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 Souvenirs sous le vieux chêne. (Marilys - Falwin - Reyzor)


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Reyzor

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MessageSujet: Re: Souvenirs sous le vieux chêne. (Marilys - Falwin - Reyzor)   Sam 25 Sep - 18:57

Message écrit par le nain Reyzor

Une onde de choc se fit ressentir au loin, les oiseaux s'envolaient, la cabane inconnue n'était plus. Loin de là, dans un grotte sombre, silencieuse et inerte, Selman, Wilam, Reyzor, Falwin, Marilys, et les quatre soldats elfes qui les accompagnaient, réapparurent dans un grand bruit sourd. Ils étaient tous couchés sur le sol, complètement assommés par la téléportation imprévue. Surtout pour le nain, cela faisait la deuxième de suite en moins de deux heures. Reyzor avait un mal de crane insurmontable. il était un peu plus sonné que les autres. Néanmoins, son caractère si propre à son peuple n'avait pas été égaré en cours de téléportation. Il râla :

" Non mais c'est pas vrai ?! Encore une fois téléporté !!! J'en ai marre, marre MARRE !!!! VOUS M'ENTENDEZ ?!?! MAAAAARRREE !!!!

" Désolé pour le service d'urgence, la compagnie aérienne s'excuse pour le désagrément. "
ironisa Selman, avec un sourire fourbe.

" Trêve de plaisanteries, Selman. rétorqua le vieux sage. Vous savez bien que je suis pas avec vous pour le plaisir. Alors je vous prierai de faire attention à ce que vous dites. Soyez cléments avec ces jeunes aventuriers qui vont peut-être risquer leur vie. Dois-je vous rappeler l'objet de votre mission, Commandant ?

"Non ça ira. " répondit-il, en grommelant en elfique.

Reyzor en profita pour poser une question que tous les trois se posaient depuis leur brutale arrivée :

" Mais pourquoi donc on s'est téléporté ? Qu'est-ce que vous craignez enfin ? La voix bizarre qui a crié tout à l'heure ? Il me fait pas peur ! Qu'il vienne se battre ! "

Devant la bravoure, ou la naïveté du nain, le vieil elfe répondit :

" A votre place, je ne chercherai pas la bagarre avec cette... Créature... "

Il tourna les talons en direction de Marilys, s'en approcha et mit la main sur son épaule comme un signe de compassion :

" Cette voix que vous avez entendu, cette odieuse voix stridente, ce n'est rien que l'un des démons qui a participé à l'assassinat de votre bien-aimé.

Des larmes coulèrent encore sur les joues de la fée. Wilam crut bien faire en disant :

" Mais je vous le répète encore. Tristan est bel et bien vivant.

Marilys poussa violemment le bras du vieillard qui était sur son épaule, en signe de protestation. Son cœur lui faisait du mal lorsque quelqu'un parlait de Tristan, pour n'importe quel sujet que ce soit. L'érudit continua alors, toujours en restant imperturbable :

Enfin il sera vivant si vous écoutez ce que je vais vous conter.

Je disais, donc, que cette voix n'est celle que d'un démon, appelé Kiorol. Si nous avons fuit, c'est purement pour des raisons stratégiques. Déjà qu'il excelle lors d'un duel, je ne vous dis pas lorsqu'il a, à ses cotés, une quinzaine de troupes d'élite démoniaques, d'assassins en tout genre, de magicien ténébreux, et encore c'est seulement ce que j'ai pu savoir. Ceux qui ont su déterminer de quoi ils étaient capable, ont su aussi ce qu'était une mort douloureuse.


Selman serra le poing sur son glaive. Ses veines étaient gonflés d'une rage indescriptible, d'une colère insoutenable, d'une haine incommensurable. Il fronça les sourcils sous son heaume, une larme coula. le vieillard continua son récit :

" Ils sont venus ici pour récolter des informations et tuer une personne en particulier. Une personne qui connait de nombreux secret, tellement précieux qu'ils ne doivent pas être à la merci de tout le monde. Et cette personne est là, en face de vous, en train de vous parler. "

Tous les sens de Reyzor n'étaient plus à leur place, cela était du à la retraite stratégique en téléportation express. Les autres pouvaient continuer à agir normalement, sauf le nain qui venait de se téléporter deux fois d'affilée. Il demanda alors, avec un état de grand étonnement, car son esprit n'était pas tout à fait sûr :

" Donc cette personne, c'est ... VOUS ?"

La colère de Selman explosa.

" Bravo le nain ! Comment tu as fait pour deviner ? On te l'a soufflé ? Ou tes deux uniques neurones se sont branchés entre eux ?! " fit-il, d'un air arrogant.

Reyzor ne comprit pas pourquoi cette si prompt réaction, mais son seul réflexe fut de mettre ses mains sur ses deux haches. Ce que venait de dire le Commandant l'avait profondément blessé, et il était prêt à bondir sur lui, afin de lui faire ravaler son arrogance. Il serra les dents et essaya de lui répondre avec autant de violence lorsque Wilam cria :

" Ça suffit ! Selman, emmenez vos soldats à l'entrée de cette grotte pour surveiller si les démons n'arrivent pas ! "

" Mes soldats je les ai déjà perdus ! Et tout cela par votre faute ! " rétorqua-t-il. Et il partit en courant vers la sortie, devant les militaires qui le suivirent.

" Il faut le comprendre, reprit l'érudit, il a perdu plus des trois quarts de son escouade lors d'une embuscade. Et pour me sauver, il dut courir en me portant, en laissant le reste de sa troupe à l'abattoir. Il en est démoralisé."

Les aventuriers baissèrent la tête, par signe de compréhension. Les deux guerriers de la troupe, Reyzor et Falwin, connaissaient bien ce sentiment, lors de leurs exploits passés. Wilam reprit alors, en leur indiquant de s'assoir :

" Détendez vous. Je suis sur le point de vous raconter le fin mot de l'histoire, de A à Z. La quête de Tristan. Le secret que je vais vous dévoiler. Comment Selman et moi nous sommes embarqués dans cette histoire. je vais vous raconter TOUT.

Et ils s'exécutèrent, impatient de connaitre enfin sur quel chemin, le destin les avait envoyés.
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Marilys

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MessageSujet: Re: Souvenirs sous le vieux chêne. (Marilys - Falwin - Reyzor)   Dim 26 Sep - 0:01

Message de Marilys


Les tremblements cessèrent enfin et la jeune fée rouvrit les yeux, elle se trouvait dans une caverne humide et inquiétante. Marilys se sentait nauséeuse et un mal de tête atroce se fit sentir pendant quelques minutes qui lui semblèrent interminable. Se mettant la main devant la bouche, elle réprima un haut de cœur. C’était la première fois qu’elle utilisait la  téléportation et elle ne recommencera pas de sitôt. *Quel moyen de déplacement bizarre! * pensa-t-elle. Elle ramena ses longs cheveux derrière ses oreilles pointues et se frotta les yeux. Il faisait une chaleur épouvantable dans cette grotte. Elle ne fut pas la seule à trouver dure ce trajet. Reyzor fit entendre son désaccord et se suivit une joute verbale avec Selman jusqu’à ce que Wilam intervienne et les rappelle à l’ordre. Marilys buta légèrement lorsque le vieil elfe dit :

" Soyez cléments avec ces jeunes aventuriers qui vont peut-être risquer leur vie"

Comment ça risquer leur vie? Voilà un détail qui était passé jusqu’à là sous silence. C’était pour ça qu’elle s’était éloignée de son peuple. Les elfes sont cachottiers même quand c’était une question de vie ou de mort. Une question lui brûlait les lèvres mais le nain la posa avant elle :

-Mais pourquoi donc on s'est téléporté ? Qu'est-ce que vous craignez enfin ? La voix bizarre qui a crié tout à l'heure ? Il me fait pas peur ! Qu'il vienne se battre !

Marilys appréhenda un peu sa réponse quand elle vit Wilam s’approcher d’elle. Le temps sembla s’arrêter lorsque celui-ci dit :

-Cette voix que vous avez entendu, cette odieuse voix stridente, ce n'est rien que l'un des démons qui a participé à l'assassinat de votre bien-aimé.

Elle sentit des larmes de rages coulées le long de ses joues et elle se mordit si fort les lèvres que du sang se mit à perler. Ces démons elle les avait cherchés à travers toutes les vallées, les montagnes et les forêts qu’elle connaissait. Jamais elle ne les avait trouver. Wilam, était-il insouciant ou pensait-il bien faire? Il  continua :

-Mais je vous le répète encore. Tristan est bel et bien vivant.

Le faisait-il exprès? Les larmes coulaient maintenant comme deux petits ruisseaux au coin de ses yeux et formaient un sillon intarissable  sur son visage. Ses larmes étaient des larmes de rage, d’impuissance et d’incompréhensions. Il lui avait fallu un an pour cesser de pleurer à chaque fois qu’elle voyait un humain. Mais il lui arrivait encore de sangloter lorsqu’elle passait près du vieux chêne et elle se mettait à pleurer inconsciemment à chaque fois qu’on lui parlait de Tristan. Mais Wilam ne semblait pas s’arrêter.

