 28 Aoû - 22:34, édité 1 fois
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Delm Lysheart

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MessageSujet: Re: Tout mais pas ça ! ~ [PV Delm]   Mer 21 Mai - 17:00

« Qu’est-ce qu’il fait ?
- Comment tu veux que je le sache ? Je suis pas son père !
- Non sans rire…
- Ben tu le vois comme moi, il regarde le sol ! C’est pas si con que ça quand on marche, si ?
- Ca fait deux heures qu’il fixe ses pieds ! Moi je te dis qu’il y a un truc qui va pas !
- On a qu’à lui demander… Delm ! Hé, le piaf !
- DIX NEUF MILLE QUATRE CENT TRENTE SEPT !
- Woah qu’est-ce qu’il nous fait là ?
- C’est quoi ce nombre ?
-Dix neuf mille quatre cent quarante neuf maintenant. Mais ça ne cesse d’augmenter, c’est effarant !
- Que… Qu’est-ce qui augmente ? Qu’est-ce que tu comptes ?
- Mes pas !
- Je…
- C’est tout à fait incroyable, voilà déjà quelques heures que j’y suis, et pas une fois ça n’a diminué !
- Et ça ne risque pas…
- Pardon ?
- Rien rien, tu veux t’arrêter de compter à un moment ?
- Dès que j’atteins les vingt mille !
- Bon ça va, on est pas loin…
- Oui, déjà dix neuf mille cinq cent soixante trois… Ou quatre ?
- De quoi ?
- J’ai perdu le compte !
-Qu’est-ce que…
- Il faut que je recommence depuis le début !
- Mais…
- Un, deux, trois… »

Les deux hommes se regardèrent assez longuement, leurs airs abattus plus expressifs que n’importe quel discours. Finalement, l’un d’eux haussa les épaules en signe de résignation, et ils reportèrent leur attention sur la route. Enfin, plutôt sur le chemin rocailleux qui leur servait de sentier et qu’ils avaient intérêt à ne pas perdre s’ils ne voulaient pas errer pendant quelques semaines dans les montagnes. Mais ils avaient l’habitude de ces longues marches dans des contrées désertes et difficiles d’accès. C’était même ce qui faisait le charme de leur métier de marchands itinérants, d’après ce qu’ils en disaient. Ils avaient également l’habitude de servir de guide de fortune à quelque voyageur qui avait une piécette ou deux à dépenser. Ce dont ils avaient beaucoup moins l’habitude, c’était Delm.

L’ange-dragon s’était présenté à eux un soir, alors qu’ils montaient leur campement pour passer la nuit dans une clairière en forêt. Ladite clairière se situant à bien deux jours de marche du village le plus proche, la première rencontre avait été assez inattendue… et plutôt tendue. Mais le curieux personnage avait fini par gagner leur confiance en guérissant une blessure ouverte à la jambe du plus vieux des deux. Evidemment, il fallait faire abstraction des fois où, après deux heures de marche silencieuse, le guérisseur se retournait brusquement pour hurler au premier qui croisait son regard d’aller « au bûcher » en le traitant d’ « hérétique » et de « blasphémateur », et des étranges petits rituels relevant d’une sorte de manie obsessionnelle qui les obligeait tous les matins à se lever du pied droit. Sauf pour les gauchers.

Pour la petite histoire, l’un des deux marchands avait eu le malheur de dire à Delm qu’il était gaucher après que celui-ci l’ait surpris à se lever du pied gauche, et depuis il devait tenir son arme de la main gauche. Mais bon, c’étaient des détails. La guérison était plus importante que tous ces petits tracas, et tant qu’ils ne perdaient pas des yeux  leur ange, tout irait bi…

« Où est-ce qu’il est ?
- J’en sais rien ! Il avait pas recommencé à compter ?
- On avait dit que c’était toi qui t’en occupais l’après-midi !
- Ca va être de ma faute maintenant ! En plus il se met à pleuvoir, on peut pas quitter le sentier… »

Delm entendait de moins en moins les voix de ses compagnons, mais ça ne l’inquiétait pas plus que ça. Il les retrouverait après avoir réglé ce petit détail intrigant qui avait attiré son attention quelques instants plus tôt, alors qu’il regardait ses pieds : du sang. Plusieurs trainées du liquide vital tapissaient les pierres du sentier, et la voie sanglante s’en écartait pour zigzaguer entre les arbres épars qui étendaient leurs branches nues à droite du chemin. L’ange dragon commença à courir, utilisant ses ailes par intermittence pour gagner en vitesse dès que l’espacement entre les arbres le lui permettait. Par deux fois, il dût faire demi-tour car il avait perdu les marques rouges sombres, mais celles-ci finirent par former un chemin de plus en plus droit et aisé à suivre, et il put se concentrer sur ce qu’il avait en face de lui.

Les sons d’abord : des grognements initialement étouffés mais de plus en plus distincts à mesure qu’il se rapprochait de leur source, et enfin des sortes de gargouillements qui ne présageaient rien de bon quant à l’état dans lequel il allait retrouver ce qui saignait autant…
Le première image qu’il eut de la scène confirma ses craintes. Deux ou trois corps étaient étendus dans une petite clairière, une sorte de fauve finissant de déchiqueter une masse sanglante informe dont des morceaux se détachaient pour voler entre les arbres. Si la partie draconique de l’hybride fut mise en appétit devant la scène (« Au fait, c’est bientôt l’heure du souper et j’ai rien avalé à midi » furent les mots exacts qui résonnèrent dans son crâne tourmenté, si vous voulez tout savoir), sa partie angélique se révolta, et c’est en prenant son courage à deux mains que Delm utilisa la meilleure technique connue de l’être humain pour faire fuir les bêtes sauvages :

« Pssshhhht ! Allez ouste, sale bête ! »

La « technique » eut une efficacité plutôt modeste, puisque le fauve continua son travail de boucher, mais au moins il ne se retourna pas contre l’hybride. Puis soudain, il lâcha la viande qu’il avait dans la gueule, et releva la tête en la penchant légèrement, comme s’il écoutait quelque chose de lointain. Delm tendit l’oreille, mais tout ce qu’il entendit furent les derniers râles du corps le plus proche de lui. Enfin, de la tête la plus proche de lui.
La grosse bête émit un petit gémissement, et repartit à toute vitesse en direction du sentier, devant les yeux médusés de l’ange-dragon. Celui-ci considéra un instant ses chances de guérir une tête détachée d’un corps, mais après une petite discussion mentale, il dut bien admettre qu’elles étaient inférieures à 10%. Il prit donc la décision de suivre le fauve, afin de s’assurer qu’il ne transforme pas également ses compagnons de route en charpies.

Il rattrapa le fauve assez rapidement, celui-ci devait certainement être fatigué après sa précédente course et son combat, ce qui était une chance pour l’hybride. Il constata avec surprise que la bête ne se dirigeait plus vers le sentier, mais vers un amas de rochers à découvert. Elle s’arrêtait de temps en temps, comme pour écouter quelque chose, puis repartait à toute allure, toujours vers cette pente rocheuse. L’ange-dragon la suivit à distance, jusqu’au moment où elle disparut. S’approchant de l’endroit où il l’avait vue la dernière fois, il constata qu’elle s’était engouffrée dans une grotte assez étroite qui ne disait absolument rien qui vaille à ses ailes larges…
Il essaya de distinguer quelque chose à l’intérieur, mais les ténèbres étaient reines un mètre à peine après l’entrée. Etait-ce l’antre de la bête ? Fallait-il en condamner l’entrée ou l’enfumer pour la faire sortir ? C’est alors qu’il entendit comme une faible voix venant des ténèbres. Une autre victime !

Delm ne réfléchit pas plus, et décida de… réfléchir. Il lui fallait de la lumière. Après cinq minutes à essayer de faire fonctionner son briquet, il finit par réussir à allumer une torche, ce qu’il qualifia de miracle au moins du même niveau de celui qui lui avait permis de guérir la peste d’un petit village quelques mois plus tôt.
Fier de lui, il en oublia sa précédente angoisse au sujet de l’étroitesse de la voie rocheuse, et c’est en sifflotant qu’il s’engouffra dans la grotte. Un grognement menaçant et un cliquetis métallique l’y accueillirent, et la lueur de la torche lui permit de repérer le matou boucher qu’il avait suivi jusqu’ici. L’animal avait dévoilé sa dentition parfaite dans toute sa largeur, laissant au guérisseur le soin de s’assurer que ses canines étaient en pleine santé. Delm les observa un moment, puis hocha la tête.

