Partagez | 
 

 Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 



L'Archange Gabriel

Invité



MessageSujet: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Mar 4 Oct - 12:13

Message de L'Archange Gabriel.

Des yeux bleus, luminescents, posèrent leur premier regard sur ce monde. Deux cercles d'une étincelante clarté, noircis en leur centre par deux pupilles parfaitement rondes, scrutèrent les nuages gris en face d'eux. Un éclair silencieux fît pâlir un bref instant les deux points brillants, mais lorsqu'il s'évanouit, laissant une empreinte zébrée dans les pupilles de Gabriel, celui ci ferma son esprit au monde l'entourant. Aussitôt, ses yeux ne devinrent plus que des yeux ordinaires, noyant le regard d'autrui dans un bleu profond, presque sombre.

D'un rapide mouvement du torse, aidé par la force de son bras, il se tourna sur le côté, remarquant qu'il était allongé, le corps reposant sur une surface dure. Il finit de se relever totalement, découvrant son nouveau corps. Était-il déjà ainsi quelques minutes auparavant ? Ou venait-il d'intégrer ce corps ? Venait-il de naître en ayant l'apparence d'un homme de trente ans ? Il n'en savait rien, et ne se posa pas la question très longtemps. Rapidement, une pensée submergea toutes les autres. Accomplir sa mission. Il lui avait donné un ordre. Et plus que toute autre chose, plus encore que sa propre existence, Gabriel tenait à réussir ce pourquoi Il l'avait envoyé ici. Sa voix lui revint en mémoire, aussi sourde et emplie de mystère qu'à l'accoutumée. Quand lui avait-Il dit cela ? Il n'en savait rien. Toujours est-il que sa mission était de ramener un Séraphin dans le droit chemin qu'était celui de Sa lumière. Il ne lui avait pas donné de nom, tout juste une description mentale : l'Ange douterait de Son existence, ne semblerait plus croire en Lui, malgré la preuve irréfutable de Son existence qu'était la réalité palpable du corps du dit Ange. Tout cela paraissait assez compliqué, mais il n'en était rien. Gabriel comprenait très bien le but de sa mission. Ramener le Séraphin dans la Lumière, ou si cela s'avérait impossible, l'abattre.

Lissant d'un revers de main sa cape en lin, il ouvrit de nouveau ses sens à la vie l'entourant, laissant éclater ses yeux d'une nouvelle lueur scintillante. Cependant, ce réflexe naturel pour lui, bien qu'effectué pour la première fois dans ce corps, fût mis en échec par quelque chose d'inattendu. Une sorte de barrière mouvante s'étendait tout autour de lui, comme l'oppressant tandis que son esprit balayait l'horizon. Il ne capta aucun signe de vie. Absolument rien. Seulement une sorte de chuintement. Il n'aurait pu le décrire autrement.

Sans plus s'attarder sur cet évènement très étrange, Gabriel dévala d'un bon pas la pente raide s'étendant sous ses pieds. Faites de gros rochers friables, elle descendait abruptement, plongeant dans un brouillard glacé quelques mètres plus bas. Cette colline, ou plutôt cette montagne, toute constituée de pierre, ne laissait à aucun moment apparaître une once de verdure. La roche foncée glissait sous les bottes de l'Ange, s'enfonçant dans la masse d'aspect compacte qu'était le brouillard. La descente dura plusieurs minutes, qui formèrent plusieurs heures. Pourtant, Gabriel ne s'arrêta pas un seul instant. La voix du Saint-Père résonnant dans ses pensées était son moteur. Plus rien ne semblait pouvoir l'arrêter, pas même une chape de brouillard l'aveuglant presque complètement, l'enfermant dans un silence assourdissant, où le moindre crissement de caillou prenait une ampleur démesurée. Descendant encore et toujours, Gabriel sentit la pente s'adoucir, puis finalement s'aplanir totalement. Cependant la pierre restait maitresse en ces lieux, simplement dominée par les nuages rasants.

Lentement, le rideau blanc se dissipa, laissant filtrer un peu de lumière. Levant la tête vers l'horizon, l'Archange put apercevoir difficilement la couleur noire de quelques nuages au lointain, l'ombre menaçante projetée par ceux ci au sol pavé d'argile et de schiste noir. Lentement il ralentit le pas. Il ne savait pas où il allait, remarqua t-il enfin. Mais sans plus s'attarder, il reprit son avancée, guidé par la voix de son Dieu, avec pour seul compagnon un ciel gorgé d'eau et les chocs réguliers de ses bottes sur cette terre inconnue.
Revenir en haut Aller en bas



Archantaël l'Onirique

Archson
avatar

Féminin Nombre de messages : 78
Style de combat : Rapide et acharné


MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Mer 5 Oct - 16:53

Au bord du lac, Archantaël et Hengentön marchaient lentement, sans laisser de traces derrière eux. Les grues blanches qui se baignaient tranquillement ne cessaient d'apparaître et de disparaître tandis que des gobelins descendaient des pins les uns après les autres… Quoi ? Le démon fut soudainement happé vers un endroit plus… Crédible. Elle sentit l'herbe dans sa nuque, la terre froide et dure devenir peu à peu palpable sous son corps. Elle se releva difficilement et se frotta les yeux. Enfin, l'œil. Elle se frotta l'œil.
A l'idée d'avoir fait un rêve aussi ridicule, Archantaël sourit sans pour autant sortir du brouillard du réveil : elle chercha Hen' du regard et le trouva étendu de ton son long sur une grosse souche, la tête dans le vide. Ses pattes avaient de légers spasmes, des petites agitations qui semblaient se répercuter aux alentours des ses moustaches et de ses babines. Un instant, le démon se demanda s'il ne rêvait pas de la même chose qu'elle… Pourrait-il lui raconter la suite de son invraisemblable songe ?

A travers la cime des arbres, l'Onirique pu apercevoir un ciel encore sombre, teinté de l'orange auroral qui succédait peu à peu à la nuit. La Lune, un simple quartier blanchâtre, disparaissait doucement, se noyant dans les vagues jaunes du Soleil naissant. Dans la clairière humide et venteuse où s'étaient installés les deux compagnons, une brise se leva, agitant les cheveux découverts et le capuchon d'Archantaël. Elle vint également chatouiller les moustaches du guépard qui grogna avant d'être complètement extirpé de sa torpeur. D'un mouvement lourd et moyennement maîtrisé, il se mit sur ses quatre pattes et descendit de la souche. Sa maîtresse attendit alors qu'il a fini sont rituel de réveil avant de se lever. En effet, elle ne pouvait jamais s'empêcher de le regarder faire ceci : étendant au maximum ses pattes avant, ses doigts de félins s'écartèrent en laissant apparaître l'extrémité de ses griffes. Il bâilla ensuite à s'en décrocher la mâchoire, dévoilant sa denture impeccable et formant un arc avec sa longue langue râpeuse, puis s'appuya sur ses membres antérieurs pour étendre ses pattes arrière, ce qui fit saillir ses muscles puissants et courber son échine. Après cela, il commença une rapide toilette qui se limita au flanc gauche uniquement et s'assit dans une posture noble et royale, repliant sa queue sur le côté. Le démon le regarda faire, amusé, puis se leva et épousseta sa cape à laquelle de l'herbe fraîche s'était collée. Elle s'étira également, les bras vers le ciel, puis se saisit de la clef qui pendait à son cou. Elle la retira de la chaîne et l'enfonça dans la serrure d'un petit cadenas qui se trouvait à sa taille. Cela eut pour conséquence de libérer son arme qu'elle gardait toujours solidement attachée à elle sans que cela la menace de perdre son second œil dans son sommeil. Elle ramassa sa chaîne cloutée et replia celle qui pendait encore à sa taille en l'enroulant autour de sa ceinture, réservant son usage pour la nuit prochaine. Enfin, passant une main dans le pelage du félin, elle se mit en route en s'enfonçant dans les arbres.
Il ne fallu pas plus de dix minutes aux deux compagnons pour atteindre la lisière de la forêt et en sortir, surgissant dans une plaine assez vaste au dessus de laquelle planait un gros nuage sombre et menaçant. L'Onirique ne pu s'empêcher de jeter un œil à ses bottes, histoire de vérifier qu'elles tiendraient le coup face à une ondée, et par conséquent plusieurs kilomètres de boue froide. La réponse qu'elle obtint ne lui plut pas énormément… Le guépard qui était à ses côtés ne sembla d'ailleurs pas plus enthousiaste à l'idée d'affronter la pluie qui, par ailleurs, s'annonçait déjà inévitable. En effet, le nuage avançait rapidement et on pouvait déjà apercevoir, au dessus de la plaine, un rideau de lourdes gouttelettes rayer l'horizon. Le démon grogna et replaça son capuchon en assombrissant encore plus son visage. Puis se mit à marcher.

Le vent et la pluie qui fouettaient le visage d'Archantaël avaient une odeur de mauvais pressentiment. Ce n'était plus une ondée qui s'annonçait mais une véritable tempête, des tourbillons d'herbes arrachées à leur terre s'envolaient et les gouttes d'eau changeaient régulièrement de direction, accompagnant les sifflements variés du vent. Peu à peu, les pas des deux voyageurs se dessinaient dans une boue collante, de plus en plus facilement. Lorsqu'une roche creuse vint se distinguer à travers le rideau de pluie qui arrosait la vallée, Archantaël ne pensa à rien d'autre qu'à atteindre cette grotte providentielle et à s'y installer, le temps que la tempête ne cesse.

_________________

~ You cannot touch me, you would not dare, I am the chill that's in the air ~
Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas



Delm Lysheart

Delock
avatar

Nombre de messages : 76
Style de combat : Oui.


MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Mar 18 Oct - 17:00

Delm fixait ses mains d'un air sombre. Les cals qui s'étaient formés au niveau de la partie supérieure de ses paumes à force de manier la flamberge blanche n'avaient rien d'angélique. Les longs et fins doigts capables de soulager un être en souffrance d'un simple contact n'avaient rien de draconique. Sa langue humecta ses lèvres, ses yeux bleus fixèrent pendant quelques instants un point à l'horizon, puis il secoua doucement la tête. Cette manie, cette série de petits gestes spontanés qui le caractérisaient, il les effectuait de plus en plus souvent. Peut-être parce-qu'il était heureux d'avoir trouvé un masque derrière lequel le dragon et l'ange pouvaient se tenir côte à côte, une peau dans laquelle ils y étaient sublimés, et non confinés aux dépens de l'autre. Après tout, les humains aussi se cachaient derrière des masques, ils choisissaient ce qu'ils étaient... « deviens ce que tu es ». Delm avait plus que jamais besoin de se fixer un objectif à atteindre, il avait besoin de s'imposer ce masque pour devenir le personnage qu'il représentait. C'était décidé. Il ne se considérerait plus jamais comme un ange. Il n'était ni plus, ni moins. Il était autre chose.
Depuis que son essence angélique s'était alliée à son âme draconique pour vaincre le balrog grâce à l'énergie providentielle fournie par un sacrifice de Zürn, Delm était tombé bien bas. Il avait failli y laisser son art de la guérison, et sa crise d'identité n'était pas de la simple histoire ancienne. S'il était sur la pente ascendante concernant son rétablissement complet, ce n'était pour l'heure qu'un équilibre fragile qu'un rien pouvait briser. Alors que foutait Delm en plein territoire démoniaque ? On est en droit de se le demander. La vérité n'était par ailleurs pas très à l'avantage de l'ange dragon.

Quelles que soient les qualités et les aptitudes que lui avaient conféré sa descendance angélique et draconique, ou même celles qu'ils s'était créées, le sens de l'orientation n'en faisait pas, mais alors pas du tout partie ! Voilà pourquoi notre cher hybride voyageait depuis cinq jours vers ce qu'il croyait être les montagnes rocheuses, et qui en fait était tout sauf ça. On est en droit de se demander comment un individu peut se tromper de destination pendant quatre jours, et surtout pourquoi ce même individu continue dans la même direction toute une journée après s'être rendu compte qu'il se trompait, « juste parce-que tant qu'à aller par là, autant aller jusqu'au bout ». Le tout sans s'apercevoir qu'il se dirigeait vers le territoire démoniaque. Oui, la naïveté et l'inconscience de l'hybride allait jusque là. Voilà pourquoi Delm marchait à présent d'un bon pas vers... ben vers devant, parce-qu'il détestait revenir sur ses pas. De toute façon, il finirait bien par arriver quelque part non ? En effet, il arriva bel et bien quelque part.

Une sorte de plaine morne à dominante rocheuse, un de ces endroits que l'on traverse sans s'arrêter, ce genre de lieu honni et déplaisant pour tous les peuples d'Hypolaïs, quels qu'ils soient. Delm n'avait cependant pas pour habitude de juger des lieux sur leur simple apparence. Après tout, « dans une onde trop claire ne nage aucun poisson », comme il aimait se le dire, bien qu'il n'ait pas la moindre idée d'où provenaient ces mots. S'il se les répétait, c'est qu'il était facile de les oublier. Le bien venait souvent de l'endroit où aucune lumière n'était jamais allée, et il fallait qu'il en ait conscience. Quoique question conscience, Delm n'était pas un exemple en la matière.

Repoussant une flopée de cheveux noirs venus s'étendre devant ses yeux sous l'impulsion d'un brusque courant d'air, l'hybride vérifia que son arme coulissait bien dans son fourreau dorsal, puis commença à s'engager prudemment en terrain découvert. Peut-être était-ce là son destin ? Venir chercher la lumière en un lieu sombre ? Si tel était le cas, il ferait tout ce qu'il pourrait pour mener à bien cette mission divine. Une bruine douce commença à tomber sur le paysage désolé autour de lui, ce genre de bruine glacée qui s'infiltre dans chaque parcelle de votre corps, allant jusqu'à refroidir votre âme. La densité de cette pluie fine était telle qu'on y voyait à peine devant soi, comme si une chape de brouillard s'était brusquement abattue sur l'ange-dragon. Peu rassuré, ce dernier tenta d'étendre ses sens angéliques pour chasser son inquiétude quant à son environnement. Sauf que cette initiative fit tout sauf chasser son inquiétude.
Il n'y avait rien autour de lui. Rien qu'il pouvait percevoir. Pour la simple et bonne raison qu'il ne pouvait plus rien percevoir. A part une vague idée de menace omniprésente, qui mettait sur son esprit une pression comparable à une présence démoniaque, il était désormais aveugle. Totalement aveugle. L'averse commença.

Ce n'était pas une simple pluie, capable d'arroser la végétation et détremper le sol ; c'était une de ces pluies qui déverse chaque goutte avec une lourdeur et une puissance inouïes, dans laquelle on peut ressentir une sensation de danger imminent et une force qui vous pousse à courir loin du probable futur déchaînement des éléments. Sans même qu'il ne s'en soit rendu compte, Delm avait posé sa main droite sur le manche immaculé de son arme blanche. Son esprit tentant de rappeler à l'ordre son corps, il se força à garder ses bras le long du corps, et étendit ses ailes au-dessus de sa tête pour se protéger un tant soit peu de l'eau battante. C'était une réaction logique face à la pluie. Il était prouvé scientifiquement qu'user d'un parapluie était beaucoup plus efficace contre la pluie que d'employer une arme blanche, toute aiguisée qu'elle soit. Alors pourquoi les muscles de ses bras étaient-ils tendus à ce point ? Pourquoi se tenait-il prêt à dégainer à tout moment ? Son esprit lui jouait certainement encore des tours... Il commençait à s'y habituer.