-Enfin il sera vivant si vous écoutez ce que je vais vous conter.

Je disais, donc, que cette voix n'est celle que d'un démon, appelé Kiorol. Si nous avons fuit, c'est purement pour des raisons stratégiques. Déjà qu'il excelle lors d'un duel, je ne vous dis pas lorsqu'il a, à ses cotés, une quinzaine de troupes d'élite démoniaques, d'assassins en tout genre, de magicien ténébreux, et encore c'est seulement ce que j'ai pu savoir. Ceux qui ont su déterminer de quoi ils étaient capables, ont su aussi ce qu'était une mort douloureuse. Ils sont venus ici pour récolter des informations et tuer une personne en particulier. Une personne qui connaît de nombreux secret, tellement précieux qu'ils ne doivent pas être à la merci de tout le monde. Et cette personne est là, en face de vous, en train de vous parler. "

Quoi? Lui? Cette fois c’était trop pour elle. Mais quand le vieil elfe lui indiqua de s’asseoir, elle était trop sonnée pour protester. Enfin elle allait connaître la vérité…
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Falwin

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MessageSujet: Re: Souvenirs sous le vieux chêne. (Marilys - Falwin - Reyzor)   Dim 26 Sep - 7:58

Message de Falwin


" Soyez cléments avec ces jeunes aventuriers qui vont peut-être risquer leur vie"

Falwin eût un sourire légèrement ironique, ne faisait-il pas ça depuis qu'il avait pris ses fonctions, il y a environ quarante années ? Il répondit d'un ton légèrement ironique.

Risquer ma vie, c'est ce que je fais depuis que je me suis engagé, depuis quarante années, alors une fois de plus ou de moins ...... Mais arrêter de tourner autour du pot, dîte qu'est-ce que l'on doit faire, et surtout dîtes tout a Marylis, je n'aime pas voir souffrir ceux de la même race que moi.

Le capitaine se retînt de justesse de rire devant l'altercation avec Selman, grâce a son heaume personne n'aperçut le fait qu'il se mordait les lèvres pour éviter de rire. Il finit par intervenir avec Wilam.

Selman, arrête ça, je t'ai connu moins énervé, que t'est t'il arrivé ?

Il était impossible de le discerner avec ses gantelets, mais Falwin serrait plus fort que jamais la hampe de sa lance, quand quelque choses lui revînt a l'esprit, il siffla une note cristalline, trop aigu pour n'importe quelles oreilles, même elfique. C'était le signal pour Mel de rentrer a la demeure familial. Au loin un piaffement d'un cheval lui répondit, et bruits de galops s'éloignèrent a toute vitesse. Ceci fait, Falwin se retourna de nouveau vers les autres.

J'avais une petite chose a faire, qu'est-ce que j'ai raté de la conversation ?

Quand le sage lui fit signe de s’asseoir il répondit d'un ton énervé.

Je préfère rester debout, et ne croyez pas que ça me fatigue, j'ai dût plusieurs fois rester planté comme un arbre devant l'entrée des baraquements de l'armée.
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Reyzor

Invité



MessageSujet: Re: Souvenirs sous le vieux chêne. (Marilys - Falwin - Reyzor)   Dim 26 Sep - 18:06

Message écrit par le nain Reyzor

" Comme vous voudrez, Capitaine. Je pensais à votre confort en premier. Mais vous verrez que j'ai raison..." insista le vieux sage, lors de la dernière réaction du soldat.

Le sage se mit sur ses genoux et rassembla les paumes de ses mains entre elles, devant son buste. Sa robe touchait le sol symétriquement de part et d'autre. Il dit à haute voix d'un ton calme et posé, des mots qui ressemblaient à des incantations :

" Ahum Dalore Ferila Iones Cibel Issina "

Même Falwin et Marilys, qui parlait fort bien la langue elfique, ne purent comprendre ce qu'étaient ces paroles. Les trois aventuriers se regardèrent, ne cessant de se demander ce que pouvait être encore ce sortilège. Mais la confiance régnait entre eux et Wilam, ce ne pouvait qu'être bénéfique ou apaisant, pensèrent-ils. Une douce musique, où l'on pouvait distinguer de la harpe, des flutes, des violons, jouait une mélodie légère d'une manière infiniment délicate. Reyzor n'en avait jamais entendu de telle musique aussi agréable, du moins à ce qu'il pensait. Ses paupières commençaient à devenir lourdes, il se frotta les yeux. Marilys fit de même, elle bailla mais continua d'entendre ce son merveilleux. Falwin, quant à lui, essaya de rester concentrer sur sa position, mais un bâillement lui échappa sous son heaume. La troupe devenait fatiguée, comme si elle avait fait un voyage surhumain, ou une méditation titanesque. Seul le vieux sage avait les yeux fermés et restait ainsi immobile et concentré. Reyzor s'allongea par terre, par réflexe lors d'une grosse fatigue, suivie de Marilys qui s'enroula dans sa tunique avec plus de délicatesse et de sensualité. Falwin, lutta de toutes ses forces intérieures pour vaincre cet épuisement mental. Il s'avachit sur sa lance, tout en plissant des yeux et en continuant de regarder le vieil elfe immobile. La fée et le nain s'assoupirent quasi en même temps, suivi de Falwin qui tomba à terre, dans un fracas qui résonna dans la grotte.

" Je vous avez prévenu, capitaine... " chuchota Wilam, un sourire aux lèvres. Mais personne n'entendit cette remarque, pas même Selman et ces soldats qui rodaient à l'extérieur de la caverne.

Les trois aventuriers dormaient, sans bruit, sans un seul mouvement de leur part, sans conscience du maléfice du sage. Quelques minutes passèrent. Il furent réveillés tous en même temps par des bruits de pioches heurtant la roche, par des pelles creusant le sol, et par des fouets qui résonnaient. Ils ouvrirent les yeux et virent qu'ils n'étaient plus du tout au même endroit que précédemment. * Encore une fichue téléportation ?! * pensa Reyzor. Mais il constata qu'il n'avait plus l'horrible mal de tête qui perturbait son esprit auparavant. Ils se relevèrent et furent dans un très grand étonnement.

" Mais où sommes nous donc ? " fit Reyzor, avec une longueur d'avance sur ses deux compagnons, qui se posaient exactement la même question.

Ils étaient dans une mine très profonde, sur quatre étages. Plus de mille ouvriers travaillaient en incrustant de toutes leurs forces leurs outils dans la terre. Les ouvriers et ouvrières étaient de toutes races et de tous âges : Elfes, Humains, Gobelins, Nains, femmes, hommes et enfants. On pouvait distinguer sur leur visage beaucoup de fatigue, de sueur et de désespoir. Une vois familière résonna, leur procurant un saut de stupeur :

" Bienvenue dans le Subconscient. "

Ils retournèrent et virent Wilam, toujours accroupi sur ses genoux, les mains dans la même position qu'auparavant. Il continua ses paroles :

" C'est ici que toute l'histoire a commencé, dans les mines de Raréfarkhium, en plein cœur du territoire démoniaque. Ici, des milliers d'esclaves, de toutes les races qu'ils soient, exécutent un très dur labeur, pour récolter un des minerai les plus nécessaires à la puissance démoniaque. "

Des coups de fouets claquèrent au loin. Un sbire s'acharnait sur un pauvre vieillard qui peinait à effectuer son travail. Une voix familière à la fée, se fit entendre, juste à côté du pauvre humain battu :

" Arretez ! vous ne voyez pas qu'il en peux plus ? "

C'était Tristan ! Avec ses beaux yeux verts et sa chevelure brune, il était là, devant les spectateurs. Le contre-maître n'en avait que faire de la réflexion et continua alors à frapper l'esclave incompétent. Marilys couru avec la vitesse la plus rapide qu'elle pouvait apporter rejoindre l'élu de son cœur, mais au moment de lui bondir dessus, elle le transperça, comme par magie. Ne comprenant pas ce qui s'était passé, elle posa la main sur l'épaule de Tristan mais celle-ci passa à travers, comme si le corps de Tristan était immatériel. Wilam reprit la parole, toujours avec son ton monotone :

" Nous ne sommes que des spectateurs dans ce monde. Nous ne pouvons changer les événements, ni même toucher les objets et les personnages qui constituent cette vision. De plus, ils ne nous voient pas. C'est comme si nous n'étions pas présent. "

Une larme coula sur le visage de Marilys. Elle avait tellement voulu retrouvé son amour ! Il était là, elle le voyait, mais lui faisait mine de ne rien percevoir... Quelle injustice ! Un autre homme à côté de Tristan, esclave lui aussi, plutôt musclé, creusant à l'aide de sa pioche un trou profond, s'arrêta pour déclarer à ce dernier :

" T'en fais pas. Tout le monde ici est dans le pétrin. Si on est tous là, c'est pour mourir ou pour survivre. "

" Quoi tu baisses les bras, maintenant ? Toi qui était toujours plein d'espoir et de vaillance ? Je te reconnais de moins en moins... "

Le contre maitre revint vers les deux hommes. D'une voix grinçante, il leur cria dessus :

" Vous voulez que je travaille à votre place ?! Vous serez puni à la fin de votre service, tous les deux ! "

Et il s'éloigna. Les aventuriers ne surent que dire devant cette scène. Tristan et son ami inconnu continuèrent à creuser, jusqu'à ce que Wilam reprit (encore) la parole :

" La personne qui vient de parler est quelqu'un d'une extrême importance dans toute cette histoire. Mais attendez... Il médita pendant un court instant. " Dans dix secondes va se produire l'élément perturbateur de ce récit. La raison de la mort de Tristan va être sous vos yeux dans :
5...
4...
3...
2...
1...