« C’est bon, aucune carie ! Par contre, je suggère un bain de bouche à la menthe poivrée ou à la sauge pour l’haleine. »

Le fauve ne parut pas vraiment satisfait du diagnostic, ne montrant aucune volonté à fermer sa gueule. Mais l’ange-dragon avait rendu son verdict, et en bon professionnel, il ne reviendrait pas dessus, à moins que le patient ne revienne pour une autre séance, prenne un nouveau rendez-vous et paie une nouvelle fois tous les frais. C’est donc avec fermeté qu’il continua de s’avancer, sa torche brandie devant lui pour faire reculer la bête sauvage. Celle-ci décrivit un lent arc de cercle en pas chassés, pour rester au plus près de Delm sans risquer de toucher la flamme. L’hybride put alors découvrir ce qui se tenait avachi derrière. Un corps en demi-armure, ensanglanté et tremblant, hoquetant du sang par intermittence et maugréant des mots inaudibles lorsqu’il ne s’étouffait pas.
Delm prit le temps de lancer un regard accusateur à la grosse bête qui grognait toujours.

« Il faudrait éventuellement voir un spécialiste pour la folie meurtrière compulsive, également… »

Se retournant vers le cas urgent que représentait le corps entre la vie et la mort, il se rendit compte qu’il avait trop approché la torche du buste ensanglanté, et que celui-ci avait commencé à roussir. Ne voulant pas ajouter une ou deux lignes à la longue liste de problèmes que le pauvre type avait déjà, l’ange-dragon écarta la flamme rapidement en se maudissant. Il prit le temps de se bénir afin de lever la malédiction, puis décida de se concentrer sur la guérison. Celle-ci était déjà bien plus probable que la tête détachée de son corps. Peut-être 15%. C’était tout à fait acceptable.

Tout sourires, Delm cala sa torche entre deux rochers, retira son manteau et l’étendit sur le sol. Il y traina ensuite la masse ensanglantée dessus, bailla, et mangea un petit morceau de chocolat noir. Chacun ses rituels.
Il s’agenouilla finalement près du corps, et posa le majeur et l’index de sa main droite sur le front de son patient. Après quelques secondes silencieuses, il conclut que l’individu avait de la fièvre. Il fouilla quelques secondes dans sa sacoche, en sortit une poignée de plantes séchées et un petit gobelet métallique, et entreprit de faire rentrer les premières dans le second. Il ajouta de l’eau d’une petite gourde qu’il avait à la ceinture, et mélangea le tout avec un doigt. Il releva légèrement la tête du blessé pour lui faire avaler la solution, opération qui faillit achever la pauvre chose à plusieurs reprises par suffoquement. Mais il finit par y arriver, et il rallongea le corps dans une position plus confortable.

« Ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer ! Et si vous y restez, dites-vous bien que vous irez sûrement au paradis, vous m’avez l’air d’une très bonne personne ! »

Ne sachant si son patient avait entendu ses encouragements, il constata que les tremblements devenaient plus intenses, et décida de ne pas attendre un peu plus. Il attrapa fermement les épaules du type, et… il guérit. Tout ce qu’il pouvait. Toutes les lésions qu’il voyait, toutes celles qui étaient réparables. Il effaça de nombreuses cicatrices, des anciennes et des nouvelles, sans distinction. Il rattacha des tendons, recalcifia des os, rétablit des connexions nerveuses et répara les fibres musculaires lésées. Mais de nombreuses blessures ne guériraient jamais, à commencer par son œil, et son… son âme. Une masse noire sans vie, sans matière, une impression de vide absolu qui donna un haut-le-cœur au guérisseur.
L’ange-dragon se redressa en titubant, et vomit à plusieurs reprises contre une paroi de la grotte. Jamais il n’avait ressenti une telle impression de dégout ! Tournant la tête vers le corps allongé, il constata que le fauve avait profité de son absence pour s’en approcher. Si le guérisseur était encore troublé par ce qu’il venait de vivre, il n’était pas question qu’il laisse la bête finir le travail alors que le patient était sous sa protection… Delm dégaina sa flamberge tant bien que mal, se cognant une bonne douzaine de fois aux parois de la grotte, mais il finit par pouvoir brandir son arme.

« Toi le monstre, tu ne fera plus aucune victime ! »

Criant ses mots qui résonnèrent dans toute la grotte avec une force tranchant avec le précédent silence, il abattit sa flamberge.

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Archantaël l'Onirique

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MessageSujet: Re: Tout mais pas ça ! ~ [PV Delm]   Lun 9 Juin - 21:10

Il faisait bon. Une douce brise soufflait paisiblement, tout semblait d'une légèreté ultime. Archantaël ne sentait même pas le poids de son corps et encore moins la douleur dont, d'après un lointain souvenir vague, elle avait souffert intensément. Sa propre respiration lui semblait extérieure, comme artificielle, insufflée à ses poumons par une sorte de mécanisme d'une efficacité infiniment supérieure à son instinct de survie et aux automatismes naturels auxquels elle n'avait jamais eu besoin de penser. Le sombre vide ondulant où elle baignait paraissait l'enlacer tendrement. Cette sensation était loin de lui être inconnue mais sa mémoire était obstruée, toutes ses connaissances et son vécu étaient devenus comme négligeables et donc inaccessibles dans son esprit. Seule demeurait une superficielle impression de déjà-vu.

Ce furent une toux incontrôlable, un mal de crâne terrassant, des démangeaisons et des brûlures intenses, partout sur et dans son corps, qui l'arrachèrent avec violence à son doux répit. Archantaël voulu pousser un cri mais dut prendre une immense inspiration avant de pouvoir faire quoi que ce soit. C'est d'un élan bruyant et paniqué qu'elle força tout l'air qu'elle put dans sa trachée, se jetant sur le côté en suffoquant, les larmes aux yeux, tremblante, suante et gémissante. Elle régurgita tout ce qui se trouvait dans son estomac, combattant pour essayer de retrouver ses esprits. C'est au bout de quelques secondes, après avoir relevé la tête pour stopper la progression de tous les fluides différents qui dégoulinaient sur son front, ses joues et son menton, que la démone se souvint d'une chose: gravement blessée par des flèches probablement empoisonnées, elle s'était réfugiée dans cette grotte. Sans cesser de frissonner, sentant toute son essence naturelle agressée, elle inspecta rapidement les parties de son corps dont elle se souvenait avoir été atteintes et constata sous le tissu taché que les plaies s'étaient refermées. Elle savait que son état n'était pas dû à des blessures physiques et que techniquement, elle était en très bonne santé. C'était son être profond qui souffrait, infligeant à son enveloppe corporelle des tortures par somatisme. Haletante, elle tenta tant bien que mal de se relever, décidée à savoir ce qui avait déclenché ses symptômes. Si elle n'avait pas été aussi troublée, elle aurait suspecté une essence angélique sans hésitation mais elle n'en était pas encore là.

Avant même qu'elle ne puisse prendre appui sur ses bras, elle entendit un crissement proche d'elle, mêlant le métallique au rocheux, et son instinct de survie lui ordonna de se précipiter dos contre la pierre puisqu'elle n'avait pas la force de se relever. Elle put enfin reconnaître l'environnement concret qu'elle avait quitté et y vit une longue lame s'abattre sur une souple masse noire.


*Hen'* songea Archantaël bouche-bée, pas encore assez lucide pour se ravir mais sentant que sa présence était une bonne nouvelle. Elle vit le guépard esquiver l'arme avec quelque difficulté, forcé de s'éloigner de sa maîtresse en feulant.
Ses émotions se mêlaient sans cesse, croisées au malaise intense qu'elle sentait au plus profond d'elle même mais la démone savait une chose: elle devait faire quelque chose.

C'est donc sans attendre qu'elle s'administra elle-même une claque monumentale.

Cela fut pour effet de remettre ses cellules grises en place pour un certain moment. L'Onirique ne laissa pas son sang faire un tour qu'elle se saisissait déjà d'une dague à sa ceinture et se jetait en avant pour bondir sur son compagnon avant que la lame ne le fasse. Elle agrippa la peau du cou du félin pour le garder sous contrôle, connaissant ses instincts parfois déraisonnés, et, tendant assez misérablement son poignard vers la silhouette vindicative, lâcha les premiers mots qui lui vinrent.


« Woh woh woh... Tout doux... »

Et puis elle réalisa à la vue de deux larges ailes blanches que la silhouette vindicative était celle d'un ange.
Encore une fois, elle sentit quelque chose entamer l'ascension de son oesophage.

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Delm Lysheart

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MessageSujet: Re: Tout mais pas ça ! ~ [PV Delm]   Ven 1 Aoû - 0:01

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Il abattit sa flamberge avec une force qui le surprit lui-même. Principalement parce-qu’il ne s’attendait pas à rencontrer du vide sur la totalité de la trajectoire décrite par son arme. La pointe et la partie supérieure du tranchant s’écrasèrent sur le sol rocheux, arrachant quelques étincelles à la pierre, étincelles qui firent grincer les dents au guérisseur. C’étaient au bas mot trois à quatre heures d’aiguisage intensif qui seraient nécessaires pour rattraper de tels dégâts, sans compter que si le métal était trop fin après l’opération, la lame toute entière devrait repasser chez le forgeron…

« Merde-merde-merde-merde… »

Delm souffla sur son arme avec le même espoir fou que celui d’un homme qui souffle sur une frite tombée à terre avant de la manger. Mais, tout comme les microbes et les particules de poussière ne quittaient pas précipitamment le succulent petit rectangle de pomme de terre à la suite d’une telle opération, le tranchant de sa flamberge ne s’effila malheureusement pas. C’est tout triste qu’il finit par reporter son attention sur la situation.