Delm dût cependant revenir à des considérations immédiates beaucoup plus pratiques. Ce n'était plus une bruine qui s'abattait sur la plaine. Ce n'était plus une pluie non plus. C'était une tempête qui prenait de l'ampleur, et qui dévasterait tout ce qu'elle trouverait sur son passage... Manque de chance, l'hybride était justement sur ce fameux passage. Il fallait qu'il trouve un abri !

* Hum... Je pourrais aussi creuser un trou dans le sol et m'y enfouir jusqu'à ce que la tempête passe... *

L'hybride, tout content de son idée « géniale », s'empressa de dégainer sa flamberge pour s'en servir d'instrument de forage. La présence de son arme dans la main fut la première chose qui le rassura depuis que la pluie avait commencé à tomber. Il se demanda si inconsciemment il n'avait pas eu cette idée juste pour avoir une raison de dégainer... Car il lui paraissait à présent évident que creuser un trou dans un sol avec une épée, quand bien même ce serait dans de la terre friable et par un temps radieux, lui aurait sans doute pris des jours. Alors creuser ce même trou dans un sol rocheux en pleine tempête, ce n'était pas vraiment envisageable. Il devait trouver un abri, et vite !
Il aperçut la grotte comme si elle était apparue soudainement devant lui, comme une providence incroyable... ou comme les rochers autour de lui puisque de toute façon il ne voyait rien et que tout semblait apparaître comme par magie. Toujours est-il qu'il la vit. Il ne saurait sans doute jamais s'il avait marché depuis le début dans sa direction, ou s'il avait zigzagué pendant des heures avant de tomber dessus. Le résultat était qu'il avait fini par trouver un abri convenable !

Souriant de sa bonne fortune, l'ange dragon se précipita à l'intérieur, une flamberge blanche pleine de boue brandie devant lui comme s'il s'était agi d'une torche.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
http://fedefantaisie.free.fr/index.php



Kern Jodd

Invité



MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Mar 18 Oct - 19:34

Message de Kern Jodd


Un caillou dégringola. Un deuxième suivit. Deux autres encore, puis d'autres. Kern atterrit enfin pesamment sur le sol, éclaboussant les alentours. Son naginata émit un bruit mou en perçant la boue. Le plus court chemin selon lui pour atteindre son but avait été de descendre cet à-pic ridicule le plus rapidement possible, et donc de risquer de se casser la figure pour gagne quoi? Deux minutes, dix peut-être. Les seuls problèmes dans ce raisonnement étaient d'une part que Kern n'avait aucun but précis, comme à son habitude, et d'autre part qu'il ne voyait pas à deux pas devant lui. Un brouillard dense et gris régnait sur l'endroit, et même le regard perçant du tueur ne pouvait discerner quoi que ce soit à une distance moyenne. Cette purée de pois était d'ailleurs étonnante. Elle était tombée rapidement, comme une chape de plomb qu'un géant en mal de divertissement aurait posée sur cette vallée, simplement pour se divertir des ennuis que cela causerait. A y mieux penser, comment aurait-il pu les voir, ces ennuis, à travers ce brouillard à couper au couteau? Peut-être avait-il des yeux qui écartaient sur leur champ de vision les pans de brume. Peut-être aussi ne se souciait-il pas de les voir, simplement de les deviner. Peut-être, surtout n'y avait-il aucun géant malicieux ni aucune chape de plomb artificielle, et toute cette réflexion était dans ce cas inutile.

C'était une de ses habitudes, ces histoires absurdes qu'il inventait au fur et à mesure de sa marche. Au départ, il s'était forcé à le faire pour se distraire et penser à autre chose qu'à tuer. Puis, elles étaient passées progressivement au stade de l'inconscient, tout en devenant de plus en plus sanglantes. Et maintenant, il ne les contrôlait carrément plus. Cela aurait pu l'inquiéter s'il s'était jamais inquiété de quoi que ce soit concernant son esprit. Et, heureusement pour lui, il se fichait complètement de ce qui pouvait se passer dans cette espèce de machin encombrant et pâlot qui lui servait de tête. Sinon, il n'aurait pas manqué de devenir complètement fou. Le chemin n'aurait pas été long, depuis son état actuel de demi-démence sanguinaire et violente, mais il conservait tout de même un zeste de raison qui lui permettait de se détendre entre deux tueries. Tout cela parce que le hasard l'avait envoyé sur le territoire de ce satané mage noir...

Kern n'avait d'ailleurs jamais eu de chance. Les vagues souvenirs qu'il avait de sa jeunesse le lui prouvaient suffisamment. Enfin, autant que l'on peut se fier à des vagues bouffées de souvenirs brumeux. Mais même en sachant bien qu'il était malchanceux, sa déveine l'étonnait toujours. Deux jours plus tôt, quand il suivait des traces dans une sente à gibier, il s'était pris une branche dans la figure, était tombé dans une flaque de boue profonde d'un bon demi-pied, et retombé dedans en voulant se relever. Non que son hygiène le préoccupe, au contraire, mais c'était bien un signe de malchance -un de plus. Et aujourd'hui, il avait marché au moins une heure dans la purée de pois pour se rendre compte finalement qu'il tournait en rond. Il s'était alors arrêté et assis sur une souche moussue, avant que la pluie ne lui tombe dessus et le force à déménager.

*Suite logique. Après le brouillard, la pluie*

Il se remit à marcher. Son manteau qui, d'habitude, retenait assez bien l'eau, était trempé jusqu'à la fibre, et lui donnait une très désagréable sensation de froid humide. Sans doute pas qu'une impression, au moins pour l'humidité. L'étoffe rugueuse collée à sa peau lui permit de sentir que le vent se levait. De la même façon que le brouillard était tombé, soudainement. Un bourrasque le fouetta si violemment au visage  qu'il faillit en perdre l'équilibre. Des débris végétaux de toutes sortes volaient autour de lui. Incliné vers l'avant pour faire face à la force de la tempête, Kern se rendait bien compte qu'il lui fallait trouver un abri, et vite. Il discerna vaguement une ombre passer à peu de distance devant lui, et disparaître aussitôt.

*Génial, quelqu'un! Un bon combat me réchauffera.*

Restait à retrouver l'ombre, et à espérer qu'elle n'avait pas été le jouet de son imagination, ou d'un quelconque phénomène de déformation du brouillard. Peut-être par l'œil magique du géant, tant qu'on y était? Kern avançait prudemment, espérant ne pas trébucher sur la caillasse traîtresse qui jonchait le sol. Tout effet de surprise aurait été manqué. Enfin, le vent aurait peut-être emporté le bruit de sa chute au diable. Et, de toute façon, l'ombre en question avait très bien pu le repérer aussi, et tenté de le prendre par surprise. Un natif du coin, si ça se trouve. Quoiqu'ils devaient être rares.

Tout en hésitant de la sorte, Kern aperçut une gueule béante d'ombre à trois mètres devant lui. Une grotte. Il commençait à regretter ce qu'il avait pensé un peu plus tôt sur sa sempiternelle déveine. Un combat serait sans doute beaucoup mieux au sec... Il pénétra dans la grotte.
Revenir en haut Aller en bas



L'Archange Gabriel

Invité



MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Mar 25 Oct - 17:25

Message de L'Archange Gabriel.

Une brise glacée apportait une odeur de pluie tout en dissipant le brouillard. Dans les nuages noirs emplissant le ciel résonna la fureur d'un violent orage. Des goutes plus grosses que des dés crépitèrent sur la roche sombre, éclaboussant les bottes de Gabriel de poussière et d'eau. S'emmitouflant dans sa cape en lin, l'Archange se recroquevilla sur lui même sans pourtant s'arrêter de marcher. Un pied devant l'autre, ralentit par des bourrasques violentes menaçant à tout moment de lui faire perdre son équilibre, le coup ruisselant de gouttelettes glacées détrempant sa chemise noire, il avançait, encore et encore, mût par le besoin d'accomplir Sa volonté. Cependant, même sa grande volonté commençait à faiblir face au déchainement de la nature. Petit à petit, alors que les minutes s'écoulaient aussi lourdement que l'eau dégoulinait de son front, Gabriel sentit le besoin de s'arrêter. La fatigue commença à peser sur ses épaules, tandis que trainer sa lourde cape gorgée d'eau le fatiguait tant et plus. L'averse l'aveuglait quasiment. Il voyait tout juste à dix pas devant lui. Et cet orage se transforma en tempête alors que le vent s'intensifia, faisant tourbillonner autour de lui des milliers de gouttelettes. Résolu, l'Archange décida qu'il était temps d'être raisonnable et chercha un moyen d'affronter les vents. Son premier réflexe fut inspiré par la chaine qui reliait bible et chapelet à sa ceinture, cliquetante dans le hurlement de l'air. Une incantation repoussant l'eau ? Tentant... Mais inutile lorsqu'une falaise avoisinant peux suffire à elle même. Pourquoi gaspiller une précieuse énergie ? Il suffisait de s'abriter derrière un obstacle naturel et d'attendre tranquillement la fin du déluge ! L'Archange venait tout juste de repérer un monticule rocheux. La providence lui souriait. Il changea légèrement de direction, pour se retrouver un instant plus tard devant une importante falaise abrupte. Pas assez inclinée pour le protéger correctement des faibles vents, et de toute façon trop en parallèle avec la direction dans laquelle était projetée la pluie. Néanmoins, il décida de la longer un moment, dans l'espoir de tomber sur un abri plus correct. Tout juste pensait-il cela que sa main, qui longeait la falaise du bout des doigts, ne rencontra plus aucune résistance. Gabriel stoppa, et prit enfin conscience que sur sa droite s'étalait l'ouverture d'une saillie dans la roche. Tremblant de froid, il s'y aventura prudemment. Le fond de ce renfoncement lui était invisible, plongé dans la pénombre. Il retrouva à main droite le bord rocheux du trou, et décida de le suivre sur une bonne longueur, tâtonnant de son autre main l'air alentour pour éviter de se cogner contre d'éventuels rochers mal placés.

Après quelques secondes de marche dans le noir, l'Archange songea à s'arrêter enfin. Le sol était sec; l'air, immobile. Il n'entendait plus le hurlement du vent comme quand il était sous le déluge. Ici diminué, son souffle remonta jusqu'à ses oreilles, lui apprenant qu'il était relativement rapide. Il n'avait pas fait attention à son état de fatigue assez avancé jusqu'alors. Tout aussi lentement que silencieusement, il entreprit de se défaire de sa cape trempée, puis, avisant un bras de roche jaillissant de la paroi grâce au peu de lumière prodigué par la clarté très faible provenant de l'extérieur du gouffre, il accrocha là son vêtement dans le but de le laisser sécher, même si l'atmosphère humide des lieux n'était pas l'idéal. Il s'assit enfin, dos contre le mur, à l'opposé de là où pendait sa cape, et fixa son regard à quelques centimètres de ses pieds. Ses yeux s'illuminèrent progressivement d'un bleu lumineux. Deux points brillant dans la pénombre.

" Devant lui est un feu dévorant, Et derrière lui une flamme brûlante. "

Aussitôt, une flammèche jaillit de l'inconnu, grandissant à vue d'œil, projetant ombre et lumière tout autour d'elle, réchauffant l'atmosphère en quelques secondes. La cape en lin émit bientôt le sifflement caractéristique de l'eau s'évaporant, augmentant le taux d'humidité ambiant. Jetant un regard autour de lui en s'aidant de la lumière du feu, Gabriel ne vit aucun fond dans la grotte où il se trouvait. Soupçonneux, il nota également que le couloir où il était s'agrandissait progressivement au fur et à mesure qu'il s'enfonçait dans l'obscurité. Sourcil froncés, les yeux ayant repris leur couleur normale, il ramena ses genoux contre sa poitrine, les enlaça de ses bras et posa son front dessus. Ses paupières se fermèrent d'elles même.

Il ne dormit cependant pas très longtemps. Un bruit étrange le sortit de ses songes. Quelque chose qui venait du fond de la grotte. D'abord immobile, il écouta attentivement. Cela ressemblait à des pas, mêlés à des cliquetis contre la roche. Des griffes ? Des chaines ? Des pièces dans une bourse ? Il ne pouvait pas vraiment deviner. Lentement, il redressa la tête, regardant aussi loin que pouvait porter la lueur du feu. Le bruit semblait amplifier, puis diminuer, et de nouveau s'amplifier. Gabriel éteignit son feu d'une simple pensée, replongeant tout le couloir dans le noir. Il se leva lentement, découpant une légère ombre sur le sol de pierre grâce à la faible lumière venant du dehors. Sa main droite glissant sur le bord du gouffre, la gauche tendue en avant, il s'approcha silencieusement de la source du bruit étrange. Une vingtaine de pas plus loin, le bras rocheux formait une courbe sur la gauche, puis une autre sur la droite presque aussitôt. Après s'être cogné la tête deux ou trois fois, s'être tordu la cheville et après avoir prit soin d'éternuer violemment à cause d'un courant d'air passager, Gabriel reprit sa progression, pour enfin apercevoir au loin une lueur rougeoyante, qui dansait sur les murs. Un autre feu brulait dans le lointain. Se guidant avec l'aide de cette faible lumière, il s'enfonça un peu plus sous terre.
Revenir en haut Aller en bas



Archantaël l'Onirique

Archson
avatar

Féminin Nombre de messages : 78
Style de combat : Rapide et acharné


MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Jeu 27 Oct - 20:02

Hengentön revint sans se presser, jetant des regards distraits à droite et à gauche, de manière régulière. Il rejoignit Archantaël qui s'était assise de façon nonchalante contre la paroi de la grotte et lui fit comprendre en baissant la tête qu'il n'y avait aucun danger. Le démon lui tapota le haut du crâne gentiment et se releva sans entrain, laissant les os de sa colonne vertébrale et de ses mains craquer les uns après les autres. Puis l'Onirique retira son capuchon et vint caresser les murs machinalement : la pierre avait de nombreuses aspérités, des morceaux de roche saillante jaillissaient de la paroi tous les vingt centimètres, parfois à hauteur des tibias, parfois à hauteur du visage... L'intérieur de la grotte n'était que très faiblement éclairé : seul le soleil, à l'extérieur, permettait au démon d'y distinguer les formes. De plus, l'astre s'était dissimulé derrière d'énormes nuages noirs et il semblait presque faire nuit... En plein jour. La pluie n'avait guère cessé, le vent sifflait encore, s'engouffrant dans le couloir que formait le providentiel abri en des hurlements sinistres... Archantaël porta la main à l'attache qui maintenait son capuchon et le retira pour l'essorer : elle serra le tissu de toutes ses forces en le tordant comme un vulgaire chiffon. Une marre se forma à ses pieds, des filets d'eau puis de grosses gouttelettes vinrent arroser le sol. Cela la désespérait presque. Elle resta quelques secondes, plantée au milieu du chemin, à contempler l'étendue du désastre qu'avait produit la pluie sur ses vêtements. Hengentön lui-même la trouva misérable : il souffla à travers ses narines pour la sortir de sa pathétique contemplation. Aussi sa maîtresse s'empressa-t-elle de remettre la chose sur ses épaules sans se préoccuper de l'humidité. Elle sentait l'eau s'infiltrer à travers les différentes parties de son armure légère, venir humecter les quelques vêtements qu'elle portait en dessous, elle sentait le froid à l'intérieur de ses bottes, les semelles déjà usées se laisser percer par la fraîcheur et l'humidité, elle sentait désormais son capuchon froissé et glacé effleurer son cou. Elle serra les points pour oublier l'inconfort de tout cela. Hengentön, lui, s'était assis, attendant que sa compagne se décide à se bouger.
Après quelques secondes d'hésitation, Archantaël songea qu'il était judicieux, sinon nécessaire, d'aller explorer le reste de la grotte, de savoir ce qu'elle y pourrait trouver et où elle prenait fin. Son félin l'avait sans doute vu mais il n'en pouvait rien dire ; autant elle pouvait comprendre les gestes de l'animal lorsqu'il voulait lui indiquer un danger ou désirait donner son avis à propos d'un chemin par rapport à un autre, autant expliquer en détail, ça, il ne pouvait pas faire. L'exploration préalable de son compagnon ne lui servit qu'à être sure d'une chose : elle n'aurait pas besoin d'utiliser son arme.