Un bruit très particulier retentit : une sorte de "Tic", une sonorité aigüe, un impact métallique, qui venait de la roche que Tristan venait de perforer. Les aventuriers se rapprochèrent, curieux et intrigués, alors que Wilam baissait la tête, en soupirant. Voilà la cause du malheur.


Dernière édition par Reyzor le Lun 27 Sep - 5:27, édité 1 fois
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Marilys

Invité



MessageSujet: Re: Souvenirs sous le vieux chêne. (Marilys - Falwin - Reyzor)   Lun 27 Sep - 0:34

Message de Marilys


Quand Wilam prononça des paroles en elfiques, Marilys fut surprise de ne pas en comprendre le sens. Elle avait beau cherché, ces mots n’avaient aucun sens. Une musique douce fit son apparition. Une musique digne des anges et tout simplement enivrante. La jeune fée se sentit envoûtée et charmée par cette mélodie. Elle se mit soudainement à bailler. Une grande fatigue l’envahissait et elle peinait à garder les yeux ouverts. Elle luttait contre la somnolence qui engourdissait ses membres. Autour d’elle ses compagnons semblaient avoir le même problème. Il était impossible de résister à ce sommeil imposé. Reyzor tomba avant elle mais elle sentait sa volonté s’effriter. Elle se coucha à même le sol, s’enveloppant dans sa tunique et ferma les yeux pour se laisser bercer par un sommeil sans rêve.

Quelques minutes plus tard, elle se réveilla à cause de bruits étranges et même des cris. Où était-elle? Une grotte…non une mine! Autour des gens creusaient, piochaient et extirpaient des minéraux mais aucuns ne souriaient. La détresse et le découragement se lisaient sur leur visage. Près d’elle, un petit garçon essayait d’extirper une grosse pierre sous les cris d’impatience et le fouet d’un démon. C’était l’enfer! Reyzor posa la question cruciale :

-Mais où sommes-nous donc ?

Wilam répondit d’une voix énigmatique :

-Bienvenue dans le Subconscient.

Non mais, il se moquait d’eux! Le subconscient, ce n’est pas une partie du cerveau ça? Ne se laissant pas influencer par le regard interrogateur de la fée, le sage continua :

-C'est ici que toute l'histoire a commencé, dans les mines de Raréfarkhium, en plein cœur du territoire démoniaque. Ici, des milliers d'esclaves, de toutes les races qu'ils soient, exécutent un très dur labeur, pour récolter un des minerais les plus nécessaires à la puissance démoniaque.

La fée porta son regard vers le lieu où parvenaient des bruits de fouets. Un démon fouettait cruellement un vieillard. Une voix connue du cœur de Marilys se fit entendre.

-Arretez ! vous ne voyez pas qu'il en peux plus ?

Elle tourna son regard vers la voix et son cœur ne fit qu’un bond. Des yeux qui étaient à jamais graver dans sa mémoire brillèrent dans l’obscurité. Inconsciemment elle se leva d’un bond et courut le plus vite qu’elle le pouvait vers son aimé. Un seul mot envahissait son esprit : *Tristan…* Pour elle ces compagnons n’existaient plus. Seul le besoin de le rejoindre existait. Mais quand elle posa la main sur lui, elle le traversa. Elle lança un regard peiné à Wilam.

-Nous ne sommes que des spectateurs dans ce monde. Nous ne pouvons changer les événements, ni même toucher les objets et les personnages qui constituent cette vision. De plus, ils ne nous voient pas. C'est comme si nous n'étions pas présents.

La fée essuya une larme et écouta la conversation du Tristan transparent. Wilam commença à conter le nombre de secondes restant avant l’événement qui allait perturber le cours des choses. La mort de Tristan…

- Je vais enfin comprendre.

Quand l’objet fut extirper, elle écarquilla les yeux…
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Falwin

Invité



MessageSujet: Re: Souvenirs sous le vieux chêne. (Marilys - Falwin - Reyzor)   Mar 28 Sep - 19:13

Message de Falwin


Falwin se sentait enivré par l'étrange mélopée qui se fît entendre quand Wilam prononça ces étranges mots en elfique, le capitaine ne releva pas quand Wilam lui apprît pourquoi il aurait dût s'asseoir et lâcha quelques mots avant de tomber dans un sommeil profond, un sourire amusée aux lèvres.

- Tant pis pour le confort.

Peu de temps après il se réveilla a cause de bruit répété. Quand il se releva, il comprît l'origine des bruits, c'étaient des pioches et ceux qui les maniaient étaient des membres de toute les races, apparemment esclaves. Le capitaine se retenant de justesse d'essayer de transpercer les tortionnaires de sa lance. Quand il vît Marylis s'élançait dans une direction, il la suivit discrètement et ne pût caché la lueur d'étonnement en voyant l'objet qui causera la mort de Tristan.

La mort de quelqu'un pour un objet ....
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Reyzor

Invité



MessageSujet: Re: Souvenirs sous le vieux chêne. (Marilys - Falwin - Reyzor)   Mar 12 Oct - 21:38

Message écrit par le nain Reyzor

Les aventuriers ne purent voir exactement l'objet qui était sorti du minerai. Même Tristan et son compagnon ne distinguèrent de quoi il était question : Tristan le cacha aussitôt sous sa tunique déchirée. Les contre-maîtres rôdaient tout autour d'eux, caressant leur fouet d'un air machiavélique. Si les esclaves ne s'arrentaient de creuser pendant l'ombre d'une seconde, les coups de fouets et les postillons pleuvraient sur les misérables. Il était donc préférable d'examiner l'objet lors d'un moment propice. Tristan, fit comme si rien n'était et parla à voix basse à son voisin, qui l'interrogeait du regard :

« Tais-toi, Léo, et creuse. Fais comme il ne s'était rien passé. »


Son compagnon continua alors à piocher. Le nain en ignorant ce que venait de dire Tristan, déclara alors, en se retournant :

«  Rah ! J'ai pas vu le truc en question ! Il est caché maintenant ! Wilam, vous qui avez tous les pouvoirs dans le Submachin, vous pouvez pas remonter le temps, qu'on puisse voir ? »


Falwin et Marilys firent un oui de la tête. Les deux elfes n'avaient pas pu distinguer l'objet, comme tout le monde d'ailleurs. Ils avaient juste entendu le bruit de la pioche percutant l'objet. Tous les trois fixèrent alors Wilam, qui répondit :

«  Je vois dans vos yeux que vous voulez en savoir plus. Soit. »


Le sage s'assit sur le sol rocailleux. Il reposa ces deux mains comme il avait fait lors du mystérieux sortilège qu'il avait utilisé lors du voyage dans le Subconscient. Il baissa les épaules, et la tête, en restant profondément concentré. Les aventuriers le dévisageaient.

« Y a encore un truc pas net qui va se passer, je le sens... » avoua Reyzor.

Le sage esquissa un sourire. Les silhouettes autour des spectateurs se brouillèrent jusqu'à devenir complètement floues, quasi invisibles. Les personnages étaient figés, ne provocant plus aucun son. On entendait seulement la respiration incontrôlable de la troupe qui commençait à s'inquiéter. Seul Wilam restait calme. Marilys, qui se trouvait encore à côté de Tristan, ou du moins son image, vit son amour disparaître sous ses yeux éblouis. Les images des mineurs ainsi que le lieu où il se trouvaient disparurent en un instant. Il ne restait que le noir total, il étaient dans le vide le plus absolu qui soit.  Ils étaient encore partis dans le monde des visions...