Son patient semblait réagir assez mal au traitement, la flaque de vomi que l’on pouvait percevoir à la lueur de la torche près de sa tête étant un indicateur assez parlant pour le guérisseur. Sans compter la claque qu’il s’administra devant les yeux ébahis de l’hybride. Celui-ci voulut tendre la main pour empêcher la personne de se suicider sans son autorisation, d’autant qu’il existait des moyens bien plus efficaces, rapides, et même marrants pour mener à bien une telle opération. Enfin, ça c’était une autre histoire. Malheureusement, le fauve s’interposa en émettant une sorte de cri plutôt menaçant. Delm commençait à le trouver plutôt agaçant, et étant donné sa tentative de mettre fin à ses jours quelques instants plus tôt alors que ce n’était pas encore le cas, il y avait de quoi s’inquiéter assez sérieusement du côté de l’animal.

C’est donc tout naturellement que l’ange-dragon redressa sa flamberge, prêt à porter un autre coup de taille à cet adversaire à quatre pattes. Il évita cependant de la lever trop haut et d’y aller « comme un taré » avec l’élan, le souvenir encore trop frais des étincelles contre la roche lui faisant office de piqûre de rappel. Il s’autorisa tout de même un petit cri de barbare fort approprié lorsqu’on terrassait une bête sauvage. Quoi qu’on en dise, le style, ça compte.

Il est malgré tout à noter que le style vint à lui manquer assez sérieusement lorsqu’il ouvrit à moitié la bouche d’un air hébété alors que son patient se jetait sur sa proie, un éclat métallique jaillissant d’une de ses mains. Le type retint le fauve d’une main, l’autre brandissant une petite lame qui semblait être une dague, ou un coupe-papier. Comme Delm ne se sentait pas l’esprit d’un papier, il évita soigneusement de se rapprocher de l’instrument en question.

Son patient finit par prendre la parole, lançant un « tout doux » qui s’adressait probablement autant à l’animal qu’à l’hybride, pour ce que celui-ci en savait. Mais ce qui le surprit fût l’intonation de la voix, qui malgré la torture et la douleur qui y transpiraient, restait incontestablement féminine. Delm se frotta les yeux, cherchant plus ou moins discrètement la poitrine de l’être, se demandant comment il avait pu louper un tel détail lors de son examen. Repérant quelques rondeurs qui pouvaient éventuellement s’apparenter aux formes humaines caractéristiques du sexe féminin, il haussa un sourcil, un masque de réflexion intense plombant son visage. Sous ses cheveux noirs et derrière ses yeux clairs, un nombre indéterminé de voix s’affrontèrent quelques secondes pour tenter de déterminer si la taille des attributs de son patient lui permettait d’accéder à la dénomination de patiente. Sans compter les quelques voix parasites habituelles l’incitant à s’immoler par le feu pour diverses causes.

Son moment d’absence laissa un blanc dans la conversation qui n’était pas encore entamée, ce qui la rendit d’autant plus passionnante. Lorsqu’il revint à « lui », le guérisseur put voir sur le visage de sa patiente (oui, il était parvenu à une sorte de verdict concernant le genre) un dégoût assez prononcé, une expression semblable à celle que les gens arboraient lorsqu’ils goûtaient pour la première fois un plat confectionné par l’ange-dragon. Ca n’était pas tellement sa faute, il adorait cuisiner, mais il manquait assez invariablement tout ce qu’il entreprenait. « Manque de concentration » lui avaient reproché les quelques âmes assez courageuses pour tenter de lui inculquer de maigres bases sur le sujet.

Il s’apprêtait à s’excuser au sujet de sa cuisine, lorsqu’il se souvint qu’il n’avait rien préparé, et que la cause d’une telle moue de dégoût devait être toute autre que culinaire.

« Bonsoir, jeune hom… euh… jeune fe… »

Visiblement, le verdict des voix ne passait pas bien à l’oral, ce qui était tout de même un comble quand on y pensait. Il décida de ruser temporairement, et c’est donc de façon réfléchie qu’il choisit judicieusement de reformuler sa phrase :

« Bonsoir, jeune. »

Bon évidemment, ça manquait un peu d’éloquence, mais ça restait tout de même terriblement efficace ! L’expression ne se modifiant pas sur le visage de l’être, Delm décida de baisser lentement sa flamberge, et de lever sa main gauche en signe de paix.

« Je ne vous veux aucun mal, je vous ai soigné ! Regardez, ‘suis un peu ange sur les bords ! »

L’ange-dragon ponctua sa phrase d’un geste du pouce de sa main libre vers ses ailes blanches, qui s’étendirent pour occuper tout l’espace de la grotte à l’endroit où il se tenait. Il s’essaya à un sourire à peu près réussi lui semblait-il, mais le feulement de l’animal qui coucha ses oreilles en arrière lui rappela que sa dentition draconique n’avait pas grand-chose d’engageant. Il ferma bien vite la bouche, et essaya de redorer son image comme il le pouvait.

« Je vous assure, j’ai pratiquement tout guéri ! Vous allez pouvoir marcher, sauter dans les arbres, ou euh… quelles que soient vos activités quoi. »

Le guérisseur leva un index de mise en garde.

« Par contre il y a des blessures hors de mes compétences ! »

L’air de ne pas y toucher, il s’adossa nonchalamment sur sa flamberge, dont la pointe reposait à présent au sol.

« Vous vous êtes fait mal à l’âme, récemment ? »

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Archantaël l'Onirique

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MessageSujet: Re: Tout mais pas ça ! ~ [PV Delm]   Jeu 21 Aoû - 17:24

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Archantaël retint le contenu de son oesophage, l'obligeant à redescendre dans un processus désagréable. Elle n'avait pas vraiment envie de vomir partout et toutes les trente secondes, déjà qu'elle avait du mal à se concentrer sur les gestes de l'intrus...
Sentant encore le poil rêche de sa bête sous ses doigts, le démon se força à ouvrir grand son oeil de façon à rester éveillé et à ne rien rater de la scène. Après qu'Archantaël ait tenté d'adoucir les choses, l'ange se figea presque, parcourant le corps du démon d'un air surpris, ce qui plongea l'Onirique dans un malaise en suspens. Elle le toisa à son tour, dans l'expectative, sans songer vraiment à ce qu'elle voyait, puis l'être ailé bredouilla enfin quelque chose dont le manque de clarté arracha un rictus agacé au démon. L'Onirique détestait ne pas savoir si la personne à qui elle faisait face était dangereuse ou non. Souvent, ça sautait aux yeux, c'était bien, c'était clair, et même si cette personne était du type dont on essaye d'éviter le chemin, elle appréciait la certitude que lui conféraient les apparences. Là, en revanche, elle ne savait pas quoi penser, et elle songea qu'elle aurait préférée être aux pieds d'un balrog enragé plutôt qu'à moisir par terre face à un ange visiblement perturbé. Elle poussa un petit grognement involontaire, impatiente d'enfin pouvoir comprendre ce qu'il lui voulait.
L'individu prit plusieurs fois la parole, usant d'une voix et d'un ton que l'Onirique n'entendait pas souvent, à la fois jovials et enthousiastes. Lorsqu'il déclara être un ange, une pensée sarcastique vint lui étirer les lèvres rapidement mais avec nervosité.


*Vraiment? Qui l'eût cru...*

Le sourire que l'ailé sembla lui rendre découvrit de longues dents pointues à la vue desquelles le démon eut un mouvement de recul et un haut-le-coeur. Ce n'était pas vraiment ce qu'elle attendait de la bouche d'un ange et cette mauvaise surprise lui fit songer que décidemment, les apparences n'étaient pas de son côté aujourd'hui. L'aventurier finit par évoquer le fait que sa soudaine 'guérison' était de son fait et sembla vouloir la mettre en garde comme un docteur le ferait à la fin d'une consultation où il aurait bien détecté votre problème de mal-bouffe mais dont il n'aurait pas parlé plus tôt puisque vous n'étiez pas là pour ça. Le démon faillit répondre mais se tut un instant, se demandant si la dernière question était une mauvaise plaisanterie. Il eut un tic nerveux se manifestant par l'agitation de la peau sous son oeil gauche. Sous sa poigne ferme, Hen' s'agitait en feulant régulièrement, faisant onduler ses omoplates et agitant ses longues moustaches mais sa maîtresse ne prêta que peu d'attention à lui. Elle avait la peau de sa nuque bien en main et le contrôlait à sa guise. Elle maintint sa prise encore quelques secondes puis se râcla la gorge, en partie pour chasser la démangeaison due aux régurgitations, et fit un léger geste de la tête latéral pour marquer l'entrée fraîche de son esprit dans une lucidité presque parfaite. Après cela, elle entreprit de se redresser sensiblement, et, desserrant ses doigts doucement tout en ramenant sa main armée vers sa taille, elle prit appui sur un genou pour se mettre debout. Hen' se laissa libérer sans bouger, comprenant à la lenteur du geste délivreur qu'il avait intérêt à garder son sang froid et à ne faire aucun geste brusque. Il osa tout de même un feulement à l'adresse de l'ange, prêt à se faire réprimander, mais le démon l'ignora. Il préféra s'épousseter pour la forme et s'approcher de son sauveur avec nonchalance.