Quelques pas suffirent, et Archantaël fut arrêtée dans sa progression... Arrêtée par la vue d'une masse informe, de la taille d'un gros animal, mais visiblement en longueur. La lumière de l'extérieur était maintenant au bord de l'inutilité, et la chose -inerte donc probablement non vivante- était difficile d'identification. Elle se détachait de par sa couleur : noir très très très foncé sur noir très foncé. Seul un œil averti pouvait la distinguer, à vrai dire. De plus, elle était au beau milieu du chemin, là où "tout était le moins sombre"... Archantaël faillit buter dessus mais elle n'en fit rien. Hésitante, elle se baissa lentement et tendit le bras. Elle était presque aveugle : son autre main était occupée à tâter la paroi de la roche dans l'obscurité, comme repère. Ses yeux -son œil- fixaient encore ce qu'il pouvait y avoir droit devant. C'est quand elle rencontra l'objet du bout des doigts que son regard se posa précisément sur l'ombre que cette chose formait. Le guépard s'approcha doucement mais avec beaucoup moins de délicatesse et se mit à le renifler : le démon en déduisit que ce n'était pas le cadavre d'un animal mais un objet inoffensif qui avait bel et bien appartenu à quelqu'un. Elle le saisit et le rapprocha de son visage en le parcourant de la paume de la main : c'était... Un bout de bois. Un bout de bois taillé, avec du tissu, ou du cuir enroulé à une extrémité, l'Onirique ne pu le deviner à travers ses gants. Ses lèvres grises laissèrent échapper un mot :


- Une torche... soupira-t-elle en souriant. Immédiatement, elle s'empressa de tâter à la rechercher d'une aspérité suffisamment fine et fragile dans la paroi de la grotte : ce furent ses pas qui trouvèrent. Au bout de quelques mètres parcourus, s'enfonçant encore un peu dans l'obscurité, elle entendit craquer quelque chose sous ses bottes. Archantaël se mit à genoux et passa la main sur le sol rocailleux. Sur tout un bon mètre carré gisaient des morceaux de caillasse coupants, épars dans un coin à part au sein même de la paroi de la grotte. Elle chercha le plus gros d'entre eux, le pressant entre ses doigts pour s'assurer qu'il était bien taillé. Elle fit alors signe à son ami de s'approcher, lui mit la torche dans la gueule et coinça l'extrémité recouverte contre le mur. Elle frotta alors ce dont elle se servait comme silex contre une petite aspérité, et au bout d'une dizaine d'essais, une étincelle jaillit. Encore fraîche, la torche s'alluma faiblement et le démon, satisfait, souffla sensiblement dessus pour aviver la flamme. Enfin, elle se saisit du manche –légèrement baveux- de la source de lumière et s'en servit pour éclairer la grotte. Un large sourire se dessina sur son visage, accompagné d'une bouffée de fierté qui lui emplit l'estomac d'une douce chaleur. Elle se mit alors à marcher plus rapidement, progressant facilement grâce à sa création.

Une question demeurait cependant : que faisait cette torche ici ? Et bien la réponse fut presque immédiate : une dizaine de mètres plus loin, Archantaël fit une macabre découverte : une pauvre personne avait péri ici. Son cadavre était assez récent pour faire encore dans le figuratif et nourrir les asticots mais suffisamment ancien pour que l'odeur soit supportable. Le sol était teinté de pourpre et un sabre le clouait sur place, en plein cœur…


- Le pauvre homme, il a surement été trahi par son accompagnateur… conclut l'Onirique avec neutralité. Elle se pencha rapidement sur le corps pour voir s'il n'avait pas quelque bourse mais la réponse fut négative. Elle poursuivit alors son chemin sans plus s'en préoccuper.

Bientôt, le chemin rocheux s'élargit grandement, et ce fut presque dans une salle que débouchèrent les deux voyageurs. Le plafond était un peu plus haut et quelques stalactites faisaient la décoration, mais cela demeurait une grotte… Archantaël et Hengentön n'avait pas fait trente mètres depuis l'entrée et n'avaient fait que s'enfoncer sous terre. D'ailleurs, le démon commençait à se demander pourquoi elle s'obstinait à progresser puisque tout ce qu'elle voulait, c'était échapper aux intempéries. Mais le guépard semblait se plaire à jouer les explorateurs, ce qui encouragea son amie à faire fi des questions pratiques et à se prendre au jeu. Séduite par l'endroit, l'Onirique s'assit sur un petit rebord inconfortable et coinça la torche entre ses genoux pour en approcher ses mains frigorifiées (surtout celle qui ne tenait pas la torche…). Hengentön s'allongea près d'elle posa sa tête sur l'avant bras de son amie, repliant ses oreilles en arrière pour ne pas se brûler. Ses beaux yeux couleur mirabelle se fermèrent et un doux ronronnement se mit à sortir de sa gorge.

Mais pas de répit pour Archantaël et Hengentön : un éternuement se fit entendre, non loin. Le démon se saisit de sa torche (dans la main gauche) et porta la main valide à la garde de sa chaîne cloutée. Le guépard dégagea les genoux de sa maîtresse pour lui permettre de se relever et se dressa sur ses quatre pattes, prêt à bondir. Tentant d'atténuer la lumière, indicatif efficace de leur position, l'Onirique plaça la torche derrière elle en prenant garde de ne rien brûler des ses vêtements et attendit que l'auteur du bruit se présente…

_________________

~ You cannot touch me, you would not dare, I am the chill that's in the air ~
Spoiler:
 


Dernière édition par Archantaël l'Onirique le Ven 27 Jan - 21:57, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas



Delm Lysheart

Delock
avatar

Nombre de messages : 76
Style de combat : Oui.


MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Lun 14 Nov - 20:06

Il devint très rapidement évident qu'une flamberge blanche n'était pas en tout point assimilable à une torche. Et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, une flamberge est dotée d'une lame -blanche en l'occurrence- (ajoutons des détails inutiles, la description en sera plus étoffée) alors qu'une torche au contraire ne possède pas l'ombre d'un tranchant. A quoi pourrait bien servir une lame sur une torche me direz-vous ? A peler des pommes de terre dans le noir par exemple. Delm se promit qu'il y réfléchirait ; on arrête pas le progrès... Mais revenons à nos moutons. Inversement, une flamberge -blanche en l'occurrence- n'est absolument pas pourvue d'une extrémité inflammable susceptible de produire de la lumière. Ou alors c'est que vous avez une bien curieuse flamberge. Ou que ce que vous appelez flamberge se trouve en fait être une torche. Mais dans ce cas il ne fallait pas naître gobelin... Bref.
Quel que soit le sens dans lequel on tournait le problème (même celui des aiguilles d'une montre), les faits étaient là : la flamberge -blanche en l'occurrence- n'éclairait pas. Et ça ne faisait pour ainsi dire vraiment pas les affaires de l'ange-dragon. Surtout dans une grotte.

Le pas vigoureux de Delm se changea bien vite en une multitude de tâtonnements aveugles pour éviter de se casser la figure, alors que sa flamberge -blanche, vous l'avez compris je crois- servait de bâton pour non voyants à notre cher hybride. Delm incarnait alors tout sauf la discrétion, dans la mesure où la lame de son arme se cognait aux parois avec des cliquetis métalliques bruyants au possible, tandis que ces bottes pleines d'eau émettaient des « shplouitch » à chacun de ses pas. La part de dragon de son âme s'affola de cette démarche balourde le rendant repérable à des lieues à la ronde, aussi il prit soin de lancer un « chuuut » sonore à chaque fois qu'il faisait un peu trop de bruit. Curieusement, cette technique innovatrice digne d'un ingénieur gobelin ne porta pas ses fruits, empirant le situation au contraire.

« Hehe, au moins comme ça je me cogne pas aux parois... » chuchota l'ange-dragon, fier de lui.

C'est à ce moment là qu'il se cogna à une paroi. Eh oui, si vous déplacez votre flamberge -prenons par exemple à tout hasard une blanche- de façon horizontale, même si vous effectuez ce geste de façon frénétique à la limite de la maladie mentale maniaco-dépressive, vous ne risquez pas de vous prévenir des vicieuses protubérances placées en hauteur, qui s'attaquent sournoisement à votre tête découverte, sans même prévenir... Delm écrasa donc son crâne avec violence contre un morceau de roche qui avait dû être une stalactite avant qu'elle ne soit brisée et polie par le temps en une sorte de boule de pierre dépassant du plafond, plus bas que ce que l'ange-dragon avait imaginé. Il jura à voix basse, avant de jurer parce-qu'il avait juré, de se traiter de blasphémateur, puis de jurer parce-qu'il faisait trop de bruit. Après avoir passé de longues secondes complètement immobile, se battant contre lui-même pour savoir s'il avait blasphémé ou pas, Delm reprit sa progression en se disant que si vraiment il avait blasphémé le ciel lui enverrait un signe. C'est pourquoi il fût très troublant pour l'ange-dragon de se cogner une deuxième fois sur la même protubérance, ayant reculé de quelques pas en étant sûr qu'il ne ferait pas la même erreur deux fois. Il fallait croire que si.

Delm massa son crâne douloureux en se demandant s'il était vraiment aussi boulet qu'il y paraissait, et si son cas était vraiment aussi désespéré. Après avoir décidé de répondre par l'affirmative à ces deux interrogations existentielles, l'ange-dragon reprit enfin son chemin, s'enfonçant dans la grotte pendant quelques minutes. Il eut beau tendre l'oreille, il n'entendit rien de spécial, mais compte tenu du boucan qu'il faisait lui-même ça n'était pas bien étonnant. Une armée d'orcs aurait pu se tenir derrière lui sans qu'il ne s'en rende compte. Enfin si, certainement grâce à l'odeur. A cette pensée, Delm renifla bruyamment. Il n'avait jamais été très doué pour repérer quoi que ce soit grâce à son odorat ; il laissait ça aux elfes, dignes représentants des animaux à forme presque humaine. Bien évidemment, il ne sentit rien du tout, à part une vague odeur de brûlé.

« Rien d'étonnant, avec ma torche... »

Delm marcha encore environ dix pas avant de se rendre compte qu'il n'avait pas de torche. Il marcha ensuite dix pas de plus avant de se rendre compte que quelqu'un d'autre devait avoir une torche, si ça sentait le cramé. Il marcha encore dix pas de plus avant de se rendre compte que ce quelqu'un était donc dans la même grotte que lui et que ce n'était pas forcément un ami. Aussitôt, grâce à ses réflexes surhumains, il s'arrêta net. Il tenta de sonder les ténèbres face à lui, mais comme l'indique le mot, ce sont des ténèbres, alors on y voit pour ainsi dire pas grand chose. D'autant que même si Delm ne le savait pas, il était juste en face d'une protubérance semblable à celle qui avait déjà attenté à ses jours à deux reprises, aussi il ne risquait pas d'apercevoir quoi que ce soit à travers de la pierre. Décidant de se préparer à toute éventualité, notamment au fait que la présence supplémentaire dans cette grotte puisse en vouloir à sa tête et être d'une autre trempe qu'une vieille stalactite, l'hybride se dit qu'il serait éventuellement judicieux de retirer l'eau de ses bottes s'il voulait pouvoir mener un combat digne de ce nom. Delm s'assit donc, et entreprit de retirer ses bottes. Il rigola en pensant que ce serait bien bête s'il se faisait surprendre à cet instant. Puis, se rappelant de la dernière fois qu'il avait rigolé à propos de ne pas se cogner contre les murs, il cessa tout sourire, et, à moitié paniqué, il remit ses bottes à toute hâte avant de se relever brusquement, la lame de sa flamberge brandie devant lui en une posture menaçante. Bien sûr, il ne pouvait pas savoir qu'il menaçait en ce moment un caillou. Mais peut-être qu'en ce moment les cailloux étaient les adversaires les plus à la portée d'un Delm à des années lumière de l'ange-dragon impérial qui était venu à bout du balrog quelques mois plus tôt.

Delm n'était pas dans son meilleur jour, et surtout pas du tout dans son élément ni son environnement. Mais il avait une arme et une âme. Quelle que soit l'entité qui l'attaquerait, il combattrait. Jusqu'à la mort.

Même si c'était un caillou.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
http://fedefantaisie.free.fr/index.php



Kern Jodd

Invité



MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Lun 12 Déc - 20:21

Message de Kern Jodd


Kern se releva péniblement, en marmonnant contre cette foutue grotte et ce foutu trou spécialement mis là pour que le premier idiot venu -en l'occurrence lui- bute dedans et s'étale face contre pierre, en s'égratignant au passage sur les parois plus que rugueuses de cette foutue grotte. Lui qui avait voulu être discret, c'était mal parti. Un sourd en train de jouer de la cornemuse à côté d'une charge de cavalerie l'aurait entendu venir. En gros, il se faisait remarquer, et il détestait ça. Il acheva de se remettre sur pied et sortit son poignard, le seul machin à peu près pointu et contondant dont il puisse se servir dans un lieu pareil sans être arrêté dans chaque mouvement par un caillou quelconque. Il s'arrêta un instant de bouger, autant pour tenter de s'accoutumer à l'obscurité que pour écouter aux alentours, au cas où son hypothétique future victime soit aussi gênée dans ses déplacements que lui. Au vu des bruits de pas, de frottements de métal et d'interjections à peine contenues qu'il entendait, c'était le cas. Bien, très bien.

Il avança, se disant qu'il ne servait à rien de rester planté là comme un c**, en attendant le déluge. Déluge qui, d'ailleurs, était en train de s'abattre sur cette foutue montagne rocailleuse et bête. C'était même à cause de cette foutu pluie qu'il avait dû se réfugier dans cette foutue grotte, à la recherche de cette foutue proie, qui commençait à l'énerver franchement, avec ses foutus bruits idiots. Même si elle avait grâce à ça l'obligeance de signaler sa position à tout venant. Et lui-même, le foutu pauvre tueur transi, glacé et mouillé, sentait croître en lui une foutue envie de meurtre. Il fit un pas vers la source de bruit, un deuxième, et s'arrêta net au troisième, car il venait de rencontrer une espèce de machine à tuer acérée, dure, lourde et implacable. Une stalactite, quoi. Se rendant compte qu'il ne faisait pas le poids, il esquiva soigneusement son agresseur et continua sa marche, ou plutôt sa reptation, puisqu'il se baladait maintenant à quatre pattes. Il évitait ainsi tout danger d'attaque aérienne, mais frisait le ridicule. Mais le ridicule ne tuait pas, contrairement aux pierres, d'autant plus que personne -ou presque- n'était là pour se moquer de lui à la première bévue.  Environ cinq à six pas plus loin (dur de compter, quand on est à quatre pattes), il fut arrêté violemment par une protubérance visqueuse, lisse, mais tout aussi dure que la précédente. Une stalagmite. Aïe. En haut comme en bas, il était cerné. Cette histoire commençait vraiment à sentir le brûlé pour lui.