D'autres images apparurent du noir profond. Tout d'abord, les aventuriers virent un endroit sombre (encore un). Des lits superposés en bois de mauvaise qualité se distinguèrent. Des personnes étaient sous des bouts de tissu vert, qui s'apparentaient à des couvertures. Un toit se dessina au dessus de la troupe, qui couvrait une surface d'environ 10 m². Ils virent aussi une porte ouverte, avec deux gardes démoniaques, assis sur des marches ; ils avaient l'air épuisés à force de veiller. Wilam continua ses explications :

« Nous sommes maintenant dans le dortoir des esclave, le seul lieu où ces derniers peuvent calmer leurs maux si nombreux. Il est 5h du matin, le même jour, mais cette fois-ci, nous nous trouvons en pleine nuit. C'est ici que nous allons voir l'objet. Approchez vous, venez par ici. »

Il se plaça à côté des lits du fond, où Marilys put distinguer Tristan, ainsi que son ami qui feignaient de dormir. Ils chuchotèrent :

« Tristan, tu dors ? »

Tristan ne dormait pas : au contraire il faisait voltiger ce qu'il avait trouvé auparavant. C'était une amulette, large comme la paume de la main du nain. Un pierre bleu scintillait au centre dans un demi cercle, entouré de gravure doré. La terre dans laquelle ce bijou se trouvait avait rendu impossible la lecture des quelques mots qui y étaient inscrits. Un seul mot était distinguable : IMMORTALITÉ.

« Non, Léo, j'observe ce qu'on a trouvé ce matin. »

En continuant à jongler avec son amulette, Tristan fit malheureusement l'erreur de la laisser s'échapper des mains. Elle tomba au sol dans un bruit discret cependant. Il voulut la rattraper aussi vite que possible, mais son geste fut arrêté lorsque la pierre dorée s'illumina au sol. Des mots apparurent sur le mur adjacent, en lettres scintillantes :

Merci Aventurier ! Vous m'avez libéré !
Je suis un artefact très particulier,
Dans les pays lointains, on me nomme Euristée.
J'accorde aux gens courageux et dévoués,
Le terrifiant pouvoir de l'immortalité,
Mais seulement si vous retrouvez ma moitié !


Léo et Tristan eurent les yeux grand ouverts, et leurs bouches restèrent ouvertes. Exactement comme Marilys, Falwin et Reyzor, qui restèrent fixés, sans même jeter un regard sur le vieil elfe toujours en position de méditation.
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Marilys

Invité



MessageSujet: Re: Souvenirs sous le vieux chêne. (Marilys - Falwin - Reyzor)   Mar 26 Oct - 21:28

Message de Marilys


Un bref éclair, c’était tout ce que Marilys avait put voir de l’objet mystérieux. Tristan l’avait dissimulé sous sa chemise. Même lorsqu’elle l’abritait chez-elle, il avait ces manières qu’elle qualifiait de tics d’ancien voleur. Lorsqu’elle le surprenait à regarder des souvenirs de son ancienne vie, il sursauta toujours et camouflait ses trésors loin de son regard. Il semblait toujours stressé et ne cessait jamais de regarder derrière-lui pour voir si quelqu’un le suivait. Même qu’un soir, elle l’avait surpris à dormir une dague à la main. *Je comprends mieux maintenant. Il a gardé des séquelles de son emprisonnement. Comment ai-je pu être si idiote? * Se demanda la fée tout en lançant un regard rempli de compassion à Tristan qui continuait à piocher comme si de rien n’était.

L’ambiance de la mine donnait froid dans le dos et Marilys commençait à se sentir enfermée et elle rêvait d’aller à l’air libre. Pour une fée, les grands espaces sont à privilégier et les endroits confinés à éviter. *Voilà que je deviens claustrophobe, il ne manquait plus que ça! * Pensa-t-elle en ramenant une mèche de cheveux derrière son oreille tout en grinçant des dents. Après de nombreux regard inquisiteur à l’intention de Wilam pour lui faire comprendre qu’elle voulait en savoir plus sur le mystérieux objet, le sage se remit en transe. Déjà tout ce qui était autour d’elle s’effaçait comme un mirage. Même la respiration haletante des esclaves sous leur dure labeur devenait un bourdonnement, presque un chuchotement. D’un soupir triste et résigné, elle approcha sa main du visage de Tristan comme si elle allait lui passer la main dans les cheveux mais déjà l’image fantomatique du jeune homme s’embrouillait et il ne restait plus que de lui que des traits flous. Dans un souffle, la jeune fée lui lança un au revoir rempli de mélancolie tandis que les dernières couleurs s’effaçait. Ensuite, tout était…noir. Vraiment noir! Elle ne distinguait même pas sa propre main.

Une lumière tamisée s’ensuivit et des ombres apparurent. Une chambre ou plutôt un dortoir, d’après Wilam, entra dans le décors. Les aventuriers se trouvaient  dans une nouvelle pièce en assez mauvaise état. Marilys étouffa un cri lorsque entre les vieilles planches pourries, un rat se faufila. La fée se répéta de nombreuses fois que tout ce qui était ici n’était seulement qu’un souvenir, un passé qui n’existait plus, mais elle eut tout de même froid dans le dos en voyant les horribles petits yeux rouges du rongeur. L’animal se cacha lorsqu’il reçut sur le museau une goutte d’eau du plafond qui coulait. *Je n’arrive pas à croire que des gens puissent habiter ici. * Tout au fond de la pièce Tristan et le prénommé Léo discutait à propos du mystérieux objet. Dès que la fée fut assez proche, elle vit un étrange talisman. Tristan le manipulait sans grande précaution et le lançait dans les airs. Dans un moment d’égarement, il l’échappa et l’amulette fit un léger bruit en tombant par terre. Ce qui s’ensuivit dépassa la compréhension de Marilys. L’objet de mit à briller et même à…parler!

Merci Aventurier ! Vous m'avez libéré !
Je suis un artefact très particulier,
Dans les pays lointains, on me nomme Euristée.
J'accorde aux gens courageux et dévoués,
Le terrifiant pouvoir de l'immortalité,
Mais seulement si vous retrouvez ma moitié !


Après quelques temps d’hésitations la fée rompit le silence. Sa voix déjà aiguë sembla encore plus haut perchée quand elle parla ou plutôt bégaya :

- Qu’est…qu’est ce qui vient de ce passé? Je n’ai absolument rien compris! C’est quoi cette histoire d’immortalité? Et la fameuse explication de tous les évènements bizarres qui arrivent l’un après l’autre depuis ces dernières heures, c’est quand qu’on va la savoir?

Plus qu’elle parlait, plus elle gagnait en assurance et sentait l’impatience l’envahir.

- C’est que j’aimerais bien comprendre ce qui m’arrive…
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Reyzor

Invité



MessageSujet: Re: Souvenirs sous le vieux chêne. (Marilys - Falwin - Reyzor)   Lun 8 Nov - 19:21

Message écrit par le nain Reyzor

Tous les spectateurs restèrent deux ou trois secondes sans rien dire. Ils ne pouvaient croire à ce qu'ils venaient d'observer. Aucune amulette ne peut s'illuminer comme cela, à moins d'être doté de magie... Même le Pourfendeur, avec toutes les connaissances qu'il avait acquises lors de ses nombreux périples, n'avait jamais vu un bijou semblable à  ce qui se trouvait sous ses yeux. Pendant que Falwin, Marilys et Reyzor restèrent ébahis, l'obscurité se créa dans l'espace du Subconscient, ce qui signifiait que les voyageurs allaient changer de lieu et de temps. En effet, on ne se trouvait plus dans le dortoir miteux où Tristan et Léo avaient vu le mystérieux message... Après un bref flou, on distingua une vaste pièce circulaire, d'une très grande hauteur, avec des vitraux de couleur rouge sanglant, comme si on se trouvait dans une sorte d'église maléfique. Un large bureau digne des rois  possédant de magnifiques dorures, apparut, sur lequel étaient posés trois cahiers. La beauté du meuble contrastait avec l'architecture de la salle. Derrière ce bureau se trouvait, une grande silhouette, en armure de cristal, qui scintillait sous la lumière rougeoyante de la pièce. Un heaume cachait le visage, mais on pouvait voir la bouche : aucun doute, c'était un soldat démoniaque haut-gradé. Les portes de bois en face du bureau s'ouvrirent en un violent fracas. Le commandant, sourit et se leva. Les spectateurs distinguèrent cinq autres silhouettes qui entraient dans la salle : il y avait quatre gardes démoniaques, toujours aussi grands, qui poussaient violemment un petit humain faible devant ces mastodontes. Les spectateurs purent reconnaitre Léo, l'ami de Tristan, qu'ils venaient juste de voir il y a de cela cinq minutes. Les gardes parlèrent :

« Commandeur, voici le maître calligraphiste que vous avez ordonné d'amener »

« Très bien. Je vous remercie. » répondit le démon à l'armure de cristal. Il s'approcha de l'esclave, l'inspecta rapidement en posant sa gigantesque main sur l'épaule humaine, et lui dit :

« J'ai une mission simple à te confier. Ces quatre gentils gentlemen vont t'accompagner à l'extérieur de la citadelle où tu te trouves à présent, afin de lires quelques petites inscriptions qui se trouvent sur une stèle, non loin de là. Je veux juste que tu les traduises pour moi. Si tu refuses, je te torturerai d'une manière que tu ne peux imaginer, jusqu'à que tu acceptes cette proposition. Est-ce clair, petit humain ? »

Léo continuait à fixer le sol. Il n'osait pas prononcer un seul son. Le Commandeur reprit :

« Parfait. Amenez-le à l'endroit prévu. »


Les portes se refermèrent, toujours avec un vacarme assourdissant.