« Mon âme va bien, je vous remercie... Et elle ira encore mieux dès que vous serez hors de ma vue. »

Son ton n'était pas agressif et surtout pas menaçant, juste un peu désagréable. Elle ne voyait pas en quoi le fait qu'il l'ait guérie, et par ce biais arrachée aux bras de la Mort, aurait pu être un mensonge. De plus, même s'il était évidemment particulier et pas complètement inoffensif, il ne lui voulait clairement aucun mal. Il est vrai que sa nature angélique lui aurait en temps normal attiré les foudres d'Archantaël, par simple principe, mais en l'occurrence, elle se sentait trop faible et indolente pour se lancer dans un combat aussi futile. Elle prévit de mettre cela sur le compte de la gratitude si on lui posait des questions... Oui, enfin personne ne lui parlait jamais mais on se comprend, et puis l'attaque des elfes lui restait encore en travers de la gorge. Avec le vomis, ça commençait à faire beaucoup, il valait mieux décider qu'être sauvée par un ange était une pillule miraculeuse et non un émétique de plus.
L'Onirique jeta un oeil à la sortie de la grotte, derrière l'épaule de l'ailé. Le ciel s'était assombri quelque peu et le feuillage de l'arbre s'agitait au gré du vent. Le démon fronça les sourcils, un peu sans s'en rendre compte, avant de lancer un dernier regard à son sauveteur, histoire de voir un peu à quoi ressemblait le reste de son visage. Elle ne prit note que de ses yeux bleus aux bordures sanguinolentes et de sa peau d'albâtre. La proximité de cette entité des cieux lui donna cependant de nouveau la nausée et elle s'écarta vite en passant à côté de lui afin de sortir de la grotte à pas mesurés. Agitant son majeur en arrière, elle fit signe à son fauve de la suivre. Ce dernier s'éxecuta en effectuant une trajectoire droite de façon à passer le plus près possible de son ennemi à plumes, le snobant royalement de sa démarche souple et élégante. C'est limite s'il ne lui urina pas sur les bottes.
Archantaël ne voulait pas fuir l'ange et elle admettait que, ayant comme une sorte de dette envers lui, il aurait été noble de rester à sa disposition encore quelques secondes. Non pas que l'étiquette lui importait et que l'époque où son sang était encore bleu lui manquait, mais elle se sentait trop embrumée pour faire sa forte tête. Elle le regretterait très vite et aurait honte, mais pour le moment, c'était tout ce dont elle était capable. Le nez dehors, scrutant le chemin battu de chaque côté, elle attendit que l'être ailé prenne sa décision, en ésperant qu'il se contenterait de prendre congé et de s'envoler loin d'ici.

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Delm Lysheart

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MessageSujet: Re: Tout mais pas ça ! ~ [PV Delm]   Mer 27 Aoû - 16:04

Adossé à sa flamberge à la façon d’un pilier de comptoir contre un bar, Delm était somme toute assez serein, si l’on excluait ses petites sautes mentales. Il n’en fut pas moins estomaqué lorsqu’il vit sa patiente se relever, s’épousseter et s’approcher de lui. Après un tel traitement, les gens normaux restaient au lit quelques jours ! Le plus souvent pour récupérer, parfois pour échapper aux moissons, et plus rarement parce-que le lit était confortable et que l’envie de soulager un besoin pressant n’était pas encore assez forte pour contrebalancer cet état de grâce. Bon, il était vrai que le « lit » de pierre que l’ange avait tenté d’agrémenter avec son manteau n’avait rien de bien confortable, et que les moissons ne semblaient pas la préoccupation principale de l’inconnue, même si pour une raison qui lui échappait, Delm l’aurait bien vue avec une faux entre les mains. Mais tout de même, se relever aussi vite après une guérison de cette envergure était impressionnant, l’inconnue avait certainement dû puiser dans des ressources mentales hors de portée de l’ange-dragon. Bon, d’accord, le mental n’était pas son fort.

Elle s’approcha à une distance qui donna envie à Delm de reculer d’un pas, mais le désavantage des grottes, outre le fait qu’elles étaient sombres, humides, froides, rocailleuses et propices à abriter des créatures peu recommandables, c’était que leurs couloirs n’étaient pas très larges. On se demande bien qui pouvait avoir l’idée d’y vivre, tiens. Enfin, tout ça pour dire que Delm ne put reculer, et sentit une goutte de sueur tracer son chemin le long de sa tempe alors que sa patiente lui signifiait son envie de ne plus le voir. L’hybride faillit répliquer que c’était réciproque, mais il se demanda si ça ne risquait pas d’être mal pris, aussi se contenta-t-il de hocher la tête.

Il resta ainsi un moment, ne sachant si elle s’attendait à ce qu’il déguerpisse sur le champ. Il se serait volontiers exécuté, mais elle marchait sur son manteau, et il y tenait suffisamment pour ne pas prendre la poudre d’escampette sans ce vêtement adapté à ses ailes. Il chercha un moyen de lui faire comprendre la situation, mais alors qu’il ouvrait la bouche pour délivrer la phrase consensus que les voix dans sa tête avaient formé, un froncement de sourcils l’arrêta dans son élan. Ses yeux, ou plutôt son œil, se braqua sur l’ange qui se pétrifia, un doigt en l’air et la bouche entrouverte. Un peu comme lorsqu’on entend le cliquetis d’une arbalète et que l’on se fige en attendant de savoir si celui qui la manie décidera de vous laisser la vie sauve ou non.

Elle finit par s’écarter, non sans l’avoir gratifié d’une nouvelle grimace qui était du plus bel effet sur son visage blême couvert de cicatrices. Pour tout dire, Delm avait déjà vu des cadavres qui avaient l’air plus vivants que sa patiente. Alors qu’elle s’éloignait lentement vers l’entrée de sa grotte, le félin la suivant docilement sans plus accorder d’importance à l’hybride, celui-ci s’interrogea sur les crèmes à appliquer pour tenter de rattraper les dégâts. Les voix dans sa tête eurent tôt fait d’émettre un diagnostic :

« Probablement une crème apaisante de valériane et d’aubépine au…
- Au caramel ! Une crème au caramel !
- Quoi ? Quoi ? Quoi ?
- Blasphèèèèèème !
- J’ai rien dit !
- Pas toi. L’autre ! L’autre crème !
- Que l’autre crame !
- Cramez-les tous ! Au bûcher !
- Une crème brûlée ?
- J’entends rien, j’entends rien !
- C’est normal, t’es une voix !
- Toi-même ! »



Une fois le problème clarifié, Delm cligna des yeux plusieurs fois, se rendant compte que sa patiente était sortie de la grotte. Il s’empressa de récupérer son manteau, et abandonna sa torche pratiquement consumée pour sortir à son tour. Il se surprit à souffler assez bruyamment en faisant à peine quelques pas. La guérison l’avait épuisé, il était plus fatigué que ce qu’il avait pensé. Il rangea sa flamberge et s’aida de la paroi de la grotte pour atteindre l’extérieur. Quelques nuages avaient assombri le ciel, et une brise bienvenue fit voleter ses longs cheveux de l’ange, qui s’autorisa une pause avant de s’intéresser aux alentours.

Ses compagnons de route devaient avoir abandonné leurs recherches à l’heure qu’il était, Delm espérait que rien de fâcheux ne leur était arrivé, car il ne les retrouverait sûrement pas. Il lui fallait une bonne nuit de sommeil avant de tenter un vol, et d’ici là les marchands seraient certainement bien loin. Il constata avec surprise que sa patiente et le félin étaient encore là, comme s’ils attendaient quelque chose, à quelques pas de l’entrée de la grotte.

« Bon sang, elle doit vouloir la crème ! » pensa très logiquement l’hybride. Il fouilla un moment dans la sacoche de cuir qu’il avait à la ceinture, et en tira une fiole de graisse, dans laquelle il jeta quelques herbes séchées. Il touilla le tout à l’aide d’une fine spatule en fer, approcha le bord du récipient de son nez, puis le referma, l’odeur étant satisfaisante.

« Voilà, voilà ! »

Delm tendit la fiole à sa patiente, gardant un œil sur la bête au cas ou celle-ci perçoive son geste comme une agression.

« Il faut l’appliquer le soir uniquement, par contre j’en ai pas de tonnes, alors va falloir l’économiser… Juste sur les cicatrices et là où la peau est sèche, on se tartine pas tout le visage en… »

Delm fut interrompu par la dernière chose qu’il s’attendait à voir dans les terres draconiques.

Un enfant.