Mais oui, d'ailleurs!

Une vague odeur de feu de bois commençait à lui titiller les narines. Du résineux. Une torche, donc. Un coup d'œil vers la source de bruit à proximité : Non, ce n'était pas lui la source de cramé. Ou alors il avait réussi à obtenir de la fumée sans feu. Ce qui aurait été tout sauf utile dans des conditions lumineuses comme celles-ci. Il y avait donc quelqu'un d'autre dans cette foutue grotte. Tant mieux, plus on est de fous, plus on rit. Que ce flambeur providentiel vienne donc éclairer un peu la situation par ici, elle en avait bien besoin. Kern l'aurait accueilli comme il se doit, pour peu qu'il y voie à plus de cinquante centimètres. Il recommença son avancée, plus précautionneux que jamais quand à ce qu'il avait devant lui. Il détachait maintenant en éclaireur, à chaque pas, sa main droite. Bon, sa vitesse en prenait un coup, mais son intégrité physique ne s'en portait que mieux. Se dirigeant mi au son, mi à l'odeur il gagnait peu à peu du terrain sur sa proie. Quand, tout à coup, son éclaireur -cette brave main droite- rencontra subrepticement une surface textile. Aussitôt, Kern bondit, preste comme un félin en chasse, et décocha un coup de pied magistral à l'aveugle à l'adversaire en face de lui. Le seul petit problème était que ce qu'il avait en face de lui était plus dur qu'un humain normal. Et sa jambe en prit un sacré coup, à l'image du craquement qui retentit lorsque Kern retomba -disons le- comme une merde, en étouffant avec peine un cri de douleur. Se mordant les lèvres jusqu'au sang pour ne pas hurler, il se contorsionna au sol pendant une bonne minute avant de se calmer, et de réaliser qu'il avait dû donner un coup de pied sur quelque chose qui n'était pas son adversaire-proie-victime potentiel. Il se releva à cloche-pied, et s'approcha du machin dans lequel il avait bêtement frappé pour l'examiner. Un bout de tissu se présenta de nouveau à sa main. Il n'eut même pas besoin de tirer dessus, que le perfide morceau d'étoffe se dérobe à son support. Son support, c'était une robuste colonne, qui était visiblement aussi large qu'un tronc d'arbre d'une centaine d'années. ce foutu bout de tissu avait dû s'y accrocher...

Sa jambe le lancinait, maintenant. Faible témoin de la perfidie des choses, qui s'acharnaient sur ce pauvre petit tueur machiavélique et sanguinaire. Kern aurait dû naître gobelin. Au moins, il aurait été reconnu pour ces qualités innées, qui faisaient son orgueil et sa fierté. Et la terreur des gens qu'il croisait, accessoirement. il avait fallu qu'il soit un pauvre humain, méprisé, haï ou traqué par les siens, ses frères qu'il chérissait tant, qu'il voulait même protéger des dangers de la vie en les envoyant vers un monde meilleur. Kern était un incompris de naissance. Enfin bon, le moment n'était pas franchement le bon pour s'apitoyer sur son sort, avec un mélomane amateur et un pyromane en manque de combustible dans la région. Il se remit donc sur pied, le plus doucement possible, autant pour ne pas faire de bruit que pour éviter de relancer cette foutue douleur, qui commençait à se calmer.
Revenir en haut Aller en bas



L'Archange Gabriel

Invité



MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Sam 17 Déc - 21:47

Message de L'Archange Gabriel.

Toujours plongé dans le noir, Gabriel continuait sa progression aussi rapidement que sa vue le lui permettait. C'est à dire très lentement. Le peu de lumière qu'il avait repéré et avec laquelle il se guidait jusqu'à présent venait de  s'éteindre presque entièrement. Il apercevait de-ci de-là des reflets orangés, témoignage muet d'un ruissellement d'eau sur les parois de pierre. Néanmoins, malgré une petite voix dans sa tête qui le suppliait de s'arrêter et d'aller attendre tranquillement la fin de la tempête à l'entrée de la grotte, l'Archange avançait encore, un pied après l'autre, disposant de tout juste assez de lumière pour esquiver au dernier moment les assauts perfides des stalactites. Ce n'est qu'au moment où son corps cessa de bouger, parcouru en même temps par une violente douleur venant de son entrejambe, qu'il décida également de surveiller du coin de l'œil les stalagmites. Quelque chose s'était cependant accroché à sa chemise noire et l'avait transpercée, pénétrant sa chair sur quelques millimètres. Une pierre pointue sans doute. Quand Gabriel tata sa petite blessure, il en dégagea une petite aiguille. Sans l'inspecter plus que de raison, il la laissa tomber et continua sa route, sentant une nausée monter. Il s'arrêta une nouvelle fois pour respirer un bon coup, et se massa le bas du ventre, là où sa blessure faisait perler quelques gouttes de sang. Il reprit sa route en faisant un écart devant un ennemi imaginaire, une main posée sur l'endroit endolorit, l'autre contre la paroi de pierre, et il pénétra, boitillant, dans une salle emménagée. Le décor lui déplut instantanément. Très certainement au goût de Gobelins aveugles, la pièce chichement éclairée devait servir de remise. En guise de chandeliers, Gabriel posa ses yeux sur les sœurs jumelles de celles qui l'avaient agressé un instant auparavant : des stalactites. La tapisserie des murs rappelait affreusement de la roche rugueuse, tout comme les rares sièges, taillés par un architecte d'intérieur -architecte plus fou selon Gabriel que d'intérieur- dans de la pierre. Tout n'était que grossièreté. De même que le majordome planté devant lui. Avisant sa tête de déterré, il en eu la nausée. Donc il éternua (logique, selon lui). A le voir ce pauvre homme tenir ainsi une torche dans son dos, manquant de s'enflammer lui même d'un moment à l'autre, il ne fallait pas beaucoup d'imagination pour évaluer son intelligence, qui ne devait sans doute pas dépasser celle d'un Gobelin mort. Gabriel se retint de rire. Qu'avait-il aujourd'hui avec les Gobelins ? Il ne sut pas pourquoi, mais en y réfléchissant quelques secondes, il se dit que ces petites créatures vertes dépourvues de neurones, aussi hideuses que répugnantes, étaient tout à fait charmantes ! L'Archange sourit largement, le regard dans le vide. Soudain, il éternua. Puis, aussi soudainement, il s'essuya. Enfin, encore plus soudainement, il s'avança vers l'individu présent en face de lui, reprenant son sérieux.

- Pardonnez moi, mon brave ! Pouvez me dire où je suis ? Il me semble que je me sois perdu...

Il fit alors la moue, en ajoutant :

- C'est fort fâcheux, ce n'était pas ma destination première... Dieu que vous êtes laid ! Mais cachez moi donc cet horrible visage ! Voilà ce qui arrive lorsque l'on défie le Créateur !

Gabriel se tourna un instant vers un nouveau bruit, très étrange en ces lieux. Un grognement. Ou un raclement de gorge ? Très probablement des Gobelins. Cette pensée redirigea son esprit vers l'homme à la torche, avant d'éternuer.

- Dites moi d'ailleurs. Il faudrait refaire la décoration ici, on se croirait dans une grotte. Non mais regardez moi ces murs ! Vous ne devez pas faire le ménage très souvent hum ? D'ailleurs que faites vous planté là, à me regarder avec votre seul œil de Gobelin hein ? Allez donc me chercher à boire, mon gars !

Stupéfait par sa propre véhémence, Gabriel se tût enfin. Que se passait-il donc ? Voilà qu'il donnait des ordres pour son propre bien, qu'il parlait sans arrêt et qu'il pensait aux Gobelins ! Cependant, que ces petites créatures vertes fassent partis de son esprit ne le dérangeait pas. Après tout, n'étaient-ils pas magnifiques, avec leurs petits yeux vitreux, leur peau fripée et leur odeur d'urine ? Absolument charmants !

L'Archange s'agita. voilà que ça recommençait ! Son esprit vagabondait vers des profondeurs obscures de son âme, l'empêchant de raisonner correctement dans une situation qui n'exigeait que ça ! En parlant de résonner d'ailleurs, cette salle renvoyait un très joli écho... Située aussi profond que les dérives de son âme, elle restituait à la perfection des centaines de bruits inaudibles en temps normal. Comme ces injures proférées à voix basse, ou un raclement de métal, ou même le chuchotement d'un Démon à son animal de compagnie...

Démon !? Cette fois Gabriel réagit promptement. Il éternua. Puis, quand il reprit ses esprits, percevant enfin l'essence maléfique qui l'entourait, il se tourna vers le majordome. Qui avait superbement disparut, emportant avec lui, ou plutôt avec elle, se corrigea l'Archange, la seule source de lumière disponible. Si seulement les Gobelins avaient pensés à créer des torchères... Saleté de Gobelin, toujours là pour brailler et piller, mais quand il s'agit de travailler, il n'y a plus personne ! La preuve ! Ces misérables créatures devaient aller chercher à boire pour Gabriel un instant plus tôt, et voilà qu'au lieu de ça, elles s'en étaient partis, emmenant avec elles la torche de Gabriel ! Prenant conscience de cela, l'Archange réagit merveilleusement bien :

- Aux voleurs ! Ma torche ! Sales Gobelins répugnants ! Revenez ou je ne vous donnerais pas à boire comme convenu !

Il s'élança dans la grotte déguisée en salle richement décorée, subissant les attaques sournoises de dizaines d'ennemis invisibles, le percutant de plein fouet, lui écorchant les bras et le visage, le faisant trébucher à maintes reprises. Quels que soient ces ennemis Démoniaques, ils ne semblaient pas vouloir l'attaquer par derrière. Peut être que les Démons ne couraient pas assez vite ? Ou bien était ce Gabriel qui leur fonçait dessus ? Oui, ça devait être ça ! C'était Gabriel qui attaquait les Démons gobelinoïdes ! Tout était logique !

Et c'est donc dans une caverne obscure, éternuant tous les dix pas, le nez en sang, que Gabriel courait en rond, l'esprit embrumé par un poison aux effets surprenant. La petite aiguille qu'il avait retiré de son ventre gisait maintenant dans le sol, à l'entrée de la caverne, idéalement placée pour piquer quiconque marcherait pieds nus. Ou à quatre pattes.
Revenir en haut Aller en bas



Archantaël l'Onirique

Archson
avatar

Féminin Nombre de messages : 78
Style de combat : Rapide et acharné


MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Dim 18 Déc - 16:52

Archantaël demeura stoïque pendant plusieurs secondes, attendant patiemment que l'auteur de l'éternuement apparaisse. Ses pas se rapprochaient de manière régulière, d'une façon relativement sure : le démon en conclut que ce n'était pas un assassin perfide, assoiffé de sang, jubilant à l'idée de tomber sur elle et de pouvoir faire un massacre. Bon, bah c'était déjà ça de gagné.
Et au moment où elle s'y attendait... Où elle s'y attendait, le personnage fit son apparition. C'était un homme, un homme normal : il avait des cheveux, des yeux, de la peau et rien de particulier. Comme tout aventurier qu'il devait être pour se retrouver ici, il portait des vêtements sombres, dont une cape derrière laquelle se dissimulait une grande partie de son corps. Et il n'avait pas du tout une tête d'assassin.
Il n'avait pas non plus une attitude d'assassin. Sauf s'il arrive souvent que les assassins déboulent dans les grottes avec un grand sourire, apostrophent la seule personne qui s'y trouve en l'appelant "mon brave", et déclarent sans une once de honte qu'ils sont perdus. Il va sans dire qu'Archantaël sentit son ego en prendre un coup. C'était bien la première fois que son allure faisait un tel effet sur quelqu'un. Et je ne parle pas de la prendre pour un homme mais de l'apostropher en l'appelant "mon brave".

Si elle avait été une petite caricature, une grosse veine rouge serait apparue sur ses tempes, bien épaisse et clignotante. Alors ça, c'était bien la première fois qu'on lui faisait le coup.
Elle s'apprêtait à répondre avec un sarcasme agressif et une colère à demi-contenue, mais elle n'en eut pas tellement le temps.

...

Bon, alors "
Dieu que vous êtes laid !", ça, on lui avait déjà dit. L'"horrible visage" aussi, c'était courant. Mais il faut dire qu'à chaque fois, ça s'était mal fini. Pour l'autre. Rares étaient les personnes qui osaient lui faire ce genre de réflexions, et parmi elles, celles qui en sortaient indemne. L'Onirique frissonna. De son côté, le guépard adopta une expression pouvant s'apparenter à un froncement de sourcils : son museau était plissé, non pas de façon agressive, mais surprise. Il regarda sa maîtresse, puis reposa ses yeux mirabelle sur l'inconnu, toujours aussi nonchalant... Et il grogna légèrement.

Cela sembla attirer l'attention dudit inconnu, mais pas de manière notable. Très vite, il poursuivit son discours.

...

Un grand oeil rouge étonné se posa sur le nouvel arrivant. Archantaël fit apparaître sur son doux visage une expression toute nouvelle : elle avait les yeux écarquillés, les sourcils hauts, les lèvres entre-ouvertes (autrement dit, elle était bouche-bée), et tout ceci bien figé, sculpté dans sa peau couleur cadavre et ombragée par son capuchon. Un grand vide s'installa dans sa tête. Non, aucune pensée ne traversa son esprit. Si ce n'est "
Ouh laaa...".
Hen' entendit à peu près la même chose passer dans son cerveau félin.

Cette mise en scène aurait pu durer bien plus longtemps si une odeur alarmante n'était pas venue chatouiller les délicates narines du démon. En effet, elle avait eu la mauvaise idée d'oublier que dans son dos dansait un feu qui ne demandait qu'à être nourri : les flammes commençaient à lécher avec appétit le métal de son armure, chauffant dangereusement le matériau. De plus, les vêtements en tissu qu'elle portait en dessous commençaient déjà à noircir gentiment. Bien sur, la brûlure éveilla aussi son sens du touché et l'Onirique s'empressa d'éloigner la torche en se tortillant pour calmer la douleur et limiter les dégâts. Cela dit, ses yeux ne quittèrent pas l'humanoïde.
Dans ses brusques mouvements, l'Archantaël avait involontairement rabattu son capuchon, dévoilant sa magnifique chevelure pourpre, tirée en arrière de façon désordonnée. Le démon jura en un soupir puis abandonna l'idée de le remettre en place. En revanche, elle avait bien l'intention de corriger l'insolent qui se tenait devant elle : elle porta la main à la garde de sa chaîne et fit le petit mouvement de poignet habituel qui lui permettait de la décrocher d'un coup.
Enfin bon, quand on s'est fait insulter, ridiculiser et qu'on a été à deux doigts de cramer ses vêtements, c'est rarement fini. Ainsi le simple mécanisme qui retenait l'arme prisonnière décida de faire grève et de ne pas fonctionner. Archantaël insista, secouant l'instrument en de grands bruits métalliques. Comme on peut s'y attendre, le guépard commença à s'inquiéter pour son amie (et sa fierté). Il s'approcha alors de cette dernière et proposa son aide en ouvrant la gueule bien largement. Sans songer une seule seconde au danger que représentait pour un animal le fait de tenir une torche allumée entre ses mâchoires, le démon y plaça l'objet - en prenant quand même garde à lui offrir une prise correcte, c'est un minimum - et utilisa ses deux mains pour détacher son arme. Lorsqu'enfin la sangle lâcha, les maillons se déployèrent violemment et Archantaël poussa un cri démoniaque de soulagement.
Haha !
Conscient de l'inutilité actuelle de la torche, Hen' la laissa tomber mollement dans un coin où sa lumière orangée ne faisait pas beaucoup d'effet. Il se dressa ensuite sur ses quatre pattes, ses muscles félins saillants, et se prépara à bondir au moment où Archantaël lancerait l'assaut.