Falwin continuait de rester imapssible. En revanche, les visages de Reyzor et Marilys montraient une multitude d'interrogations : ils ne comprenaient presque plus rien à l'histoire. Ils se tournèrent vers le sage qui ne bougeait toujours pas. Reyzor allait prononcer quelque chose quand l'obscurité se fit autour des voyageurs. Encore un voyage dans le temps et dans l'espace. Ils réapparurent toujours avec ce flou progressif dans une forêt sombre. Il pleuvait des cordes, des coups de tonnerre résonnèrent au loin. Les aventuriers virent devant eux une silhouette toute menue, à genoux devant des corps apparemment inanimés, couchés au sol. Ce n'était que des cadavres de soldats, que l'on pouvait identifier grâce aux multiples entailles dans leurs amures d'acier. Reyzor s'approcha de la silhouette à genoux. Elle était blessé et saignait de plus en plus. L'orage continuait de tonner. Sa lumière éclaira le visage de l'inconnu : C'était Léo. A la grande surprise des deux elfes et du nain, Wilam prit enfin la parole :

« Nous revoici avec Léo. Il vient de tuer les quatre gardes démoniaques qui l'accompagnaient. Il peut s'échapper car il n'est plus à présent un esclave. »

Il se releva, rangea une épée ensanglantée derrière son dos, et fixa l'horizon, avec un air mélancolique. Wilam continua :

« Cependant, il a nulle part où aller. De plus, son meilleur ami Tristan est toujours prisonnier à la citadelle démoniaque. »

L'orage continuait de tonner. Le blessé, sortit le talisman doré, que lui et son ami avait préalablement trouvé. Il parla alors pour lui-même à voix haute, en fixant l'objet brillant :

« Je sais qui pourrait me dire ce qu'est cette amulette ! Et avec son aide je pourrai peut-être libérer Tristan ! »
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Marilys

Invité



MessageSujet: Re: Souvenirs sous le vieux chêne. (Marilys - Falwin - Reyzor)   Mer 10 Nov - 13:04

Message de Marilys


Nouveau flou, nouveau voyage, nouveau lieu. Marilys commençait à s'habituer, tandis que le nain était exaspéré : il en avait marre de toute ces visions dans lesquelles il se trouvait. Il avait l'habitude de l'action, du mouvement, de péripéties inattendues, et non de rester passif, en regardant défiler sous ses yeux une scène antérieure... Il pensa :

« Si Wilam tient tant à nous montrer tout ce bataclan, c'est surement parce qu'il veut nous donner une mission par la suite.*


Il soupira, tout en parlant à lui-même :

* Garde ton calme. Patiente. Tu comprendras à la fin. Ne t'inquiète pas. »

Cependant, le Pourfendeur ne savait absolument pas où le vieux sage voulait l'amener, et quelle histoire saugrenue l'érudit voulait lui raconter. D'ailleurs, cette incompréhension s'était répercutée sur les visages de Marilys et Falwin.
Cette fois-ci les spectateurs se retrouvèrent dans la forêt elfique, si caractéristique avec ses arbres majestueux, et sa verdure de couleur verte et violette. Ils apparurent devant une petite chaumière, construite uniquement de planches de bois abimées. Une lucarne était installée, mais c'était l'unique fenêtre. Une petite lampe à huile, où d'innombrables moustiques tourbillonnaient, éclairait la porte d'entrée. Les aventuriers revirent Léo qui avançait péniblement, trainant ses pieds, d'un air épuisé. Il s'étala sur le perron de la porte de la cabane, tapa avec le peu de force qui lui restait, et cria :

« Ouvre ! Je t'en prie ! C'est Léo ! »

Quelques secondes passèrent. Des larmes de désespoir coulaient sur les joues de l'homme épuisé. * Mais qu'est ce qui va arriver ? * pensa Reyzor. Enfin, la porte s'ouvrit. Une lueur jaune jaillissant de la chaumière perçait les teintes violettes de la forêt, comme une illumination. Reyzor poussa un petit « oh ! » de stupéfaction quand il vit celui qui venait d'ouvrir : c'était Wilam ! Le Pourfendeur n'hésita pas à se retourner afin de poser des questions que d'ailleurs tout le monde se posait :

« Mais qu'est ce que vous venez faire là ? Expliquez nous, on comprend rien ! »

Wilam (celui faisant partie dans la vision) avait l'air de ne pas s'attendre à cette visite, et prit Léo par le bras pour l'amener dans sa chaumière. L'autre Wilam (celui qui voyageait avec nos aventuriers) s'expliqua :

« Pendant longtemps, je fus le mentor de cet humain. Lorsqu'il perdit ses parents à son tout jeune âge, c'est moi qui l'ai recueilli, dans cette maison qui est la mienne. Nous avons une parfaite confiance entre nous deux. Enfin, nous avions... »

Et il s'arrêta là. Il baissa la tête, et prit un air triste. Il n'écouta pas les réactions de Marilys et de Falwin, qui étaient interloqués. Il prit une grande inspiration, marcha droit devant lui, comme un elfe décidé. Il ne se heurta pas au mur de bois qu'il avait en face de lui et le traversa, comme par magie. Après tout, il est vrai que les aventuriers se trouvaient dans le Subconscient, et que tout était immatériel ; ils pouvaient donc tout traverser comme s'ils n'étaient que des fantômes. Reyzor, tout d'abord impressionné, car il n'avait pas encore tout à fait l'habitude, suivit le chemin de l'érudit. Falwin et Marilys firent de même, en parfaite synchronisation. A l'intérieur de la maisonnée, ils virent un nombre incalculable de bibliothèque. Au beau milieu de l'unique pièce, un table en bois elfique, sur lesquels des parchemins étaient posés en tas. Au sol, des livres ouverts, rendant difficile la circulation dans ces vingt petits mètres carrés. Le vieil elfe (celui de la vision) qui accompagnait toujours le blessé, le déposa sur un lit, et le borda d'une large couverture mauve. Il se dépêcha de lui apporter de la nourriture ainsi que des herbes médicinales pour calmer ses blessures. Après que la tension soit redescendue, le bibliothécaire prit la parole :

« Comment es-tu arrivé ici ?! Qu'est-ce que ces blessures ?! Qui t'a fait cela ?! Quand ?! »


Mais Léo l'interrompit, trop pressé par les informations qu'il venait chercher :

« Wilam, ne t'inquiète pas pour moi. Je suis en sécurité maintenant que je suis avec toi. Mais j'ai plein de questions à te poser. » Léo le fixa des yeux. « Sais-tu ce qu'est Euristée ? »


Reyzor, essayait de se rappeler... C'était les mots qui scintillèrent sur le mur lorsque Tristan laissa tomber l'amulette. D'après les vers qu'elle avait affichés, il y avait écrit « On me nomme Euristée »... Le sage, toujours inquiet, parla :

« On raconte que c'est un collier légendaire, qui donne un fabuleux pouvoir... Pourquoi me parles-tu de ça ? »

« Ne t'en occupes pas, et répond-moi, je t'en conjure. »


L'elfe hésita un moment, et dit :

« Attend je dois avoir ça dans un de mes bouquins. »

Il se baissa, fouilla, chercha, regarda sous la table. A la vue du désordre qui régnait dans la pièce, on pouvait penser qu'une tempête était passée par là... Enfin, il prit un livre qui gisait au sol. Sur la couverture, on pouvait voir « Artefacts magiques ». Il feuilleta rapidement les pages du gros grimoires et dit à son compagnon qui commençait à grignoter :

« Eurakorn, Euraclette, Euricak,Eurignouq... Nous y voilà ! Euristée ! »

Il resta quelques instants à feuilleter, d'un air très sceptique. Soudain, il s'écria :

« Par la grande prophétesse ! »

Le blessé écarquilla les yeux vers son protecteur : il avait une inquiétude sans pareille. Reyzor et Marilys se regardèrent comme s'ils n'étaient plus surpris d'apprendre au fur et à mesure divers rebondissements. Falwin restait impassible sous son heaume. L'homme au livre continua :

« Mais bien sûr ! Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt ? »

« Quoi ?! Qu'est ce qui se passe ?! Wilam, raconte ! »

Le vieil elfe s'assit sur un tabouret proche. Il prit une grande inspiration et d'une voix mélodieuse, prête à raconter une grande histoire, il commença la lecture de ce que cachait le gros grimoire poussiéreux :