Vêtu de haillons, le visage noir de crasse, les mains et les pieds écorchés, il se déplaçait à une vitesse étonnamment rapide en direction l’ange. Celui-ci n’arrivait même pas à distinguer s’il s’agissait d’un garçon ou d’une fille, ce qui commençait à faire beaucoup d’indécision de genre dans la même journée… Delm ne put retenir un mouvement de recul, mais l’enfant ne lui prêta pas la moindre attention, et passa devant lui comme s’il n’existait pas. Négligeant la réaction du félin, il agrippa la jambe de la patiente et leva son visage vers elle.

« Maman ! »

Delm mit un moment à intégrer ce que le gamin venait de crier. Mais lorsque ce fut fait, il en tira la conclusion indéniable qui s’imposait :

« Bon sang mais alors… Vous êtes une femme ! »

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Ich'Méria Coeur-de-lave

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MessageSujet: Re: Tout mais pas ça ! ~ [PV Delm]   Lun 1 Sep - 15:05

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Encore dans les airs, l'horizon devant elle et le ciel pour patrie. Quoi de plus beau et de plus grand que sa Terre natale. Une terre aussi sauvage qu'indomptable que son peuple. Un peuple en éternelle décrépitude. Leurs sang corrompus par des hybrides et les bipèdes qui venaient sans cesse sur leurs terres pour la leur voler. Pourtant ces insectes devront un jour ployer l'échine devant la puissance des Siens. Après tout les dragons étaient des Seigneurs ailés alliant le pouvoir, la force et la grâce.
Oui la dragonne avait une vision très embelli des siens. Elle ne voyait les bipèdes que comme des esclaves tout juste bon à servir de bétail même si elle devait avouer qu'elle gardait une certaines indulgence à leur égard.
Tiens en parlant d'humains, elle aperçut un campement un peu plus bas. L'odeur des feux de camps vinrent chatouiller ses narines. De même, en penchant la tête, elle vit la forêt qui était rongé par ces créatures misérables. Son poitrail eut un éclat alors que la colère s'éveillait en elle. N'avait-il donc aucun respect ? Ils n'étaient vraiment bon qu'à mourir ! La dragonne entama une lente descente en spirale afin de marquer sa présence à cette troupe assez sotte pour oser provoquer la colère d'un dragon sur ses propres terres. A mesure qu'elle se rapprochait du sol, elle vit que ce qui brûlait était des maisons et non des feux. Elle voyait les fourmis prendre forme humaine. Des combats ? Des pillards ? Elle l'ignorait mais quoi qu'il en soit elle allait remettre de l'ordre dans tout ça.

Elle plongea vers le village et se posa avec fracas sur un cavalier. Ce dernier, trop absorbé à tendre son arme pour tuer une femme, ne l'avait pas vu sa mort fondre sur lui. Elle l'écrasa de son poids, aplatissant son crâne sous sa patte puis, tournant sa tête elle ouvrit la gueule, rugissant un flot de flamme sur les mercenaires et ceux qui osaient une approche. Ni rédemption, ni pardon. Elle grondait tel un volcan en furie, son poitrail irradiant son corps noirs de faisceaux rougeâtres. La dragonne entra dans le combat avec fureur en tuant les hommes en armures, délaissant les gueux sans armes.
Bientôt ses derniers prirent la fuite et la dragonne se tourna vers ceux qui restaient. Ses sots la remerciaient de sa bienveillance. Mais ce n'était pas dans les habitudes de cette tueuse. Alors qu'un homme s'avançait vers elle en tendant les mains, remerciant les dieux, Coeur tendit la tête en un mouvement leste et lui sectionna la tête qu'elle avala tout rond avant de lancer froidement au reste de la peuplade.


"Hors de ses terres Gueux !"

Sa voix mentale résonna comme un ultime avertissement et elle ouvrit la gueule en crachant de nouveau son feu, achevant de détruire les cabanes miteuses. Elle se redressa sur ses pattes arrières, déployant ses ailes et entreprit de s'envoler quand elle vit à nouveau des pillard plus loin qui s'en prenait à une famille.
Allaient-ils donc cesser un jour de venir cesser leur poison où qu'ils aillent ses chiens ? Hargneuse elle fondit sur la petite troupe et fit une nouvelle entrée mais cette fois elle fut reçue en beauté. Une lance vint percer l'une de ses ailes à laquelle elle répondit par un jet de flamme sur le malheureux qui n'eut que le temps de hurler. Puis ce fut des flèches qui ricochèrent sur son armures d'écailles, éveillant un peu plus sa mauvaise humeur. Avec la vivacité d'un serpent, sa mâchoires se saisissait ça et là de membres non protégés et bientôt elle acheva presque tous les pillards. Puis l'un d'eux se saisit d'un enfant et la femme hurla, se jetant sur le pillard qui l'acheva d'une coup de dague. L'enfant paraissait apeuré mais la dragonne, elle était aussi insensible que la mort.


"Laisse moi partir où ton protégé meurt !"


Une menace désespérée conclut-elle. Que croyait ce vaurien ? Que le sort de ses rustres lui importait ? Ses babines se retroussèrent et sa voix vint s’immiscer dans son esprit, menaçante.

"Comme si cela m'importait qu'un humain crève ! Ta mort ne sera que plus lente ..."

Ich'Méria prit alors une inspiration et ouvrit lentement la gueule afin qu'il puisse voir l'éclat de sa mort au fond de sa gorge rougeoyante. Le gamin agrandit des yeux horrifiés, ne saisissant sans doute pas l'imminence de sa mort. En revanche l'homme lui s'en rendit compte et sans chercher plus loin, il poussa l'enfant dans la direction de la dragonne comme pour lui offrir un sacrifice afin de mieux fuir. Mais à l'instant où il entamait sa fuite, la créature de feu l'acheva de son souffle.
Désormais les humains craindront ses terres ! Elle se redressa en ravalant les restes de son feu puis se pencha et sentit la femme qu'elle détermina comme morte. Maintenant elle n'aurait plus qu'à renvoyer le gamin vers les siens hors de ses terres et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Elle se tourna en direction du gosse juste au moment où les guenilles de ce dernier disparaissait dans les fourrés. La dragonne gronda, agacée. Il ne lui restait plus qu'à pousser le morveux comme du bétail.
Aussi déploya-t-elle une nouvelle fois ses ailes se disant qu'elle pouvait aussi bien le manger. Ainsi il n'aurait aucune envie de revenir.... Cette pensée eut au moins le mérite de la faire sourire.
Elle reprit donc son envol et partit à la recherche du gosse. Elle le repéra et le suivit jusqu'à ce qu'il déboule sur une zone dégageait où se tenait deux personnes. Elle vit le morveux foncer vers un des bipède et se décida enfin à se poser avec fracas. Elle n'avait pas l'intention de tuer tous les mercenaires du coin mais vraiment il y avait trop de bipèdes ici !
On pouvait sentir son animosité dans sa posture et au cri de l'enfant quand elle s'était posée, il paraissait clair qu'elle n'avait rien de commode. Elle toisa l'animal qui accompagnait la troupe en se demandant la raison de sa présence. Puis, jugeant cette information inutile, elle lança à la troupe :


"Vous n'avez rien à faire sur ses Terres. Veuillez les quitter."


Un accueil absolument chaleureux de sa part, quoique moins que celui qu'elle avait offert au autres. Mais bon tout dépendait du point de vue. Mais de toute façon, Ich'Méria n'était pas du genre à faire dans la dentelle.
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Archantaël l'Onirique

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MessageSujet: Re: Tout mais pas ça ! ~ [PV Delm]   Mar 9 Sep - 18:12

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Penchée en avant, les pieds dans la grotte et le visage dehors à observer les parages, Archantaël attendait d'une impatience tue que cet énergumène fiche le camp. Or il se passait tout, sauf ça. Un silence s'installa - confirmant les craintes du démon - puis l'être ailé retrouva la parole et déblatéra plusieurs choses que l'Onirique ne prit pas vraiment la peine d'écouter. Son sauveur s'obstinait à vouloir lui parler et Archantaël commençait à croire que ce qu'il voulait, c'était des remerciements.
Elle trouvait ce comportement exaspérant et hésitait entre céder pour qu'il lui fiche la paix, et ne surtout pas lui donner ce qu'il voulait tant sans oser l'évoquer. D'autant que c'était bien assez la honte comme ça, elle allait pas se mettre à genoux non plus! Sa main se crispa sur la pierre sur laquelle elle s'appuyait et elle leva l'oeil au ciel, ce qui ne se vit naturellement pas du tout.
Sale journée.

Plongé dans ses ronchonnements intérieurs, le démon eut un éclair de vivacité et se retourna avec précipitation sur l'être ailé, les épaules hautes, l'irritation lisible sur son visage. Il n'avait pas écouté un mot de ce que l'ange venait de lui dire mais il fallait bien mettre fin à la torture d'une façon ou d'une autre. L'Onirique s'aprêtait donc à dire quelque chose, sûrement pas une invitation à prendre le thé, mais elle fut malheureusement interrompue.
Par l'arrivée d'un autre être vivant.
Une espèce de petite larve d'humain en haillons qui vint en courant vers le duo et s'agrippa à sa jambe.