Le démon traversa la pièce en quelques bonds et usa de son arme pour tracer une courbe rapide devant elle, ne serait-ce que pour faire comprendre à l'halluciné qu'elle n'avait pas très bien prit ses insultes.


Spoiler:
 

_________________

~ You cannot touch me, you would not dare, I am the chill that's in the air ~
Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas



Delm Lysheart

Delock
avatar

Nombre de messages : 76
Style de combat : Oui.


MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Mar 10 Jan - 13:16

Imaginons que vous vous trouviez dans un endroit noir. Mais quand je dis noir, c'est pas une nuit de pleine lune avec trois lampadaires et demi allumés à côté de vous (le demi, c'est parce-qu'il y en a toujours un qui décide de ne s'allumer qu'une seconde sur deux, c'est plus économique), non, quand je dis noir c'est un noir d'encre, sans la moindre petite flamme à l'horizon, sans le moindre rai de lumière filtrant au travers de volets mal fermés. Quelle est la réaction d'un humain dans pareille situation ? Il plisse les yeux.
Delm n'était pas humain. Mais il plissait les yeux à mort. Ce qui est totalement con, quand on y pense. S'il n'y a pas de lumière à la base, réduire l'ouverture qui permet en temps normal de l'acheminer jusqu'au globe oculaire ne va pas améliorer la vision... Peut-être est-ce juste un effet placebo sur le cerveau dans ce cas. Certainement, puisque Delm distingua assez nettement l'ennemi qu'il menaçait de sa flamberge -blanche, vous vous souvenez ?- avec une fermeté témoignant d'une grande maîtrise de ce type de situations. L'ange-dragon titilla le cou de l'être agenouillé devant lui avec la pointe de sa lame, et lui parla tout bas, d'une voix de glace :

« Que fais-tu ici, humain ? »

Plissant un peu plus les yeux, Delm finit par distinguer les oreilles plus grandes que la normale de l'individu.

« Ou plutôt devrais-je dire elfe ? Tu es à ma merci à présent, ne songe même pas à t'enfuir... »

Fléchissant ses jambes pour se retrouver à la hauteur du visage de son prisonnier, sans pour autant oublier de maintenir sa lame sur la peau elfique, Delm se permit un petit sourire glacial. Il lut de la peur dans les yeux de sa proie. Bien, ça éviterait peut-être une lutte inutile... La partie draconique de son être lui souffla de se méfier des réflexes imprévisibles des membres du peuple de la forêt, mais la partie angélique refusa de trop appuyer sur la lame avant de connaître les véritables motivations de l'individu et le pourquoi de sa présence ici. Après tout, il n'était peut-être pas responsable de la vague maléfique que Delm sentait comme une chape sombre sur son esprit... Peut-être était-il simplement un réfugié des eaux, lui aussi ? Il fallait toujours espérer, et malgré le sentiment de danger qui ne quittait pas les pensées de l'hybride, il parla d'une voix un peu plus douce.

« Réponds, et je ne te ferai pas de mal... »

Mais l'elfe ne répondit pas, et préféra le fixer de ses yeux froids avec un sourire méprisant. Soudain, il fit mine de vouloir saisir une arme dans son dos. Il n'en eut jamais le temps. La flamberge blanche décrivit un simple mouvement horizontal qui lui trancha le cou avec une précision remarquable.

Delm venait d'assassiner sa première pierre.

C'est surtout le crissement métallique à faire grincer les dents à un sourd qui alerta l'ange-dragon. Alors que la lame était censée proprement tailler de la peau elfique, le bruit faisait plutôt penser à un imbécile qui vient de désintégrer tout le tranchant de son arme contre... un caillou !

« Mais quel con ! Quel con quel con ! Mais comment je peux être aussi abruti ?
Blasphème !
C'est toi le blasphème ! Ta gueule maintenant !
Taah ! Blasphème !
Bon, je vais être clair : si tu la fermes pas tout de suite, je m'énerve vraiment !
Je suis toi imbécile...
Blasphème !
Eh ! C'est ma réplique ça !
Mais tu es moi !
C'est ça, tuez-moi ! »


Delm se prit la tête dans les mains et cria un bon coup. Il hurla, pour ainsi dire. A s'en péter les cordes vocales. Les voix dans sa tête avaient toujours fait partie de lui, mais jamais elles n'avaient été présentes au point de contrôler son corps avec une telle force, au point d'exprimer les problèmes de son esprit à voix haute. Il était en manque d'énergie, et tout avait empiré depuis qu'il avait enfin connu le silence grâce à Zürn. Ces voix allaient finir par le tuer !
Peut-être plus tôt que prévu d'ailleurs. Parce-que avec ce hurlement, s'il y avait vraiment un ennemi dans la grotte, il était sûr de pas le louper pour le coup... D'autant que le tranchant de sa flamberge n'était plus qu'un lointain souvenir, alors se battre avec ça risquait de sérieusement réduire les possibilités de mouvement martiaux... Il devrait se contenter de parer et de porter des coups d'estoc, et pour peu que le lieu soit un peu étroit ça n'allait pas arranger les choses...
Non, il fallait à tout prix qu'il évite le combat à présent, il n'avait plus le choix. Il était bien trop à la merci d'un assassin prêt à se faire cuire un morceau de volaille pour le repas du soir. Il ne pouvait pas se permettre de combattre dans cet état, à cet endroit, à ce moment. Il était trop démuni.

Pris d'une soudaine inspiration, Delm décida de se rapprocher de la fumée de la torche. De toute façon, repéré pour repéré, autant voir son ennemi que rester aveugle pour un éventuel affrontement. Se guidant plus ou moins à l'odorat, l'ange-dragon se mit à courir vers la source probable de la fumée. On n'échappe pas à son destin.

Le front angélique percuta de plein fouet une stalactite. Rien de bien original me direz-vous. Sauf que cette fois-ci, notre cher guérisseur courrait, lancé à pleine vitesse sur le piton rocheux. Sa tête partit en arrière, et pendant quelques secondes le temps sembla ralentir son souffle, alors que tout son corps animé de la vivacité d'un mollusque souffrant de rhumatismes penchait de plus en plus vers une inévitable chute, et que quelques gouttes de sang résistaient à la gravité pour former une brume rouge auréolant la tête du saint homme.

Delm s'était assommé contre une stalactite.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
http://fedefantaisie.free.fr/index.php



Kern Jodd

Invité



MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Jeu 19 Juil - 12:59

Message de Kern Jodd


Kern boitait péniblement vers la faible lumière qu'offrait le feu devant lui, appuyé sur la hampe de son naginata, avec lequel il balayait l'espace devant lui à chaque pas, comme avec une canne d'aveugle. A son corps défendant, l'arme faisait autant de bruit quand elle grattait le sol qu'un troupeau de casserole qu'il aurait eu accroché aux pieds. Mais il n'était plus à ça près, et il préférait être repéré que se payer encore une stalagmite dans la jambe. Au moins, si quelqu'un le repérait, il viendrait jusqu'à lui et le tueur n'aurait plus besoin de chercher. D'ailleurs, en suivant cette stratégie, il aurait tout à gagner à appeler un bon coup, en gueulant comme un forcené : ça attirerait au moins l'autre imbécile devant qui grattait les parois. Fort de cette idée, Kern se préparait à lancer un cri tonitruant, quand le (presque) silence fut rompu par un hurlement. Il mit quelques secondes à se rendre compte que ce n'était pas lui qui avait crié, et encore une dizaine d'autres à en conclure que ce devait être l'andouille devant... Qui devait avoir eu la même idée que lui. Vraiment aucune originalité, ce type.

Mais il ne lui en voulut pas trop, car l'indication qu'il donnait sur sa position était très claire : il était à peine dix mètres plus loin. Kern se mit à avancer plus rapidement, presque à courir. Dix mètres, c'était un saut de puce en temps normal, mais là, c'était différent. Kern avançait le plus rapidement possible vers sa proie, mais s'écorcha proprement le front sur une stalactite, trébucha sur une petite stalagmite et s'écrasa de tout son poids contre la pierre. Toujours aussi dure.
Il se relevait péniblement quand il perçut un bruit de cavalcade devant lui. Sa proie s'enfuyait! Il avait dû être trop bruyant pendant son déplacement... Ou peut-être, plus simplement, était-ce le hoquet de douleur qu'il avait poussé en tombant? Enfin peu importait. Il s'appuya sur la pierre et se remit douloureusement sur pieds, observant les alentours dans une tentative désespérée de discerner la proie envolée. Ah, tiens? Le désespoir avait du bon, finalement! La lueur du feu tant convoité montrait une ombre qui se déplaçait à toute vitesse vers elle. Et qui tomba, en même temps qu'un "Poc!" étouffé parvenait aux oreilles du tueur. Évidemment, à courir comme un dératé, s'assommer contre un de ces objets contondants qui fendaient l'obscurité de la grotte n'était pas un risque, c'était une évidence. Lui-même en avait fait les frais, et les lancements que lui infligeait sa jambe le lui rappelaient à chaque instant.

Sa proie étant immobilisée pour au moins un quart d'heure, au vu de la vitesse à laquelle avait dû se produire le choc, il n'avait plus besoin de se presser. Il ramassa son naginata et s'achemina calmement vers le corps inanimé. C'était un ange, ce dont attestaient ses deux grandes ailes blanches, les seuls objets clairs de cette foutue grotte. Kern n'aimait pas les anges. Tous des lavettes, encore pire que les elfes. Bons uniquement à vous faire la morale et à voleter dans les cieux étoilés, comme dans un conte de fées. Mais la vie n'était pas un conte de fées, et ce piaf allait vite l'apprendre. Le tueur leva son naginata, le tourna la lame vers le bas, et se campa fermement sur ses jambes pour être sûr de ne pas rater son coup. Les chances étaient minimes, mais dans l'état où il était, il ne préférait pas risquer un combat. C'est à ce moment-là qu'il entendit comme un craquement, juste sous lui. Il baissa les yeux, et aperçut une fissure qui cheminait entre ses pieds, tandis qu'un craquement plus sourd encore faisait trembler le sol.

Oups...

Le sol se déroba sous ses pieds, il tomba à la renverse et fut entraîné dans le vide, griffant désespérément l'air sans aucune prise où prendre appui. Jusqu'à ce qu'il soit assommé sur les rochers et ait juste le temps d'apercevoir le corps de l'ange qui avait fait le même chemin que lui, avant de perdre connaissance.
Revenir en haut Aller en bas



L'Archange Gabriel

Invité



MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Lun 23 Juil - 9:48

Message de L'Archange Gabriel.

Dans un monde emplit de magie, de chaleur et de puissance, s'affrontaient sans cesse petits peuples et grandes castes pour le contrôle de terres ou de richesses parfois même perdues. Tous avaient oubliés que leurs petites guerres ne signifiaient rien, car le vrai maître de ce monde était la Magie. Quand bien même un peuple en particulier parviendrait à s'élever au dessus de tous les autres, il ne serait rien sans magie. Contrairement à ce que l'on pense, cette dernière n'était pas soumise. Ce ne sont pas les Dragons, ni même les Humains ou les Elfes qui l'ont domestiquée. La Magie était une source de pouvoir intarissable, qui prêtait d'elle même sa force à certains, dignes de l'utiliser. Toute puissante était-elle, cette sorcellerie n'était pas infaillible. Elle a appris à ses dépends que privilégier un peuple en particulier pouvait signifier la fin de toute chose. Sa première erreur fût également son tout premier don. Elle insuffla une puissance infinie dans ceux qu'elle pensait être les plus dignes : les Anges. Cependant, tout bon et dévoués étaient-ils, ils faillirent, et le monde en fît les frais. Aussitôt, la Magie dû faire contrepoids, et quelques privilégiés de chaque race, sans exceptions, furent dotés de pouvoirs. Ne pouvant néanmoins pas en donner autant à chacun, elle dota les Démons d'autant de magie que les Anges, afin de rééquilibrer les ravages causés par son erreur.


~~~~~~~~~


Dans une grotte aux aspects rugueux, humide et sombre, se préparait un ultime affrontement. Ce lieu souterrain renfermait une puissance inimaginable, capable de détruire l'univers entier si elle était relâchée. Personne ne connaissait la forme que prenait cette menace. Seule la Magie savait. Elle avait donc envoyée ses plus grands espoirs en direction de cette grotte afin d'endiguer ce flot malfaisant. Afin d'être sûre que ses émissaires ne la trahiraient pas en s'emparant de cette puissance au lieu de la détruire, elle avait équilibré les forces. Deux Anges, et deux Démons. Ainsi, comme deux pôles opposés se repoussant l'un l'autre, ils ne seraient pas tentés de s'allier pour garder la menace vivante et s'en servir ensemble, mais décideraient de la détruire, de peur qu'elle ne tombe dans les mains adverses. Cependant, ce plan si simple sur le papier ne l'était pas en réalité. Bien qu'elle eut éloignée chaque élément perturbateur du lieu maudit, la menace invisible semblait contrôler ce qu'on ne pouvait expliquer. Ainsi, certaines créatures supplémentaires étaient probablement (rien n'est moins sûr) en route vers la grotte, elle même semblant piéger ses explorateurs dans ses crocs de pierre. Enfermés sous terre, une grotesque, parce qu'influencée par une force indépendante, lutte entre Anges et Démons débutait.