« Il y a de cela dix mille ans, Euristée était une humaine dont la beauté inégalable était connue dans toutes les terres d'Hypolaïs. Tous être pensant perdait sa raison et tombait éperdument amoureux lorsque leurs yeux contemplaient son visage. Un jour, un ange, nommé Enaryl, voulut l'épouser, et essaya de la séduire en lui offrant le cadeau le plus merveilleux qu'on puisse imaginer : le don de l'immortalité. Il voulait que sa future épouse reste jusqu'à jamais auprès de lui. Pour cela, il forgea une amulette qu'il nomma avec le nom de sa conquête, où il introduisit ce fabuleux pouvoir, à l'aide d'un lieu sacré, le sanctuaire d'Eufyol, dont on ne connait malheureusement pas l'emplacement. Euristée refusa catégoriquement la proposition et le cadeau d'Enaryl, avec un dédain qui blessa profondément l'ange. Dans un excès de rage et de tristesse infinie, ce dernier décida de faire payer ce refus à l'humaine : il emprisonna son âme dans l'amulette bénite. A la suite de ce meurtre magique, il fut chassé du royaume des anges, et erra dans les terres d'Hypolaïs, avec son précieux bijou. Par la suite, les démons apprirent l'existence de ce collier divin, et de son pouvoir. Ils traquèrent pendant de longues années l'ange banni. Lorsqu'enfin, il réussirent à piéger Enaryl, ce dernier, en sachant que sa fin était proche, pensa à un stratagème digne de son espèce : il brisa de son poing divin l'amulette en deux parties parfaitement symétriques. Il jeta de part et d'autre les deux parties, qui atterrirent respectivement dans les mains de deux généraux démoniaques. Alors que les soldats pointaient de leurs sabres l'ange, il déclara, selon la légende, ces mots légendaires :

Si vous voulez posséder ce pouvoir maudit,
Ces deux moitiés devront être réunies.
Pour toujours il vivra alors dans l'infini,
Celui qui a accompli cette prophétie.
Et ainsi, la durée limitée de sa vie,
Tombera à jamais dans les fonds de l'oubli
.


Et les soldats transpercèrent la victime de leurs glaives acérés. Les généraux, possédant chacun le un des deux fragments de l'amulette, convoitèrent en un instant la moitié de l'autre, pour profiter du don de l'Immortalité. Cette jalousie réciproque engendra, conflits, batailles, guerres en tout genre, entre royaumes démoniaques, ce qui conduisit à la perte de la race des Démons. Mais d'une autre part, les anges sont aussi partis à la recherche de ces bijoux, car ils considéraient que ce pouvoir ne pouvait être possédé par des démons. Enfin, toutes les races mortels, comme humains, elfes, gobelins, nains, centaures, apprirent l'existence d'un tel artefact, et organisèrent des expéditions officieuses n'ayant pour seul objectif de réunir à nouveau le talisman. Cette quête sans fin sonna le glas d'Hypolaïs. »

Wilam continuait de feuilleter le grimoire. Il continua :

« D'après ce bouquin, les guerres disparurent au fil du temps, lorsque les peuples oublièrent la raison pour laquelle ils se battaient. On ne sait où finirent les deux moitiés. Peut-être elles ont été cachées. Peut-être qu'on les a volées. Ou peut-être qu'elles ont été définitivement perdues. »

Il leva son nez rabougri vers Léo qui avait fini de dévorer ce que son tuteur lui avait préalablement apporté. Son visage présentait un air très sceptique. Il dit alors, d'un ton enjoué :

« Mais alors, si tu me demandes de te raconter une légende vieille de plus de dix mille ans, c'est que... Non, quand même pas... C'est impossible ! Tu n'as quand même pas trouvé un des moitiés d'Euristée !... »

Léo ne dit rien. Il regarda fixement Wilam avec un air passif. Il fouilla dans sa poche déchirée, sous la couverture. On entendait un léger cliquetis. Après un bref instant, il sortit un objet en demi-lune qui brillait de mille feux à la lumière de la chaumière.

« Mais c'est pas vrai ! Par tous les dieux ! Dites-moi que je rêve ! »

Non, Wilam ne rêvait pas. Il avait bien devant-lui une moitié d'artefact légendaire. Pendant que le sage se ruait sur le bijou afin de le contempler, Wilam l'ancien, celui qui avait accompagné depuis le début Falwin, Marilys, et Reyzor, dans le Subconscient, prit à nouveau la parole pour éclaircir un léger détail :

« Dans les visions précédentes, vous avez vu que c'était Tristan qui possédait le fragment. Lorsque Léo apprit sa mission, et qu'il vit qu'il avait enfin une opportunité de fuite, il prit son courage à deux mains et décida de désobéir à son compagnon. Il lui subtilisa le précieux bijou, pour se renseigner sur l'étrange énigme et pour mettre le talisman en lieu sûr, du moins, pensait-il. Il réussit, certes, mais ce fut quand même très risqué. »

Et les aventuriers continuèrent d'observer l'érudit qui jubilait, contemplait, et écarquillait les yeux devant la demie-amulette magique.
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Marilys

Invité



MessageSujet: Re: Souvenirs sous le vieux chêne. (Marilys - Falwin - Reyzor)   Ven 19 Nov - 16:35

Message de Marilys


Nouvelle transition dans l'infini. Les visiteurs du temps retournèrent dans un lieu précédemment visité : la mine où Tristan découvrit pour la première fois le précieux bijou. Les pioches fendaient d'un bruit sourd la pierre rugueuse. Les coups de fouets pleuvaient, sous les gémissements des esclaves désobéissants et fainéants. Les voyageurs réapparurent devant Tristan, à un autre endroit dans la mine. L'unique bruit de la pioche s'incrustant dans le minerai perçait les tympans de Tristan, cela pouvait se voir dans ses yeux. Marilys eut une petite larme qui coula sur sa joue rose pâle. En effet, cela faisait plusieurs fois qu'elle voyait son amour en face d'elle, sans pouvoir l'enlacer ou l'embrasser. Un vrai supplice de Tantale. Lorsqu'elle essuya sa larme d'un geste délicat, son regard se tourna vers un autre esclave, torse nu, d'une musculature très prononcée. Elle le reconnut : c'était Gortox, un étrange personnage qu'elle avait rencontré il y a bien longtemps dans la forêt maudite... Celui-ci même lui avait révélé qu'il avait connu Tristan dans ces mines démoniaques, et que cette rencontre lui avait laisser deux cicatrices monumentales dans le dos... Mais, à ce moment-là, Gortox ne possédait pas ces plaies apparentes (du moins pas encore...). Cependant, Reyzor et Falwin concentrèrent leurs regards sur Tristan, car ils ne connaissaient pas l'ange déchu. Tristan continuait de creuser. Encore et toujours, sans jamais s'arrêter.

Soudain, un lourd bloc se détacha brusquement du haut de la paroi, au dessus de la tête de Tristan. Ce gros rocher atterrit directement sur le bras gauche de Tristan, lui brisant sur le coup tous les os de l'épaule jusqu'au poignet, et le fit s'étaler à terre. Il hurla de douleur. Marilys assistant à la scène poussa un cri de stupeur en rabattant ses deux mains contre son visage : elle ne pouvait rien faire d'autre, elle n'était qu'un fantôme pour Tristan. Plus loin, Gortox, en entendant les cris de douleur, lacha sa pioche et se précipita vers le souffrant. Alors qu'il s'apprêtait à le relever, les gardes démoniaques accoururent et crièrent, en postillonnant :

« Arrière chien ! Lâche-le tout de suite ! »

Mais Gortox n'écoutait pas. Il souleva le blessé, sans se soucier des coups de fouet qu'il allait recevoir. Le contre-maître hurla de plus belle :

« Qu'on l'enchaine ! Cet esclave ne veut se soumettre ! Qu'on le fasse fouetter à mort !!!! »

Les fouets claquèrent en cadence. Gortox s'agenouilla sous la puissance des sbires démoniaques et laissa glisser sur ses genoux Tristan, qui continuait de crier sa douleur. Les Démons se précipitèrent vers le héros de jour et lui entourèrent avec acharnement les poignets grâce à de longs fils bleus luminescent. « ça doit être affreusement douloureux... » dit Reyzor, quand il vit Gortox crisper des dents et laisser s'échapper quelques larmes. Et il l'emmenèrent dans un endroit inconnu, où il subira les conséquences de sa révolte... Le Démon continua à crier :

« Et pour l'autre, qu'on l'emmène à l'infirmerie ! Je veux qu'il soit présent à son poste au plus tard demain ! »

Et un énorme mastodonte vint prendre Tristan comme un sac de patates pour le poser violemment sur son épaulière. Les démons sortirent de la mine en fusillant du regard les autres esclaves qui continuaient de percer la roche de leurs pioches.