Archantaël ouvrit un oeil écarquillé, à la fois saisie d'incompréhension face au fait qu'il venir de surgir de nulle-part, et dégoûtée par le contact avec une petite chose mobile sale. Sa lèvre inférieure se déforma en un rictus choqué et un mouvement de recul de sa part fit trébucher l'attaquant miniature qui s'accrocha d'autant plus à elle.
En plus d'être plus qu'innatendu, ce personnage avait de drôles de réactions et devait avoir des problèmes pour faire des décisions dans sa vie. On n'aurait pas forcément attendu d'un enfant que, face à deux individus bien différents - si ce n'est opposés - il se jette dans les bras de la grande madame borgne en armure au visage grisâtre et balafré. Peut-être était-il bigleux, me direz-vous. Cela dit, ce n'est pas non plus ce à quoi songeait l'Onirique qui ne pouvait tout simplement plus rien croire de ce qu'elle percevait et eut une longue absence. Elle resta figée, la frêle bestiole collée à elle, plantée dans l'entrée de la grotte et le regard perdu dans la touffe désordonnée qui ornait le sommet du crâne de la créature. Hen' ne réagit pas plus, probablement aussi médusé que sa maîtresse, et resta crispé sur ses muscles saillants en agitant ses moustaches vers l'avant de temps à autres.
Plusieurs interminables secondes s'écoulèrent avant qu'Archantaël ne retrouve ses esprits et parvienne à se tourner vers l'ange, persuadée qu'elle obtiendrait des explications, mais rien ne se passa.
Enfin si.
Un dragon pointa le bout de son large museau écailleux et fumant et ça, c'était déjà un peu plus approprié. Après tout, le démon se trouvait dans le territoire des reptiles ailés et même si elle espérait ne pas en croiser, elle s'y attendait plus ou moins. Elle le regarda se poser sur le chemin, muette, et parvint à la conclusion que lui et le parasite étaient liés d'une quelconque façon. Le contraire aurait été une mauvaise blague. Elle consulta l'ange du regard, reporta son attention sur le dragon, fixa l'enfant une seconde, et opta pour le sol qui, lui, au moins, était un point stable dans la vie.
La créature (la grosse) fit résonner des mots dans l'esprit d'Archantaël, ce qui eut pour effet de la réveiller quelque peu. Enfin un personnage un peu hostile, cela ressemblait tout de suite plus à son quotidien. Elle songea tout de même que la déclaration était un peu catégorique, mais dans son cas à elle, c'était assez vrai. Oui d'ailleurs, que faisait-elle ici? Ses pas l'avaient guidée jusque dans les Montagnes Rocheuses mais elle n'y avait aucune attache. Il était clair que, face à un dragon peu chaleureux, elle avait plutôt intérêt à faire profil bas. Elle secoua la jambe pour forcer la saleté à lâcher prise puis leva brusquement la tête vers le dragon.


« Soyez rassurée, je n'ai pas l'intention de m'éterniser... »

Mmh. Ca aurait été bien si ça n'était pas sorti avec autant d'insolence. Ca sonnait presque sarcastique, et pourtant, ça ne l'était pas. Apparemment, le démon avait laissé sa mauvaise humeur prendre les commandes de son ton...

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Delm Lysheart

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MessageSujet: Re: Tout mais pas ça ! ~ [PV Delm]   Lun 22 Sep - 18:01

Comme à son habitude, Delm ne bougea pas tout de suite, la faute à un temps de réaction plus qu’aléatoire, ce qui au passage n’était pas complètement étranger au fait qu’il avait loupé le permis charrette sept fois consécutives. Pour les curieux, non il ne l’avait pas eu la huitième fois. En plus de cette constante pas forcément à l’avantage de l’hybride, celui-ci était épuisé par la guérison, et il lui arrivait d’apercevoir des petits anges à la limite de son champ de vision. Déjà qu’il entendait des voix, on ne pouvait pas dire que son état général s’améliorait si des mirages venaient mettre leur grain de sel dans tout ça. Toujours pour les mêmes curieux, non Delm ne voyait pas également des petits dragons à la limite de son champ de vision. Maintenant, arrêtez de poser des questions.

Non, ce que Delm avait en plein milieu de son champ de vision et pas en périphérie, c’était un dragon. Un bon gros dragon bien rouge bien imposant et bien énervé. Le problème étant non pas qu’il était rouge, mais qu’il était énervé. Le cri que le gamin poussa lorsque l’immense reptile s’approcha poussa l’hybride à porter la main à sa flamberge. Il ne se faisait cependant pas vraiment d’illusion : en pleine possession de ses moyens, manier son arme contre un dragon était déjà extrêmement délicat ; après une guérison d’envergure, soulever le poids de son arme était extrêmement délicat. Non, la seule chance qu’il avait de s’en tirer était de parlementer. Ca tombait bien, puisque Delm était justement un excellent orateur, dont le discours clair et concis faisait des merveilles en situation de crise ! Si l’on omettait cette fois où il s’était fait bannir du royaume des elfes. Et de celui des nains. Bref.

L’ange-dragon conserva une main sur la poignée de son épée, plus pour se rassurer qu’autre chose, donc. Cela pouvait éventuellement lui donner une posture menaçante, mais comme la flamberge était dans son dos, et qu’il se courbait à moitié pour en atteindre la garde, sa posture lui donnait plutôt l’air d’avoir de l’arthrite à un stade avancé de la maladie. Mais bon, il n’en était plus à ça près.

Malgré cette attitude assez peu académique, l’attention du guérisseur resta portée sur le gamin. La dame qu’il avait guérie un peu plus tôt n’avait pas eu l’air d’avoir un quelconque mouvement protecteur envers le petit être, ce qui avait quelque peu agacé Delm. Et ça n’avait rien à voir avec le fait qu’elle n’ait pas voulu prendre sa crème pour la peau. Non, il n’était pas comme ça, il ne se serait pas vexé pour si peu. Sûrement pas. Bon d’accord, un peu.

Toujours est-il que l’enchaînement des évènements lui avaient clairement fait perdre de la valeur aux yeux de l’ange-dragon, la priorité de celui-ci s’étant reportée sur l’enfant. Mais pour lui être d’une aide quelconque, il devait se confronter au dragon.

Les yeux de Delm, bleus angélique nimbés de rouge draconique, se reportèrent sur l’immense reptile qui les dépassait tous. Ce n’était pas la première fois que l’hybride rencontrait des dragons. A commencer par l’être qui était à l’origine de sa création, avec qui il avait fusionné pour lui sauver la vie. Par la suite, il en avait croisé un certain nombre, d’abord les dragons avec qui s’étaient combinés Temris et Zürn, puis Sar, un dragon noir avec qui il avait combattu des gobelins, et enfin les quelques dragons qui avaient concouru dans les combats à paris qu’il avait lancé il y avait quelques temps de cela. Si en règle générale on ne pouvait pas les raisonner lorsqu’ils étaient au milieu d’un combat d’envergure, au repos au contraire ils s’avéraient d’une sagesse rare. Sauf Temris, mais c’était un cas un peu particulier.

La question était de savoir si le spécimen qui était devant eux était « en combat ». Le gamin ne pouvait sérieusement pas représenter une menace, et Delm ne pensait pas un dragon capable de se mettre dans une fureur meurtrière juste pour un morceau de chasse de cette taille.

Le dragon daigna enfin prendre la parole, ce qui eut pour effet de sortir l’hybride de la torpeur dans laquelle il se plongeait inconsciemment pour récupérer de la guérison. Le ton du reptile, froid et dur, ne vint pas atténuer les mots tranchants qu’il prononça pour leur intimer sans autre forme de procès de ficher le camp.

Delm tourna un petit moment les mots de la bête dans son esprit. Comment ça, « rien à faire sur ces terres » ? Bien sûr qu’il y avait des choses à faire sur ces terres ! Il était ici à moitié chez lui, ce qui de par son état était le maximum de compatibilité qu’il pouvait atteindre, quelle que soit la contrée considérée. A moins que tous les anges-dragons d’Hypolaïs ne forment une république indépendante, mais ça risquait de ne pas arriver tout de suite. Pour ce qu’il en savait, Delm était le seul en son genre. Il pouvait toujours acheter trois mètres carré de jardin et y déclarer sa propre république indépendante, certes.

Delm ouvrit la bouche sans vraiment réfléchir, prêt à inviter l’insolent reptile à aller se faire brosser les écailles, mais sa patiente précédente le devança, certainement pour son bien, en déclarant d’un ton légèrement sarcastique qu’elle allait partir. Quoi, comme ça ? Et le gosse, qu’en faisait-elle ? Etait-elle sa mère, ou avait-il des parents à retrouver quelque part ? L’hybride lança un regard noir à la femme, action qu’il effectuait assez rarement de façon générale. Il s’approcha et posa une main sur l’épaule frêle du petit. Celui-ci tremblait de froid.