~~~~~~~~~


Dans un esprit malade, une rage sombre gonflait. Normalement sereine, pleine de douceur et de compassion, l'âme embrumée tenait des propos incohérents tout en agissant stupidement. Gabriel, Archange de son état, empoisonné de son statut, courrait de long en large, dans une salle plus sombre que la force malsaine qui œuvrait ici. Il savait, tout au fond de lui, qu'un poison parcourait ses veines. Il luttait, de toutes ses forces, afin de guérir ce mal. Cependant, son corps ne réagissait pas comme il l'entendait. Comme enfermé dans une prison de verre, Gabriel s'était vu insulter une Démone au travers de ses yeux. Puis il s'était mis à courir, pourtant ordonnant à ses jambes de stopper. Ce repli sur soi même lui fît prendre conscience d'un danger plus grand encore. S'il parvenait à guérir miraculeusement de ce poison, il ne serait pas en état suffisant pour affronter la Démone, qui plus est si elle était rejoint par un complice. Complice qu'il entendait parfaitement hurler dans le corridor qu'il venait de franchir, quelques secondes précédant son dialogue de sourd. Du coin de l’œil, il repéra la Démone, éclairée par en bas par un félin monstrueusement dangereux, tenant une torche entre ses crocs. Gabriel continuait de courir sans fin, hurlant de ci de là des insanités contre des morceaux de pierre. Mais dans son esprit, il vit son adversaire dérouler une chaîne percée de piques, aussi mortelle que le souffle d'un Dragon enragé, si ce n'est plus douloureuse. Quand la Démone projeta son arme dans un cliquetis métalique, l'Ange vit sa fin approcher à grand pas. Mais... Bien sûr qu'il y a un "mais" ! Mais, disais-je, ses pieds se dérobèrent soudainement sous lui. Il ne comprit pas très bien pourquoi le sol s'ouvrit tout à coup dans un craquement sinistre, mais il remercia silencieusement ce coup du sort. La chaîne passa à un cheveux (c'est le cas de le dire) de son cuir chevelu. La chute fut cependant assez douloureuse. Quelques trois mètres plus bas, dans une crevasse déchirée et coupante, il s'ouvrit à quelques endroits épars. La douleur le ramena un instant à la raison, aussi sauta t-il sur l'occasion malgré le mal qui courait sur son corps, et prononça un sort de guérison instantanée ciblant en priorité le poison mystérieux. En criant sous l'influence de la magie coulant en lui, il sentit le liquide noir couler hors de ses veines par les entailles faites lors de sa chute. Juste après, les plus petits coupures se refermèrent, résidu secondaire de son sort de guérison mineur. Quand aux plus grosses, elles cessèrent tout au mieux de répandre le fluide vital sur le sol.

Respirant mieux, reprenant le contrôle de son corps, Gabriel se détendit en laissant choir ses membres. Ses yeux se posèrent sur un reflet doré, apparu entre deux rochers dans la crevasse peu profonde. Mais il ne s'attarda pas plus longtemps, risquant sa vie à chaque seconde perdue. Il se releva péniblement, prenant garde ne pas s'entailler sur les saillies pointues, et dégagea son arme du fourreau. Aussitôt, il sentit une désagréable douleur sur le côté. La garde de son ninjato s'était enfoncée dans sa hanche lors de sa chute. Même s'il avait très envie de soigner cette dérangeante douleur, il n'en eut pas le temps. Déjà, un cliquetis annonçait l'approche de la Démone. La position stratégique de la hauteur lui donnerait un avantage certain, grâce à son arme longue portée. Gabriel espéra secrètement qu'elle le rejoindrait en contrebas. Ainsi, lorsqu'elle se serait entaillées en sautant dans la crevasse sur les rochers aiguisés au plus haut point, il profiterait de l'effet de surprise et éliminerait cet ennemi de Dieu. Mais voilà que la lumière de la torche apparaissait à l'extrémité du gouffre. Ses deux ennemis approchaient.
Revenir en haut Aller en bas



Archantaël l'Onirique

Archson
avatar

Féminin Nombre de messages : 78
Style de combat : Rapide et acharné


MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Jeu 26 Juil - 13:39

Spoiler:
 

On pourrait facilement désigner ce qui se passait dans la tête du démon comme une sorte de chaos. Les quolibets dont l'avait affublé ce nouveau venu avaient fait monter en elle une violente adrénaline, impulsive et incontrôlée. En réalité, elle n'était pas vraiment en colère puisqu'il en fallait plus qu'un «mon brave » pour énerver un démon de sa trempe, habitué aux insultes et aux remarques désagréables. Non, elle était surtout très étonnée. L'envie d'étriper le malheureux s'était estompée très vite et désormais, elle avait surtout envie de s'autoriser une petite baston. Elle le vit tenter de s'éloigner en courant, comme possédé par un clown épileptique, se ridiculisant totalement. Jamais elle n'avait été confrontée à une telle situation, il faut l'avouer. Dans son poing serré, sa chaine la démangeait, elle avait une grande envie de l'utiliser...


Mais elle n'en eut pas le temps.

Avant qu'elle n'atteigne le malheureux, un grondement se fit entendre, les stalactites se mirent à trembler dangereusement, le sol se fissura à plusieurs endroits... Un écureuil avait probablement tenté de cacher son précieux gland. Archantaël ouvrit un œil effaré et recula de plusieurs pas, faisant signe à Hen' de faire de même. Elle vit la silhouette de l'aventurier disparaître vers le bas, chutant de plusieurs mètres et terminant sa descente dans un craquement qui la fit même grimacer. Le démon et son compagnon restèrent immobiles un instant, attendant leur tour... Mais seuls quelques morceaux de caillasses glissèrent sous leurs pieds et leurs pattes. Tous deux parvinrent à éviter la chute, forcés de reculer à l'aveugle.
Toute cette histoire était complètement invraisemblable. Peut-être qu'elle était encore en train de rêver ? Ah bah non, parce qu'elle s'était vraiment cramé le dos. La douleur se fit d'ailleurs sentir de nouveau sous le coup d'un mouvement vers l'arrière. L'Onirique grimaça et se jura qu'elle ne cacherait plus jamais une torche dans son dos, ce qui était plutôt sage. Elle se tourna vers Hen' qui lançait des regards inquiets vers l'éboulement et agitait ses oreilles chaque fois qu'un minuscule caillou rejoignait ses amis au fond de la seconde cavité nouvellement creusée en contrebas, là où gisait probablement le corps du monsieur.
Toujours au sol, la torche diffusait une sorte de halo orangé sur les parois de la grotte. Elle faiblissait un peu, comme un mourant qui perd son souffle. D'ailleurs ce n'est pas pour rien qu'on compare souvent les mourants qui perdent leur souffle aux flammes qui s'éteignent lentement.
Archantaël songea qu'elle avait en l'objet un certain avantage et qu'elle ne devait pas le laisser filer. Elle se redirigea donc vers le fond de la cavité et ramassa la torche baveuse qui avait fait plusieurs séjours dans la mâchoire de son félin. Elle s'avança prudemment vers l'éboulement, s'assurant régulièrement que la progression des fissures s'étaient arrêtée et qu'elle ne se retrouverait pas les quatre fers en l'air trois mètres plus bas. Derrière elle, sa chaine rencontrait les aspérités du sol dans des cliquetis sinistres. Elle la traînait négligemment comme si elle avait oublié sa présence. Ce n'était d'ailleurs pas très judicieux car elle perdrait de la vitesse et de la souplesse pour la lancer vers l'avant si l'aventurier surgissait soudainement et s'attaquait à elle... Enfin, il y avait bien peu de chances pour que ça arrive.

Lorsqu'elle aperçut l'inconnu dans les profondeurs de la grotte, elle le surprit... Vivant. Et en pleine forme, ou presque. Et puis, armé. Cette vision arracha un sourire malsain à la démone qui vit se profiler un chouette combat à l'horizon. Elle demeura cependant prudente.
Jetant un regard méprisant sur l'aventurier qui venait de la repérer, elle descendit quelques dizaines de centimètres en posant délicatement les pieds sur des pierres sûres qui ne risqueraient pas de faire un tour de toboggan au moment où il ne le fallait surtout pas. Hengentön laissa également son museau apparaître, sachant pertinemment que l'Onirique aurait besoin de sa présence pour donner suffisamment d'effet à son procédé d'intimidation habituel.
Archantaël avait toujours fonctionné comme ça. Sans se perdre en mises en scènes dramatiques, elle n'engageait jamais un combat sans s'amuser un peu avec son physique et la crainte qu'il inspirait souvent. En l'occurrence, elle avait tout son temps, et elle put en profiter.

«
Tu es sans aucun doute béni des Dieux, aventurier ! Échapper au courroux d'un démon grâce à un éboulement dont tu sors indemne... Tu as une chance insolente. Dois-je me méfier de toi ? » plaisanta-t-elle, sachant que si la réponse était "oui"... Et bien elle le saurait, et elle aurait une chance de s'enfuir. Quelle tactique...
D'un mouvement du poignet, elle avança sa chaine pour que l'homme à qui elle s'adressait puisse la voir mais sans pour autant se montrer plus menaçante qu'elle ne l'était déjà... A y réfléchir intensément, cette personne pouvait bel et bien être bénie des Dieux et dans ce cas, elle n'avait aucun intérêt à lui sauter dessus. En outre, son état de santé plutôt excellent quand on prenait en compte la gamelle qu’il venait de se manger était une raison de plus pour ne pas foncer tête baissée. L’Onirique savait bien que certains mages étaient capables de guérir les blessures et elle avait intérêt à être en forme pour en affronter un… Chose qu’elle n’avait jamais faite.

Elle resta concentrée, prête à se battre s’il le fallait. Elle ne devait surtout pas se montrer assez inconsciente pour attaquer quelqu’un de possiblement plus puissant qu’elle. Le démon était actuellement en position de supériorité vis-à-vis de l’inconnu mais il ne fallait pas trop jouer la carte de la bonne fortune.
A ses côtés, le guépard était prêt à le soutenir dès que le moment viendrait.


C’est au moment de plonger son regard dans celui du… Guerrier ? Bref, du bonhomme, que le démon sentit un frisson parcourir son échine. Elle fronça légèrement les sourcils, son sourire s’évanouit presque… Sa tête eut un léger mouvement de recul mais l’Onirique s’empressa d’adopter une expression plus neutre pour ne pas laisser apparaître son trouble.
Qu’est-ce que c’était que ça ? Les humains n’avaient jamais dégagé une aura aussi dérangeante. Une haine venue de nulle-part monta soudainement en elle. Pourquoi une telle volonté de le faire souffrir était-elle en train de naître dans la douleur dans le cœur du démon ?
Bon sang, mais ce n’était pas normal.

C’était un humain. Pas... Un ange.

Si ?..


Spoiler:
 

_________________

~ You cannot touch me, you would not dare, I am the chill that's in the air ~
Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas



Delm Lysheart

Delock
avatar

Nombre de messages : 76
Style de combat : Oui.


MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Mer 5 Sep - 10:35


Delm tenta de soulever sa paupière droite. Bon, il n'y parvint pas. Le fait qu'un rocher de la taille de sa tête y soit appuyé dessus y était certainement pour quelque chose, mais l'ange-dragon n'avait aucun indice capable de lui révéler cette triste réalité, puisque, rappelons-le, il avait les yeux fermés. C'est donc avec une logique indiscutable qu'il décida -une vingtaine de secondes plus tard- de soulever l'autre paupière (oui la gauche, c'est bien, vous avez suivi !). Et cette fois-ci, béni soit le seigneur, il y parvint. Et n'y vit rien du tout.
Ah oui. Grotte, pas de lumière, tout ça tout ça... Delm tenta de se remettre les cheveux et les idées en place, redressant son buste et se débarrassant des débris de gravats qui l'avaient certainement bien amoché. S'il n'avait pas été dans une grotte aux ténèbres insondables, j'aurais bien dit qu'il n'était pas beau à voir. Mais bon, ce serait de mauvais goût dans les circonstances actuelles.

Ceci étant dit, intéressons nous de plus près aux débris qui avaient endommagé notre cher ami ailé. Entre autres pierrailles qu'il dut dégager de son corps angélique, il y eut également quelque chose de beaucoup moins minéral. Après plusieurs tâtonnements explorateurs, Delm parvint à l'étonnante et irréfutable conclusion : il s'agissait d'un pied. Mais que faisait donc un pied dans des débris au fond d'une grotte ? Etait-ce l'un des siens en réalité ?
Tout en réfléchissant, Delm se toucha les bottes d'une main. Non, pas de doute, ce pied ne lui appartenait définitivement pas ! Il y avait un pied de trop dans cette grotte. C'est à cet instant que l'ange-dragon eut l'idée de vérifier à quoi était rattaché le pied en question. Oh surprise ! Une jambe ! Mais ce n'était pas tout... Au bout de la jambe, un corps ! Incroyable découverte en réalité...

Etait-ce le type à qui appartenait la torche qui était allongé là ? Pour ce qu'il en savait, ils n'étaient certainement que deux dans cette grotte... Delm s'apprêtait d'ailleurs à se redresser complètement afin de sortir l'inconnu de là, lorsque soudain son ouïe sur-développée lui apprit que des gens parlaient à moins d'un mètre de lui. Son geste suspendu, tentant désespérément de ralentir sa respiration afin de ne pas se faire repérer, il essaya de saisir la teneur des propos des inconnus, afin de juger s'ils étaient dignes de confiance ou pas.

« ... béni des Dieux... ! Echapper... ... à un éboulement... »

Bon, ça semblait tout à fait correct, juste deux compagnons de route heureux d'avoir échappé à l'éboulement ! Alors qu'est-ce qui gênait Delm ? La voix de l'inconnu ? Possible, mais il n'avait même pas entendu la moitié de ses paroles, il ne savait pas s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme, alors comment pouvait-il déceler quoi que ce soit de mauvais dans sa voix ? Malgré toutes ces belles convictions cependant, quelque chose empêchait l'ange dragon de se redresser simplement et aller à la rencontre de ces personnes au-dessus de lui. Comme un poids sur son estomac... Ah oui, le pied.
Le pied l'empêchait de se relever. C'est bien le comble, un pied qui vous interdit d'avancer. Mais quelque chose de bien plus inquiétant se produisit avant que l'hybride n'ait pu réfléchir à une solution. Le pied. Enfin la jambe. Enfin le type allongé quoi. Il bougeait.

Cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : Delm était mal barré. Impossible de savoir qui était allié, ennemi, neutre, il était pris entre deux gros problèmes. Les inconnus, et... et l'inconnu. Face à cette terrible situation, l'ange-dragon eut un réflexe finalement assez commun et universel chez les personnes appelées couramment « trouillard », « chiffe-molle », « lâche », « elfe », « poule mouillée », et autres adjectifs affectueux dans le genre : il poussa un cri de fillette tout en repoussant violemment le pied qui s'agitait sur son ventre.
Bon du coup, il pouvait pas se faire repérer de meilleure manière. D'éventuels ennemis peuvent parfois passer leur chemin s'ils rencontrent un être angélique mystérieux dont le pouvoir dévastateur semble couver derrière ses yeux limpides. Mais quand c'est un type ailé couvert de bleus, avec un joli cocard sur l'oeil droit et visiblement désarmé, qui apparaît devant vous en poussant un petit cri suraigu, au pire vous êtes surpris. Au pire. Mais oublions un instant toutes ces théories fumeuses concernant la dignité de notre ange-dragon, et revenons-en à l'irruption que ce dernier venait de faire entre les deux protagonistes haut-perchés.

En réalité, Delm ne s'intéressa pas immédiatement aux êtres humanoïdes qui l'entouraient. Non, ce qui attira irrémédiablement son regard enfin fonctionnel grâce à la lueur diffuse d'une torche tenue par un être providentiel, c'est un chat qui le regardait fixement. Enfin pas vraiment un chat, plutôt un de ces gros félins que l'on ne croise que dans les plaines sauvages du sud. C'est d'ailleurs justement la raison du nom de plaines « sauvages », à n'en pas douter. Mais gros ou pas, appelons un chat un chat. Delm avait devant lui un gros matou qui ne demandait visiblement qu'à se faire caresser en ronronnant paisiblement. Je précise que nous voyons la situation par les yeux de l'hybride. C'est important, le point de vue.
C'est ainsi que l'ange-dragon s'avança d'un air enjoué vers le félin, une main en avant.