Dernière édition par Reyzor le Lun 29 Nov - 21:41, édité 1 fois
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Falwin

Invité



MessageSujet: Re: Souvenirs sous le vieux chêne. (Marilys - Falwin - Reyzor)   Lun 29 Nov - 21:40

Message de Falwin


Le mastodonte ne portait plus Tristan sur son épaule ; il le trainait carrément sur le sol, en le tirant par la jambe. La brute entra dans un gigantesque bâtiment, à l'allure délabrée, fait de bois d'une piètre qualité. Au-dessus de l'entrée de cette ruine, un panneau cloué trônait, où des lettres à peine visibles étaient incrustées. On pouvait y lire « INFIRM'RI » sans le -E final. Les aventuriers suivirent de près Tristan, qui ressemblait de plus en plus à un cadavre, qui trainait sans fin son sang derrière lui. La brute entra dans une salle adjacente, en poussant violemment la porte et déposa son colis sans douceur sur une grosse pierre, au beau milieu de la salle. Lorsqu'il fut reparti, toujours en marchant les bras ballants, un autre démon entra dans la pièce. Ce dernier était plus menu que la grosse brute, mais ne portait cependant pas d'armure. Juste une large robe jaunie par le temps, semblable aux robes des moines dans les églises humaines, qui étaient maculée de sang. Il semblait être le médecin du camp d'esclave, car sur son torse, sous les tâches rouges, on pouvait distinguer « Doc. Chir. UrGien. » Il s'approcha de Tristan qui continuait à gémir :

« T'inquiète pas, un bandage suffira. Tu seras debout demain... »


Il sortit de son habit jaunâtre ce qui s'apparentait à de la laine et entoura le bras du blessé, qu'il serra si fort que les cris de Tristan redoublèrent. Un rapide nœud suivit, avec de la ficelle prête à casser à tout instant. Le médecin présumé sortit de la pièce à la rescousse d'autres blessés... Tristan se tortillait sur sa pierre qui faisait office de table de consultation. Pendant qu'il se lamentait sur son sort, une autre personne était allongé dans la pièce : c'était un autre humain, un vieillard, qui devait avoir la soixantaine ou plus, avec une longue barbe grisonnante, mal-entretenue avec le temps. Il restait immobile. On pouvait croire qu'il n'avait pas vu entrer le nouveau locataire, qu'il ne l'avait même pas entendu. Tristan prononça quelques mots, dans sa douleur :

« Bon dieu, qu'est-ce que ça peut faire mal ! »

Le vieillard ne broncha pas. Il restait impassible. Falwin, voyant le douloureux spectacle, ne put s'empêcher de froncer les sourcils, et de serrer les poings. Reyzor ne bougeait pas, attendant impatiemment la suite. Et Marilys essayait de se contrôler pour ne pas pleurer devant la souffrance de son amour. Ce dernier continuait :

« Vivement que je me sauve de cet endroit ! Je dois absolument retrouver Euristée que Léo m'a prise ! »

Le vieil homme se réveilla brusquement :

« Quoi ?! Qu'as tu dit ?! »


Interloqué, Tristan répéta :

« Bah, j'ai seulement dit que je voulais m'échapper d'ici... »

« Non, ce n'est pas à propos de cela... As-tu bien dit "Euristée" ? »

« Oui, pourquoi ? »

« Chut, Petit inconscient ! Les gardes pourraient nous entendre...Approche, petit... »

Malgré sa faiblesse, Tristan se rapprocha du vieil homme. Celui-ci continua, d'une voix toujours aussi faible :

« Tu sais ce que c'est au moins, Euristée ? » insista le vieillard.

« Non... » fit Tristan, déçu.

« Alors pourquoi en parles tu, petit ? »

« En fait, l'autre soir, il y a de cela deux semaines, j'ai trouvé ce qui s'apparentait à un demi-collier doré dans la mine. La nuit qui suivit, je la laissai tomber au sol alors que des mots apparurent en scintillant : ça disait "On me nomme Euristée"... Mais alors, qu'est-ce que c'est ? »

« Oh... c'est juste le bijou le plus puissant qui existe dans toute la terre d'Hypolaïs... Elle renferme le don divin de l'immortalité à celui qui la portera... J'ai cherché tout au long de ma vie à réunir cette amulette si rare... »

« Réunir ? Que voulez vous dire par Réunir ? »

« Le créateur de ce bijou rompit sa création en deux morceaux parfaitement distincts, au moment de sa mort, afin qu'on ne puisse réunir à nouveau sa puissance. Depuis, avec le temps, les deux fragments ont été définitivement perdus... Mais voilà que j'apprends qu'une des deux moitiés a refait surface ! »

Un sourire s'esquissa sur la bouche du vieillard. Ses dents, devenues jaunâtres grâce au splendide confort de la mine, rayonnaient dans l'obscurité de la pièce de l'hôpital improvisé. Il dévisagea son interlocuteur pour lui dire :

« Et cette moitié, tu l'as sur toi ? »

Tristan soupira. Il répondit :

« Non, je ne l'ai plus. Mon meilleur ami, en qui j'ai une confiance aveugle, me la prise, à l'occasion d'une fuite possible, or de la citadelle démoniaque. J'espère qu'il ne lui ait rien arrivé... »


Mais, ne se souciant pas du sacrifice que Léo avait peut-être rendu à Tristan, le vieillard dit aussitôt, sans prévenir :

« Je sais où se trouve la seconde moitié. »

Tristan se rapprocha un peu plus près du vieillard. Il lui fit signe de continuer son récit.

« Il y a 40 ans, je m'étais engagé dans la C.I.A : la Confrérie Intelligente en Armement, en tant que géo-caillou-rochiste spécialisé dans les cristaux. Oui, je sais, le nom craint un peu. Bref. Une compagnie d'ingénieur en tout genre, nommé le F.B.I. : le Fond Bancaire des Ingénieurs, l'organisme qui s'occupe d'inventer de nouvelles technologies, nous appela pour que nous allions rechercher un nouveau type de projectile très sophistiqué : des cristaux de Marghiar. Ces matériaux ne se trouvent que dans un seul lieu connu, qu'on appelle généralement le sanctuaire d'Eufyol. Mais malheureusement, ce lieu est très difficilement accessible : on ne peut y accéder qu'en plongeant dans les abysses au plus profond endroit de l'océan, tout au sud du royaume humain. Nous y sommes parvenus, moi et mes neuf autres compagnons, en surmontant tous les pièges et les périples lors de notre si long voyage. Puis enfin, nous atteignirent la grotte qui renfermaient les cristaux légendaires. C'était d'une beauté extraordinaire ! Je me souviendrai toujours de la lumière bleuâtre illuminant nos visages épuisés ! Mais lorsque l'un de nous utilisa sa perceuse afin d'en extraire la roche, la lumière disparut, et j'entendis alors des cris de douleur, suivi d'un silence effrayant. Je reçus un coup sur la tête qui m'assomma. Quand je me suis réveillé, j'étais dans une charrette, nu, avec un bout de tissu pour pagne, les mains liées, conduit par deux démons, et je vis devant moi la citadelle où tu te trouves à présent. Depuis ce moment-là, et cela fait une bonne trentaine d'année si mes souvenirs sont bons, je suis prisonnier dans cette maudite cité démoniaque... »

Le récit du vieillard avait impressionné non seulement Tristan, qui l'écoutait attentivement, mais aussi Marilys, Reyzor et même Falwin. En revanche, Wilam, connaissant déjà ce récit, ne bougeait pas. Tristan demanda alors :

« Mais quelle est le rapport entre ce périple et Euristée ? »

« J'y venais, petit ! » répondit-il, « La lumière bleue, dans cette salle aux cristaux, illuminait chaque endroit de la grotte. Impossible de savoir d'où venait cette lumière... Oui, bon, bref. Au milieu de cette caverne, au sol, il y avait un objet brillant. Quand je le pris entre mes mains, il scintilla, et s'agita jusqu'à ce que je le fasse tomber. Un message alors s'afficha, sur la paroi la plus proche : ça disait, si je me souviens bien : "Merci Aventurier ! Vous m'avez libéré ! Je suis un artefact très particulier, Dans les pays lointains, on me nomme Euristée. J'accorde aux gens courageux et dévoués, Le terrifiant pouvoir de l'immortalité, Mais seulement si vous retrouvez ma moitié !" ou quelque chose du genre... »

Le vieil homme avait une très bonne mémoire. C'était exactement les mêmes mots, les même vers, le même énoncé que Tristan et Léo avaient découvert lors de leur rencontre avec Euristée. Tristan restait étonné devant la mémoire prodigieuse de cet homme. Ce dernier continua :

« Mais, alors que j'entendis le bruit d'une perceuse détruisant les cristaux, l'obscurité se fit, je fus assommé, et je me réveillai alors prisonnier des démons, comme je te l'ai déjà raconté... Plus jamais je ne revis le fragment. »

Il se racla la gorge et dit :

« En principe, il devrait toujours être là-bas, dans ce sanctuaire sacré. Si tu veux à nouveau réunir l'amulette, tu devrais commencer tes recherches à cet endroit. Enfin, seulement si un jour, tu as la possibilité de t'échapper de ce trou... »

« Un jour, peut-être... »