L’ange-dragon retira une nouvelle fois son manteau, qui avait servi de couche à sa patiente, et l’utilisa cette fois-ci pour enrouler le corps du petit être à l’intérieur. Celui-ci ne lui lança pas un regard, toujours fermement agrippé à la jambe de la dame. Delm s’accroupit à hauteur de son visage, et lui ébouriffa les cheveux.

« Mais qu’est-ce que tu lui veux à celle-là ? Elle est méchante, tu sais…
« Maman ! »

Delm se releva, plantant un regard clairement accusateur dans les yeux de la mère présumée. Qui donc élevait son enfant de la sorte ? Il finit par se retourner, et refit face au dragon.

« Bien le bonjour ! Mon nom est Delm, Delm Lysheart. A qui ai-je à faire ? »

S’avançant vers le reptile, l’hybride écarta la main de la longue arme blanche accrochée dans son dos.

« Vous trouvez que nous n’avons rien à faire ici ? Et vous, qu’y faites-vous ? »

Delm s’arrêta à un pas à peine de la gueule de l’immense créature. Le souffle brûlant qu’elle dégageait agressait son visage, mais il resta stoïque, et prononça quelques mots supplémentaires :

« D’où vient l’enfant ? »

Derrière lui, quelque chose explosa.

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Ich'Méria Coeur-de-lave

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MessageSujet: Re: Tout mais pas ça ! ~ [PV Delm]   Lun 6 Oct - 14:58

La journée avait été riche pour la dragonne. Des morts, du sang et un bain de flamme sortie de sa gorge. Elle aurait pu être ravie d'un tel massacre si cela servait réellement à quelque chose. En effet, à voir toutes ses petites bestioles sur les terres des siens, Ich'Méria devait reconnaitre que cela avait plutôt tendance à Mais elle savait aussi qu'à trop mettre le feu où elle passerait, elle risquerait surement de finir avec sa tête mise à prix. Et bon une fois suffisait, elle attendrait d'avoir une armé des siens dans le dos pour se permettre de remettre ses créatures dans leur rôle : celui de gibier pleutre !
Aussi se contenta-t-elle de se poser avec fracas et de faire part de son mécontentement à la petite troupe.
Cependant en voyant l'un deux porter la main à son arme, elle tourna lentement la tête en retroussant les babines, dévoilant les restes de son massacre précédent. En effet quelques morceaux de chairs calcinés résistaient encore entre ses crocs. Un spectacle qui n'allait surement plaire à ses interlocuteurs mais depuis quand un dragon se souciait-il de cela ? Pas elle en tout cas. Ce n'était ni une reine, ni une bipède pompeuse. Elle préférait que l'humain piaf comprenne qu'elle ne plaisantait pas plutôt que paraitre proprette.
Cependant ce ne fut pas l'emplumé qui parla mais celle qui semblait être l'une des parentes du chiard. Son ton n'avait rien de plaisant mais la dragonne n'avait pas non plus fait preuve de diplomatie, aussi ne tint-elle pas compte du contenant mais plutôt du contenu. Ce dernier était agréable à entendre. Enfin une créatures avec du bon sens ! Le regard de la dragonne se posa sur la femme et elle se détendit un peu, recouvrant ses crocs et tournant ses prunelles vers l'autre. Ce dernier n'allait surement pas lui faire front seul. Il n'avait pas une allure très guerrière il fallait bien l'avouer et dans sa façon de s'occuper du môme, la dragonne se dit que ce ne devait être qu'un de ses mâles soumis et bon à s'occuper de leur engeance qu'autre chose mais bon il valait peut être mieux faire preuve de prudence, on ne sait jamais.

Cependant ce dernier, après s'être occupé de son petit, se tourna vers elle et lui adressa même la parole. La dragonne plissa son museau et les yeux par la même occasion. Un mimique signifiant clairement que ce geste envers elle ne lui plaisait nullement. Pour qui se prenait-il à lui adresser la parole ? Ich'méria répondit froidement :

"Tu as affaire à l'une des habitantes de ses Terres étranger !"

Ce dernier ne sembla comprendre le sens de ses paroles et s'avança vers elle. Elle poussa alors un grondement afin de lui faire comprendre qu'il était bien arrogant d'oser croire qu'il méritait de lui parler mais l'homme était téméraire et s'arrêta seulement à quelques pas d'elle. Ses yeux se posèrent sur le misérable et elle poussa un profond grondement, relâchant un souffle sulfureux dans le visage de l'opportun qui ne broncha pas, se contentant de lui lancer une nouvelle remarque qui la fit retrousser les babines. Son poitrail, lui s'irradia et quand elle ouvrit la gueule pour gronder une nouvelle fois, l'on pouvait voir le fond de sa gorge luire comme si un feu était allumé plus bas.


"Je vis ici petit ignorant. Comme ceux de ma race ce que vous n'êtes pas !"


La dragonne détourna sa tête de cet idiot et s'adressa à l'être la plus censé et réfléchis ici, c'est à dire la femme.

"Je te conseille de surveiller ta volaille, il n'a pas l'air très réfléchi même s'il semble avoir la fibre maternelle."


La dragonne se doutait qu'ils n'avaient pas grand chose en commun mais qu'importe. Elle avait eu simplement envie de replacer cet idiot et répondit à sa dernière question sur un ton qui laissait poindre une menace sous-jacente.

"Et je fais le ménage, il y a trop de bipèdes qui veulent s'approprier ses Terres."
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Archantaël l'Onirique

Archson
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MessageSujet: Re: Tout mais pas ça ! ~ [PV Delm]   Ven 10 Oct - 15:18

Archantaël commençait à croire qu'elle hallucinait. La guérison l'avait-elle donc mise dans un si mauvais état? Ou peut-être n'avait-elle jamais été guérie? Peut-être qu'elle était morte et que l'Enfer, c'était ça: un ange qui ne veut pas vous lâcher les bottes, un gosse qui ne veut pas vous lâcher les bottes, et un dragon qui ne serait apparemment pas contre vous cramer les bottes. La situation était tellement invraisemblable que le démon ne savait plus où regarder. Il lança un regard plein d'exaspération à Hengentön qui détourna rapidement la tête en direction du dragon. Encore aux aguets, les muscles bandés sous son poil de jai, l'animal était certes prêt à bondir mais était, au fond, tout aussi perdu que sa maîtresse. Le petit parasite qui semblait avoir élu domicile sur la jambe en armure lâcha bel et bien prise une fois mais s'y agrippa de nouveau. C'est à ce moment que l'ange vint s'accroupir près de lui et le recouvrit de son étoffe, lui indiquant sans doute avec bienveillance que sa « mère » n'était pas une bonne fréquentation. Archantaël ne réagit pas. Elle était assez d'accord avec l'être ailé et elle devait admettre qu'elle aurait dit la même chose pour qu'il la lâche enfin. Le bienfaiteur fit ensuite face au dragon, et l'Onirique écouta la conversation aussi attentivement que possible. Elles étaient bien loquaces, ces créatures volantes. Jamais le démon ne se serait montré aussi méprisant que le reptile, ni aussi inquisiteur que l'être célèste... Cela dit, même une bride de la discussion lui aurait vite permis de comprendre que la dragonne ne portait aucune autre race dans son coeur et qu'elle ne pouvait supporter la présence d'intrus en ces terres. De plus, il était fort à parier qu'elle pourchassait l'enfant et ne lui voulait que du mal. Or, pour qu'une chose de cet âge et de cette taille fuie seule dans les montagnes, il fallait qu'elle ait sacrément le feu aux fesses...


Archantaël ne détestait aucune race en particulier. Elle trouvait les elfes trop pédants, les humains trop naïfs, les nains trop bruyants, les gobelins trop stupides, les drows trop fourbes et les anges trop vomitifs... Mais elle était consciente qu'une race ne pouvait que rassembler des millions d'être différents. Aussi différents que l'homme qui l'avait mutilée et la jeune femme qui l'avait aidée à le vaincre. Tous deux étaient des humains, et ils n'avaient rien en commun. Les défauts qu'elle attribuait à ces espèces n'étaient que de meilleures raisons de les éviter et de rester cloîtrée chez elle en bon hermite, mais il ne lui serait jamais venu à l'idée de haïr une d'entre elles par principe. D'ailleurs, les démons étaient trop fougueux, c'était ça leur défaut. Il n'y avait pas de quoi être fière.
Pour ce qui est des dragons, l'Onirique devait reconnaître avoir des lacunes sur le sujet. Elle avait cru comprendre qu'ils étaient de nature paisible, sage et impartiale. Le specimen qu'elle avait sous les yeux, en revanche, semblait des plus agressifs et des plus méprisants. Loin de vouloir prendre parti, le démon commençait à ressentir une certaine hostilité envers la bête, reconnaissant dans son attitude celle de l'Ordre des Angelistes, ceux qui avaient décimé sa famille.
Ces souvenirs ne lui revenaient que rarement, et même lorsqu'ils le faisaient, ce n'était pas dans la douleur. Archantaël était au dessus de ça, et ce depuis longtemps. Elle considérait ce fragment de vie comme une des choses qui l'avaient forgée et dont elle ne pouvait tirer que du bien. Mais que l'on veuille exterminer toute une race, quelque soit la raison, lui resterait jusqu'à sa mort comme un principe absurde. Peut-être qu'elle aurait pensé différemment si elle n'en avait jamais été victime. Après tout, un démon ne devrait pas être choqué par la théorie du génocide. Et de la part d'une guerrière de l'ombre armée d'une chaine cloûtée, c'était peut-être d'autant plus étonnant... Mais c'était sincère. Un meurtre commis par le simple apât du gain, pourquoi pas? Mais le massacre de toute une espèce, certainement pas.