« Minou minou ! Qui c'est le bon minou hein ? »

Le chat sembla lui sourire, ce qui conforta Delm dans son projet de lui caresser la tête. Mais alors qu'il entamait le dernier pas visant à réaliser ledit projet, quelque chose heurta son genou. Décidément, ce n'était pas son jour... Question coups et blessures, il pouvait facilement inscrire son nom dans les livre des records d'hypolaïs, notamment concernant les coups les plus horribles qui soient. Vous connaissez ce genre de coups ? On y retrouve l'indémodable « je me fracasse le petit doigt du pied sur le coin de l'étagère », le terrible « je me détruis le genou sur le bord de ma chaise » et le non moins célèbre « quel con je savais pourtant bien que le plafond était bas en entrant, pourquoi je l'ai oublié en ressortant ». Cette blessure au genou, à ajouter à la longue liste de celles subies par l'hybride depuis qu'il était entré dans cette foutue grotte, eut pourtant au moins deux effets bénéfiques. Tout d'abord, elle le stoppa dans sa tentative de caresser « le chat ». Ensuite, elle lui permit de récupérer un objet plutôt important vu le contexte.
Parce-que ce n'était pas une stalagmite qui avait heurté la jambe de Delm. Non, c'était le manche opalin d'une flamberge blanche qui dépassait du tas de gravats, l'arme qu'il savait le mieux manier et qui avait pris au moins autant de vies que ses talents de guérisseur n'en avaient sauvé.

L'ange-dragon retira l'objet meurtrier de son étui minéral, et le brandit en face de lui tout en remontant son regard. Ses yeux n'en rencontrèrent qu'un. Mais c'était bien suffisant pour comprendre à qui on avait à faire.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
http://fedefantaisie.free.fr/index.php



Kern Jodd

Invité



MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Dim 9 Sep - 16:52

Message de Kern Jodd


Un horrible sifflement suraigu et continu vrillait les oreilles de Kern. Le genre de sifflement qu'on entend après s'être pris une gifle, ou du moins quelque chose approchant. La chose en question avait été une masse de pierre, et elle avait dû s'approcher à très grande vitesse de l'oreille du démon, car il n'entendait plus rien d'autre que ce sifflement horripilant. Par réflexe, il se boucha l'oreille, mais rien n'y fit: il eut beau la triturer dans tous les sens possibles, le bruit persistait et continuait à lui torturer l'esprit. Il essaya donc de l'oublier, en espérant que ça passerait tout seul, et de se reconcentrer sur la situation présente. Si ses souvenirs étaient bons, il venait de se retrouver la victime innocente d'un éboulement dans une grotte obscure et parsemée d'objets contondants. Et si ses sens ne le trompaient pas, il avait survécu. Enfin au moins en grande partie. Il fit un rapide contrôle de la fonctionnalité de ses membres, pour vérifier qu'il n'en avait pas perdu un ou deux en route: Bras droit, ok. Bras gauche bloqué sous un rocher, mais apparemment toujours raccordé au reste, et sans trop de douleur quand il le bougeait. Jambe gauche: Idem. Jambe droite... Un bruit suraigu, encore plus perçant que l'acouphène qui le harcelait depuis son réveil, parvint à ses oreilles lorsqu'il bougea sa jambe droite. Ça ressemblait à un cri de femme effrayée.

Ah oui... L'ange.

Il l'avait presque oublié, celui-là. Visiblement, son pied devait s'être retrouvé  sur le corps de l'efféminé au moment de la chute, et le piaf en question n'avait pas aimé. Kern sentit le corps de celui-ci se dégager rapidement de dessous sa jambe, et cette dernière être rejetée comme une malpropre (ce qui était le cas, c'est vrai...) sur le côté. Le tueur tenta donc de se relever lui aussi, pour ne pas laisser sa proie prendre l'avantage ou s'envoler à tire-d'aile, mais les rochers recouvrant la partie gauche de son corps offraient une résistance plus forte qu'il n'aurait pensé. Il essaya de repousser les pierres avec son autre main, mais ne réussit rien d'autre que de se la meurtrir davantage. Ce n'est que quand il eut réussit à attraper l'un de ses sabres et à faire levier avec celui-ci -au risque de le casser tout bonnement en deux- qu'il parvint à libérer son bras. Dégager sa jambe ne fut plus alors qu'un jeu d'enfant, et il se remit sur pied très vite, cherchant du regard sa proie, en la personne de l'emplumé.

Il le remarqua tout de suite, lui, ainsi que deux autres personnes dont il n'aurait pas soupçonné l'existence l'instant d'avant. Ou plutôt dont il ignorait la présence si proche. Les ombres fantomatiques projetées par la torche que tenait le plus lointain par rapport à lui des trois individus dansaient sur le sol de la grotte, faisant paraître six les trois hommes debout dans la salle. Le plus proche de Kern, l'angelot ridicule, se tenait dos à lui, l'épée à la main, visiblement prêt à se battre. Le deuxième, vêtu d'une sorte de robe de bure sombre -en tous cas aussi sombre qu'elle pouvait paraître à la faible et vacillante lumière de la torche- était lui aussi armé, mais paraissait plus serein. Enfin moins pressé d'en découdre. Le tueur ne réussit pas à sentir de quel bord était celui-là. Il était situé trop loin, dos à lui, lui aussi, et Kern ne pouvait guère se faire d'idée sur lui. Quand au troisième, son allure ne laissait planer aucun doute. La lourde cape pendant sur ses épaules, la chaîne cliquetant derrière lui, et surtout le... l'espèce de fauve famélique et osseux à ses côtés, indiquaient clairement que dans les circonstances actuelles, il pencherait plutôt du côté de Kern que de celui des deux autres. Ce choix paraissait avoir déjà été fait, puisque l'attitude de l'ange et de l'autre homme lui étaient clairement hostile. La lame au clair indiquait rarement la bienveillance.

Profitant d'avoir été apparemment oublié, Kern prit quelques secondes pour réfléchir au choix qu'il devrait faire, pendant que des échos de voix, déformés par les parois chaotiques de la grotte, lui parvenaient aux oreilles, incompréhensibles dans leur contenu mais très clairs dans leur intonation: des phrases d'intimidation. Le genre de phrases qu'on lance avant un combat. L'allure des trois protagonistes de cette scène abracadabrante signalait des gens rompus au combat. Peut-être pas des as de la baston à l'aveugle dans des grottes obscures parsemées d'objets contondants, mais cela suffirait à en faire des adversaires coriaces, et le tueur n'était vraiment pas au mieux de sa forme. Il venait de se taper une trentaine de contusions diverses contre des stalagmites, stalactites et autres saloperies dures et froides, une chute d'au moins trois mètres sur d'autres exemplaires de ces bout de rochers qui piquent, tout cela après avoir parcouru une demi-douzaine de lieues de montagne à pied dans sa petite journée. Autant dire qu'il avait de quoi être légèrement crevé. La solution la plus sage, que n'importe qui aurait prise sans hésiter une seule seconde, était donc la fuite...

Ce qui faisait d'elle la solution à éliminer d'office pour Kern.

Oui, car même contusionné, blessé à divers points sensibles, bleui de partout et physiquement vidé, le tueur restait quelqu'un d'autre que n'importe qui. Et il n'aurait pour rien au monde échangé une place de choix dans un combat dantesque comme celui qui s'annonçait. Même pas pour sauvegarder sa vie.

C'est pourquoi, espérant profiter un maximum de l'effet de surprise, il avança à pas précautionneux dans le dos de l'ange, privilégiant la discrétion à la rapidité, et se jucha du plus silencieusement qu'il put sur un rocher enfoncé dans l'océan de caillasse jonchant le sol, et surplombant, à à peine une toise de distance, sa proie. Une distance qu'un simple saut permettrait de franchir, quand son heure serait venue.
Revenir en haut Aller en bas



L'Archange Gabriel

Invité



MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Mar 11 Sep - 15:18

Message de L'Archange Gabriel.

La phrase résonna tel un glas annonciateur d'une mort certaine.

- Tu es sans aucun doute béni des Dieux, aventurier ! Échapper au courroux d'un démon grâce à un éboulement dont tu sors indemne... Tu as une chance insolente. Dois-je me méfier de toi ?

Gabriel mit un certain temps à répondre, éprouvant le pour et le contre d'une telle ou telle répartie. Enfin, alors que la tension était telle qu'un simple bruit aurait pu mettre le feu aux poudres, il opta pour la meilleure des solutions :

- Heu... Quoi ?

Même lui ne savait pas vraiment pourquoi il avait demandé ça... Toujours est-il que cela eut l'air de surprendre l'hom... la femm... enfin le personnage.

Surpris, c'est ce qu'il fût lorsque tout à coup, un hurlement suraigüe transperça le silence oppressant, faisant littéralement sursauter l'Archange. Bientôt suivit d'un bruit de tissu, ce cri s'estompa enfin contre les murs lointains de la grotte, pour faire place par une autre nouveauté. Un troisième personnage fit irruption dans le peu de lumière environnant. Celui là semblait un peu plus normal aux yeux de Gabriel, si ce n'était qu'il fonçait carrément dans la gueule du loup du chat. Une main tendue comme pour faire la quête, il grimpa plutôt agilement le rebord de pierre devant Gabriel sans même lui jeter un coup d’œil, et tandis que ses doigts étaient à la limite de disparaître dans l'estomac du « minou minou », l'homme, que Gabriel avait reconnu comme était un Ange (comme a t-il fait pour savoir ça dans une grotte plus qu'obscure ? Bah, entres Anges, ces choses là se sentent !), l'homme donc, stoppa son élan, comme frappé en plein ventre par un mur invisible. Ou par une épée de quinze mètres de long, au choix. Quand ce second Ange releva son arme, Gabriel ne su qu'en penser. Une lame d'une telle longueur était tout a fait inutile dans un endroit comme celui ci, sauf si bien entendu le but du manieur était de trancher la montagne en deux, mais bon.

La tension devenant à nouveau palpable, l'Archange décida d'alléger un peu la situation. Il abaissa la pointe de son ninjato (dont la longueur en était parfaite, soulignons le, par rapport au bulldozer de son compatriote ailé), puis s'adressa au nouveau venu.

- Hey l'ami ! Qui donc t'envoie ? Je n'étais pas informé qu'il y aurait du... soutient. acheva t-il en fixant la lame gigantesque.

Il attendit la réponse patiemment, alors même que l'unique œil du personnage surélevé fixait la scène avec une lueur malsaine au fond de la pupille.

L'apparition de ce nouveau personnage fût une bénédiction pour Gabriel. Il s'attendait à devoir combattre quasiment en aveugle un étrange humanoïde sur-armé, épaulé d'un félin à l'air pas vraiment commode, et ce quasiment après s'être relevé suite à l'éboulement. Grâce à cet Ange, il eut un peu plus de temps pour analyser la situation. Pour le moment, il ne s'était révélé qu'à celui qu'il prenait pour son allié, sans dévoiler sa véritable nature au troisième membre du tableau. Si l'Ange décidait d'attaquer tout ce qui se trouvait autour de lui, Gabriel n'aurait d'autre choix que de fuir dans les Ténèbres, espérant ainsi prendre de court les attaques de l'arme imposante, presque inutile dans la grotte. En revenant sur ses pas, il serait certain de pouvoir manier à son aise son ninjato sans trop de risque. Enfin, ça, c'est ce qu'il croyait, puisqu'il n'avait ni vu ni entendu l'ombre fluide grimper sur un rocher dans son dos.

Pour l'instant, il se préparait à esquiver un coup en traître, et en même temps à lancer un sort de lumière pour aveugler le « guerrier au chat » si celui ci devenait trop entreprenant.
Revenir en haut Aller en bas



Archantaël l'Onirique

Archson
avatar

Féminin Nombre de messages : 78
Style de combat : Rapide et acharné


MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Jeu 13 Sep - 19:32

Spoiler:
 


La grotte tourne ? Ou elle se tord peu à peu ? Le sol tremble-t-il réellement, les murs ondulent-ils véritablement ? Il y a peu de chances. Non, ça vient de la tête.
Archantaël n'aimait pas ce que cela présageait. Elle avait des vertiges qui allaient et venaient, sa vision devenait floue, subitement, puis s'éclaircissait lorsqu'elle clignait des paupières. Son estomac commençait à bouillonner, elle sentait ses membres se crisper lentement. Mais ce type n'avait pas d'ailes, bon sang, ce ne pouvait pas être un ange !
Le démon ne put retenir un grognement.

Perchée sur ses gravats, tentant désespérément de ne pas quitter l'aventurier des yeux, Archantaël se sentit vaciller. Ses jambes furent saisies d'une soudaine langueur, elle n'eut d'autre choix que les laisser faiblir : elle descendit de quelques dizaines de centimètres, contre son grès, posant chaque fois ses bottes sur un morceau de roche un peu plus bas. Derrière elle, sa chaîne cloutée cliquetait sur le sol, la suivant misérablement en d'irréguliers soubresauts métalliques. Le démon ne contrôlait plus tout à fait ses pas. Il se sentait simplement glisser doucement sur la roche, s'approchant un peu plus de l'être qui lui procurait ses malaises. Son regard se perdit vite dans l'ombre, vide.
Au plus profond d'elle, l'Onirique sentait une haine longtemps endormie se réveiller. Depuis combien de temps n'avait-elle pas croisé la route d'un ailé ? A vrai dire, elle ne savait même plus si cela lui était déjà arrivé. Quoi qu'il en soit, son état second se retrouva rapidement mêlé à une envie viscérale d'aller cracher au visage de l'inconnu, de lui arracher toutes les dents et de le pendre avec ses propres tripes.
Et alors un son à vous percer les tympans vint lui percer les tympans. Un peu comme si une souris avait eu le hoquet mais que le bruit avait été amplifié par quelque magie noire. Archantaël ne put retenir un geste brusque de surprise, ce qui eut également pour effet de lui faire retrouver une partie -je dis bien une partie- de ses esprits. Son ouïe demeurant troublée, elle ne parvint pas à identifier la source ni la provenance du son mais vérifia prudemment ses alentours d'un coup d'oeil rapide. Attends, quoi ? Quelqu’un d’autre ? Cette silhouette claire qui s’avance et essaye de s’extirper des gravats, c’est un être vivant ? Amusant. Ah non, pas amusant. La demoiselle effarouchée a des ailes. La demoiselle effarouchée est une saleté d’ange à la noix. Les vertiges reprennent, ils s’intensifient.
Archantaël serra les poings si fort que les parties métalliques de ses gantelets se manifestèrent en un crissement infernal.