Et Tristan soupira une nouvelle fois en s'allongeant sur la grosse dalle de pierre qui lui servait de lit d'infirmerie.
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MessageSujet: Re: Souvenirs sous le vieux chêne. (Marilys - Falwin - Reyzor)   Mar 28 Déc - 19:44

Alors que Tristan continuait à soupirer, son bras cassé enveloppé dans la laine jaunie, allongé sur la grosse pierre qui lui servait de lit, une explosion se fit entendre au loin. Un grondement retentit. Tristan se releva, se demandant ce que ce bruit pouvait être. Une autre explosion, un autre grondement mais cette fois-ci plus proche de l'endroit où se trouvaient le vieil homme et Tristan. Il se mit debout, s'approcha de la fenêtre minuscule que possédait la chambre d'hôpital grand luxe dans laquelle il se trouvait, essuya la poussière qui obstruait les carreaux et vit un spectacle des plus inhabituels : tout le monde courait dans tous les sens, aussi bien esclaves que soldats démoniaques. D'autres esclaves surgissaient des portes de la mine, fuyant à tout vitesse. Le vieillard demanda avec inquiétude :

« Qu'est-ce qui se passe, gamin ?! »


Tristan ne répondit et continuait de scruter la scène : D'autres explosions retentirent encore plus près de l'hôpital. Ce n'était pas des explosion à proprement parler , mais en fait de grosses pierres qui se fracassait sur le sol de la cour, semblable à des tirs d'artillerie. Le sol grondait de plus en plus fort, sous les poids des énormes projectiles. On voyait les gens qui continuaient de courir le plus vite possible, cherchant de se mettre à l'abri, en emportant avec empressement ce qui était le plus précieux à sauver. Les soldats démoniaques courraient eux aussi, d'une façon totalement désorganisée à l'inverse de leur mise en rang habituelle. Ils essayaient de contrôler toute la population d'esclave, en vain. Le vieil humain se leva à l'aide d'une béquille malgré sa blessure à la jambe, en comprenant qu'il fallait mieux qu'il aille voir de ses propres yeux la raison à ce vacarme, plutôt que d'attendre une description de la part de son compagnon de chambre. D'autres projectiles tombèrent, faisant jaillir la terre du sol. Un démon, à l'armure un peu plus dorée que d'habitude, courait plus vite encore que les autres soldats. Puisque la chambre dans laquelle se trouvaient Tristan et le vieillard était juste au dessus de l'entrée de la clinique improvisée, ils le virent entrer à la vitesse d'un cheval au galop dans l'infirmerie et l'entendirent aussitôt crier d'une petite voix aiguë et essoufflée :

« Nous sommes attaqués ! Il y a une brèche à la muraille nord ! Tous les démons y sont réquisitionnés ! Vite ! »

« Mais attaqués par qui ? » cria le vieil homme penché sur sa béquille, pensant qu'on l'entendait et qu'on allait répondre à sa question.
Mais tous les sbires sans exception, y compris le Doc. Chir. UrGien, abandonnèrent ce qu'ils étaient en train d'exécuter et se dirigèrent tous en cadence vers la même direction. Dans la plus grand bazar, les démons étant partis, les esclaves blessés fuirent à leur tour : Tristan comprit à son tour comme les autres qu'il tenait sa chance de salut. Il saisit son compagnon de son bras indemne et ils sortirent de leur chambre.
Dehors, c'était pire que ce qu'il avait pu observer de sa fenêtre poussiéreuse : de plus en plus de monde courait dans tous les sens, poussant cris et appels à l'aide, dans le capharnaüm total. Tristan accompagnait le vieil homme qui peinait à marcher avec sa jambe blessée, même à l'aide de sa béquille. Ils étaient comme deux escargots au milieu d'une ruade de lièvres. Des gardes démoniaques essayaient toujours en vain de garder la population d'esclaves, de contrôler leur main d'œuvre bon marché, mais en vain, car le surnombre d'individus surpassait les quatre soldats affectés à cette tâche, déjà bien ralentis sous le poids de leur armure. Mais voyant ces deux proies faciles, les gardes s'en rapprochèrent et le plus imposant d'entre eux dit :

« Dites-donc, vous vous êtes perdus en route ? »

Ses compagnons rirent de la plaisanterie trouvée à l'improviste. Le blessé, essoufflé, s'appuyant sur Tristan, allait répondre ; mais en un éclair, des épées transpercèrent les armures mauves, laissant gicler quelques gouttes de sang. Alors que les quatre gardes tombèrent au sol en parfaite synchronisation, une grande surprise frappa l'esprit de Tristan : il vit Léo avec une épée ensanglantée ! Il était accompagné de trois hommes à l'allure barbare, semblables à des vikings, sous leurs casques de fer et leurs si longues barbes ébouriffées. Tristan avait le souffle coupé et resta sur place, comme pétrifié. Avant qu'il puisse dire quelque chose, Léo le devança :

« Content de te voir ! Je vois que tu t'es fait un copain ! Bon, on fera la fête plus tard, on est pressé !Venez par là ! Vite, dépêchez-vous ! »

Et, accompagnés par Léo et les brutes barbues, Tristan et le vieil homme accélérèrent le pas. Léo continua, en avançant d'un pas rapide :

« J'ai engagé une tribu de barbares d'au moins deux mille hommes pour attaquer la forteresse démoniaque afin de sauver toi et les autres en leur promettant un grand butin dans la salle des trésors. D'ailleurs la plupart y est déjà en train de tout saccager. Ils comprennent pas grand chose à part quand on leur dit de casser du démon. Je leur ai dit de faire une diversion à la muraille nord, pour que tout le monde se sauve par le Sud ! »

Alors qu'il venait de prononcer ces mots, une voix épuisée d'un soldat démon cria derrière la petite troupe :

« Alerte ! Ce n'était qu'une diversion ! Envoyez les troupes à la muraille sud ! »

Une brute Viking courut alors sur un des soldats précédemment transpercé : le coup n'avait pas été apparemment assez profond. Après deux coups de glaives dans le corps avachi, le démon s'était tut. Mais malheureusement, l'information était passée car on voyait arriver des troupes de soldats armés jusqu'aux dents. Certains soldats étaient sur des chevaux au galop. Ils se rapprochaient à très grande vitesse. La troupe essayait d'accélérer le pas, mais en raison de la faiblesse du vieillard, elle ne pouvait accélérer davantage. Jusqu'à ce que dise ce dernier, essoufflé :

« Abandonnez moi ici, je vous ralentis ! »

La troupe s'arrêta, abasourdie. Surpris de cette déclaration, Tristan rétorqua :

« Non ! Il en est hors de question ! Il vont vous tuer si vous restez ! »

Le vieillard répondit alors :

« Je suis vieux et blessé, vous êtes jeunes et vaillants ! J'ai déjà vécu ma vie, la vôtre est devant vous ! Allez-y, courez ! Laissez moi ici ! »

Et n'écoutant que son courage, sous les yeux impressionnés de Marilys, Tristan prit sur son épaule malgré son bras cassé le vieil homme. Mais celui-ci tapa avec sa béquille le bras blessé, ce qui obligea Tristan à lâcher son colis, sous l'effet de la douleur. Le vieillard, à terre, dit alors :

« Ma dernière volonté est que tu rassembles à nouveau Euristée : tu sais où sont les deux moitiés, je t'ai déjà dit tout ce que je savais. Tu dois le faire. Partez maintenant, pendant qu'il en est encore temps !  »

Léo jeta un coup d'œil sur les troupes démoniaques qui arrivaient à grande allure. Elle avançaient beaucoup plus vite que prévu. Nos héros se relevèrent, laissant sur le sol l'ancien mineur, celui connaissant un des emplacements possibles d'une des moitiés d'Euristée. Il était assis par terre, et, contre toute attente, il était heureux, car il souriait à Tristan et Léo qui courraient du plus vite qu'ils pouvaient.

« Fuyez ! » cria-t-il.

Des brutes barbues qu'avait engagées Léo essayèrent de retenir les cavaliers démoniaques, mais ces derniers plantèrent avec une extrême vélocité leurs haches et leurs lances dans les corps des barbares courageux. Ils accélérèrent de plus belle. Tristan et Léo enfourchèrent promptement chacun un cheval et partirent au galop. Léo cria à son ami blessé qui tenait les rennes à une seule main :

« Nous allons chez mon mentor, dans le pays elfique. Ce que tu as trouvé dans la mine est chez lui, en parfaite sécurité. Je te raconterai tout ce que je sais quand nous serons là-bas. »

Et Tristan, encore sous le choc de ce sacrifice inattendu, répondit :

« Moi aussi, j'ai beaucoup de chose à t'apprendre... »

Et les chevaux galopèrent de plus belle. Les spectateurs ne surent quoi dire, impressionnés devant le spectacle qu'ils venaient de vivre.
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Souvenirs sous le vieux chêne. (Marilys - Falwin - Reyzor)

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