Plongée dans ses reflexions sur ce que lui inspirait la dragonne, l'Onirique perçut un frisson sur sa jambe et entendit Hen' grogner. Elle reporta son attention sur l'enfant et ressentit quelque chose d'assez visqueux en elle.
En une seconde, elle se demanda où elle était et ce qu'elle faisait quand elle avait cet âge. Elle se souvint qu'elle était à la Cité, à trotter dans les couloirs en quête d'action. Elle pouvait presque parler d'insouciance et d'innocence, à cet âge. Elle n'avait encore qu'un frère cadet, bien trop jeune pour vouloir la lyncher sur son statut d'hybride. Loin d'être la meilleure époque de sa vie, c'en était sans aucun doute la plus paisible. Le démon se surprit à parler avec une certaine patience, si ce n'est de la douceur.


« Allez lâche-moi, petit. »

Ce dernier n'obéit pas. Il fit même le contraire et se serra de plus en plus contre la jambière aigue de sa cible, blessant ses joues noircies. Archantaël tiqua mais ne parvint pas à lui redire quoique ce soit. Elle s'étonnait déjà de lui avoir parlé sur ce ton. C'est également à cet instant que la dragonne s'adressa à elle en la tutoyant d'office, moquant l'ailé qui, entre nous, avait effectivement des manières pour le moins amusantes. Le démon ne sut quoi répondre et se contenta d'un geste de la tête signifiant que la blague était bonne mais qu'il avait encore son libre arbitre et ne voulait pas se ranger du côté de qui que ce soit. Il laissa la conversation se poursuivre sans intervenir... Jusqu'à la dernière répartie du reptile. Par simple reflexe, Archantaël fit claquer sa langue et secoua la tête, visiblement agacée par les propos du dragon.

* C'est sûr que si vous intervenez après que le village s'est construit... * songea-t-elle, moqueuse.

Malheureusement, son mimique ne s'avéra pas aussi discret qu'elle l'aurait souhaité.

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~ You cannot touch me, you would not dare, I am the chill that's in the air ~
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Delm Lysheart

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MessageSujet: Re: Tout mais pas ça ! ~ [PV Delm]   Sam 3 Jan - 22:44

La tête de Delm tournait. Clairement, ça n’allait pas bien. Et vu la façon dont la situation évoluait, ça n’était pas près de s’arranger… Il sentait le sang battre à ses oreilles, il avait conscience de la circulation du fluide vital dans ses tempes, qui allait et venait en à-coups brusques et curieusement irréguliers. Il avait déjà ressenti une telle fatigue mentale et physique alourdissant tous ses sens, émoussant la moindre de ses perceptions ; la seule façon de s’en débarrasser était un sommeil long et réparateur. Tout ce qu’il ne pouvait pas s’offrir en l’occurrence. A moins éventuellement qu’il ne décide de s’étendre sous le nez du dragon pour faire un petit somme, ce qui contre tout apparence aurait probablement moins agacé celui-ci que les propos agressifs tenus par l’ange-dragon.  

Il écouta les réponses évasives du reptile d’une oreille distraite, bien trop concentré sur ses efforts afin de rester conscient et pour sembler écouter. Une seule réponse importait à vrai dire : d’où venait l’enfant ? Le dragon lui lança d’un ton hautain et dédaigneux qui ne faisait pas honneur à sa race qu’il « faisait le ménage ». Comme une bête sauvage. Comme un sanglier qui charge un intrus qui entrerait dans son périmètre, juste parce-que tout ce qu’il a pu intégrer dans sa tête était que l’endroit lui appartenait puisqu’il y avait procréé. Voilà qui ternissait quelque peu l’image de sagesse immémoriale des dragons, ou peut-être rendait honneur aux sangliers, selon le point de vue.

Delm lâcha un petit rire sec qui dégénéra en une toux sanglante. Il cracha sa salive rouge aux pieds de l’immense reptile, avant de se passer une main dans les cheveux. Il avait de la fièvre. Il n’aurait pas dû avoir de la fièvre. Un combat et une guérison, même de cette envergure, n’auraient pas dû le mettre dans cet état. Quelque chose n’allait pas, il devait s’éloigner du danger avant qu’il ne se retrouve complètement sans défense et à la merci d’êtres peu recommandables comme le sanglier-dragon.

Il entendit une autre explosion. C’était la troisième qui retentissait depuis qu’il avait commencé à parler au reptile écarlate. Ni sa précédente patiente, ni l’enfant, ni le dragon ne semblaient en faire cas. Nul halo rougeoyant et nulle bouffée de chaleur n’accompagnaient cette détonation qui lui faisait bourdonner les oreilles. Tout se passait dans sa tête. Lorsqu’il finit par en prendre péniblement conscience, Delm constata avec effroi qu’il ne pouvait plus faire confiance à son propre corps… Pouvait-il devenir lui-même un danger pour l’enfant ?

Tournant la tête, il vit le gamin couvert de son long manteau noir, agrippé à la jambe de celle qui devait être sa mère, ou qui en faisait l’office pour le moment. Que se passerait-il si Delm venait à tomber ? L’enfant mourrait sûrement. La femme tournerait les talons et regagnerait… ses occupations, probablement passionnantes. Le dragon serait satisfait, il prendrait peut-être la peine de brûler le corps de l’ange-dragon en même temps que le gosse. Puis il retournerait fièrement garder ses montagnes, jusqu’à ce qu’un jour des chasseurs suffisamment hardis et astucieux ne finissent par avoir raison de lui et de son arrogance.

Il ne pouvait pas se permettre de quitter l’histoire. Il ne pouvait pas se soustraire à cette situation, il ne pouvait pas se laisser glisser hors de toute responsabilité, alors que c'était son orgueil qui l'avait placé là. Il devait faire quelque chose. Pour l’enfant. Péniblement, il attrapa sa flamberge blanche, la dégaina et en laissa retomber la pointe sur le sol. Il la planta du mieux qu’il put, puis se recula de quelques pas et courba la tête. Un liquide chaud s’écoula de son oreille droite, et il n’eut pas besoin d’y passer la main pour deviner qu’il s’agissait d’une nouvelle veine qui avait lâché. Les gouttes de sang qui tombaient lentement sur le sol maculèrent petit à petit les feuilles mortes à ses pieds, ainsi que le côté droit de ses bottes de cuir usées.

« Je m’excuse pour mes paroles démesur… désirespectue… euh… je m’excuse pour mes paroles. »

Sa voix lui semblait lointaine et il se donnait l’impression d’écouter quelqu’un d’autre parler à sa place. Il s’interrompit un instant et voulut chercher une poignée d’herbes dans une poche de son manteau, mais après plusieurs tâtonnements, il finit par se souvenir qu’il avait utilisé l’étoffe pour couvrir l’enfant. Il se rabattit sur une fiole accrochée à sa large ceinture, et la déboucha rapidement pour en avaler le contenu d’un trait. Il remisa précieusement le flacon vide dans une sacoche adjacente, puis essuya la sueur qui maculait son front blême.

« Je connais des dragons, je suis leur ami, c’est la raison de ma présence en ces terres, qui n’appartiennent bien sûr qu’aux grands et puissants dragons. A part entière et complète. »

Il espéra que le sarcasme passe inaperçu, mais à vrai dire il n’aurait su contrôler le ton de sa voix qui lui semblait venir d’un inconnu s’exprimant à sa place, il ne pouvait donc savoir comment il avait prononcé ces mots..

« Cet enfant. Il vient de quelque part… Si tu as détruit son foyer, supprimé tout ce à quoi il tenait, massacré son peuple et réduit sa vie en cendres, pourquoi le chasses-tu ? Le condamner à l’errance pour les « fautes » de ses aînés ne te suffit donc pas ? »

Prenant une profonde inspiration, l’hybride cligna des yeux plusieurs fois. Une autre explosion retentit, mais il n’y prêta pas attention, concentré sur son discours.

« Permet-moi… Permet-nous de nous retirer en l’emportant. Je m’excuse pour mes paroles et je souhaite que tu les oublies, je reviens à la première proposition, nous quittons ces terres. »

Delm n’était pas en état de se battre contre un dragon, il fallait espérer un peu de clémence de l’être qui n’en avait semblait-il aucune… Pour forcer la décision du grand reptile, Delm se retourna et commença à se diriger d’un pas chancelant vers le gamin.

Il vacilla.

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Tout mais pas ça ! ~ [PV Delm]

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