Mais laissons-la se calmer et allons voir du côté de notre félin.
Hengentön s’était permis quelques initiatives depuis qu’il avait remarqué le malaise de sa compagne de route. Il avait lentement descendu quelques rochers, posant prudemment ses pattes sur la pierre ce qui avait pour effet de faire onduler ses omoplates, et s’était arrêté un peu plus bas, la tête penchée en avant, les muscles bandés, les yeux prêts à se poser sur la prochaine particule de poussière qui se mouvrait. Il s’avéra que la particule de poussière fut suivie d’un milliard d’autres, puis de corps entier de l’auteur de ce cri peu viril. Méfiant mais curieux, le guépard le laissa s’approcher, ne prêtant guère attention à ce qu’il lui soufflait –surtout qu’il ne comprenait pas vraiment le langage des humanoïdes. Ses narines frétillèrent et son cou se tendit légèrement en avant, accompagné de ses moustaches qui se hérissèrent en direction de l’inconnu. Mais ne retenant pas plus longtemps ses instincts sauvages, il feula relativement fort, dévoilant sensiblement ses crocs et arquant sa colonne vertébrale.



* Hrm… Hrm hrm…* L’Onirique sentit la tension retomber progressivement. Un curieux sentiment l’envahit. Elle avait l’impression d’avoir réagi… De manière excessive. Oui, elle se sentait un peu ridicule. Ou plutôt, elle riait d’elle-même d’avoir tant craint la présence de cet ange. Oui, cet ange… Cet ange était…
* Mais il est complètement crétin…* songea-t-elle. Un sourire un peu bancal apparu sur son visage. C’était certain : elle n’aurait pas à s’occuper de lui : le bon sens, les lois de la physique et de la nature le feraient à sa place. Tiens d’ailleurs, la preuve ! Il venait de se prendre un truc dans le genou, interrompant sa tentative d’approche du félin. Le démon regretta un instant de ne pas avoir assisté à un spectacle qui aurait pu être des plus distrayants.
Il regretta aussi de ne pas avoir la vue d’un elfe, rien qu’un instant… Cette chose dont il venait de se saisir, n’était-ce pas une arme ? A la façon dont il l’avait brandi, on pouvait facilement deviner que ce n’était pas un balai… Archantaël plissa l’œil pour tenter d’en apercevoir quelque chose mais en vain. Encore une fois, elle était dans le doute. Et sa torche ne lui servait pas à grand-chose… Tiens, c’est vrai qu’elle avait une torche. Elle avait presque oublié sa présence, habituée à la lumière et à la chaleur qu’elle diffusait depuis maintenant un moment près de son visage. Elle tendit légèrement le bras pour mieux apercevoir les deux autres protagonistes sans pour autant annoncer fièrement à la cantonade « hé les gars, j’approche ma torche, hein, je vous vois pas bien ! » ou faire un geste équivalent. C’est ainsi qu’elle obtint une vision un petit peu meilleure au moment où le premier aventurier se manifesta de nouveau.
Elle ne comprit pas tous les mots de son exclamation, ce qu’elle retint surtout, ce fut le ton plutôt enjoué sur lequel ses paroles avaient été prononcées. Sans oser faire de conclusions hâtives, le démon devina aux apparences extérieures des deux personnages qu’ils seraient susceptibles de se considérer comme des alliés, en particulier dans une telle situation, à savoir qu’une chose encapuchonnée et armée les observait d’un peu plus haut.

L’Onirique demeura perplexe, toujours aussi troublée par la présence de cet ange et de cet être mystérieux qui lui faisait le même effet que la race ailée. La situation avait évolué en quelques secondes et elle était loin de se trouver en position de supériorité, désormais. Si les deux autres occupants de la grotte parvenaient à dialoguer et à se voir, elle devait se battre avec l’obscurité en contrebas que sa torche ne dissipait pas pour saisir quelques bribes de ce qu’il se passait un peu plus loin. D’autre part, elle était presque certaine qu’en cas de combat, elle aurait à se défendre contre deux attaquants et non plus un.
Comme pour rassurer son amie, Hengentön fit demi-tour et grimpa quelques morceaux de roches effondrés pour revenir à ses côtés. Il avait encore dans le museau l’odeur de l’ange et soufflait régulièrement en tentant de la chasser. Le démon lui lança un regard complice et fendit son expression d’un petit sourire, pour la forme. Elle n’avait plus qu’à attendre que les deux hommes prennent une décision, qu’ils lui adressent la parole ou l’agressent soudainement. Elle ne pouvait se permettre aucune provocation, ni aucune fuite.


A y repenser, cette situation était tout à fait inexplicable et Archantaël décida qu’elle pouvait maintenant s’attendre à tout.
C’est vrai ça. Elle traversait la plaine d’un bon pas lorsqu’une averse vint la stopper dans son avancée. Classique. Elle aperçu une grotte et y entra en attendant la fin des intempéries. Compréhensible. Elle se mit à explorer la grotte en s’enfonçant toujours un peu plus pour repérer les lieux. Sensé.
Puis un halluciné fit son apparition. Grotesque. Le sol disparu dans un violent éboulement, engloutissant le pauvre homme et élargissant grandement la caverne. Divin ? Et maintenant, un troisième personnage venait d’entrer sur scène, tentant d’abord d’apprivoiser son familier puis brandissant ensuite une arme. Improbable.
Au point où on en est, plus rien ne peut nous surprendre… Qui sait ? Peut-être qu’un quatrième bonhomme va pointer le bout de son nez, ce serait cocasse, non ? Il surgirait des gravats, lui aussi, et puis se mêlerait gaiement à la scène, allez-donc ! On peut trouver n’importe quoi après tout, ce récit part déjà en cacahuète depuis longtemps, alors soyons fou !
Oh oui, ce serait drôle s’il y avait quelqu’un d’autre, caché dans l’ombre, prêt à surgir. Haha. Ha.

Hrm…

_________________

~ You cannot touch me, you would not dare, I am the chill that's in the air ~
Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas



Delm Lysheart

Delock
avatar

Nombre de messages : 76
Style de combat : Oui.


MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Mer 26 Sep - 19:12

Un oeil unique, drapé de cette brûlante couleur qui coule dans les veines de tout être vivant, et pourtant d'apparence si froide ! Une sensation glacée descendait lentement le long de l'échine de qui y attardait son regard, hypnotisé comme une proie piégée devant une araignée, fasciné d'une certaine façon par le reflet de la cruauté appartenant à l'âme qui s'y cachait. Le dégoût, la révulsion, aucun mot n'aurait été assez puissant pour exprimer ce qu'un être humain pouvait ressentir devant ce qui représentait sa déchéance, sa chute, sa possible descente... aux enfers.
Pour un ange, l'expérience dépassait le stade de désagréable impression cependant. Plus que le dégoût, plus que l'horreur, plus que la terreur, c'était une toute autre sensation qui brûlait les entrailles des saintes créatures en présence des anathèmes. Une volonté plus puissante que n'importe quel autre désir, peut-être même la seule envie que puissent ressentir les êtres célestes : effacer ces erreurs de leur univers. Pas les tuer, ni les faire souffrir. Pas les capturer, ni les éloigner. Les effacer. Purement et simplement. Exorciser le mal, vider la plaie de son pus, retirer le parasite du corps. Nombreux étaient les termes qui décrivaient cette mission, mais encore une fois ils restaient imparfaits devant la réalité qu'ils caractérisaient.

Cependant, Delm Lysheart, guérisseur de métier, guerrier de circonstances, malade d'état, n'était ni un humain, ni même un ange. Il était le curieux mélange de deux natures non pas diamétralement opposées, mais un brin incompatibles en temps normal quand même. C'est pourquoi il ne ressentit aucune des sensations décrites plus haut. Il n'eut pas peur, il n'éprouva aucun dégoût. Et il n'éprouva pas le besoin impérieux d'exorciser la souillure de ce monde. Sa réaction fut toute autre. Il se frotta l'oeil droit.
Vous me direz, quand on voit une tâche sur le nez de son voisin, le premier réflexe qui nous vient est de frotter son propre nez. Bon eh bien de la même façon, Delm réagissait un peu machinalement devant cet être au visage singulier. Le fait qu'il n'ait pas remarqué à qui il avait à faire ne doit pas vous étonner outre mesure, à défaut d'être normal ça reste... classique.

Se frotter l'oeil droit n'avait par ailleurs pas que des inconvénients. Par exemple, il pouvait pendant ce temps détailler le visage de la chose grâce à son oeil gauche, ingénieusement libre de tout obstacle optique. Bon, cette vision ne mettait pas forcément en appétit il faut avouer.
Une cicatrice mal refermée en guise de commissure de lèvres, un teint blafard mais des traits sombres et sévères, un menton pourtant assez fin qui rappelait une certaine féminité...

Un elfe ?

L'hybride était en droit de se le demander. Laissant la question en suspens pour le moment, il choisit de reposer la pointe de sa flamberge sur le sol, et s'appuya imperceptiblement sur le manche blanc de l'arme. Il continua ensuite à détailler l'individu, plutôt aidé par la torche que celui-ci tendait fort aimablement devant lui.
Sa tenue allait plutôt bien avec son visage, à savoir qu'elle lui allait plutôt mal. Des piques de partout, mal arrangées mais bien fixées. Delm superposa mentalement cette image à celle d'un hérisson écrasé qu'il avait vu quelques jours auparavant, mais décida d'abandonner la comparaison. Pas le même museau.
C'est à cet instant que l'ange-dragon remarqua un détail qui lui avait échappé au prime abord. Il faut dire que c'était beaucoup moins évident à repérer qu'une petite cicatrice sur le coin d'une lèvre ou le teint d'une joue... La chose avait les cheveux longs !

Un elfe ! Je le savais !
Mais non, y a d'autres créatures qui ont les cheveux longs...
Ah ouais ? Quoi ?
Les filles.
Connais pas. C'est quoi ?
...
Ben alors ?
Je devrais pas avoir à t'expliquer, je suis toi !
Faux, c'est moi qui suis toi !
Que je me suive ? Jamais !
Il ne faut jamais dire jamais !
Blasphème !


Les yeux de l'ange-dragon brillèrent d'une folie dangereuse, les échos des voix qui s'entrechoquaient dans son crâne brisant son regard bleu calme aussi efficacement qu'une lame. Pour calmer sa guerre intestine, il lui suffisait d'accomplir une tâche très simple : couper les cheveux de la chose en face de lui ! Ainsi, il saurait une bonne fois pour toutes à qui il avait à faire, et les voix se tairaient ! Oui, il suffisait qu'il fasse ça. C'était simple. Clair. Limpide comme de l'eau boueuse dans laquelle une famille de sangliers a pris un bain.

Il brandit son arme de la main gauche, tendant la droite paume en face de lui pour bien faire comprendre à son interlocuteur(trice ?) qu'il ne lui voulait pratiquement aucun mal. Puis il abattit la flamberge avec précision et puissance, un mouvement horizontal propre à scalper l'individu avant qu'il n'ait pu esquisser un geste. Sauf que son épée sembla rencontrer une résistance qui ne correspondait ni à des cheveux, ni à ne la chair. Ni même à de l'os d'ailleurs.
Il trouva l'élément perturbateur assez rapidement : sa lame s'était simplement emmêlée dans l'espèce de longue chaîne accrochée au bras de l'individu. Delm sourit, ce qui rendait la folie retransmise par ses yeux un peu plus inquiétante encore.

« Ne vous inquiétez pas... souffla-t-il. Je vais vous retirer ces liens mon brave ami, ce sera vite fait. Ensuite, je pourrai vous coiffer et comprendre qui vous êtes ! »

_________________
Revenir en haut Aller en bas
http://fedefantaisie.free.fr/index.php



Kern Jodd

Invité



MessageSujet: Re: Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)   Jeu 18 Oct - 6:49

Message de Kern Jodd


Dans le sens commun, et dans l'acception qu'en font généralement les hommes, un comportement absurde est justement contraire à ce sens commun, dans le sens où il paraît aberrant pour quiconque n'entre pas dans sa logique.

Et, en effet, comment décrire une situation aussi absolument absurde que celle qui se déroulait en ce moment sous les yeux de Kern ? Pour n'importe quel esprit à peu près bien constitué, même légèrement tordu comme celui du tueur, ce qui se passait dans cette caverne avait de quoi interroger sérieusement sur la notion d'absurde. Cela le mettait même légèrement mal à l'aise. C'est dire...

Il faut avouer que voir un type avec deux ailettes ridicules dans le dos et un comportement de femmelette effarouchée (Oui, un ange, vous avez compris) s'approcher sans aucune espèce de peur d'un démon à l'allure patibulaire, vouloir caresser le fauve à l'allure non moins patibulaire que celui-ci promène à ses côtés, puis se raviser, mettre une main sur son œil et brandir son épée (sur-dimensionnée) de l'autre main -la gauche, pour continuer sur sa lancée-, le tout en débitant des paroles sans queue ni tête, cela peut troubler un esprit sain. Sain, celui de Kern ne l'était pas, au contraire. Mais même lui se sentait gêné par le comportement incohérent du piaf efféminé. Il en oubliait presque ce pourquoi il était là, tapi sur ce rocher en hauteur. À savoir bondir sur le con-génère de l'ange dés que l'occasion se présenterait.

Enfin il restait tout de même assez lucide pour remarquer qu'avec le manège de l'emplumé, le démon au fauve, qui restait encore assez calme pour le moment -peut-être lui aussi abasourdi par l'incongruité de la chose- n'allait pas tarder à réagir. Et le tertium quid qu'il avait au-dessous de lui allait forcément se précipiter pour aider son compère. Il fallait donc que lui se tienne prêt. Il s'accroupit, se préparant à bondir. Mais une chose qu'il n'avait pas prise en compte, dans la scène qui se déroulait, c'était que, contrairement à la plupart des rochers poussiéreux qui parsemaient la grotte, celui sur lequel il s'était mis à l'affût comportait quelques petits endroits moussus. Donc glissants quand on n'y fait pas attention. Et Kern n'y avait pas fait attention. Donc il glissa. Logique. Logique, mais particulièrement blessant, à la fois pour ses membres, déjà fortement contusionnés auparavant, et pour son amour-propre. Hé oui, parce que tomber comme ça, aussi lamentablement qu'un blaireau maladroit ayant voulu cueillir des cerises en s'accrochant à du lierre, et ruiner du même coup son plan d'attaque si formidablement vicieux et si longuement élaboré (oui, pour Kern, ce plan était complexe), cela aurait de quoi faire enrager le plus flegmatique des bouddhistes britanniques. Et notre tueur, qui était encore plus loin d'être flegmatique que d'être sain d'esprit, se mit à hurler de rage.

Bon, d'accord, de loin ça pouvait ressembler à un cri de douleur... Mais l'intention était là.

Cela dit, il avait définitivement mis fin à l'effet de surprise qu'il espérait jusque là conserver. Et déjà, l'ange qu'il avait voulu déplumer se dirigeait vers lui, d'un air méfiant. À contre-jour, il ne distinguait rien d'autre que la silhouette, mais il ressentait une impression de mal-être extrêmement dérangeante. Il était à deux doigts de tomber dans les pommes.

Et ses sabres étaient hors de portée...
Revenir en haut Aller en bas
 

Âmes noires, Ailes blanches : Danse ensanglantée. (Gabriel, - Archantaël - Delm - Kern)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» « Noires ailes, noires nouvelles. »
» Les ailes noires, telles une vision funeste se déploie [Marie Turner]
» DE GABRIEL BIEN AIME A MARC BAZIN LES PRIMAIRES SANG UN CONSEIL ELECTORAL !e
» Les femmes noires au pouvoir ...
» Une Danse avec l'Ange Démoniaque, Nyx Hela



Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LA TERRE D'HYPOLAIS :: Bavardages [H-RP] :: Archives-